mardi 27 mars 2018

« Night Business » de Benjamin Marra : un récit trash à ne pas mettre entre toutes les mains !

Night Business
Les Requins marteaux se sont spécialisés depuis une poignée d'années déjà dans des publications flirtant (c'est le cas de le dire) avec le cul (le nom d'une de leur collection).
Si je n'adhère pas spécialement à ce genre, il faut avouer que la lecture de  « Night Business » de Benjamin Marra, hors collection, qui me paraissait davantage apte à me procurer mon fix d'émotions comix, ne m'a pas déçu. 

On tient là un récit ultra violent et cochon, bien alternatif, en noir et blanc, surfant sur le bitume encore chaud emprunté par Marti et son «Taxista », ou « Prison Pitt » de Johnny Ryan. Et que dire du côté kitsch des textes off décrivant avec une poésie toute Marraienne la vie nocturne des clubs de nuit... Succulent !

Cet auteur américain est taré, mais doué, même au dessin !
Un comics 100% cuculte, recommandé à tous les amoureux de série z !  "Tiens, prends 
ça dans ta G... "



« Night Business » de Benjamin Marra
Éditions Requins marteaux (28 €) - ISBN : 978-2-8496-1234-7




Marra n'est pas un manchot au dessin, malgré les apparences !

lundi 19 mars 2018

« Aliens Corridor » par David Lloyd : un xénomorphe charbonneux et inattendu.

Qui l'eu crut ? La licence « Aliens », soutenue et mise en valeur par les éditions Wetta depuis plus de dix ans, continue à proposer des surprises. Après les éditions luxueuses des récits originaux en 2017 : « Aliens trentième anniversaire » puis leur suite : « Aliens II : le retour », Fred, l'organisateur des ces publications a déniché un récit inédit en France, et complètement improbable : une histoire réalisée par David Lloyd, LE dessinateur de « V for Vendetta » ! Il ne compte pas s'arrêter là, mais il faut avouer que cela a été une des plus intéressantes surprises de l'année passée. Et il était temps de rendre hommage à ce travail.

« Aliens Glass Corridor » est un récit ayant paru en 1998 chez Dark Horse Comics, scénarisé, encré et colorisé par l'auteur. 

Le pitch : Frank est embarqué à bord d'un vaisseau avec d'autres passagers clandestins. Il semble souffrir d'un passé peu glorieux de criminel. Mais c'est cependant un homme en repentir dont l'âme n'est pas souillée, car il semble avoir commis ce crime afin de sauver une petite fille. Ce vaisseau transporte illégalement un Xénomorphe congelé, et ce qui doit arriver arrive...Il se trouve que Frank a aussi cependant déjà vécu une expérience (liée?) avec cette race extra terrestre. Cela suffira t-il à sauver les passagers ?...

Une planche originale de david Lloyd
(tirée de http://cadencecomicart.com)


Wetta a fait le choix d'un album cartonné dans sa collection Raw, en grand format donc, mais a opté pour une version débarrassée de sa couleur, dans un noir et blanc mettant particulièrement en valeur le dessin un peu sec mais aussi quelque peu vintage de l'auteur anglais. L'histoire, assez courte, de 22 pages, (donc le comics unique paru à l'époque, expurgé de ses publicités), délivre également dans ce grand format un élégant travail charbonneux. Le style, très marqué années quatre-vingt, rappelle par moment le travail classieux de Francisco Solano Lopez sur le classique « L'Eternaute » réalisé dans les années cinquante avec Hector Oesterheld. Une référence stylistique peu courante, plutôt à part dans la série, peut-être à rapprocher, dans l'idée, du « Aliens Absolution » réalisé par Dave Gibbons et Mike Mignola, édité d'ailleurs dans les mêmes conditions sur un des tirages de la réédition proposée en 2016.

Un album réservé aux vrais amateurs, et je dirais même, aux collectionneurs, car cette édition a été tirée à seulement 250 exemplaires, vendue exclusivement sur le site original Comics. C'est sans doute ce côté « classieux » qui le rend un peu cher, puisque le rapport, à cause du cartonnage sans doute et du papier épais presque "Canson", s'établit à 1 euro par page lue. Une rareté graphique à savourer.


FG

« Aliens Corridor » par David Lloyd 

Éditions Wetta (22 €) Sept 2017 – ISBN : 978-2-360-74080-2

vendredi 16 mars 2018

Richard Corben consacré, sa dernière création : « Grave » est proposée en édition ultime.



Il ne sera pas dit que je n'ai pas fait écho au projet éditorial un peu fou de Laurent Lerner, des éditions Délirium, qui a rêvé une jour d’une édition luxueuse de la dernière création du lauréat du grand prix d’Angoulême cette année. 

Richard Corben est un auteur que Laurent suit et appuie surtout professionnellement parlant depuis maintenant plus de cinq ans, avec la publication de sa première anthologie « Creepy présente » en 2013, consacrée exclusivement au dessinateur, mais aussi une deuxième, puis « Ragemoore », « Rat God ».... 

Vous savez que je suis fan et ai eu 
l’occasion de chroniquer entre autres « Shadows on the Grave », le titre du dernier comics de l'auteur, en VO sur ce blog il y a quelques mois. 
Cet excellent mélange d’histoires courtes en noir et blanc (grisées) à la manière des publications Warren des années soixante, et surtout le come back inespéré et décalé de son plus formidable personnage : Den, sous le nom de Denaus, dans l’antiquité, a donné lieu à 8 fascicules excellents.

Délirium compile et propose d’éditer ces histoires sous une forme originale souple,  à l'ancienne, mais réunissant deux volumes dans un superbe coffret, en méthode participative sur le site KissKissBankBank depuis quelques semaines. 

Déjà plus de 430 contributeurs, aidant l'éditeur, vont faire de ce projet un évènement, qui sera, on l’espère, à la hauteur de la venue future du « maître » , fin janvier, à Angoulême.

A vous de jouer !



Projet « Grave », par Richard Corben, aux éditions Délirium :






mercredi 24 janvier 2018

Richard Corben, enfant du feu enfin récompensé en France !

Chaque lecteur de ce blog sait combien on aime Richard Corben ici. La fierté est donc de mise ainsi qu'un grand bonheur à l'annonce pour lui de ce grand prix du festival international de la bande dessinée d'Angoulême, qui reconnait enfin vraiment en France son énorme talent.
Les éditeurs français à avoir publié son travail dans l'hexagone ne sont pas légion, aussi aura t-on une tendre pensée pour Fershid Bharucha, à l'origine de sa découverte en France avec les éditions du Fromage et Triton et la revue Special USA, puis Albin Michel, mais aussi Jean Pierre Dionnet et les Humanoïdes associés, et enfin les éditions Toth, lors de son retour au tout début des années 2000, puis enfin Laurent Lerner et les éditions Délirium, qui ont réalisé un travail magnifique depuis 2013.
Dire qu'il sera président l'année prochaine et que l'on aura droit à une superbe affiche et peut-être (rêve) à une monographie*, voire une exposition !?
D'ici là, guettez le site des éditions Délirium, une énooooorme surprise vous attend chers lecteurs, en février  ;-)
©Éditions Délirium
(*) La seule et unique en français date de trente-sept ans : "VOLS FANTASTIQUES"
(Fershid Bharucha, ed. Neptune 1981)



Rappel de l'adresse des pages que je consacre à la bibliographie française de Richard Corben.
https://wrightsoninfrench.pagesperso-orange.fr/corbenaccueil.html

samedi 30 décembre 2017

« Ninjak T4 : le siège de King's Castle » par Matt kindt, Diego Bernard, et al.

Dépêchons nous de conclure l'année 2017 avec des chroniques d'albums passionnants, qui le méritent.

Dans cet épisode un peu à part de Ninjak, notre héros est mis gravement en danger. La tension, plus que jamais, est à son comble, grâce à une ambiance davantage polar et Jason Bourne que Science-fiction.

Colin Young, riche héritier, espion et mercenaire, membre du groupe « Unity », habite le château familial imposant de King's castle. C'est là, qu'à l'instar d'un autre héros sombre vivant à Gotham, il se repose et stocke ses armes et ses véhicules entre deux missions. Or, celui-ci sort justement d'une aventure particulièrement exubérante (voir le Tome 3 « Opération au-delà »). Son identité, jusqu’à présent tenue secrète, est durement mise à l’épreuve aujourd’hui, alors que son sixième sens est mis en alerte in extremis, juste avant que l'entièreté du château ne soit réduit en ruines. Lui que l'on connait d'habitude chasseur efficace, furtif, doit à son tour assumer le rôle de la proie. Blessé, mais échappant de peu à cette destruction programmée, et ne trouvant de l’aide qu’auprès de sa collègue Limewire, pouvant lui offrir un peu de répit et de support matériel grâce à ses talents, il va tâcher de comprendre qui le connait assez bien pour pouvoir lui nuire autant.


Matt Kindt, scénariste doué de l'univers Valiant, mais aussi dessinateur à l'occasion, sur des sujets plus intimes, a choisi ici de mettre son héros d'habitude presque intouchable dans une position de fragilité intéressante. On a déjà pu lire ce genre de thème auprès d'autres personnages, et c'est un retournement assez classique dans le médium. Néanmoins, voir Colin Young en civil, dérouté, n'hésitant pas à se grimer grossièrement en homme chauve mure et ventru pour arriver à obtenir l'info qui lui manque vaut son pesant d'or. L'intrusion sans sa vie privée n'est pas l'un des éléments les moins intéressants de ce chapitre, et cet aspect est d'ailleurs développé dans des compléments traitant du passé de ses parents : deux espions en pleine guerre Froide. Ces "dossiers secrets" sont dessinés de belle manière par Khoi Pham (ep. 14-15) et Andres Guinaldo (ep. 16-17) et permettent de mieux comprendre le parcours du jeune homme.

Couverture de Jelena Kevic Djurdjevic


Je n'aurai de cesse de répéter ce qui est une évidence pour toutes celles et ceux qui ont fait l'effort d'ouvrir un album des éditions Bliss/Valiant : ces récits font partie de la crème des albums comics pour adulte de ces trois derniers années. L'univers très cohérent qu'à su développer cette maison d'édition étonne et rend presque ringards ceux, plus classiques, de ses deux autres plus gros concurrents : Marvel et DC.

Un excellent épisode, qui ravira même les moins habitués à l’éditeur, celui-ci pouvant se lire quasiment comme un récit indépendant et auto suffisant.

FG


« Ninjak T4 : le siège de King's Castle » par Matt Kindt, Diego Bernard, et al. (Novembre 2017)
Éditions Bliss comics (14,95 €) - ISBN : 978-2-37578-044-2

vendredi 29 décembre 2017

« Faith T3 : Superstar » par Jody Houser, Megan Hetrick et Joe Eisma

Encore une chronique un peu tardive, mais on fait ce qu'on peut en terme de retard de lectures comics, comme Faith d'ailleurs ;-)!

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore Faith 
Herbert, alias Summer Smith, la super héroïne la plus cool des comics modernes, un petit tour vers la chronique du tome 2 s'impose, afin de ressentir un peu l'ambiance des épisodes précédents.
Faith nous revient dans un récit intitulé « DarkStar »,
réparti dans les numéros 5 et 6 de ce recueil. Elle tente d'aider la maman de Zoé Hines, une jeune fille de onze ans, starlette des écrans qui a en fait été possédée par une entité malsaine, aspirant l'énergie des humains. Cette entité a échappé au projet Rising Spirit qui avait pensé pouvoir la contenir. 
Meghan Hetrick dessine les chapitres principaux, à l'encrage agréable très appuyé sur les contours, (cf ci-dessus), tandis que Pere Perez dessine un des épisodes de complément lié aux élections américaines : « Faith en politique », scénarisé par Louise Simonson. Très engagé, et mettant en scène Hillary Clinton, ce récit de 10 pages où celle qui aurait pu devenir présidente des Etats unis est comparée à une héroïne, le pouvoir de voler en moins, se conclue par une incitation au vote.
« Pas de repos », plus court de 4 pages, dessiné par Colleen Doran et scénarisé par Rafer Roberts, rappelle combien l'héroïne est humaine et se démarque dans le ton, au long de ses aventures très modernes, de ses confrères ou consoeurs super héroïques. Aider son prochain est une action simple marquant souvent ses sorties. 


Dans les chapitres huit et neuf, dessinés par Joe Eisma, (ci à droite), il est question de psychologie et d'introversion, puisque Faith doit affronter ses propres démons, se matérialisant dans sa vie intime sous la forme de ses parents morts revenants. Les insertions de rêves, dessinés quant à eux, comme habituellement, par Marguerite Sauvage, incluent aussi d'autres apparitions morbides, comme sa copine des Renégats : Charlene. Mais ces "visions" bien qu'importantes ("Il vaut mieux être hanté par quelque chose qu'oublier" nous indique Jody Houser par le biais de son héroïne), sont elles vraiment réelles ?

Un bon tome, qui rappelle combien la série propose une lecture moderne de notre société urbaine tout en s'adressant, et c'est assez rare pour être signalé, grâce à un ton léger et plutôt bienveillant, à un public très large et familial. Offrez Faith !



« Faith T3 : Superstar » par Jody Houser, Megan Hetrick et Joe Eisma (Novembre 2017)
Editions Bliss comics (14,95 €) - SBN : 978-2-37578-030-5

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