dimanche 27 septembre 2009

Bandes dessinées, mes dernières lectures remarquables.

Pas beaucoup de temps en ce moment pour rentrer dans le détail. Et... trop de livres à lire. Petite sélection donc de quelques ouvrages "modernes" intéressants, liés au médium Bande dessinée.

-Terre rouge, de Julie Blanchin (Editions Quae)

Un petit bouquin graphique moderne comme je les aime, qui s'engage pleinement dans la thématique des perspectives documentaires ouvertes à la bande dessinée depuis une quinzaine d'année. (cf. : Le photographe, Guarduno en temps de paix, Gorazde...etc.) Içi, on est en Guyane française, pour parler forêt et développement durable. Instructif.

Voir : BD et documentaire sur Bdtheque

Le site de Julie Banchin

Une interview de l'auteur sur le site du Progrès


- Jolies ténèbres Kerazcoët/Vehlmann (Dupuis)

Etrange album à la belle présentation mais à l'allure enfantine trompeuse, (dessin et couleurs) qui nous entraine dans un conte cruel et morbide sur la thématique de la mort de l'amitié et des traits particuliers de l'enfance.
Ovni !!

Voir la longue chronique/analyse sur du Du9.org


- Ferme 54, Galit Seliktar Gilad Seliktar (Editions ça et là)

Beau roman graphique tout en traits fins noir et blancs nous interpellant sur la vie dans une colonie Juive d'Israël.
Réaliste et poétique à la fois.

La chronique de Du9.org
La notice sur le site de Ca et là


- Orfi aux enfers (Poema a fumetti) Buzzati (Seuil)

Attention : chef-d'oeuvre !
Buzzati est surtout connu pour son "K" et son "Désert des tartares". Ce que l'on sait moins, c'est que cet homme était amateur de peinture et de bande dessinée.
Ce poème dessiné (poema a fumetti), il a demandé à ce qu'il soit publié après sa mort.
Cela en dit long sur l'étrange idée que l'on se faisait (et que l'on se fait encore) sur ce média, quand bien même il est utilisé par un auteur reconnu.
Beau, étrange et presque unique en son genre.

Une chronique sympa sur le blog Palybackboum







- Salt pit, Sasha et François Vataux (Les enfants rouges)

Le destin d'un jeune français qui plonge dans l'enfer des camps de guerre d'Al quaïda et fini emprisonné à Salt pit, une des nombreuses prisons interdites de la CIA.

Salt pit est un ouvrage intéressant dans la mesure où il nous montre de manière réaliste et assez pertinente (via la qualité du médium lui-même) la fatalité de se retrouver face à certains choix à un tournant de la vie.
Ni un côté ni l'autre des camps de chaque antagoniste n'est montré comme bon ou mauvais, mais par contre, l'engagement complet peut-être fatal, surtout si, comme le personnage central, une psychologie défaillante ne permet pas de réaliser la trajectoire dangereuse dans laquelle on s'engage.

Une leçon sur la tolérance, l'écoute, mas aussi sur la vigilance, autant à l'égard de ce que l'on croit connaitre, que ce que l'on découvre.

Les centres de détentions clandestins de la CIA sur Wikipedia

La notice sur le site des Enfants rouges

vendredi 25 septembre 2009

Lost for TF1 !

Bravo la chaîne privée !!

Avec vos 18 minutes de retard minimum tous les mercredis soir avant les épisodes de Lost, (publicités à rallonge, série Secret story à la traîne, bandes annonces de séries moches...) vous participez à votre façon à la piraterie.

Aucun doute en effet qu'en traitant ainsi vos télespectateurs fans de cette série américaine qui plantent à coup sûr l'enregistrement , vous les incitez à ne pas attendre la prochaine diffusion française et à télécharger les épisodes en ligne.

...TF1 : du beurre pour Hadopi !

lundi 3 août 2009

The Books of magic : do you believe in magic ?

Une anecdote "magique" :
Ayant été introduit à John Bolton via les revues Special USA et Epic dans les années 80 c'est par le biais de ce dessinateur que la bibliographie de Neil Gaiman m'est apparue. Les deux auteurs travaillant en effet souvent ensemble.
Les premiers épisodes du Sandman de Gaiman (1988-89-) publiés par les éditions Le Téméraire en 1997 (1 ) ayant été les premiers comics cartonnés disponibles de cet auteur en français à l'époque, il a été frustrant de passer les années suivantes sans que ce "Books of magic", daté 1990 et reconnu dans les pays ango-saxons comme une référence ne suive la même logique de traduction.
En 1998, je me décidais donc à acheter via Amazonmarketplace ce classique, d'autant plus qu'il réunissait 4 des plus grands dessinateurs d'heroic fantasy de bande dessinée.
Il me fallu néamoins pratiquement 1 an pour récupérer le livre, celui-ci ayant transité par l'adresse américaine d'une amie alors professeur de français en Louisiane (et oui, à l'époque, le port pour les livres était faramineux) (!!) puis enfin presque dix ans pour me décider à le lire (!!?) (En anglais, pas évident en effet, et la flemme, parfois...)
(ci à gauche, 1ere édition du TPB)

Voilà donc enfin un essai personnel sur ce roman graphique pas comme les autres et en français.
Cela ne sera pas de trop, et les plus curieux ne me démentiront pas, considérant que la chronique détaillée de cette oeuvre n'apparait pas de manière envahissante sur la toile, loin s'en faut.

Une oeuvre difficile.
... On peut être fervent amateur de récits fantastiques, d'héroic fantasy, de science-fiction ou de mangas de genre, et trouver ce "Books of magic" néanmoins assez hermétique.
Sensation décuplée lorsque on a comme içi à le lire dans le texte (ie : en anglais) puisque qu'il n'a toujours pas été traduit. (2)
On pourra regretter un tel état de fait en 2009, époque où Neil Gaiman est aujourd'hui reconnu en France comme un grand auteur de fantasy et où la plupart de ses oeuvres on eu droit à un traitement conséquent. (cf. la série de comics de genre qui l'a révélé dés 1988 : Sandman, publié en intégralité via Delcourt et Panini en France depuis 2004, mais aussi d'autres récits illustrés (3).
Mais "The Books of magic" n'est cependant pas tout à fait un comics comme les autres, ceci expliquant peut-être cela...

Son synopsis : (attention : révélations !)
En Angleterre, un adolescent skateur boutonneux : Timothy Hunter est abordé par 4 individus louches, en pardessus : Doctor Occult, Mister "E", Constantine et ?
Ces mystérieux personnages ont apparemment une mission : faire se révéler ce jeune garçon en lui faisant découvrir les mondes occultes de la magie. Passé, présent et futur.
Pour cela, chacun l'accompagnera à son tour à travers temps, espaces et rêves. Chacun de ces "voyages" initiatiques étant dessiné par un auteur différent. On y reviendra.
© Bolton/Gaiman/Dc/Vertigo

1er voyage : "Le labyrinthe invisible", dessiné par John Bolton.
Le passé, où Timothy accompagné par l'homme sans nom (qui entre temps a changé le yoyo du garçon en hibou de compagnie) "voit" les origines de la magie au fil des siècles et des civilisations.
Pas le chapitre le plus intéresant à mon goût. Même s'il était nécessaire pour resituer le sujet. On y trouve beaucoup d'illustrations de dessins antiques, de gravures ou de parchemins, et la présentation de sites historiques associés à la magie.
© Bolton/Gaiman/Dc/Vertigo
2e voyage : "Le monde de l'ombre", dessiné par Scott Hampton.
John Constantine, dont on nous dévoile les facultés de "transportation" emmène Timothy à St Fransisco découvir quelques figures locales de la magie. Où l'on fait connaissance avec Boston Brand, sorte de fantôme qui guidera Timothy lors de ses échappées, avec des dialogues quelque peu hermétiques, apparaissant de plus à chaque fois sous une forme différente.
Où l'on est aussi témoin de deux tentatives d'assassinat sur le garçon. Tentatives heureusement mises en déroute par des amis magiques bienvenus.
© Hampton/Gaiman/Dc/Vertigo
C'est aussi dans ce chapitre que Constantine nous présente Zatanna, magicienne et amie qui va leur offrire l'hospitalité mais aussi mettre malencontreusement notre jeune ami en danger, en l'invitant durant une courte absence ce son mentor dans une fête d'Halloween très mal famée.
Le retour de Constantine nous révèle néanmoins son étonnant pouvoir de persuasion, et la crainte qu'il inspire les sauve tous trois. On n'ira pas plus loin cependant dans les explications de ce "pouvoir". (4)
Boston Brand se déguise en enfant et Zatana le gâte.(© Hampton/Gaiman/Dc/Vertigo)
3e voyage : "Le territoire du crépuscule d'été" (dessin : Charles Vess)
C'est au tour du docteur Occult d'emmener Thimothy sur les chemins du merveilleux, à travers des paysages fabuleux.
Où l'on découvre que les apparences sont souvent trompeuses et que le docteur n'est pas vraiment ce qu'il laisse apparaitre habituellement.
Où l'on parcourt faérie et l'univers particulier de de son marché, que l'on retrouvera plus tard d'ailleurs dans "Stardust". (voir ce titre)
Une scène du marché (© Vess/Gaiman/Dc/Vertigo)

Timothy y gagne un "mundane egg", oeuf créateur d'univers qui lui sera d'une grande utilité plus tard, lorsqu'après avoir franchi le lac de sang et avoir échappé à la monstrueuse sorcière Baba yaga (pour s'être écarté du chemin), il devra échapper à la reine de faérie Titania.
Entre temps, il aura rencontré Sandman, le gardien des rêves.
Timothy, dans cet univers a néanmoins gagné la clé d'un royaume... Lui servira t'elle dans d'autres aventures ?... c'est à prédire.

4e voyage : "La route vers nulle part". (Dessin : Paul Johnson)
Cette dernière escapade à travers le temps, vers le futur et les limites de l'univers va se faire en compagnie de Mister "E", personnage inquiétant aux lunettes opaques (il est aveugle). Celui-ci n'a pas l'air d'être vraiment apprécié par ses pairs, peu rassurés d'ailleurs, et Constatine remarque qu'il dissimule sur lui un pieu affuté (pour sa lutte contre les vampires..?)
Partant néanmoins, leur voyage les amène 15 ans dans l'avenir, où les forces magiques du bien et du mal se combattent violemment. Constantine et Timothy, plus agés y sont d'ailleurs opposés.
Mais comme dit "E" : "Ce n'est pas le seul futur. Il y en a d'autres où tu es un mage suprème, champion de la lumière, et il y a un nombre infini d'autres options".

Alors qu'ils progressent vers une époque encore plus éloignée, Mister "E" révèle au garçon la raison de sa cécité et la violence de son père, extrémiste catholique qui, l'ayant surpris enfant avec une image frivole l'a rué de coups puis lui a crevé les yeux... (faisant de lui cette créature pleine de rancune et de haine.)
(...) "Là, la technologie a évolué à un point où les hommes ne l'appréhendent plus. Les horizons se sont élargis. Tous les jours l'humanité est confrontée à des aliens de formes inimaginables, même dans les plus étranges bestiares et grimoires médiévaux."
"Là, les héros sont apparus. Héros de science, de magie". (avec une allusion à Superman et l'univers Dc comics, ainsi qu'à celui de Marvel via le personnage de Darkfeist.)

A ce monent, Mister "E" (ou Gaiman) se lance dans une explication de la signification de l'Archmage,qui se trouve au centre du monde de sorcellerie, telle une balance. Mister "E" compare cet Archmage à la femme et son principe de fabrication du monde... mais il s'interrompt lorsqu'il se rend compte de son emballement malsain vers le "second sexe" qui le répugne.
Là, on comprend qu'il n'est vraiment pas équilibré et que les inquiétudes des autres guides étaient justifiées. Mais il était le seul à pouvoir mener Timothy en ces mondes.

Soixantième siècle : des créatures mi-ordinateur, mi esprits laissent nos deux voyageurs sans voix...
...Des millions d'années plus loin, d'étranges humanoïdes verdatres vivant dans l'eau communiquent avec eux..

Pendant ce temps, l'inquiétude gagne les autres "guides" de Timothy. Pourront-ils en effet revenir d'aussi loin ? L'idée d'envoyer Yo yo, le hibou de Tim germe par hasard.

...Encore plus loin... Nos deux voyageurs sont arrivés "au bout du temps", là où le fond de l'univers est indigo. Juste une lumière créee par une sorte de château de verre brille au loin.
Un Hierophant, représentant de tous les papes, chamanes et magiciens les accueille et les présente à ses roi et reine, qui disent n'être que des illusions, des oscillations dans "l'horizon de l'événement final".
Le Hierophant et le château de verre (© Johnson/Gaiman/Dc/Vertigo)

Timothy étant interrogé sur son devenir (dans le passé), il parle de magie, et on lui présente Jack o dreams, sorte de bouffon, ressemblant étrangement à Constantine.
Le seul message sensé que ce personnage délivrera : "Un peu de magie est une chose plutôt dangereuse".

Les quittant vers le noir et le néant, c'est ce moment que choisit "E" pour laisser transparaitre sa vraie nature diabolique et sortir son pieu. (...)

Yo yo arrive cependant à temps et s'interpose, en se sacrifiant. Puis un couple étrange intervient et leur intime l'ordre de repartir : Un homme encapuchonné, portant un énorme livre (la destinée), et une belle jeune femme (symbole de la vie ?)
Celle-ci renvoie "Mister E" vers sont temps, mais en l'obligeant à retourner "marche par marche" à travers une centaine de billion d'années; offrant par contre à Timothy de revenir par un moyen plus immédiat.

La question est alors posée par ses trois guides retrouvés : choisira t'il la voie de la science ou celle de la magie ?

... D'abord désolé de devoir refuser, car effrayé, Thimothy après être rentré chez lui et avoir retrouvé sa morne vie et son père alcoolique changera finalement d'avis.

...Ouverture vers un nouveau cycle, on l'imagine. N'oublions pas en effet qu'il a gardé une clef.

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Deuxième (tentative) d'explication : Plusieurs dessinateurs pour une même histoire n'est pas chose courante, (en 1993) et même si les amateurs de comics US ont appris à s'habituer à ce genre de fantaisie ces dernières années via les divers crossovers de DC comics ou de Marvel, on pourra s'interroger sur la réaction du lecteur français lambda de l'époque.

Troisième explication : La barrière de la langue, tout simplement. En effet, lire de l'anglais dans le texte n'est déjà pas chose évidente pour la plupart des français, mais lire une bande dessinée, qui plus est un comics, et qui plus est encore mélangeant sorcellerie et sauts dans le temps et l'espace... avec un vocabulaire empruntant tout autant à la poésie la plus littéraire que l'argot de rue et les références à d'autres comics... C'est en trop. La coupe est pleine, il faut être alors sacrément motivé.


En conclusion, ce qu'il ressort de la lecture de ce "Books of magic", en dehors du fait d'être sûr de tenir là effectivement le gama et l'omega de la bande dessinée "moderne" de fantasy pour adulte (et je vais m'expliquer sur ce cet aspect), c'est le plaisir d'être arrivé au bout d'un livre exigeant, tant au niveau de la forme que de son fond, tout comme le permettront plus tard des oeuvres telles From hell, Jimmy Corrigan, ou Watchmen, pour n'en citer que trois.

Alors, une trop forte influence ?

En ce qui concerne l'allusion notée ci-dessus, il suffit de le replacer dans le contexte de l'époque de sa parution (1990) et de comparer une partie de la trame et l'aspect physique du héros (et son hibou) pour faire immédiatement le parallèle avec un autre personnage identique mais au succès nettement plus grand : Harry Potter bien sûr !
Force est de constater qu'autant Joanna K Rowling a réussi, depuis 1997, un beau coup avec les tomes de sa série de romans adaptés au cinéma, autant Neil Gaiman est resté un peu plus dans l'ombre, quoi qu'ayant laissé une empreinte indélébile dans l'univers de la bande dessinée (et du cinéma) via les nombreuses "répliques sismiques" provoquées par ses "Livres de magie".(5)

On a déjà cité Constantine et la série Hellblazer qui a connu un assez beau succès d'édition dans l'univers BD, mais il est indéniable que l'influence que Gaiman a pu laisser auprès de la profession et de la plupart de ses confrères scénaristes ou dessinateurs n'est pas négligeable.

Un chef-d'oeuvre
Ceci étant noté, et même si on pourra reprocher à Gaiman un discours (une vision ?) un peu trop judeo-chrétienne de cette magie, et certains passages un peu verbeux dans ce sens (que cherche t-il à nous dire vraiment avec ces nombreuses allusions à la religion ?), on pourra néanmoins considérer l'oeuvre au final comme un pavé dans la mare, qui a placé la barre très haute.

Aussi, à l'heure ou Sandman, une autre oeuvre antérieure tout aussi exigeante vient de voir son intégrale menée à bien grâce à Delcourt et Panini comics, et où des romans graphiques jugés "difficiles" trouvent à nouveau (cf. Watchmen, d'Alan Moore) ou enfin (cf. Cerebus d'Arthur Sims) les bons chemins des librairies françaises, on peut s'interroger quant à l'absence encore criante de ce dernier (?) chef-d'oeuvre en VF.
Mais...on peut toujours rêver ! (Moi je crois à la magie.)

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Toutes les images sont © Dc/Vertigo/Gaiman

Notes :
(1) Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Sandman_(Gaiman)#Publications
(2) Publié à l'origine sous forme de 4 comics de 1990 à 1991 chez le label adulte de DC : Vertigo, puis édité une première fois sous forme de trade paperback (recueil) en 1993. D'autres volumes sequels suivront. Voir : http://en.wikipedia.org/wiki/The_Books_of_Magic#Four_issue_series
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Neil_Gaiman#Comics
(4) John Constattine est un des personnages de cet "univers" qui va bénéficier dans les années 90 de nombreuses autres apparitions et même obtenir son propre titre avec la série "Hellbalzer".
(5) A ce sujet (polémique) on pourra se reporter entre autre au forum http://www.circleofcrones.co.uk où il est question de l'influence (réelle ?) de Gaiman sur J K Rowling.

samedi 11 juillet 2009

Roanne et les Comics : un don du ciel ?

Les rayonnages du don "comics", composé de 133 titres reliés. © Hectorvadair

La Médiathèque de Roanne (42) a été inauguré en 1997. Bâtiment moderne en forme de cargo couleur bleu azure, (Architecte J-Louis Godivier) ses lignes aux arêtes pointues, bien que novatrices s'intègrent plutôt agréablement au complexe étudiant et culturel (Université Jean Monnet/Centre Pierre Mendès France) de l'avenue de Paris.
Arboré de cyprès et gazonné, le vert de son parvis se marie de belle manière au ciel et aux nuages de son décor céleste.

Faisant suite à l'incendie de l'ancienne bibliothèque municipale (et du Palais de justice) située place St-Etienne celle-ci abrite donc depuis de nouvelles collections, dédiées au multimédia, comme son nom l'indique, mais le livre tient toujours une place importante.
Dans ces collections de livres, on remarquera le fonds spécialisé de bandes dessinées qui a toujours été intéressant. Le Bibliobus (hors service aujourd'hui, mais dont les collections consultables en ligne, et bien qu'empruntables "dorment" quand même plus ou moins dans un dépôt : 2481 BD) possède aussi quelques titres remarquables, bien conservés, dont quelques Corben, Hugo Pratt ou Dupuis "grands crus".
Mais le bâtiment principal a vu son propre fonds progresser de façon exponentielle depuis l'ouverture.

C'est ainsi qu'aux classiques franco-belges répartis entre les secteurs adultes et jeunesse se sont ajoutés petit à petit les Romans graphiques du début du deuxième millénaire, puis quelques comics Semic... avant de franchir le pas du Manga, et ce dans les deux secteurs sus-cités. (fonds adulte : 3683 BD, et jeunesse, aujourd'hui : 4235 BD)

Aujourd'hui, la médiathèque peut donc s'enorgeuillir d'un fonds de bandes dessinées de 10399 exemplaires. Mais ce qui fait l'objet du présent article et d'une certaine manière la fierté des bibliothécaires concernés et des lecteurs amateurs, c'est le fonds particulier de comics donné en 2003 par un collectionneur roannais.

Mr X (on l'appelera ainsi jusqu'à nouvel ordre, et c'est bien dommage, car son nom noté en son temps a ensuite été perdu (1) est en effet venu un beau jour de fin 2003 proposer le don d'une partie de sa collection constituée de trois années d'achat de revues comics kiosque, tous éditeurs et titres confondus (!!)

Un don considérable, qui a du être trié, catalogué, et remis en forme pour le prêt, car ce dernier point était la condition sine qua non du leg.

Pour cela l'idée a été de regrouper les fascicules en poignées de 3, 4, ou 5 n° se suivant si possible et d'y intercaler une page blanche lorsqu'il y avait un manque. Une des couvertures les plus significative du "recueil" ainsi créé étant photocopiée et placée en couverture du recueil, celui-ci faisant l'objet d'une reliure spéciale, dos toilé, cartonné, par une relieuse professionnelle de la médiathèque.

Un exemple de reliure © Hectorvadair

Un travail important de catalogage permettant l'interrogation de la base par diverses entrées sur ces recueils a été aussi mené. En effet chaque recueil comprenant plusieurs fascicules eux-mêmes composés de séries et d'auteurs différents, le tout traduit de séries américaines, il fallait pouvoir croiser un maximum d'information.

Ce catalogage a commencé dés Février 2004 avec les titres les plus connus du grand public, et en l'occurence Spider-man, puisque 2002 avait été l'année du grand retour des comics Marvel sur le grand écran, suivi ensuite de choses moins connues, mais tout aussi intéressantes, sinon plus (2) , l'avantage principal de ce fonds hybride étant de proposer certains titres inédits en album en France à l'époque. (Depuis Panini comics a pu éditer certains de ces "inédits")

Aussi, à l'heure où le don Marvel (controversé ?) au musée de la bande dessinée d'Angoulème refait parler de lui (3), il est étonnant de constater ce parallèle, et la manière dont les deux collections on pu subir à un moment donné le même traitement (cf. la comparaison des deux photos ci-dessous.)
A gauche : le reste de la collection non traitée roannaise (Juillet 2009),
à droite : les étagère de la collection d'Angoulème (in comic box 59 (Juillet 09)...Les mêmes intercalaire jaunes ?? © Hectorvadair et Comix box

Une collection en tous cas remarquable d'une centaine de reliures qui méritait d'être soulignée.


Ps : Merci aux bibliothécaires concernés pour l'aide sur les statistiques.

(1) Ce monsieur d'une quarantaine d'année était alors distributeur de fleurs, et habitait à Mably. Si quelqu'un avait une piste pour le retrouver, merci de nous contacter, afin de pouvoir lui rendre l'hommage qu"il mérite, ce don ayant été fort apprécié.

(2) voir le catalogue comics de la médiathèque
Nb  : liste mise à jour au 05 novembre 2022 et prenant en compte les fonds propres des médiathèques de Mably et le Coteau ayant rejoint le giron de Roannais agglomération respectivement en 2019 et 2022, ainsi que les titres ayant été déportés en réserve, portant aujourd'hui le total consultable à 1106 volumes.

(3) cf. article p.27 de Comic box # 59, (Juillet 09)

dimanche 5 juillet 2009

God save JOHN BOLTON !

"Elles vivent dans les ombres jetées par vos feux, font tourner votre lait, volent vos bébés, et avec de fausses lumières, vous égarent loin du chemin. Bien avant que nous ne décidions qu'elles étaient mignonnes, nous avions une autre image des fées". (Epilogue de God save the queen)

On a déjà eu l'occasion de dire du bien du dessinateur britannique John Bolton lors d'une ancienne note parue sur le site de feu "Onabok éditions", à propos du comics "User", et c'était pourtant bien peu au regard de son énoooorme talent.

Cet artiste surdoué de la "vieille école" graphique dessine les bandes dessinées auxquelles il collabore comme des toiles de maître, à l'image d'autres grands noms tels : Bill Sienckiewicz, Scott Hampton ou Dave Mc Kean, pour n'en citer que trois parmi les plus connus, et ce depuis une bonne vingtaine d'années.
Mais si un auteur anglais comme Neil Gaiman (au scénario sur certains titres) a réussi à se faire un nom en France avec des séries comme Sandman et ses divers romans adultes (American gods) ou enfants, ce n'est malheureusement pas le cas pour ses collègues dessinateurs traitant du même registre, peu ou quasiment pas traduit par chez nous, et en tous cas pas sur les plus intéressants titres. (Mais cela va t'il peut-être changer un jour prochain ?) (1)

On se reportera donc utilement sur le web aux chroniques (en anglais) de quelques bons comics de Bolton : "Gifts of the night", par exemple (Paul Chadwyck au scénario) ou "Books of magic", (Neil Gaiman) , ce dernier titre étant considéré par tous les amateurs comme un classique dans ce domaine d' "heroic faery" en bande dessinée et ce, bien avant l'arrivée de Harry le Potter, puisque paru en 1990. Ce pavé est le berceau de nombreux autres univers, dont ceux d'Hellblazer, de Stardust,...etc., et le nom de Bolton est mêlé à ceux de Charles Vess, un autre grand, ainsi que Scott Hampton et Paul Johnson, puisque chacun dessine une partie de l'histoire (...)


Très bonne surprise donc que ce "God save the queen", écrit par Mike Carey ("Hellblazer", ou encore "Voodoo child" chez Virgin comics), et publié en Décembre 2008 de belle manière par Panini France.
On ne remerciera jamais assez cette maison d'édition pour nous offrire depuis maintenant une poignée d'années et de façon régulière une ribambelle de traductions des plus grands labels de comics adultes de qualité : Vertigo ou Dark Horse, parmi d'autres.
Linda en boite de nuit.
Comme à l'accoutumée, l'univers de ce comics est féérique, mais à la différence près que ces fées là sont ici reines malfaisantes et que le moyen de rejoindre leur royaume est de s'envoyer un mélange de sang de Changeon (un être mi-humain mi-féérique).... et d'héroïne dans les veines. C'est l'expérience qu'en fera Linda , belle jeune fille brune un peu gothique afin de tenter d'aller sauver son ami overdosé.
Mais peut-on voyager dans un tel royaume et en revenir indemne ?
Les portes s'ouvrent...
Les thèmes de la double personnalité et des vies parallèles avaient déjà été abordés via l'univers du jeu dans "User", et les apparences semblent donc intéresser notre auteur. Ici cependant, la mort, la souffrance ainsi que l'irreversibilité de certaines situations sont montrées de façon crue et violente, le tout étant raconté dans un mélange de modernité et de féérie "chevaleresque", comme c'est souvent le cas de ces univers. Les horribles reines ou leur démons n'étant là que pour rendre plus crédible la monstruosité du "cheval rouge" (Red Horse = l'héroine)
Deux univers s'affrontent...

Une belle réussite, mais cela n'est pas franchement étonnant quand on connait les précédentes références de John Bolton.

Rappel : God save the Queen : John Bolton/Mike Carey, Vertigo/Panini France 2008

(1) La bibliographie de Bolton en France sur BDgest
© Toutes images : DC comics/Vertigo/John Bolton/Mike Carey



L'ecureuil extra-terrestre


La petite bête de mon rêve du 03 Juillet 2009, trouvée au bord de l'autoroute.

Au départ, je suis sur le bord d'une autoroute, dans un coin d'herbe ombragé.
Trois écureuils viennent d'un arbre et essaient de sauter afin de traverser la route.
Mais la circulation est trop dense et seul un tente, mais se fait heurter, non violemment par un véhicule.

Le voitures ne réduisent pas leur vitesse, et je vois cette petite bête blessée aux oreilles panachées figée sur le bitume, pile entre les roues des voitures qui passent...
Elle n'en a pas pour longtemps si je n'intervient pas (...)

J'attends une accalmie dans le flot, et je me lance.
Je prends du bout des doigts cet animal ensanglanté, et le jette sur le bas-côté, méfiant. Et là, lorsque je me penche, voilà ce que je vois :

Une chose gluante, couleur rouille foncée, qui me regarde...
Un gros insecte ?... un mammifère ??..
Je la soulève à l'aide d'une feuille de papier afin de ne pas me salir et surtout éviter de me faire mordre ou piquer, car ses pattes et sorte d'antennes sembles acérées.

De la couleur rouille se dépose systématiquement sur tout ce qui le touche.

Je repose la chose, et là, ses petits yeux rouges se mettent à pleurer... et du liquide s'écoule abondamment...comme si l'animal se vidait de tout son contenu d'eau.
Puis c'est fini.
... Connaissez-vous ce genre d'animal ?

© image haut : Fussli, "le cauchemar", from www.sublime-et-peinture.com

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