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mardi 16 octobre 2012

Quête Moon !?


Moon
Duncan Jones
2011

Passé un tout petit peu trop inaperçu, malgré le nom de son réalisateur (le fils de David '"Jones" Bowie), Moon mérite amplement le détour. Car s'il n'a pas la force de Prometheus ou de 2001 l'odyssée de l'espace, on peut cependant le ranger je pense parmi les (futures) classiques de la science fiction.

Résumé : Nous sommes en 2050 et quelques, et Sam Bell est à 390 000 km de la terre, sur la face cachée de la lune, dans une station où il gère à l'aide d'un robot (Gurty), la sation minière extérieure.
De la base, il dirige des machines outils motorisées qui extraient de la surface rocheuse  l'Helium3, nouvelle source d'énergie pour la terre.

Cela fait déjà trois ans qu'il vit là, en autarcie, et il est heureux de terminer son contrat.
Déjà bien abîmé psychiquement, malgré les échanges de messages vidéos en différés avec sa femme, il commence néanmoins à avoir des visions bizarres...

C'est ainsi, qu'alors qu'il sort pour vérifier une foreuse, il hallucine et est accidentellement blessé, bloqué dans son véhicule.
Quelques heures plus tard cependant.. il se retrouve à l'infirmerie de bord., et.. il n'est plus seul...
Sam, l'inconnu et Gurty
Duncan Jones aurait pu réaliser un film purement poétique, et nous balader sur la face cachée avec des promesses de fantômes "mooniens"... un peu dans l'esprit de "The man who fell to earth" (1976), étrange film de science fiction où son père jouait le rôle d'un extra terrestre un peu décadent descendu sur terre pour trouver du secours... C'était en tous cas le risque.

Mais le jeune réalisateur se révèle un auteur inspiré, qui sait digérer les influences du genre ("2001...", "Mission to Mars"... ) en y intégrant d'autres thématiques. A ce sujet, et sans trop dévoiler le scénario, on apprécie la mise en abymes et le sujet très moderne de la relation entre l'homme et le robot, les souvenirs, l'identité.. et le sacrifice.
Même s'il emprunte quand même sur ces thèmes à d'autres films le précédant (voir *), Moon contribue au genre et offre une histoire de grande qualité, où le supsense est très bien géré, et l'acteur principal convaincant. (Sam Rockwell)
La fin quelque peu ouverte, pourrait laisser espérer une suite.. c'est en tous cas ce que l'on aimerait. 

Il y aurait matière à écriture...

* Voir :  http://tinyurl.com/8fsfafq

lundi 8 octobre 2012

Baby's in black : what can I do ?

Baby's in black
Arne Bellstorf
Sarbacane
Oct 2011

La Baby's in black du titre est (sûrement) Astrid Kirchherr, au pull noir, (même si ce titre fait référence à une chanson du lp "Beatles for sale" de 1964), dont l'histoire est contée dans cet excellent roman graphique retraçant les tous débuts des Beatles, lorsqu'ils n'étaient que quatre jeunes liverpooliens en blousons cuir, obligés de trimer dans un club des quartiers chauds de Hambourg, en 1962. (le Kaiserkeller, quartier St Pauli.)

Klaus Voorman, jeune étudiant allemand tombe un soir sur un de leur concert, et s'empresse d'y amener sa copine Astrid. Celle-ci va tomber amoureuse du bassiste du groupe, qui n'est pas encore alors Paul Mc Cartney, mais Stuart Sutcliffe, un jeune étudiant aux beaux arts de Liverpool.
Photo tirée de : http://www.beatlesource.com/savage
Astrid, jeune femme de bonne famille allemande, photographe débutante professionnellement va réaliser la première séance photo du groupe (la fameuse devant les wagons, voir ci-dessus.)

C'est aussi elle qui, alors à la mode de Paris (à la Greco), avec ses amis étudiants, coiffe Stuart en ramenante ses cheveux au devant, ce qui donnera la coupe "beatles" ensuite.

Sur 202 pages, dans un beau noir et blanc un peu charbonneux, Arne Bellstorf, lui-même habitant de Hamburg, nous raconte avec beaucoup de poésie (et de documentation) les pérégrinations de ces jeunes gens pas encore dégrossis (John à cet endroit est d'ailleurs l'un des plus revèches). On y voit le batter Pete Best, dans ces derniers moments à vivre avec le groupe, George, alors âgé de 17 ans, obligé de renter en train à Liverpool, faute de permis de séjour...et Paul, prendre la place de Stuart, qui préfèrera retourner à des études de peinture à Hambourg, plutôt que de continuer la basse, qu'il ne maîtrise d'ailleurs pas plus que ça.

Si tout ces épisodes rock'nroll sont connus des amateurs, Arne Bellstorf y apporte en plus une romance entre les deux amoureux, et le quotidien d'une certaine jeunesse de cette époque, sentant bon le souffle de liberté du début des années 60 en Europe.

Ecouter I saw her standing there (live 1962) :


 Lire : ‘Baby’s In Black’ – an Interview with Author Arne Bellstorf

vendredi 5 octobre 2012

Le secret était dans le tunnel.. soit disant...


 The Secret (Tall man)

Film franco canadien  de Pascal Laugier 2012

Pascal Augier, français expatrié aux Etats unis n'est pas très connu dans l'hexagone par le grand public. C'est pourtant lui qui a collaboré avec Christophe Gans sur le Pacte des loups en 2001; (son making off). Il a aussi été remarqué avec son deuxième film personnel grand métrage : Martyrs, réalisé au canada, film gore qui a déchaîné la censure.

Si Pascal Augier a aussi travaillé sur un projet de relancement de Hellraiser, série tirée des romans de terreur de Clive Barker (projet malheureusement refusé), cela indique sur quelles terres il louvoie. 

Ici, pour une fois, les 2 titres anglais et français rendent justice au sujet du film. The tall man désigne le "grand homme" (des bois ?) légende, et objet des enlèvements mystérieux dans cette bourgade isolée de Cold rocks? Quant à The secret, c'est la  raison du malaise qui a plongé la population de cette contrée dans la peur et la méfiance.
Film sortit sans grand renfort de communication, on est donc  d'abord étonné dés les premières images du générique, par la qualité de la réalisation. Les vues plongeantes sur les noms des crédits couchés comme des cadavres, façons "l'homme au bras d'or" (Otto Preminger, générique de Saul bass), font leur effet. La photographie de Kamal Derkaoui est aussi remarquable et nous happe rapidement.
Les acteurs, plutôt des seconds rôles habituellement, ou habitués des séries américaines, servent ici très proprement un scénario au suspens ténu, et à l'ambiance oscillant entre film noir et fantastique. Les retournements de situation ainsi que les tronches du village sèment le doute jusqu'au bout, installant un climat de malaise général délicieux.

L'histoire met très vite en avant le rôle de Julie, infirmière à domicile, (jouée par Jessica Biel), grand brune sûre d'elle mais très discrète, prète à aider son prochain, qui se retrouve prise dans un tourbillon le soir où son propre fils se fait enlever à son domicile. Le personnage du tall man dont on ignore l'identité juste qu'à la presque fin du film participe aussi à sa façon à la réussite du mystère entourant cette légende. 
Partie tête baissée, de manière très courageuse (trop ?) dans les bois à la poursuite du "monstre", elle va se heurter malgré elle à la vindicte du village...
Ces scènes dans les bois rappeleront (comment faire autrement ?), le "Projet Blair witch", mais avec une touche personnellle cependant non dénuée de goût et d'inventivité, tout comme celles dans l'usine désaffectée, bien engoissantes...
A ses côtés, sa protégée, l'adolescente muette Jenny, (Jodelle Ferland, que l'on a pu voir dans Twilight 3 en enfant vampire sacrifié), qui va voir, et ...comprendre...

On est surpris par l'efficacité de ce film , thriller fantastique, qui aura mis sept ans à trouver sa juste réalisation, et on découvre au final un quasi documentaire sur le problème des enlèvements aux USA, (ou plus raisonnablement une idée de piste) là où l'on attendait uniquement un thriller, voire un film de terreur de (bonne) série B. Secret est tout cela à la fois, et encore plus, ce qui fait sa grande réussite,... quoi qu'en pensent certains hebdomadaires culturels bien pensants, vraiment à côté de la plaque lorsqu'il s'agit de sortir des sentiers battus.

Bravo.


mercredi 3 octobre 2012

Enemy mine : l'autre.. c'est nous.


Enemy mine
1985
Wolfgang Petersen

De Wolfgang Petersen, on n'aura davantage retenu "Das boot ("le bateau), film de guerre, "l'Histoire dans fin" , étrange film de fantasy, "Dans la ligne de mire" thriller avec Eastwood, ou encore "Troie", avec Brad Pitt, plutôt que ce film de SF étrange.
C'est sans doute parce que cette oeuvre de science fiction, qui n'avait pas soulevé l'enthousiasme des critiques à l'époque(1) est sortit au mauvais moment.
Enemy mine a atterri sur les écrans il faut dire à une période où le E.T de Steven Spielbreg (1982) était encore dans toutes les mémoires, tout comme la saga Star wars originelle, dont le troisième épisode "Le retour du jedi" était sorti deux ans plus tôt (1983.)
Ce film à l'atmosphère assez ennuyeuse : l'essentiel du film se déroulant en huis clos sur une planète quasi désertique, fera plus penser  au début de la Planète de singes (1968) qu'à un space opéra de qualité. Les premières minutes mettant en scène une poursuite de chasseurs (vaisseaux) des deux parties en présence : les humains et les Dracs, ne suffisent pas non plus à  vraiment retenir l'attention, car un peu datées dans la réalisation, tout comme les décors/costumes. Les combinaisons des militaires/spacionautes, ainsi que leurs dialogues machistes nous font aussi doucement sourir aujourd'hui.
Ce n'est cependant que passé ce début grotesque, et une fois les deux pilotes écrasés sur la planète inexplorée Fyrine IV que  le sujet du film prend toute son ampleur.

Comme le sous-titre anglais le suggère, il s'agit du rapprochement de deux créatures de races différentes, dans un milieu hostile. Ces deux créatures se sont affrontées durant des dizaine d'années, pour des raisons purement économiques et territoriales, et là, face à elles-mêmes, elles vont être obligées de se rapprocher (pour s'affronter tout d'abord). Le destin va ensuite les forcer à se révéler à elles mêmes, et à l'autre.

Sans dévoiler l'essentiel du scénario, et surtout sa fin et ses nombreux rebondissements, on remarquera l' aspect très poétique du film, et très original dans son sujet, peu abordé en SF au cinéma ces trente dernières années, ou alors sous des formes baucoup plus légères, tel Avatar. Ennemy mime propose en effet ici une problématique plus humaine, et terre à terre, dans la difficulté de vivre ensemble (et les responsabiltés que cela entraîne...), qui fait d'ailleurs aujourd'hui étrangement écho aux problèmes de guerre (de religion) dont chacun est témoin chaque jour, entre autre au moyen orient, mais aussi dans  divers pays d'Europe , d'Afrique, ... au Mexique... 
Le décor désertique(2) et l'ambiance de solitude qui pèse sur ces deux y est ausi pour beaucoup.

Enemy mine, qui dans son titre fait résonner une sorte de jeu de mot (entre "mon ennemi privé" et mon "ennemi/ami"), développe de plus une morale très forte, sous couvert du difficile apprentissage d'une langue étrangère, et du lignage familial, autres points forts peu abordés au cinéma.
Tout cela pour se rendre compe au final, que l'autre.. c'est nous.

Un film qui nécessite d'être réhabilité.
> Visible dés dix ans, que l'on conseillera vivement aux CDI, et ce malgré quelques scènes un peu dures à la fin, relatives au mauvais traitement d'enfants.

(2) Le village El Golfo avec sa fameuse lagune verte et le Parc national de Timanfaya sur l'île de Lanzarote dans l'archipel des îles Canaries (Wikipedia)

mardi 2 octobre 2012

Goupil, vivant cette fois !

Ce matin : 7h56, ai croisé Goupil sur la route à Renaison, en direction du collège.
Rare à cette heure ci, il devait être en retard de sa chasse. Il a surgit de la gauche, de dessous le couvert de résineux et assez tranquillement s'est faufilé dans les fourrés du côté de l'usine de cake "Rocher". 
J'en avais déjà vu un il y a quelques mois, malheureusement écrasé au bord de la route. (cf rubrique "Faune et flore" sur ce blog.)
C'est la première fois (enfin je crois) que j'en vois un d'aussi près, et près de chez moi. Toujours agréable...
(photo tirée de
http://img.nundafoto.net/)
L'animal ressemblait beaucoup à celui-ci (couleur, taille, maigreur).