samedi 28 février 2015

Vaughn Bodé, la France, et Cobalt 60


Image issue du Tumblr Cobalt 60
https://www.tumblr.com/tagged/cobalt-60
En 2013  a eu lieu un évènement : l'édition française anniversaire de Das kampf ("La guerre", 1963, recueil de dessins de contre-culture)(1)  réalisé par Vaughn Bodé, artiste culte des années soixante, connu en France grâce aux revues Métal hurlant, Epic, et aux éditions Neptune, Futuropolis, ...mort trop tôt, en 1975 à l'âge de 34 ans.

Le blog de Li-an, entre autre, (mais aussi Leblogdeshige) a rendu sur son blog hommage à Vaughn et cet évènement, mais aussi à Erotica, l'album paru chez Neptune en 1981.
... Et les commentaires faisaient état du peu de publications disponibles de cet auteur en France.

... Aussi, je vous propose ce soir un petit hommage à sa série Cobalt 60, qui a vu deux épisodes publiés dans Métal Hurlant dans ses numéros 4 (1975) et 57 bis (1980). (La seule fois.)

Reproduction de la couverture de Witzend #7  de 1970
dans Métal hurlant #4
Cobalt 60 décrit l'histoire, en noir et blanc, d'un homme mutant se baladant sur une sorte de dinosaure, dans un univers de science-fiction, faisant beaucoup penser à Arzach de Moebius.

... Sauf que Cobalt 60 (1968) précède Arzach de huit (!) ans.








Le double édito légendaire de Métal #4
Ce qui est génial dans le numéro 4 de Métal hurlant, c'est le parallèle qui est fait entre les deux artiste (implicitement ??) dés l'édito, dans deux colonnes : une signée Moebius justement, avec sa fameuse phrase devenue célèbre, décrivant comment une histoire peut/devrait être dans son univers, et à droite, Jean-Pierre Dionnet qui présente Vaughn Bodé (pour la première fois apparemment ici, en plus de l'album 30/40 "Salut"  de chez Futuropolis, sorti la même année; et adapté par JP Dionnet.)

1ere planche dans Métal hurlant #4

2eme et 3eme planches (sur 10) dans Métal hurlant #4








Le premier épisode introductif de Cobalt 60 a d'abord été publié dans le #73 du fanzine Shangri l'Affaires de Ken Rudolph en Avril 1968(2), avant de connaître un second et dernier épisode original dans le #74. Son fils Mark Bodé, lui aussi artiste, a ensuite repris le flambeau et des recueils ont collecté l'ensemble des épisodes en 1988 et 1992.

Les 4 recueils Cobalt 60 de 1992 (Thundra press)






Dans le même numéro de Métal, la pub pour le 30/40 Futuropolis
























Avec le recul, on peut aussi se dire que Cobalt 60 a du être une influence sur pas mal d'auteurs et
Grendel, par James Harren
(Pinterest Grendel)
dessinateurs. Je citerai Grendel de Matt Wagner,  Deadpool, ...pas mal de mangas,... et plus généralement tous les guerriers flingueurs des années 80 à aujourd'hui.  Pas mal pour un artiste si peu connu.

On appréciera donc d'autant plus ce recueil de dessin bien dans l'esprit underground et revanchard des années 70 que Vulcain nous a fait l'honneur de publier.
Et on priera qu'un jour, peut-être, un éditeur français prendra la peine de proposer une anthologie Vaughn Bodé.
L'espoir fait vivre ...


(1) La page consacrée au projet participatif pour le bouquin de Vulcain (avec plein d'images)

(2) http://en.wikipedia.org/wiki/Cobalt_60_%28comics%29

Consulter les archives de Vaughn Bodé sur Junkwaffel.

La note consacrée à Erotica sur le blog de Li-an.

Quelques notes sur Bodé sur le Blog de Shige.

Quelques belles images de Bodé, sur Junglekey.


mardi 17 février 2015

Mars attacks 50's anniversary : a collector item !

©Bruce Jones/Ken Steacy
Je ne sais pas vous, mais pour moi, les années quatre-vingt ont été bercées par de la musique alternative américaine (REM, Oingo Boingo, Cramps..) en plus de la new-wave rigolote (Duran Duran.. Ultra vox, Smiths, Cure...), des films /horreur type Evil Dead, Hellraiser, Criters, Freddy, Elmer...et par quelques histoires tirées de revues telles : Metal hurlant, A suivre ou.. Special USA. (Pour ne citer que les principales.)


Et il y a un truc que j'adorais à l'époque, c'était les recueils "Bruce Jones présente" (Albin Michel), dont les histoires étaient justement prépubliées dans Special USA.
J'en parle et ai recensé les sommaires sur cette page : http://wrightsoninfrench.pagesperso-orange.fr/Brucejonespresente.html, et dans le fanzine "Les sorciers de la galaxie comics.
Dans le tome 2 de ces recueils cartonnés : "Planète rouge", il y avait une histoire qui m'a particulièrement marquée, (en plus de celle du tome 1 de "Way down there below in the dark" de Tom Enriquez, c'est celle intitulée : Collector"s item, dessinée par Ken Steacy.


Celle-ci raconte l'histoire, au début des années soixante aux USA de deux gamins, qui font la course en vélo afin d'arriver le premier à l'épicerie du coin pour avoir les cartes "Mars attacks " éditées par une fameuse  marque de bubble gum. Ces paquets spéciaux étaient édités par Topps en 1962, une société qui avaient déjà sortis d'autres set de cartes illustrées. Celle-ci ayant été leur summum.

Réédition 2012 du set complet de cartes Topps

Page 2 de la version US de Ken Steacy*
Pages de garde de l'album Albin Michel
C'est cette histoire de 5 pages bien fun, qui m'a donné à découvrir à l'époque l’existence de ces cartes énormes, (avaient-elles vraiment existé d'ailleurs ?)... Même les pages de garde de l'album reprenaient en grand format trois des cartes du set de 62 : les 31, 46, 27.


... J'ai su après coup par un autre ami que ces cartes avaient véritablement existé... (ont-elles connue une édition française au fait ?), et ce n'est qu'à la lecture du superbe "Woodwork" (DW Publishing; Bilingual edition (January 15, 2013) consacré à Wallace Wood, que j'ai appris que les crayonnés de plusieurs de ces cartes (première série de 1962) avaient été dessinées par Wallace Wood lui-même !

Ces cartes (et leurs suivantes dans les 90's et au début des années 2000) ont fait l'objet en 2012 d'une édition collector sous forme de petit bouquin cartonné hyper sympa.
Il ne m'en fallait pas plus (et l'aspect trop geek de ce genre de petit bouquin collector), pour que je fasse l'acquisition de ce dernier. ...Et c'est une tuerie.

Je vous laisse regarder ce petit film ainsi que mes photos pour vous rendre compte du délire. 
Nb : On y trouve effectivement quelques crayonnés de Wallace Wood sauvés de l'oubli, plus tous les autres set de cartes reproduites avec leur textes et annotations, un peu de rédactionnel, et un paquet bonus réel encollé en fin de volume, avec quatre cartes collector. ;-)

Le bouquin anniversaire avec une belle jaquette
en papier d'emballage chewing gum

Verso du livre

Pages de garde de fin avec les quatre cartes collector offertes.

La galerie des crayonnés !!



(*) Planches de "Collector's item" (©KenStyeacy/Bruce Jones) tirées du blog : http://atocom.blogspot.fr/2014/08/reading-room-alien-worlds-collectors.html

lundi 2 février 2015

Bibliographie des ouvrages français consacrés aux Comics

Bibliographie établie à l'occasion de la formation donnée ce Lundi 02 Février 2015
à la médiathèque départementale de prêt de Montbrison (42).


Bonne lecture.



https://drive.google.com/file/d/0BzZ29XFo3krMWG5uOXBJZWRBTWc/view?usp=sharing
Cliquer ici pour accéder au document complet.






dimanche 18 janvier 2015

La famille Bélier : une incursion bienvenue dans le monde des malentendants

La vie de Lycée.
Louane Emera et la belle et talentueuse Roxane Durand
 Vu hier au soir La famille Bélier, un peu trainé par ma fille de 14 ans, j'avoue.
J'ai été cependant heureux et ému par ce film aux multiples atouts.

Tout d'abord : une révélation avec Louane Emera, une demoiselle plutôt timide découverte dans le télé crochet "The Voice", qui est pleinement révélée dans ce film d' Eric Lartigau, aux côtés des superbes acteurs Karin Viard, (exubérante), François Damien (Emouvant), et Eric Elmosnino, en professeur de chant un peu timbré, fan de variété française seventies,  succulent. Sans oublier Roxane Durand, la copine mutine aux longs cheveux roux, Lucas Gelberg, le jeune frère qui découvre l'amour de façon un peu traumatisante (avec une allergie au latex :-)), et Stephan Wojtowicz, le maire du village, politicien en pleine campagne municipale, croqué dans toute sa splendeur.

BB et Gainsbard ? (Louane et Eric Elmosnino)
Une comédie qui fait le pari d'aborder des thème sociaux actuels et originaux, comme la vie à la ferme, la démocratie (avec l'investissement de toute la famille (moins une) dans la campagne électorale du village), l'univers des malentendants, la vie au Lycée, et son club chorale !, les amours adolescentes. Sur ce dernier point, c'est un bon pendant à "Chante ton bac d'abord" sorti aussi cette année.
Pour l'aspect "vie à la ferme", on a l'impression d'une minimisation de la réalité de la dureté des travaux. Mais la raison en réside sans doute dans le nombre de vaches réduit qui sert à ces fromagers dans leur quotidien. Pour développer le sujet, on pourra sans doute conseiller la lecture d'ouvrages intelligents comme le roman graphique "Rural" d'Etienne Davodeau. C'est la première référence qui me vient à l'esprit.

Pour l'aspect politique, il est indéniable que "La Famille Bélier" s'inscrit dans une dynamique de réappropriation de l'implication politique par le citoyen de base, et il est intéressant de voir cette famille, pourtant "handicapée", se lancer dans une bataille qui semble perdue d'avance. Les rouages, sinon démontés, sont en tous cas mis en surface. Mais cette incursion dans le domaine politique ajoute une thématique peut-être de trop au film, qui hésite alors sur sa dramaturgie, bien que ces évènements soit la raison qui sépare la famille un temps.
...Celui de se recentrer sur la destinée de notre entendante, qui se révèle à elle même par… le chant. Beau retournement, qui nous permet alors de nous concentrer sur le monde des malentendants.

Une scène forte, pleine de "vibrations"
Celui-ci, abordé avec humour tout au long du film, (avec ses exagérations, qui peuvent nous paraître, à nous, entendants, un peu exubérantes), l'est aussi à certains moment avec une belle justesse. J'ai remarqué par exemple ces premières scènes à la maison, où l'héroïne, la seule entendante, déjeune en compagnie de sa famille, dans un silence uniquement sabordé par les bruits "exagérés" de son entourage, (casseroles, portes de placard…), qu'elle seule entend. Elle ne dit rien, ..mais cela participe à sa différence et nous la fait partager. Elle ponctue d'ailleurs à chaque fois son départ ou son arrivée dans la maison par un "Salut les enfoirés" clin d’œil, que eux n'entendent pas. (Comme une petite vengeance personnelle sans méchanceté.)
D'autres scènes sont plus émouvantes, comme celle où le père "ressent" pour la première fois le chant de sa fille grâce au toucher de ses cordes vocales. (Image ci-dessus)
Le film mettra au final en lumière la toute jeune actrice Louane Emera, par le biais d'une mise en abime avec son récent "métier" de chanteuse, qu'elle transforme ici, avec le beau "Je vole" de Michel Sardou.
(Qui eu crut que je pleurerai devant cette chanson chantée et signée de concert, dans les studios de la maîtrise de Radio France?)

Bref, n’hésitez pas à allez voir "la famille bélier". C'est l'occasion de passer un moment savoureux.

Une interview de Louane Emera, actrice au réel talent, que l'on va certainement revoir :
http://www.leparisien.fr/cinema/actualite-cinema/videos-louane-emera-la-famille-belier-a-change-ma-vie-18-01-2015-4456655.php

lundi 12 janvier 2015

Sortir... ça fait du bien.




Comment en est-on arrivé là ?

> A force d'isolement, de chacun pour soi... d'individualisme.

Que disent les rassemblements de ces derniers jours, et la plupart des témoignages :

"ça fait du bien".

...Ah bon ?

Et bien, tout simplement, il va suffire de continuer à descendre en bas de chez soi, d'échanger avec les voisins, de faire attention un peu aux autres, de s'engager dans le tissu associatif, bref, de reprendre un peu SA société en main, pour ne plus la laisser aux seules mains des politiques (les pauvres, que peuvent-ils faire tout seuls, à part se chamailler ?), et aux abrutis de tous bords.


Amen.

#Jesuischarlie

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