40/30/30
>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>> "L'Intuition m'a amené ici" (John Lennon) >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>Narration graphique, cinéma, musique, la vie, et ce genre de choses...
mercredi 2 avril 2025
Le Toine en côte roannaise... vous attend !
lundi 17 mars 2025
L'été dernier, ...si tout va bien !
Le début est glauque, avec ses dialogues de sourds et ses machouillages façon "la grande bouffe" gros plans inclus, suivi d'un constat peu ragoûtant vis a vis du SDF (l'homme au camion"), dont la misère et le manque d'hygiène font pitié.
lundi 17 février 2025
Le choeur des sardinières résonne jusqu'à Paris, et bien plus loin.
jeudi 2 janvier 2025
Les travailleurs de la mer : troisième ananké pas manqué
Il existe bien sûr des romans dits classiques que l'on n'a jamais lus, mais dont on sait leur potentielle exceptionnelle richesse. Par leur titre, intriguant, et par leur auteur, l'un des plus grands que la littérature moderne n'ait jamais connue. Victor Hugo est exilé sur l'île de Guernesey, à Hauteville House, lorsque ce roman est publié en 1866. Comme il l'écrit dans sa dédicace " je dédie ce livre au rocher d'hospitalité et de liberté, à ce coin de vieille terre normande où vit le noble petit peuple de la mer, à l'île de Guernesey, sévère et douce, mon asile actuel, mon tombeau probable"
De plus, dans son introduction originale, il replace le thème de ce dernier dans une sorte de triple Ananké (fatalité ) débuté dans deux de ses plus célèbres fresques romanesques. "La religion, la société, la nature, telles sont les trois luttes de l'homme. Ces trois luttes sont en même temps ses trois besoins (...) Dans Notre-Dame de Paris, l'auteur a dénoncé le premier, dans les Misérables, il a signalé le second, dans ce livre il indique le troisième. A ces trois fatalités qui enveloppent l'homme, se mêle la fatalité intérieure, l'ananké suprême, le coeur humain."
On ne peut pas mieux dire lorsque l'on referme Les travailleurs de la mer. Cette histoire forte est mue par des forces naturelles si intenses et si bien décrites, que l'ont les ressent jusqu'au plus profond de notre être. Le suspens de l'intrigue première, naviguant tel un thriller du meilleur tonneau, est resituée à l'aune des évolutions technologiques de l'époque, et l'on est autant intéressé par l'arrivée de la Durande, cet engin maritime à vapeur, l’un des premiers, que par le revolver récemment inventé, que l'un des protagonistes cherche à acquérir pour son plan diabolique. Mais tout cela ne serait pas grand chose sans la force du drame passionnel qui se noue dès l'ouverture, et sous-tendant, mais jusqu'à se faire presqu'oublier, l'histoire centrale, bien plus tangible et dangereuse. Gilliat, notre héros rejeté, mais force de la nature, va justement être amené à la combattre, et oh combien de belle manière. Le passage de travaux titanesques entrepris au milieu des éléments déchaînés est un monument de tension romanesque et de description des forces naturelles, comme rarement lu ailleurs.
Si Michel Durand a déjà une belle carrière de dessinateur derrière lui, ayant publié son premier album en 1985 chez Glénat, et qu'il a très vite séduit les amateurs par un trait classique précis, on n'avait jamais encore eu l'occasion, à part peut-être dans ses œuvres noires réalisées sous pseudonyme Durandur (1995 et 2005-2007) - où il a usé de lavis gris sur un trait fin - de s'extasier autant devant ses réalisations. Et même s’il a du quelque peu s’entraîner avec la thématique marine et les éléments sauvages dans son précédent album retraçant l’expédition de 1845 du capitaine Franklin en Arctique (Franklin, Glénat 2022), ici, dans un travail exceptionnel lui ayant pris environ trois ans, il réalise l'impensable, et ce que d'aucuns auraient sans doute souhaité voir dès la parution de la première édition illustrée du roman de Victor Hugo. A savoir : de grandes planches dessinées avec une technique de hachures et de volutes noires et blanches, reproduisant en grand format le plus beau de ce que la technique de gravure a pu offrir au fil des siècles. On est subjugué par le rendu de ces planches, parfois doubles, que l'on déguste avec un ravissement qui est au moins égal au plaisir de la lecture du texte lui-même. La scène de la bataille homme-animal restera aussi l'une des plus extrêmes et palpitantes qu'il m'ait été donné de voir et lire. Mais tout dans ce livre invite au ravissement ; aussi, n'hésitez pas une seconde. Il s'agit vraiment d'un bijoux rare et précieux.
Les Travailleurs de la mer, par Michel Durand
Editions Glénat (35€) - ISBN : 9782344047033
lundi 9 décembre 2024
Pippin, les frères Grimm, Vampire et sorcières : des piqures toujours aussi douces aux éditions Mosquito.
Deux albums plutôt étiquetés jeunesse, parus début 2024, et lus immédiatement, d’après des fichiers PDF qui ont ensuite malencontreusement disparu. Ces chroniques arrivent donc très tardivement, mais comme je garde un excellent souvenir de ces deux-là, je souhaitais partager mon sentiment.
Pippin le Bon à rien
de Chrigel Farner et Tim Krohn
(20€) - ISBN : 9782493343376
Dans un Royaume au delà des monts un vieux roi se désole : il n'a pas de successeur. Un beau jour, une pomme d'or disparaît de son verger, il s'engage à céder son trône à qui trouvera le voleur.
Les trois fils du jardinier partiront mener l'enquête. Et Pippin le cadet, bon à rien, met bien peu de zèle. À son corps défendant, le voilà pourtant poussé dans de bien étranges aventures... Pippin, le doux rêveur pourra-t-il succéder au roi de Sursylvanie ?
Lorsque j’ai lu pour la première fois cet album aux couleurs douces mais attrayantes, tout comme son dessin, j’ai immédiatement senti qu’il allait se passer quelque chose. On "sent" un bon livre ou une bonne bande dessinée, et celle-ci, même si elle est fortement influencée par les contes et le style album jeunesse à l'ancienne, avait un « parfum » évocateur de l’univers frères Grimm, c’est à dire un peu malsain, qui m’a séduit. Au fil des pages, j’ai réalisé combien l’illustrateur suisse quinquagénaire, Chrigel Farner, avait digéré ce genre de références. Dans une interview donnée pour le site Biowars.com, il abonde d’ailleurs sur le sujet :
« En y travaillant, j’ai redécouvert les livres pour enfants de l’artiste Ernst Kreidolf. Jusqu'au milieu du siècle dernier, il dessinait des figures de fleurs et toutes sortes de créatures naturelles aux couleurs délicates, ce qui constituait une contribution suisse au Jugendstil et à l'âge d'or de l'illustration de livres de contes. Enfant, je lisais certains de ses livres illustrés. Lors de mon voyage de recherche dans les Grisons, je suis tombé sur une œuvre de Kreidolf après qu’elle ait passé plus de quarante ans dans un grenier. J'ai littéralement senti la foi enfantine dans les personnages de contes de fées et ressenti le sentiment de nostalgie des temps passés, et je voulais traduire certains de ces sentiments dans Pippin. »
Plus loin, il explique comment il a rencontré son collègue aîné, l’auteur suisse Tim Krohn, pour ce projet : « Le Rhaeto-Romanic est la quatrième langue nationale de Suisse, avec l'allemand, le français et l'italien. Elle est parlée dans le canton des Grisons. Tim Krohn, l'auteur, a été chargé par l'éditeur rhéto-roman Chasa editura rumantscha de développer une histoire dans laquelle apparaissent les quatre idiomes de la langue rhéto-romane. Il a alors choisi le conte de fées The Golden Bird des frères Grimm comme cadre et l'a reconstruit dans une histoire dans laquelle Pippin voyage à travers différentes régions des Grisons. Tim et l'éditeur m'ont demandé si je voulais illustrer le texte. J'ai lu le manuscrit et j'ai eu l'impression qu'il pouvait aussi être transformé en bande dessinée. Les autres étaient d'accord. »
Que ce soit le dessin, les couleurs, l’ambiance générale ou le traitement de l’histoire, on garde un souvenir profond de ce conte peu commun, même si adapté, et je ne peux que vous inviter à vous laisser tenter. Rares sont en effet les bandes dessinées à proposer un tel mix de modernité tout en convoquant les classiques du passé aussi bien mis en valeur, et les éditions Mosquito à cet égard font des efforts remarquables. Le voyage vaut vraiment le détour !
Vampire et Sorcières, par Michel Jans et Capucine Mazille
(16€) - ISBN : ISBN : 9782493343277
En Transylvanie subcarpathique un jeune vampire transi découvre l'amour dans les bras d'une pimpante sorcière... Las, l'ogre Proutinoff n'est pas du tout ému par cette idylle.
Capucine Mazille a intégré le catalogue des éditions Mosquito il y a déjà 14 ans, avec de petites livres d’images et textes entre autre dans la collection Lily Mosquito. Et puis en 2016, La cuisine des sorcières est entrée par la porte des albums de bande dessinée, rejoint deux ans plus tard par Le Petit prince de Penelope. Ce n’est qu’en 2020, à l’occasion de sa venue au festival BD d’Ambierle, près de chez moi, que j’ai pu réellement faire sa connaissance et découvrir l’album à quatre mains, scénarisé par Michel jans : Le dernier ours de Chartreuse. Celui-ci a d’ailleurs été chroniqué sur PlaneteBD. Après une seconde collaboration en 2022 avec Gargantua en Chartreuse, ce début d’année 2024 nous a donc offert leur troisième collaboration, et le moins que l’on puisse dire, c’est que la formule fait mouche.
Le dessin très personnel de Capucine se révèle avec force dans toute sa dimension poétique, fantastique et aquarellée, puisque c’est semble t-il la technique ; avec de très belles couleurs, posées sur un dessin à l’encrage très doux, évoquant à la fois la féerie et l’angoisse. D’ici à dire que l’autrice évoque une autre grande de la BD étrange, période revue Okapi - toujours en lice d’ailleurs - Nicole Claveloux, il n’y a qu’un pas, que je ne franchirais pas cela dit, tant Capucine Mazille possède son propre style. Et quand bien même la satire de Capucine – il faut voir sa parodie du dictateur Poutine transformé en ogre Proutinoff – est savoureuse. En conclusion, grâce à l’histoire tout à fait originale et prenante, pour ne pas dire émouvante, de Michel Jans, le duo a concocté là sans aucun doute un de ses, sinon son meilleur album. ...Parents, ne vous y trompez pas, et achetez ce très beau conte !
samedi 23 novembre 2024
The Substance : "souriez, vous êtes belle(s) !"
Sites hystériques (liens parallèles ou amis)
- 1 oeil sur le galet
- 1caseenmoins : rien que de la BD (nombreux liens)
- Action time, where vinyls are alive !
- Bernie Wrightson in french !
- Bulles en côte roannaise
- Celle de vison (Petelus fourre tout)
- Corben, enfant du feu
- Graphic lab
- Kronix
- Le blog d'hector (pemier du nom.. plein de liens.)
- Onabok, le site officiel
- Pastel Rob
- RenaisonBD
- Rockaroanne : c'est clair, non ?
- Sarujin : Steve Vobmann
- Senzu blog