dimanche 13 septembre 2015

Festival BD Ambierle 2015 : pendant que je m'en souviens…


Cette année, belle affluence pour la quatrième édition du festival BD d'Ambierle avec une affiche haut de gamme, autour de la venue entre autre de Didier Convard et Didier Falque.
Ces deux derniers, présents grâce à la présentation d'un des prototypes du graal de la collection du Triangle secret : "Le testament du fou", un réceptacle en bois, et étain, façon pupitre de moine du XIIeme siècle, réalisé en 33 exemplaires par les éditions Empher.
Une pièce en souscription, qui a germé dans la tête de quelques collectionneurs et passionnés de la série, que l'on a donc pu voir, toucher et se faire expliquer par Jean-Marc Pinon, gêrant de la structure, doté de ses gants blancs.

Un trésor, dont l'avancée est aussi visible sur le site :
http://www.bdempher.fr/

Photo : Pierre Jacquet
Denis Falque - Didier Convard
















Philippe Luguy
C’est avec grand plaisir que les amateurs ont pu aussi rencontrer (et se faire dédicacer leurs ouvrages préférés par) Didier Convard, scénariste, et ancien dessinateur, faut-il le rappeler, et son comparse Denis Falque, l'un des dessinateurs de la série Le Triangle secret.

A leurs côté : Philippe Luguy, auteur bien connu de la série jeunesse : Percevan, qui proposait entre autre, et en exclusivité, un beau portfolio de son héros, en édition limitée, et une nouveauté des éditions Jarjille de Saint-Etienne : un petit 16 pages de leur collection BN2.

Je n'ai pas eu l'occasion de discuter avec Jaap de Boer, mais cet auteur, connu pour ses parodies de Natacha (Nathalie)  était là aussi, aux côtés d' Emmanuel Despujol et Guillaume Delacour. 











Reed man, créateur de la structure d'édition Organic Comix était là cette année, aux côtés de Jean Yves Mitton, pour cosigner avec lui un de ses derniers albums : la suite de "Demain les monstres" : Demain…Mars
http://fr.ulule.com/demainmars/
Il proposait aussi bien sûr quelques une des ses productions : Strange nouvelle série, Etranges aventures, et quelques occasions de derrière les fagots.
Tandis que Jean-Yves Mitton se prêtait lui, au jeu des dédicaces, avec courtoisie, dont quelques unes dans le nouvel album du Garde républicain, paru chez Hexagon comics. (Colorisé par Reed man)
> A noter : la présence d'un beau blank cover au format 22x29.!)
http://www.riviereblanche.com/hexagoncomics.htm


Jean-Yves Mitton
L'occasion de discussions autour de Lug, Marvel, Fantax et des comics en général. Très sympathique, comme de coutume.

Non loin, et pour rester dans le  Garde républicain, Christophe Hénin était aussi là, lui que l'on croise dans tous les festivals de France et de Navarre. ;-)  Il continuait à présenter cartes, quelques comics et son album personnel autour du jeu de rôle.

En parlant des "locaux", Guillaume Griffon assurait les dédicaces pour son dernier "Apocalypse à Carson city" (tome 5), tandis qu'Olivier Paire présentait un nouveau comics de sa série SNKorp. (coul de  la couv :  Pascal Phan).

Lilou

Lilou avait quelques petites publications ou sketchbook sympathiques à nous proposer, elle que l'on avait pas vu dans les parages depuis une poignée d'années (Activités culturelles au Sénégal obliges.) Dans le même esprit de partage qui la caractérise, c'est elle qui a assuré un atelier BD vers 16 h.
Tandis que Patrick Biesse assurait la promotion de sa prochaine (et première !) exposition à Villefranche sur Saône en Novembre, à l'aide de ses productions Tiny worlds (cartes, posters…etc.)

Photo : Jarjille éditions

Du côté édition indépendante, un petit détour par Jarjille éditions s'imposait, et Michel Jacquet, scénariste et l'un des co-gérant, proposait quelques nouveautés. On notera le nouvel album  de Simon Hureau : Egratinures, un bel objet format carré, format 20,5x20,5, dos toilé, noir et blanc, qui ravira les amateurs. Le nouveau : Monstrueuse Cathy, d'Augel, quelques nouveaux BN2, dont celui de Nicolas Dalfratte, et les toujours très bons "Voyage en Transibérien", de Bettina Eger, Jean baptiste de Augel, et "Un quart né" de Laetitia Rouxel, dont on avait déjà un peu parlé (en bien) ici à l'occasion du précédent salon du livre de Saint-Etienne.
> Une structure alternative toujours intéressante et déchiffreuse de nouveaux talents, à ne pas manquer.
http://www.jarjille.org/  

Quant au fanzine local : Guère épais, David et Alain, avec quelques compères auteurs, étaient présents à nouveau à l'occasion de la parution du dernier numéro de la revue, (le 8), expressement réalisé pour le festival, avec une double page sur le village du livre d'Ambierle.
On note une nouvelle maquette pour le fanzine, reprenant celle du spécial SF paru l'année dernière, avec couverture couleur glacée donc, format A4, et 28 pages.
Au sommaire : Olivier Paire, Guillaume Griffon (belle pin up), Charles Berg, Alain Buisson, avec en exclusivité un extrait du prochain "Emile Tartarin", Lionel terrasse, et deux nouveaux venus : Némé (notre ex super-héros local, au dessin et scénario, wow ! ;-), Gipé, avec une double page de sf déjantée, et les rubriques et dessins habituels, dont le retour sur deux pages du très jeune Baptiste Canvel, avec un nouveau personnage : Levnac.
Une formule que l'on qualifiera de beaucoup plus prometteuse et vendeuse, pour peu qu'elle continue avec cette énergie et dans cette direction.

Pour finir :  la conférence autour du Triangle secret a semble t-il rassemblé plus d'une vingtaine de personnes, l'atelier BD a du ravir quelques enfants, et les nombreux bouquinistes présents avaient de quoi vous faire exploser le budget, pour petits et grands.

Bref, une édition haute en couleurs, qui conforte sa place au sein des manifestations de qualité du roannais. Merci à toute l'équipe du Village du livre pour ce week-end agréable et convivial !
...Juste un bémol : Il ne restera plus, pour la prochaine édition, qu'à organiser dans des délais un peu mieux gérés, le temps de repas des invités, afin que les horaires annoncés soient respectés.

> A l'année prochaine !! et d'ici là : RDV est pris pour le salon SF des Gardiens de la Science-fiction, en Novembre à l'Espace congrès de Roanne ;-)

N° 34/35 BN2, chez Jarjille :
Quick et Flupke revisités par Nicolas Dalfratte, auteur stéphanois.
voir : http://www.jarjille.org/products-page/bn2/
CC : toutes photos : F. Guigue (sauf où indiqué)

mardi 8 septembre 2015

Comme un Pastel blues : ma petite histoire du Jazz.

En remontant du travail ce soir, dans ma voiture, j’écoutais Nina Simone "Trouble in mind " (sur Pastel blues, 1965), et je pensais que je n'aurais certainement pas eu l'occasion ou l'opportunité (le goût aussi ?) d'écouter ce genre d'album dans le passé, mettons...15, 20 ans en arrière ?

La "sobriété"  (toute relative, car Nina Simone est une artiste dont les enregistrements, donc ceux ci, relativement "anciens", sont plutôt secs pour le profane) pourrait d'ailleurs être comparée quelque peu à celle de notre Brigitte Fontaine nationale...
Son jazz assez classique mixe cependant une bonne dose de blues (et quel blues, cf l'entrée fracassante avec Be my husband) et une folie toute personnelle, qui fait de chaque écoute une expérience assez exceptionnelle.

Je me faisais donc cette réflexion, et repensais à ma précédente compilation de l'artiste, un CD assez commun, à bas prix, acheté à l'aube des années 90, pour parfaire à ma culture et réécouter le tube qui avait à nouveau agité les ondes : My baby juste care for me. Un CD assez peu emballant sur la longueur, où quelques titres connus arrivaient néanmoins à retenir mon attention. Mais ces compilations bon marché ne sont pas ce qui se fait de mieux en discographie, surtout lorsque comme moi, on s'intéresse aux artistes. (Je crois d'ailleurs maintenant me souvenir que cette compilation m'avait été gentillement offerte par ma petite soeur.) 
A cette époque, j'avais aussi acquis à Roanne, place du marché, chez Musiques et livres, un vinyle de jazz (mon premier il me semble, nous étions en 1989). Il s'agissait d'une compilation de 1987 de Earl Hines, chez Vogue, dans la collection Jazz time. Pas que je connaisse particulièrement ce grand pianiste des années 30/40/50, mais dans cette boutique plutôt revendeuse de vinyles (c'était la grande époque où la plupart des familles se débarrassaient de leurs disques pour passer au CD), on trouvait plutôt du rock, et, souhaitant alors élargir mes horizons, je m'étais lancé dans un début de découverte du style jazz, que je ne connaissais alors que très vaguement.

Mon frère, grand précepteur de rock devant l’éternel devait alors posséder une compilation de Miles Davis*, une ou deux K7 de jazz vocal, une ou deux bandes de films quelque peu jazz, et une k7 de Miles récente : son album Under arrest de 1985, qui m'avait laissé pantois. Autant dire que cette introduction débridée au jazz n'était pas faite pour me séduire. D'autant plus que l'époque était donc à la fusion et que l'acid jazz qui allait, pour pas mal de monde, sonner le glas des années de vaches maigres pour ce genre musical, (le jazz), commençait tout juste à percer en France.

Je ne remercierai d'ailleurs jamais assez la Medwey scene, dont l'organiste des Prisoners : James Taylor et son quartet, furent partie prenante du mouvement Acid jazz, qui remis le jazz groove des années 60 au goût du jour, et permis à de nombreux novices comme moi de trouver une descendance/porte d'entrée pour cette exploration nécessaire et bienfaitrice.


Étant passionné de Rock, de Psyché, puis de Rhythm'n'blues anglais, puis de Blues et de Soul, cette scène Acid jazz fut le chainon manquant pour joindre les styles et les époques. La découverte de l'aspect historique et discographique se poursuivit des 1997 grâce au secteur audiovisuel de la médiathèque, que j'intégrais, dés sa création. Après avoir commencé à digérer le fonds de base, je participais alors rapidement à son augmentation, et plus précisément le rock, la pop, la soul, le blues, et...le Jazz. Tout cela mâtiné de lectures essentielles.
Autant dire que les années 1998-2006 furent le parfait terreau de ma culture jazzistique : Bop, Hard bop, Free Jazz, Latin, ou plus atmosphérique : labels Act, ECM...etc.

Depuis, j'ai quitté ce secteur, fort de références bien intégrées, d'autres lectures, de quelques concerts, et de l'expérience de mon ami Claude, autre amateur éclairé, qui lui aussi, mais dans d'autres circonstances et d'autres dimensions à monté une collection jazz digne d'intérêt, dans laquelle j'ai pu aussi puiser. ;-)

Donc : Nina Simone !
Et bien ce double CD regroupant 'Pastel blues" et ' Let it all out" (1965 et 1966) vient justement des bacs de cet ami (toujours disquaire indépendant, après...presque 20 ans de bons et loyaux services).
...Je l'ai "choisi" récemment, parmi les deux ou trois Simone qu'il avait à ce moment là en occasion, car je pouvais, à l'inverse de l'époque précitée, me repérer un tant soit peu dans sa discographie. (Il faut dire qu'entre temps, Internet a bien aidé à cela ;-))
Et si j'ai choisi ces disques datés 1965 et 1966, bien m'en a pris, car il s'avère qu'ils font partie de ses meilleurs.
Et j'en apprécie la substance dans mes oreilles...en ce moment même. 

(*) La compilation double album de 1975 "Dig", réunissant des enregistrements des années 51 à 53.

A lire, écouter.. une belle note consacrée à la version de Nina de "Work song", sur le EB sound marketing blog.


samedi 15 août 2015

Rock et Bd : c'est cadeau ! (Four roses, et La main heureuse)

Jour férié, jour de surprises.

Aujourd'hui, on parle de la Mano negra et de Johnny Jano, de Duchazeau, de Baru, de Jano, et de King Automatic.

Deux superbes albums ont paru avant l'été, mêlant histoire rock et bande dessinée, et comme cela faisait assez longtemps que l'on avait pas eu d'ouvrage de cette qualité, c'est parti :

Four roses,
de Baru et  Jano, aux éditions Futuropolis, (Juin 2015)
nous donne l'occasion de retrouver un (deux ?) auteurs estampillés années quatre vingt, qui ont toujours mêlé rock et BD.
Jano avec sa zone et son personnage de Kebla, le rockeur de la banlieue parisienne, le "Rolling stones" du plus "Beatles" Lucien de Margerin (si j'ose. Oui, osons).,  et Baru, et ses Quequette blues, ses mobylettes, sa gomina, et plus récemment, son cd album "Rock antédiluvien". (voir lien plus bas)

Dans Four roses, ... après une rapide présentation du contexte de la fin de la guerre en France, (dessinée par Baru), avec la seconde "occupation" de la France par les Marines dans les bases (60.000 en 1957), on fait la connaissance de Jérémie, guitariste /chanteur (avatar de King automatic, rocker Lorrain), qui, en fouillant dans le grenier familial de la belle sœur, découvre une boite de 45 tours de variétés, et un trésor au milieu : un disque de Johnny Jano.
Le titre "Havin' a whole lot of fun" est un rockabilly de 1956 endiablé qui défrise notre artiste.
Au milieu de ces disques : des photos, où Jérémie et Gilou, son frère, reconnaissent leur grand mère, qui a semble t'il eu une relation avec ce guitariste américain.


Pochette uniface collée en fin d'album
C'est le départ pour une une quête au pays du Zydéco, où tout ce beau monde va recoller les bouts de la fibre musicale familiale et découvrir l'étrange histoire de ce rockeur quelque peu oublié.

Baru, grand amateur de rock'n'roll (il avait déjà publié une belle compilation en 2011, à l'occasion d'une exposition à la Cité de la BD Angoulème*; mais ses précédents albums ont toujours vanté le charme de cette musique, (cf : les loustics, Quéquette Blues…) a écrit une très belle histoire, mettant en avant les relations entre notre pays et la  Louisiane.
Mais le must est d'avoir fait appel à son compère Jano, que l'on avait pas revu depuis des lustres en bande dessinée, lui qui nous avait régalé dans les eighties avec ses BD rock.

Le single, joint à l'album, est la cerise sur le gâteau, puisque non content de nous proposer trois titres par King Automatic : des covers de Never can tell (Chuck berry),  version Zydeco, Slow down (J B lenoir), et Havin a whole lot of fun (Johnny Jano), celui-ci ajoute la version originale de ce brulôt rockabilly de 1956 par l'auteur originel. Top.


(*) du 27 janvier au 24 avril 2011 : http://www.citebd.org/spip.php?article2180


Le titre "Havin' a whole lot of fun" sur Youtube.


La main heureuse
Casterman/Arte/Professeur cyclope
Mai 2015

Ici, c'est tout l'art de Frantz Duchazeau qui est mis en exergue, une nouvelle fois, après ses superbes albums consacrés à d'autres figures musicales : Lomax, Meteor Slim, Blackface Banjo… mais pas que. Car dans cet album prépubliés dans la revue Professeur cyclope, c'est l'histoire du groupe alternatif français La Mano negra qui est contée, ou plutôt celle de deux de ses fans.

Mike et son copain sont deux jeunes ados, qui, tombant sur l'annonce d'un concert (dans Best) du groupe à Bordeaux, à 100 bornes de chez eux, décident de s'y rendre coûte que coûte, en mobylette, en faisant le mur.
Un périple marqué par leur ferveur quasi religieuse et leur foi en le rockn'roll de la Mano, qui va cependant leur réserver quelques (mauvaises) surprises.
Mais "la main noir , la Puta's fever, le King kong five, et le king of bongo vont leur donner l'énergie et l'espoir de réaliser leur rêve.

Un superbe récit, toujours aussi bien mis en scène et en images par le trait noir et blanc si spécifique de l'auteur, qui nous replonge avec passion dans cette époque punk rock française quelque peu révolue.

Pochette uniface collée en fin d'album
Le single quant à lui, (pour l'édition spéciale limitée à 1000 exemplaires), s'il ne révolutionnera pas votre discothèque en termes de gros son, marquera par contre d'une pierre les archives des fans du groupe, puisque cet enregistrement live du concert au théâtre de Barbey de Bordeaux en 1989 propose quatre titres inédits. 
Une petite pièce de collection, bien sympathique, pour agrémenter la lecture.

La page consacrée à la Mano negra sur le site de Manu Chao

samedi 13 juin 2015

Rat God : Corben, comme s'il avait quitté Arkham hier !

Ci-dessous la reproduction en français de la chronique des comics Rat God en VO de Richard Corben, publiée le 2 juin 2015, sur Bernie'sBlog (en anglais, on ne sait pas pourquoi) ;-)


"Je viens juste de finir Rat God, la dernière mini série de Richard Corben, et j'en suis tellement retourné, que je l'écris en anglais. (sic) Peut-être sera t-elle proposée par Delirium en français à la fin de l'année ou en 2016, vu que le hardcover parait en Octobre aux USA 
Je suis un grand fan des œuvres de Corben et j'essaie de saisir tout ce qu'il peut réaliser. Cette dernière série en cinq parties se terminant tôt ce mois-ci, parle d'un homme perdu d'Arkham: Clark Elwwod, dans la forêt froide et sauvage entourant une ville étrange : Lamewood, elle-même perdue dans le temps. Là se trouvent rassemblés des gens bizarres déguisés en rats (ou de zombies, cela dépend des moments), qui dédient un culte à un ancien dieu, une créature en forme de rat géant. Celui-ci vit dans une caverne et des sacrifices humains lui sont consentis.Notre personnage principal court après son amour "scolaire" : Kito, qui s'apprête en fait à être offerte au rat sanguinaire. Mais Clark vit-il vraiment les situations? Sommes-nous en présence de souvenirs? A-t-il déjà rencontré Kito et toutes ces créatures? C'est avec ces interrogations que le comics numéro 5 nous laisse en fin de chapitre.


Il s'agit, à mon avis, de l'une des meilleures histoires réalisées par l'auteur lui-même.

Principalement inspiré de Lovecraft, du nom de la ville d'origine de notre anti-héros, à ses débuts étranges, il nous plonge rapidement dans une période non identifiée, tout en nous entraînant dans le désert et les langues étrangères, en ouvrant sans cesse des flashback, avant de stabiliser l'histoire au sein de Lakewood, mais sans explication plus réaliste à la fin.
C’est donc une grande promenade de train fantôme jusqu’au bout, avec de superbes dessins en couleurs et de nombreux nouveaux personnages, chose que nous n’avons pas eu le privilège de voir depuis longtemps dans le travail de Corben, sauf dans Ragemoore, mais avec beaucoup moins de caractères (et en noir et blanc). À ce sujet, les premières pages nous rappellent une autre histoire ancienne abordant les mêmes thèmes: Dweller in the Dark (1976, publié en France sous le titre « La cité morte de la peur », dans Ogre, 1979). Comme le titre ne le dit pas: une mini série du tonnerre de dieu ! Bravo monsieur Corben!   Rat God 1 à 5 par Richard Corben Darkhorse comics, Fev à juin 2015 À paraître en octobre 2016 chez Délirium.

lundi 4 mai 2015

Everything will be fine : la grâce de Wim Wenders au Canada

Vu samedi soir "Everything will be fine", le dernier Wim Wenders, avec James Franco (remember le (fils du) bouffon vert) Charlotte Gainsbourg, Robert Naylor...

Je n'avais pas vu de film du réalisateur depuis Million dollar hotel (2000 !). Pas que je n'aime pas celui-ci, bien au contraire.. mais les sorties cinématographiques se suivent.. et se bousculent, rendant souvent injustes nos absences auprès de ceux qu'on aime...

Une fondation en Allemagne
préserve et partage les films de l'auteur
J'aime Wenders. Son cinéma, et ce depuis les succès  planétaires Paris Texas et les Ailes du désir, a su se positionner comme un cinéma très personnel, à la marque précise :  une photographie souvent très belle, des moments en suspension (une influence asiatique certainement)... une culture musicale et même "Rock" revendiquée (voir ses relations avec Nick Cave, le film Until the end of the world, ses documentaires sur le Blues et Buena vista social club), et des propos engagés, comme on a pu le voir entre autre dans The end of violence 1997, ou Land of plenty 2004.)
Tout cela fait la marque Wim Wenders, d'après moi. 

Rendez-vous à Palerme, son avant dernier film, datant de 2008, possédait déjà une ambiance intimiste mêlant vie sociale et fantastique. Tandis que Don't come knocking était l'occasion de faire jouer deux anciens acteurs : Jessica Lange, et Sam Sheppard, pas revu pour ce dernier depuis Paris Texas.
Difficile de vivre avec un écrivain...
Ce nouveau long métrage "Everything will be fine" est à nouveau un film intimiste, et se révèle un superbe film, dramatique, mais beau, et où l'humanité est très présente.

Où la communication se fait, dans le silence et par le dessin.
Thomas est un écrivain canadien en cours d'écriture d'un nouveau roman. En mal d'inspiration, en proie à une crise avec son amie, il renverse, un soir qu'il rentre chez lui, par accident sur une petite route enneigée, un enfant, devant son frère. C’est le départ d'un long cheminement psychologique, qui se fera en relation avec la mère de l'enfant, sa compagne, et son métier.




Tu me dois quelque chose
Un fantôme bien présent

James Franco, bien repéré évidemment grâce à son rôle du bouffon vert dans les trois premiers Spider-man (2002, 2004, 2007) et celui de William Rodman dans la Planète des singes 1 & 2 (2011, 2014) offre ici une prestation tout à fait remarquable, en écrivain transi, à la démarche balourde, qui a du mal à s'exprimer en dehors de son écriture (que l'on ne voit jamais d'ailleurs.)

Il fait montre néanmoins, et c'est tout l'intérêt, d'une sensibilité et d'une humanité étonnante, entre autre due au fait qu'il ne peut avoir d'enfant.. et qu'il a tué le seul qu'il ait fréquenté, ne serait-ce qu'un instant.
Sa vie va alors prendre une tournure un peu étrange... mais logique. Et il va se surprendre lui-même à faire preuve d'une grande qualité, malgré ce que ses deux compagnes, trop extérieures à sa vie intérieure ont pu lui dire.

Charlotte Gainsbourg surprend d'abord en rôle de mère effondrée par la mort de l'un de ses fils, (un peu de sur-jeu dans les premières scènes), avant de donner à voir autre chose, plus naturel et humain.  Sa vie recluse dans une petite maison à la campagne offre ceci-dit de très beaux tableaux, surtout à la saison du printemps (la fin du deuil.)
Les scènes de relations entre Thomas et son père devenant sénile sont aussi de beaux moments très sensibles.

... La résilience, la vie à deux... , mais surtout la relation à l'enfant et à la détresse, sous forme de grande pédagogie, sont des sentiments/valeurs que j'ai adoré voir abordés avec cette sensibilité par ce grand réalisateur, dans un film qui m'a personnellement touché.

> Recommandé !


Un très bon article à lire sur Ciaovivalaculture :
http://ciaovivalaculture.com/2015/04/24/cinema-everything-will-be-fine-de-wim-wenders/

mercredi 8 avril 2015

Spirou inédit par Rob-Vel : bravo Monsieur Neidhardt !

©Dupuis/Fred Neidhardt
...Comme précédemment évoqué sur ce blog, le suspens est levé avec la parution du numéro 4017 de cette semaine daté 08 Avril 2015 :

Il s'agissait bien d'un canular... grâce au talent conjugué de Fred Neidhart, et de l'équipe du journal de Spirou.
Indices de la révélation : Première planche avec le nom de l'artiste créateur Rob Vel barrée, et deuxième planche intitulée "Spouri", et signée Fred Neid.

> Chapeau bas l'artiste !

©Dupuis/Fred Neidhardt
©Dupuis/Fred Neidhardt



- Les planches à lire officiellement et en bonne résolution sur :
https://bdzmag.actualitte.com/Le-journal-de-SPIROU-tome-4017-no-4017

- La page facebook consacrée à Spouri, et à Fred Neidhardt.

- Le livre consacré à Rob Vel, chez Dupuis à l'occasion des 75 ans du groom.

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