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mercredi 1 novembre 2017
lundi 9 octobre 2017
Blade Runner 2049 : retour vers le futur !
Titre facile s'il en est, celui-ci décrit quand-même bien ce que l'on voit dans cet excellent film de science-fiction de Denis Villeneuve (« Incendies », « Sicario », « Premier Contact »...), proposant, 35 ans après, une suite au classique de Ridley Scott.
Deux heures quarante quatre de film, pour bien prendre le temps de s'immerger dans les ambiances magnifiquement rendues, déjà ressenties à l'époque : vrombissements des moteurs de voitures volantes, pluie omniprésente, air vicié... et lumière quasi inexistante, de fait.
Dans cette mégalopole où personne ne souhaiterait habiter : vu de haut, un enchevêtrement de murs rectilignes, comme une croute de paysage détruit par la lave, la vie grouille dans les bas fonds, tandis que les plus fortunés (à l'instar de ceux dans « Immortel », de Bilal), flottent grâce à des petits vaisseaux taxi.
Le seul moment de répit autorisé pour l'agent K, (interprété de main de maître par Ryan Gosling), est lorsqu'il file aux frontières de cette ville, pour aller enquêter en début de film, sur l'identité d'un fermier cultivant des vers de terre gastronomiques. Deux trois bicoques alignées en plein désert, et un arbre mort.. suffisent à notre respiration mentale.
On retrouvera cette sensation vers la fin, dans la zone encore infectée du vieux Los Angeles, où vit d'ailleurs une vieille connaissance...
Dans cet univers où il ne fait pas bon vivre en tant qu'humain, car ceux-ci n'ont pas beaucoup de droits, relégués à survivre en vulgaires cloportes dans les bas fonds de la cité, (les autres, plus chanceux ayant migré depuis longtemps dans les colonie extra terrestres), on se lève la peur au ventre. La peur de se voir entendre dire que l'on est un "Replicant" : une version clonée de l'être humain.
Les rares moments où l'on peut prendre un peu de bon temps chez soit, si l'on en a un : la douche que l'on prend en 4 secondes, l'eau étant devenue une ressource trop rare, et l'amour, qui se vit de manière virtuelle, avec des hologrammes.
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| L'amour virtuel. Une scène très... "Daredevil", émouvante. |
« Blade Runner 2049 » : faisons tout dès maintenant pour que notre société ne devienne pas ça. (Ah, on y est déjà quasiment ??)
Merci Philipp K Dick, et bravo à Denis Villeneuve. Un grand film.
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| Un temps révolu, où le fantôme d'Elvis apparaît sous forme de spasms. |
dimanche 1 octobre 2017
« Opposées complémentaires », gagnant du prix Roger Gascon à Roanne
Huit films étaient en lice. La soirée a d'abord débuté avec la projection des traditionnels spots d'or (1), puis un film documentaire du lycée Jérémie Delarue, de Charlieu : « Mauve ». Un bon documentaire traitant du Genre, donnant la parole à trois générations, et enfin du film gagnant de l'année 2016 : « No Name » d'Iris Lataste. La seconde partie de soirée a présenté les films en compétition {Voir notre avis (2)}, le public présent devant voter pour celui de son choix.
Lundi 25 Septembre, les gagnants étaient désignés après dépouillement des votes, par les professeurs, dont la principale : madame Guillaume. Il s'agit de :
« Opposées complémentaires », réalisé par : Elyne Cottin, Laureline Guigue, et Gwénaëlle Garnier.
« Opposées complémentaires », réalisé par : Elyne Cottin, Laureline Guigue, et Gwénaëlle Garnier.
Un film plébiscité par le public, mettant l'accent sur la vie et les sentiments de lycéens dans une ville moyenne aujourd'hui.
L'occasion de parler cinéma et de choix de vie avec cette équipe de copines qui a choisi d'aborder avec talent un sujet de société contemporain pas anodin : un début de relation homosexuelle entre deux amies de lycée.
Franck : Avant toute chose, félicitations pour ce prix ! Pouvez-vous vous présenter les unes et les autres : Nom, prénom, âge, et situation d'études actuelles ?
Elyne Cottin (Réalisatrice, et montage) : 18 ans, en DUT techniques de Commercialisation à Roanne.
Guigue Laureline (Cadre et montage) : 18 ans. Étudiante en prépa ECE à Saint-Étienne.
Garnier Gwénaëlle (Son et montage) : 18 ans, Étudiante en MAN au Lycée hôtelier Paul Augier à Nice.
Lyse Perraud (une des deux principales actrices): Je viens d'avoir 18 ans et je viens de commencer une licence en sciences sociales à Lyon2
Comment est venue cette idée de scénario ? Qui l'a choisie ?
mardi 19 septembre 2017
« Curse » par Riley Rossmo, Colin Lorimer et Tim Daniel, Michael Moreci
Les
histoires de loups garous sont plutôt légion en bande dessinée et
au cinéma. Ce one shot paru chez l'éditeur américain Boom studios, d'auteurs pas encore trop reconnus en France, propose néanmoins une approche intéressante du sujet. Ankama ne
s'y est pas trompé.
Laney
Griffin est un ancien joueur de football américain. Sa carrière est
fichue depuis que son jeune fils a déclaré une leucémie. Seul et
sans le sou, il est désespéré. Il se met alors en tête de tuer la
"bête" qui massacre des humains dans les bois environnants
afin de toucher la prime imposante. Mais il ne se doute pas à quelle
créature il va être confronté. Il se peut même que sa vie chavire
complètement.
Belle
couverture engageante, et scénario maîtrisé. Même si on n'a pas
encore lu « Roche limite », l'autre album de Michael Moreci publié
chez Glénat comics en 2016, (une mini série de space opera en un
volume relié, plutôt séduisante), il apparaît évident que ce
gars là connait son boulot. On ne rechignera pas trop à découvrir
ses autres publications. D'ailleurs il en partage au moins une avec
son co auteur Tim Daniel : le titre « Burning Fields », publié
chez Ankama en novembre 2016 et plébiscité par la critique. Les
avis pour « Enormous » chez le même éditeur, dessiné par Tim
Daniel avec un autre scénariste, ont été quant à eux un peu plus
mitigés.
Ici,
le dessin est partagé entre scènes du présent, par Colin Lorimer,
et Riley Rossmo, dans les flashbacks. L'un aborde son travail à
l'informatique, un peu dans l'esprit de Michael Gaydos sur la série
« Alias », l'autre use de trames, son style très stylisé étant
ici mis en exergue par une colorisation bicolore rouge et blanche.
Bien vu et très pratique pour ne pas perdre le fil en tant que
lecteur.

En
tout état de cause, l'histoire se lit avec intérêt jusqu'au bout,
et la chute, à la fois classique et intéressante, laisse quand même
un goût de drame familial bien senti. D'ailleurs les superbes
couvertures ajoutées en bonus continuent de « raconter » de
manière encore plus fine la destinée de ce papa et de son fils.Si il ne s'agit pas pas du titre le moins incontournable du label 619 d'Ankama, « Curse » se positionne néanmoins comme un bon thriller fantastique aux limites de l'horrifique, que l'on rangera volontiers aux côtés de :
« Sarah » (Humanoïdes associés 2003), « Severed : Destins mutilés» (Urban 2013), ou « Candy Mountains » (Ankama, 2012-2013), par exemple.
Franck GUIGUE
« Curse »
par Riley Rossmo, Colin Lorimer et Tim Daniel, Michael Moreci
Éditions Ankama (14,90 €)
- ISBN : 9791033504559
mercredi 6 septembre 2017
« Faith T2 : Doubles et faux-semblants » par Pere Pérez, Marguerite Sauvage et Jody Houser.
Le tome 1 de Faith, cette nouvelle super-héroïne "normale", enfin, bien enveloppée physiquement, mais intégrée dans une vie active classique moderne, a été très bien accueilli par la critique et le public ce début d'année. Les éditions Bliss Comics poursuivent donc sa publication avec ce tome 2 toujours aussi rafraîchissant.
Faith Herbert, alias Summer Smith sous sa couverture de chroniqueuse
au journal de Los Angeles Zipline, est en réalité Zéphyr, une
super héroïne. Ses pouvoirs : télékinésie, avec la possibilité
de voler, lui ont été révélés par son ami et super-héros
lui-même : Archer.
Ses premières aventures sont contées dans l'intégrale « Harbinger », où elle a eu l'occasion de faire partie d'une équipe : les Renégats. Renégats car dissidents de la petite armée qu'a souhaité créer le redoutable psiotique Toyo Harada. Le précédent tome de sa série homonyne nous a présenté son univers de geek sympathique et ses relations un peu compliquées avec, dans l'ordre : sa patronne, ses amis, et les garçons. Comment gérer en effet une double identité et un surpoids ?
Ses premières aventures sont contées dans l'intégrale « Harbinger », où elle a eu l'occasion de faire partie d'une équipe : les Renégats. Renégats car dissidents de la petite armée qu'a souhaité créer le redoutable psiotique Toyo Harada. Le précédent tome de sa série homonyne nous a présenté son univers de geek sympathique et ses relations un peu compliquées avec, dans l'ordre : sa patronne, ses amis, et les garçons. Comment gérer en effet une double identité et un surpoids ?
Dans ces quatre nouveaux épisodes, notre charmante amie blonde
(rousse lorsqu'elle revêt sa perruque de Summer), a d'abord fort à
faire avec le beau gosse dont elle est fan : l'acteur Chris
Chriswell. Celui-ci demande à la rencontrer pour une séance photo.
N'écoutant pas les conseils de son meilleur ami, elle va sans le
savoir déclencher un piège qui pourrait bien lui être fatal.
![]() |
| Couverture US |
Les chapitres 3 et 4 nous emmènent quant à eux dans l'univers
attachant des conventions de comics.
Pour tout amateur de bande dessinée, les Comic con définissent quelque chose de familier, même si on parlera plus facilement de festivals BD par chez nous. Ces manifestations où se retrouvent fans de comics, auteurs, libraires, cosplayers, vendeurs d'albums, d'originaux, de goodies, sont des moments incontournables dans l'année.
La bonne idée de Jody Houser, jeune scénariste mais déjà très appréciée est de nous immerger au sein de l'une d'entre elle pour un récit où un détraqué déguisé en méchant Mickey a programmé de dérober quantité de matériel de collection. Faith et Archer qui étaient venus là en fans vont tomber sur un personnage plutôt étrange qui leur donnera un peu de fil à retordre.
Pour tout amateur de bande dessinée, les Comic con définissent quelque chose de familier, même si on parlera plus facilement de festivals BD par chez nous. Ces manifestations où se retrouvent fans de comics, auteurs, libraires, cosplayers, vendeurs d'albums, d'originaux, de goodies, sont des moments incontournables dans l'année.
La bonne idée de Jody Houser, jeune scénariste mais déjà très appréciée est de nous immerger au sein de l'une d'entre elle pour un récit où un détraqué déguisé en méchant Mickey a programmé de dérober quantité de matériel de collection. Faith et Archer qui étaient venus là en fans vont tomber sur un personnage plutôt étrange qui leur donnera un peu de fil à retordre.
Il est question ici d'une jeune femme adulte, mais geek, et l'impression d'une sorte de Spider-Man qui s'adresserait aux jeunes adultes partageant les mêmes passions ou inquiétudes, est forte. C'est en fait sûrement très clairement l'objectif de la scénariste, et ce qui explique l'accueil positif de son héroïne en librairies aux États unis. Espérons que le public français saura réserver un aussi bel accueil à ce comics tendre mais non dénué d'action.
A noter : la colorisation de Andrew Dalhouse et les superbes
couvertures aquarellées de Kevin Wada sur ce tome.
Franck GUIGUE
« Faith T2 :
Doubles et faux-semblants » par Pere Pérez, Marguerite Sauvage et
Jody Houser
Éditions Bliss (14,95 €) - ISBN : 978-2-37578-00-7-7
jeudi 31 août 2017
« Winter Road » par Jeff Lemire : l'alternative excellence.
Jeff Lemire est un auteur canadien qui, en l'espace de sept ans s'est imposé dans le paysage du comics alternatif avec un style d'écriture passionnant qui a su séduire de nombreux éditeurs et dessinateurs américains. La plupart de ses albums (principalement publiés chez DC, Darkhorse et Image) ont été traduits en France.
Son propre dessin au trait fin et aux colorisation réalisées en légère touche d'aquarelle se démarque aussi considérablement du reste de la production et c'est toujours un plaisir de le trouver combiné. D'autant plus que les nombreuses et régulières collaborations de l'auteur avec d'autres artistes devraient ne laisser finalement que peu d'occasions pour cela.
Son propre dessin au trait fin et aux colorisation réalisées en légère touche d'aquarelle se démarque aussi considérablement du reste de la production et c'est toujours un plaisir de le trouver combiné. D'autant plus que les nombreuses et régulières collaborations de l'auteur avec d'autres artistes devraient ne laisser finalement que peu d'occasions pour cela.
"Winter road" fait heureusement partie de ces exceptions, aux
côtés d' « Essex County » , « Mr Nobody », « Jack Joseph soudeur sous-marin » , « Trillium », « Sweet Tooth », et son actuel « Royal City », actuellement en publication aux États-unis.
Je ne vais pas vous mentir : je l'adore, et ce bouquin est l'un des rares que je n'avais pas encore lu de lui, d'où cette chronique tardive.
Je ne vais pas vous mentir : je l'adore, et ce bouquin est l'un des rares que je n'avais pas encore lu de lui, d'où cette chronique tardive.
Derek est un ancien joueur de hockey canadien un peu bourru, qui a un jour répondu un peu trop violemment a l'agression d'un joueur adverse sur le terrain. Sa carrière ruinée, il a sombré dans l'alcool et traîne ses guêtres dans la petite ville paumée (imaginaire) de Pimitamon.
Son passé le rattrape souvent lorsqu'il est un.peu provoqué, et fait souvent le coup de poing.
Il vit dans la loge du gymnase local et bosse comme cuisinier au snack du coin. Son avenir est bien compromis lorsque débarque sa soeur, aussi paumée que lui, pas vue depuis treize ans. Ensemble, ils vont affronter leur passé.
Paysages gris bleutés et blancs du Canada enneigé, ambiances lourdes des pas crissant sur l'épaisseur des cristaux, plans cinématographiques de film indépendant, ...tout est maitrisé superbement, et en même temps délicieusement léger et alternatif. C'est ce qui fait le charme de ce gros pavé de 280 pages aux tons pastels. La violence est sourde, mais tout comme la poésie : liée à la nature du nord bien présente. On s'attache à ce gaillard, sa soeur et la communauté qui les entourent avec beaucoup de plaisir.
Le sentiment de tenir un bon bouquin, qui ferait aussi pourquoi pas un petit film bien agréable (1) est là, et c'est tout le talent de cet auteur sympathique : proposer une patte reconnaissable entre mille où chaque nouvelle oeuvre ne décevra pas. Combien en sont vraiment capables ?
(1) A noter que c'est le roman graphique de 2012 « Underwater Welder », publié en France sous le titre "Jack Joseph soudeur sous-marin » qui devrait être adapté au cinema. Le film serait produit par Ryan Gosling, Ken Kao et Anonymous Content. (Info blog de l'auteur).
Editions Futuropolis, Septembre 2016
(Le comics a été publié aux USA sous forme de roman graphique en Avril 2017 sous le titre « Roughneck » par Simon & Schuster au Canada et Gallery 13 Book aux États-unis)
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