lundi 13 avril 2020

Lucky Glauque

En Mai 1975, dans la revue Actuel, on pouvait lire, dans ce numéro "violent", à la couverture si polémique, quatre pages très spéciales du gentil héros cowboy (qui titre plus vite que son ombre), intitulées : Lucky Glauque : "Pour une pognée de tripes".

Un hommage non seulement au western spaghetti et à Sergio Leone, mais vous le verrez aussi, à un autre genre de cinéma et de culture populaire.
Bonne lecture.

ps : La Bd n'étant pas signée, et le sommaire du numéro, ainsi que l'ours, tout sauf clair, on ne pourra que supposer l'auteur des bandes.






mardi 7 avril 2020

#MescasesenStock 4 Les Yeux du chat

Comparaison des tailles d'une carte de l'exposition
Moebius-Miyazaki (2004),  et de l'album
Les Yeux du chat par Moebius et Jodorowski.
Édition petit format dit "aux fidèles" (ou aux libraires) 1978

En 2003, nous vivions une chose assez terrible et en même temps belle à Roanne. Après 24 ans de bons et loyaux services, le festival de science-fiction organisé par le passionné Jo Taboulet et une équipe réduite mais motivée était contrainte de s'expatrier à 30 km du centre ville, sur le site du beau Château de la Roche, en bord de la serpentante Loire, à cause de la décision malheureuse d'une nouvelle équipe municipale peut encline à défendre les cultures populaires.
Décision dont le festival ne se remettrait d'ailleurs jamais, même si deux autres éditions auront lieu ensuite, un peu laborieusement au même endroit.



Cette année là, deux invités de choix : Philippe Adamov, pour une exposition d'originaux , et Marc Antoine Mathieu, pour une installation liée à son album de l'époque. J'eus d'ailleurs l'honneur d'interviewer ce dernier pour le fanzine de BD Onabok que des amis et moi -même réalisions depuis trois ans. Ce weekend là, un chapiteau installé sur le plateau surplombant l'accès au château accueillait le salon du livre où divers libraires d'occasion et de neufs proposaient romans SF, et BD de genre. Les auteurs invités assurant des dédicaces à l'occasion.
C'est là que sur le stand de la librairie lyonnaise historique la Proue, qui avait fermée malheureusement deux ans plus tôt, le vénérable George Peju (*), co fondateur, me proposa ce superbe "Yeux du chat", dans cette édition en superbe état, que je n'imaginais même pas pouvoir trouver. Celle-ci était en effet parue en 78 et n'avait pas été commercialisée, mais offerte à la discrétion des libraires à leurs meilleurs clients. Je ne connaissais son existence que par des pages d'annonce parues dans la revue Metal Hurlant, que je collectionnais. Non seulement ce petit album était là, disponible sous mes yeux et proposé à un prix très attractif, mais en plus, personne autour de moi (nous n'étions alors pas nombreux) ne semblait vraiment prêter attention à tout cela. Petit format cartonné sous jaquette magnifique. Pages d'un jaune "Canari Bandol, série Mistral" de plus bel effet, et récit poétique muet (avec une voix off) culte ...cette édition 2003 du festival me laissa vraiment un goût spécial.
Lire un article sur la librairie La Proue.
https://lyonnais.hypotheses.org/1533
(*) George Peju qui décéda trois ans plus tard. (Voir Livres Hebdo du 26 avril 2018).



lundi 6 avril 2020

Mes Cases en stock 3 : Jonathan Cartland dyptique (tryptique?) de la rivière du vent

Jonathan Cartland dyptique (tryptique?) de la rivière du vent 1982-83


Les années quatre vingt ont été marquées par bien des albums étranges voire saugrenus, et l'on aura l'occasion d'y revenir. Toujours est il qu'en 1985, alors que déjà lecteur de la série Jonathan Cartland, découvert en 1978 dans la collection souple 16/22, et marqué par les tous premiers épisodes de ce western aux fortes connotations fantastiques, je me suis décidé à acheter le nouvel album : Silver Canyon, découvert dans Pilote mensuel et paru déjà deux ans plus tôt. Cependant, à l'époque, mino que j'étais, l'achat des BD était encore grandement lié aux seuls anniversaires et cadeaux de Noël.

 

Cette superbe couverture orange mettant en avant une ravissante femme en nuisette avait tout pour charmer l'adolescent que j'étais. J'avais déjà eu l'occasion d'être surpris, voire même choqué par le ton particulièrement engagé du binôme Laurence Harlé - Michel Blanc-Dumont dans le premier album, (avec la pendaison d'un indien, puis par la mort de Petit nuage, la femme Oglala de Cartland dans "Dernier convois pour l'Oregon", mais aussi les visages peints pour la guerre, effrayants, des différentes tribus, les coup de feu puissants et meurtriers des armes à feu, les scalps divers et la violente folie de certains hommes (rouges ou blancs). Tout cela m'avait  fait prendre conscience de l'originalité exacerbée de celle-ci, aussi étais-je attentif à la prochaine parution. Cependant, en achetant cet album, quelle ne fut pas ma surprise de constater que Silver Canyon n'avait pas du tout la tonalité de ces albums. (Je n'avais pas eu l'occasion de dénicher les deux précédents tomes en bibliothèque.)

Cet album en huis clôt pourrait-on dire, sorte de "Bijoux de la Castafiore" pour Harlé, m'apporta quand-même une sacré dose de surprise et de plaisir, de part son cadre : un cirque rocailleux perdu dans le désert, et sa trame : un flash back effectué à partir d'un bureau militaire, où Cartland doit répondre d'événements dramatiques s'étant déroulés quelques jours plus tôt, et où des gens ont été tués par balle. Une sorte d'enquête policière, mêlée à des souvenirs et une histoire d'amour (avec de belles scènes charnelles) entre Cartland et Emily. Cette très belle femme brune d'une bonne famille semblait sortir là comme d'un rêve, et d'ailleurs il planait sur l'ensemble de l'album une sorte de voile étrange, comme charié par le vent, ou une rivière... c'est à partir de cet album que je me suis donc décidé à acheter de manière systématique et rétroactive  l'ensemble des tomes manquant de la série. C'est là que j'ai découvert le dyptique "La rivière du vent" , avec 1) l'Indien Cheyenne "Honhuké" (contraire) Anskoninis, ayant capturé Cartland. Cet indien, ayant eu un jour une révélation, a décidé de vivre en faisant et disant tout à l'envers (on retrouvera cette étrangeté dans le film Little Big Man d'Athur Penn et dans l'album Quatre doigts de Milo Manara) et cette histoire étrange de construction d'un château perché dans un cirque rocheux, par un comte allemand : Wilhelm, pour son amie Cécilia. Une lubie quelque peu démente, avec barrage à la clef, détournant la rivière du vent, sacrée pour les tribus alentours, ayant comme but final de créer un lac artificiel au pied de la demeure bourgeoise. 

Cartland, qui avait au départ servi de guide chasseur a la troupe, passe l'essentiel du premier tome dans le village cheyenne, comme esclave, tandis que le second "Les Doigts du chaos", rajoute  un élément déclencheur en l'arrivée d'une bande de frères et soeur mormons, qu'une lettre, apportée par Cartland lors de sa fuite, trouvée sur le corps d'un jeune homme agonisant de la variole, lui ayant supplié de la transmettre, va mettre en branle. A la clef : une mine d'or...
Tout cela est bien compliqué me direz vous ? Peut-être. 
Cela pourra certainement, dès lors, vous faire prendre conscience de l'originalité de ce dyptique, de cette série en général, et de pourquoi, au final, j'ai associé longtemps ces deux tomes à Silver Canyon, qui reprenait assez bizarrement des thématiques et un décor proches, un an après seulement, en y ajoutant une relation amoureuse avec une belle jeune femme, comme si la blonde diaphane et malade Cécilia des deux précédents tomes n'avait fait que passer, tel un fantôme, (ou n'avait pas pris sur le papier argenté du canyon sus-cité ?), et n'avait contenté personne...
Beaucoup de finesse et d'émotions rendues possible par une écriture peu commune, due à une scénariste de talent, Laurence Harlé, disparue trop tôt, en 2005, à l'âge de 56 ans. 

dimanche 5 avril 2020

#Mescasesenstock 2 Le Combat des chefs - Astérix

Le Combat des chefs - Astérix édition 1972
(édition originale parue en 1966)
Comme beaucoup d'albums franco belge, celui-ci a fait partie, il me semble d'un des 2 dons d'une tante, faisant dans les années 70 des extras dans un restaurant et qui récupérait dans les poubelles les livres déchirés et peu entretenus des enfants des patrons. On a récupéré ainsi, mes frère et soeur et moi deux gros cartons de Dargaud, en majorité.
Cette couverture m'a tout d'abord marquée par sa violence assez rare dans des BD "jeunesse". Pensez, un vieillard écrabouillé sous une pierre de cette taille...je me souviens avoir été assez choqué. Ensuite, ce druide devenu fou, alors que tout le monde a grandement besoin de lui, et son seul soignant, rendu inopérant par un bête accident. Et tout ça au milieu d'une guerre de pouvoir...vous avez dit criant d'actualité ???

Et puis encore (ou surtout), pour l'enfant que j'étais, il y a cette incroyable histoire d'amitié entre un légionnaire romain sentant le poisson, se cachant dans un tronc vide, avec un (tout petit) hibou. Le légionnaire, petit bonhomme sympathique, va goûter un ersatz de potion "magique" qui va lui donner des ailes...lui permettant de voler aux côtés de son nouvel ami, avec lequel il tente de communiquer. "Hou hou". "Hou ?" ...Il faudra même l'accrocher au pied pour ne pas qu'il disparaisse.

Comment se pouvait-il que dans une BD familiale et française, une telle idée, un tel prodige fusse possible ? Et quel scénariste aurait imaginé cela ? Nous étions au milieu des années soixante-dix, et au delà du fait qu'un vent nouveau soufflait depuis une dizaine d'années, au sein du journal Pilote, Goscinny volait très haut en termes d’idées...pour notre plus grand plaisir d'ouverture culturelle. Cocasse...et culte. La magie Goscinny Uderzo à son apogée.

samedi 4 avril 2020

#Mescasesenstock 1 Buddy Longway : l'Ennemi

Buddy Longway : l'Ennemi, par Derib
1975 Dargaud 

Buddy Longway, si je ne m'abuse, semble être la première série BD que j'ai suivi entièrement et achetée de mes propres deniers (ou commandée en cadeau), à partir de 1976. Mon frère possédait les deux premiers tomes, dont celui-ci donc, et j'ai été si marqué par l'originalité de ce western, transmettant tellement de valeurs humaines, dans une atmosphère graphique mêlant univers jeunesse et adulte, que lorsque j'ai vu cette couverture, à la fois morbide et intrigante, l'effet a été immédiat. Il faut dire qu'enfant, j'étais, comme beaucoup d'autres garçons, amateurs de culture indienne et ne manquait pas une occasion de me déguiser et prendre leur défense. Puis j'ai ensuite acheté un tas d'ouvrages sur le sujet.
Derib était à l'époque un des rares auteurs à aborder avec autant de documentation, de sincérité et de passion la culture des tribus des plaines, qu'il était difficile de ne pas être séduit.
Dans l'Ennemi, le tour de force est de nous faire croire jusqu'à la presque fin de l'album à une histoire de genre horreur, ou fantastique,...alors qu'il n'en est (presque) rien. Du grand art narratif, mettant, et pour longtemps encore, la psychologie humaine au coeur de la série. J'ai ensuite acheté "3 Hommes sont passés", ai pris une grosse claque, puis n'ai plus lâché jusqu'au dernier tome de la série, qui a accompagné ma propre vie familiale, et a peut-être influencé à sa façon les valeurs que je défends.
Autant dire qu'elle a une place de choix dans ma bibliothèque, et dans mon coeur.

dimanche 1 mars 2020

Alien 3 le scénario abandonné : lorsque comics rime avec sérieux

Les éditions Wetta, pardon Vestron, continuent d'offrir les publications liées à la licence du plus célèbre alien de la galaxie. Ce scénario abandonné possède de réels atouts.


Le vaisseau Sulaco, initialement à destination de la base Getaway, transportant les corps meurtris de Ripley, Hicks, Newt et Bishop, a dévié à cause d'une avarie vers la station Anchorpoint, en territoire de l'Union Populaire Progressiste.  l'UPP l'a cependant interceptée juste avant, et trois marines sont montés à bord pour l'examiner. Mais l'avarie de navigation avait une raison et alors qu'ils découvrent dans le caisson d'ypersommeil un synthétique ravagé par une créature alien, l'un d'eux se fait attaquer. Le laissant à bord, les deux autres  rejoignent vite leur navette et la base UPP avec la partie supérieure du robot Bishop, tandis que le vaisseau nécessitant une décontamination complète aborde Anchorpoint, base de la société Weyland-Yutani. Pendant ce temps, deux scientifiques de l'UPP viennent enquêter à Anchorpoint,  avec pleins pouvoirs, afin de récupérer si possible le maximum d'éléments biologiques issus du Sulaco. Rossetti, responsable à bord, se doute que cet "accident" n'en est pas vraiment un, mais ne sait pas non plus à quel point leur station est le théâtre de recherches d'armes biologiques. Des enjeux stratégiques qui vont coûter cher...



Lorsqu’au début des années quatre-vingt dix, William Gibson, écrivain ayant participé à inventer le concept CyberPunk, reconnu pour ses romans Neuromancien, New Rose Hotel ou Johnny Mnemonic, est abordé par les producteurs de la licence Alien pour écrire un scénario original, il n'en a encore jamais rédigé. Fan de la série, et après avoir lu les scripts des deux précédents,  il se met au travail avec passion, décidant d'en faire l'élément d'une trilogie, et ramenant Bishop, personnage qu'il avait apprécié, au devant de la scène. L'auteur réalise cependant assez vite qu'on l'a surtout embauché pour amener une touche cyber punk à la série et que son scénario, plutôt bien foutu, va être en fait complètement dilué dans d'autres scripts. Le troisième film sort, complètement différent, puis le quatrième et on entend plus jamais parler de ce scénario, jusqu'à ce que Dark Horse décide de l'utiliser pour ce one shot. 
Alien 3 est un assez bon récit effectivement, avec un aspect Guerre froide entre deux puissances en présence, plutôt marquée et bien moins utilisée dans les autres films. Cela donne un ton très adulte, pour ne pas dire compliqué, car on a un peu de mal, en première lecture, à différencier les différents protagonistes. UPP, Anchor Point, Getaway, Sulaco, Rodina...autant de bases ou de vaisseaux entre lesquels on doit jongler pour se repérer. Si cela est plutôt habituel dans cette série de comics, le fait est encore plus marquant ici.

Passé cette légère problématique de lecture, et une fin aux dialogues un peu obscures, l'histoire est plutôt bien menée, avec une mise en images tout à fait percutante et fascinante. Le trait fin aux effets un peu "salis" de Johnnie Christmas, magnifié par les couleurs chaudes et agréables de Tamra Bonvillain renforce le charme global. L'utilisation du symptôme de virologie, montrant à plusieurs reprises des monstres mi humains-mi xénomorphes "déchirés", pas vu ailleurs que dans le prequel Fire and Stone, apporte un plus indéniable à ce scénario oublié, même si on a pu lui reprocher de ne pas utiliser davantage le personnage de Ripley, apparaissant très brièvement. Un bon petit Vestron, digne d'un roman SF de qualité, c'est à dire à l'aspect un peu moins divertissant que d'autres titres, qui complétera néanmoins avec goût votre collection de comics consacrés à la licence. 15 pages de couvertures et dessins encrés le complètent.


FG

Alien 3 le scénario abandonné, par William Gibson Johnnie Christmas 
Éditions Vestron (17,85 €) - ISBN : 979-10-95656-25


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