Affichage des articles dont le libellé est Hicomics. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Hicomics. Afficher tous les articles

lundi 20 juin 2022

They Only Find Them When They're dead : les voleurs

Cette seconde partie d'un Space Opera ambitieux et original pâtit d'une lecture un peu ardue, avec de nombreux flashback et forward.

En 2376, le Delta Rides, vaisseau nécrospique (dont le travail est de découper au laser des Dieux morts flottants dans l'espace) découvre un dieu en train de mourir. Il s'agirait de Georges Malik, capitaine du Vihaan II, présumé mort en 2367. Que faire ?
2414, un vaisseau privé transportant l'ambassadrice Marlyn Chen accoste la Balise Sagan, station isolée, afin de récupérer Naomi Geller, garde du corps qui doit accompagner l'ambassadrice vers L'envolée de Malik, colonie rebelle s'étant constituée autour du corps du dieu géant et lui vouant un culte fervent. L'idée est de proposer d'ouvrir la colonie aux pèlerinages de manière bien plus évidente et commerciale. En réalité un complot terroriste, stratagème pour accéder au dieu et le "dérober". Mais... qui terrorise qui ?

Si ce second tome, comprenant les chapitres 6 à 10 originaux, apporte un certain nombre de réponses et d'éléments au premier tome ayant introduit la série, génial scénario mettant la rareté des matières énergétiques au cœur de son récit, mélangeant matière organique deique et consommation courante, il est un peu compliqué de le suivre.
Al Ewing procède en effet en incessants bonds narratifs, dans le passé ou le futur, pour revenir au présent ; et si ce procédé apporte une matière, un certain sérieux à un récit de science fiction habitué du genre, cela reste déstabilisant, et nécessite plusieurs (re)lectures. Quoi qu'il en soit, l'intrigue progresse, amenant une couleur davantage politique, entre milieux sectaristes "malikistes", défendant la protection de ces dieux, et le reste d'une société ne dédaignant pas les découper en morceaux comestibles, économie de rareté oblige. Ajoutant au passage de tierces protagonistes, louvoyant au milieu de tout cela, afin de garder le pouvoir global. Le dessin entièrement numérique et assez bluffant de Simone Di Meo, usant intelligemment de couleurs spécifiques pour chaque passage temporel, permet de ne pas sombrer, participant à la réussite d'un comics pourtant exigeant. Un tome violent, compliqué, mais restant tout de même accrocheur grâce à un scénario très original.

FG

They Only find them when they're dead tome 2 : les voleurs.
Al Ewing, Simone Di Meo.
Éditions Hi comics (18,90) – ISBN : 9782378872892

Lire la chronique du tome 1


 

dimanche 11 juillet 2021

We Only Find Them when They're Dead : à l'abordage des dieux !

Hicomics défraie une nouvelle fois la chronique avec un comics magique tout de fureur retenue, au synopsis incroyablement original.

2323, l'espèce humaine qui a conquis une partie de l'espace a cependant épuisé toutes les ressources terriennes. Sa seule issue : dépouiller les corps de dieux géants et morts dérivant dans le vide galactique. 2367 : le Vihaan est un vaisseau nécropsique participant à une virée spatiale de curée. Celle-ci, très organisée, est surveillée par Paula Richter, à bord de l'Escort1, astronef de combat faisant partie d'une escouade, repartissant les zones opérables par vaisseau et empêchant toute tentative d'ex filtration avec de la matière aux fins de vente au marché noir. Le Vihaan, conduit par le capitaine Malik, sorte d'Albator au cache œil caractéristique des pirates, et vieille connaissance de Paula, envisage une fuite d'un autre genre : découvrir un dieu...vivant. Il sera pris en chasse par Escort 1...

 

Pour celles et ceux n'ayant pas eu vent de ce comics en version originale, parmi toutes les parutions alternatives de qualité inondant le marché, autant affirmer tout de suite que ces cinq premiers numéros parus chez Boom studios et regroupés ici dans ce tome 1, constituent sans aucun doute l'une des meilleures parutions du genre de ces cinq, voire dix dernières années.
Un titre en forme de Punch Line, intriguant à souhait et des planches magnifiques, rappelant l'univers Transformers dans son aspect numérique et d'armures métalliques géantes...il n'en fallait pas bien plus pour créer l'évènement. Se rendre compte cependant que le synopsis, déjà particulièrement original et ambitieux, est assuré par un scénario maîtrisé, rassure sur la faculté d'Al Ewing, créateur d'Immortal Hulk, à nous emmener dans une histoire plus que savoureuse. Pour cela, il se sert d'un déroulé fractionné en divers flashbacks et flash forwards, entre 2367 où les évènements se déroulent en direct et des sauts dans le temps. Le génie de Al Ewing consistant à introduire, et l'on ne pourra s'empêcher de penser à cet

égard à Universal War One -  des passages où la psychologie des personnages, surtout Malik et Paula, est mise en exergue,  tous deux ruminant un incident familial ancien, et vivant en direct une aventure spatio-temporelle. Le tout sur fond de découverte "fortuite" de dieux vivants, mais cela sera abordé dans le prochain tome. 

Simone Di Meo, jeune dessinateur italien apprécié entre autre sur Loki, agent d’Asgard, mais aussi présent sur d’autres titres Marvel, nous régale de planches rigoureuses, qui, si elles sont entièrement réalisées sur ordinateur, bénéficient d'une mise en page à la fois moderne et d'une grande liberté, enchaînant les essais géométriques variés a des pleines pages ou double pages de toute beauté. Les couleurs crépusculaire du vide spatial dans des tons verts, mais aussi  orangés, magentas et rouge pour la violence des combats et sentiments, de Mariasara Miotti, apportant la couche sublimant le régal de nos yeux. Nul doute que cet artiste réalise là la série qui va le propulser au niveau des grands. Un premier tome époustouflant, portant haut les couleurs du comics de Space opera, d’ailleurs nominé trois fois au Eisner Awards 2021.

FG

Toutes images : Simone Di Meo, Al Ewing, Boom Studios.

We Only Find Them When they're Dead : le voyageur par Al Ewing et Simone Di Meo.
Éditions Hi comics (17,90€) ISBN : 9782378872779 


Mes autres chroniques cinéma

Mes autres chroniques cinéma
encore plus de choix...