vendredi 28 mai 2021

The Plot : bienvenu à Vault chez Hi comics !

Vault comics, récente maison d'édition de comics alternatifs  américaine trouve en Hi comics une terre d'asile pour ses publications en France. The Plot est une carte de visite horrifique dont ce premier tome met gravement l'eau à la bouche (avec jeu de mot). On a déjà eu l'occasion de dévoiler le "plot" (hé hé...) de cette histoire, lors d'une précédente chronique du tome 1 en VO. On rappellera juste que Chase Blaine, suite à l'assassinat brutal de son frère, ponte d'industrie pharmaceutique, et de sa belle sœur, regagne la maison d'enfance familiale chargé de ses deux neveux : MacKenzie, adolescente, et Zach, jeune garçon autiste. Cependant, une malédiction semble planer sur la maison, et les marais alentours cachent un terrible mystère. Le retour de ce fils Blaine n'est d'ailleurs pas du goût des autorités locales... Qu'est-ce qui suinte au cœur de la maison, et essaie d'isoler ses occupants pour mieux s'en emparer ?...



Tim Daniel
et Michael Moreci choisissent de planter le décor de ce premier tome, rassemblant les quatre premiers épisodes, en 1974. On imagine bien que des explications vont devoir être données sur l'origine de ce que l'on appellera un domaine hanté. Il y a donc fort à parier qu'un bond en arrière va nous être proposé prochainement. Le père et le grand père Blaine, tout comme le frère tué sauvagement par une créature difforme et monstrueuse, avaient en effet en commun un sentiment fort d'empathie et une devise : "pour recevoir il faut donner", rappelée comme un mantra par les descendants. Cependant, on se doute un peu que tout cela provient d'une vieille expérience qui a pu être malheureuse, sans doute à l'origine de cette terrible ambiance glauque planant tout autour de cette maison de type victorien. On ferme ce premier tome avec le sentiment mitigé de tenir là une œuvre "habitée", pour laquelle le dessin de Joshua Hixson, évoquant fortement le génial et récemment disparu Jon Paul Léon, tout en encrage (au feutre ?) épais et comme hésitant, et les couleurs douces de Jordan Boyd, contribuent dans une grande mesure au charme. Les réminiscences avec l'excellent Swamp Thing, des regrettés Berni Wrightson et Len Wein, sont aussi évidentes, au moins lors des apparitions du "monstre, et dans l'ambiance générale. 

Par contre, le scénario prend un peu (trop) son temps, s'étire, et, au delà du fait que l'on aurait aimé lire cette histoire avant Locke and Key et avant la série Netflix The Haunting of Hill House, on espère trouver avec sa suite de belles réponses au mystère. Alors saura t-on si on tient là avec ce trio - Michael Moreci ayant déjà été remarqué pour, entre autre, des titres DC et sur the Curse (Ankama), ou Joshua Hixson sur Shanghai Red chez Hi Comic - une série marquante ou pas.
La galerie de couvertures, dont les alternatives, présentées en fin d’album, de toute beauté, participent en tous cas à attester que l’on tient là l’un des album d’horreur les plus prometteurs du moment. Quoi qu’il en soit, c’est un nouveau titre méritant le détour, chez un label : Hi comics, gage de qualité devenu désormais incontournable.


FG


The plot 1974 par Tim Daniel, Michael Moreci et Joshua Hixson

Éditions Hi comics (17,90€) - EAN : 9782378871253

                                                              Une des couvertures alternatives


lundi 24 mai 2021

Minneapolis : capitale du funk

La silhouette de Prince pour raconter la carrière du groupe Starchild : ou comment une couverture illustre l’influence d’un génie de la Pop Funk.

Minneapolis, fin des années 70 : Theresa, jeune femme noire issue d'une fratrie baignée dans la musique par leur papa, rêve de réussir dans ce milieu. Écrivant et jouant de la guitare autant qu'elle peu, elle a une illumination lorsqu'elle assiste en 1981 à un concert de Prince, pas encore la légende qu'il va devenir mais déjà une star dans son état. Ultra motivée, même si être une jeune black musicienne n'est pas la panacée dans cet état, Theresa va créer son propre groupe : Starchild, et goûter à la dure progression vers la notoriété. Ses passages auprès de son idole, ainsi que les opportunités liées, changeront à jamais sa vie.



Lorsque Prince Roger Nelson débute sa carrière publique en 1978, il parvient à mettre en lumière sa ville Minneapolis. Et quand bien même c'est son album 1999 paru en 1982 qui le propulsera définitivement vers son statut culte, il va influencer une flopée de groupes, qu'il aidera pour certain à sortir du lot.


Joseph Illidge, éditeur exécutif de la revue Heavy Metal et Hannibal Tabu, éditeur pour le site Bleeding Cool, aidés par l'artiste Meredith Laxton et la coloriste Tan Shu, se sont proposés de raconter l'influence du kid de Minneapolis. En suivant le destin du groupe fictionnel Starchild, assez représentatif de ce qui a pu se faire à l'époque en mix de funk et RnB, influencé entre autre par Parliament, les scénaristes prennent le parti de raconter cette histoire de manière un peu détournée, et en tous cas sous l'angle même de cette omniprésence, d'où la silhouette de la couverture, réalisée par Jen Bartel. On pourrait lui préférer la version américaine, mettant en scène Starchild en arrière plan, version que l'on retrouve d'ailleurs dans une galerie en fin d'ouvrage, accompagnée d'autres dessins rejetés et des notes de Josh Jackson et Fabrice Sapolsky, car l'artiste Love Symbol ne fait finalement que sous-tendre ce récit initiatique.
Cela dit, ce peu est déjà énorme et explique au final assez bien comment Prince a laissé une empreinte indélébile au cœur de Minneapolis et de la musique rock-Funk en général. Bien vu donc, même si un petit peu frustrant, puisque les caractères des protagonistes fictionnels ne sont pas vraiment non plus développés au niveau qui aurait été nécessaire. Mais...ne faut-il pas trouver sa propre voie ? 

FG
 

Minneapolis capitale du funk par Joe Illidge, Hannibal Tabu et Meredith Laxton.
Éditions Humanoïdes associés (17,95 €) - EAN : 9782731679731


 

samedi 1 mai 2021

Un peu de recul, vous dis-je, pour apprécier ce beau Panorama ! Michel Fiffe dépote chez Delirium.

Compliqué de dire pourquoi on aime un récit ou pas, une bande dessinée, un comics. Celui-ci aurait pu être édité dans les années quatre-vingt, tant il lui en emprunte le style graphique, noir et blanc, nerveux, underground, et que son récit de même semble tout droit issu d’un film de David Cronenberg ou d’un Lynch inédit, première période. Là, au sein de cette histoire d’un jeune couple qui s’est éloigné l’un de l’autre à cause de soucis de difformité monstrueuse se produisant de manière accidentelle, les empêchant de vivre normalement, le lecteur va être témoin de retrouvailles, de tensions et enfin d’une union surnaturelle.

Michel Fiffe est un auteur américain, quadragénaire, qui n’avait jusque là jamais été publié en français. Les éditions Delirium, fortes aujourd’hui d’un catalogue exceptionnel, fait de rééditions enrichies éditorialement de classiques peu connus des comics anglosaxons, anglais mais aussi américains, avec une prédilection pour les années 70-80, propose ce trésor plus moderne, daté juin 2020 et paru chez Dark Horse. Panorama est l’œuvre la plus récente de l’auteur, publiant habituellement chez des éditeurs plutôt « super héros », bien qu’il ait été mondialement remarqué avec sa série Copra, chez l’éditeur alternatif Bergen Press en 2014. Celle-ci sera d’ailleurs très bientôt proposée par Delirium.

Lire Panorama, c’est vivre une expérience émotionnelle forte, tant le récit surprend à la fois par sa liberté de ton, plongeant vite dans l’horreur, le gore même dés les premières planches, et poussant le lecteur dans ses retranchements. William Burroughs et son Festin nu ne sont pas loin, d’autant plus que l’on pense à une expérience vécue, tant le récit appelle une réflexion en urgence à la toute fin. Il s’agit sans doute de l’essai psychologique le plus dément qu’il m’ait été proposé de lire sous forme de bande dessinée, ce qui en soit, est déjà exceptionnel. Le dessin de Michel Fiffe fait de noir et blanc hachurés, mais aussi de belles formes géométriques anguleuses où le pinceau taille des noirs et blancs magnifiques pour qui aime le dessin, ravira de plus les pupilles averties.
Pour peu que l’on soit amateur de film d’horreur, de fantastique, que l’on aime l’art moderne, ou que tout simplement on apprécie les œuvres personnelles fortes, alors, ce comics passionnera. C’est une œuvre amenée à être culte, et d’ailleurs... elle l’est déjà, très certainement.


FG



Panorama de Michel Fiffe
Éditions Delirium (20€) - ISBN : 979-10-90916-84-5

 


 

vendredi 9 avril 2021

L'Eksploracja intime et cellulaire de Julie Michelin

C'est au sein d'une maquette superbe que se dévoile l'œuvre de science-fiction ambitieuse attachante et bigarrée d'une jeune autrice talentueuse en devenir.

Dans un futur relativement proche, des éléments de notre monde connu se mettent imperceptiblement à disparaître, comme par enchantement. Un phénomène de dématérialisation, plus ou moins naturel, semble à l'œuvre. Lorsque cela atteint les humains, une théorie scientifique est élaborée, et la décision d'envoyer un vaisseau aux confins de l'espace pour chercher les éléments d'un remède, prise. Une équipe de volontaires, dont Line et Marlène, embarque alors pour un voyage de cinquante ans terriens, missionnée pour rapporter l'Herbea Nauticeum et l'Obsidonita Kevlar, deux des matières organiques les plus stables qui, associées à d'autres, mettraient un terme à ces événements dramatiques. Une fois arrivée sur la planète inconnue repérée, rien n’avait préparé cependant l’équipe à ce qu'elle va découvrir...

La maquette de ce bel album interpelle tout d'abord : beaucoup de savoir faire dans le façonnage de cet écrin coloré portant haut l'aspect graphique. Julie Michelin est passée par les arts-déco de Strasbourg et l'EESI d'Angoulême avant d'intégrer le villa Belleville où elle anime entre autre des ateliers de sérigraphie, et cela se voit. C'est cela dit le fanzine Obsidienne Magnétite (Mégot éditions) qui la révélé en 2014 et où elle a commencé à élaborer un univers fantasmagorique. Dans Eksploracja, l'autrice prend le temps de développer son propos et les lecteurs d'Aama (Frederik Peeters), ou le Tribut (J-Marc Rochette) ne seront pas trop dépaysé quant à l'approche scénaristique débridée, s'autorisant un beau voyage dans l'espace temps, poussant cependant plus avant encore que ses collègues dans les méandres de nos esprits. L'album Crépuscule de Jérémy Parodeau (2024) et surtout son aspect graphique moderne stylisé, peut aussi se poser en référence, bien qu'il soit ici davantage ébauché, "adolescent" et que ses couleurs foisonnantes très liquides "bavent» littéralement sur les pages. Un liquide quelque peu plastique aussi, dont l'élasticité est un élément essentiel du récit, ou plutôt des êtres étranges croisés sur cette planète lointaine. «Êtres chats» se dérobant derrière une sorte de combinaison  d'invisibilité, au pouvoir de permutation et de transformation sans limites.
D'abord effrayés, puis étonnés, les terriens laisseront finalement place à de la compréhension et à de la reconnaissance, pour un sauvetage hyper symbolique. C'est en tous cas une certaine idée que chacun pourra s'en faire, car ce que Julie Michelin a souhaité nous dire, tient à la fois de l'intime et de l'universel. Une exploration des corps et des âmes, qui ne laisse pas indifférent. Un choc esthétique et philosophique.

FG




Eksploracja par Julie Michelin
Éditions l’Employé du moi (25€) 184 pages - 21 x 28 cm
ISBN 978-2-39004-078-1

Dispo                                    



dimanche 4 avril 2021

Jidéhem : Mission BX415 (Mes cases en stock 8)

Être lecteur de la revue Spirou en 1977, à l'âge de huit ans, grâce à quelques numéros d'époque de la revue, donnés par un gentil voisin, et par le biais de reliures d'une bibliothèque de camping savoyarde bien achalandée - j'y reviendrai - a permis à l'enfant que j'étais d'être familiarisé assez tôt avec le dessin de l'école de Marcinelle, et en particulier celui de Jidéhem, qui était présent dans la revue avec l'animation de la chronique auto Starter, et ce depuis 1956.  Il proposait cela dit aussi son héroïne Sophie depuis 1961, des collaborations publicitaires, des décors de nombreuses séries dont Spirou, du Natacha, des planches de Gaston, et en 1979, je succombais au retour de son personnage fétiche Ginger, créé en 1954 pour la revue Heroic (1), héros que je suivis avec avidité au mitant de ces années quatre-vingt. C'est pourquoi, lorsque vers 1985-86, mon père, comprenant ma passion insatiable pour la bande dessinée, me fit part de sa possession d'un album collector de l'auteur, l'adolescent que j'étais tomba des nues. Mon père avait en effet débuté sa carrière en 1960 chez Berliet, à Venissieux, - avant de quitter cette ville en 1972, et définitivement la Savoie-Isère d'où il était originaire et où il avait rencontré ma mère, pour rejoindre Roanne (42) où il fit toute sa carrière comme professeur automobile au lycée Carnot - et profita donc de la campagne de communication exceptionnelle de l'entreprise lancée en 1964 : la fameuse bande dessinée Mission BX 415. 


L'entreprise Berliet, créée en 1899 et basée à Vénissieux (69) fabriqua d'abord des voitures, jusqu'en 1939, année où elle se spécialisa dans le véhicule industriel. Entre 1950 et 1974, l'entreprise connue une forte expansion. Elle répondit aux besoins de la reconstruction et du développement des infrastructures en France. Elle élargit sa gamme de produits, misa sur l'innovation, conquis des marchés à l'international. Ses effectifs passèrent de 6 800 en 1951 à 24 000 en 1974 et la cadence quotidienne de fabrication de 17 à 140 véhicules. La marque Berliet devint synonyme de qualité. Au cinéma, en 1964, le titre du film d'Henri Verneuil 100 000 Dollars au Soleil fit référence à un camion neuf, volé par Belmondo. On y voit notamment : un GBC8 6×6 Gazelle (conduit par Lino Ventura – alias Marec, dit « le plouc »), un TLM10M2 flambant neuf, enjeu du film (conduit par Jean-Paul Belmondo – alias Rocco), un TBO15 (conduit par Bernard Blier – alias « Mitch Mitch » (d'après page Wikipedia.)

C'est cette année-là que Berliet choisi l'auteur vedette de la rubrique Starter pour dessiner l'histoire de la plaquette promotionnelle éditée par la société. Une brochure de 20 pages couleur, agrafées, écrites par Jo Almo (dit Pipette) célèbre maquettiste de véhicules pour Franquin, entre autre, mais aussi décorateur et co-scénariste,  passionné de véhicules. Un équipier de choix pour ce travail. 


L'histoire est un vrai polar surfant sur le succès du film d'Henri Verneuil. Il met en scène Jo Ribelet, un jeune enquêteur, contacté au téléphone par Mr Palmaire, ingénieur aux usines Berliet. Celui-ci vient de se faire voler les plans d'un moteur révolutionnaire, désignés sous le code BX-415. Arrivant sur place, notre héros ne peut que constater la disparition de l'ingénieur, kidnappé par des malfrats qui l'embarquent vers Kharburan, une ville (imaginaire) du moyen Orient. Tout au long de se poursuite, jusque dans le désert où il débusquera la bande et récupérera les plans, JO va être amené à emprunter ou se faire conduire dans des véhicules de marque Berliet, dont on ne pourra que vanter les mérites. Que ce soit un Gak, un 320cv,  un Tak avec porte fanion, jusqu'à un Aurochs de l'armée, véhicule amphibie, sans compter les véhicules de pompier équipant la ville de Rahad-loquoum où se termine l'histoire. 30 pages dynamiques et funs, très colorées, dans la grande tradition belge de Spirou, où le duo de Starter s'en donne à cœur joie.

Après un essai raté de mon papa avec un exemplaire offert des "Cosmocats" décevant (2), l'adolescent que j'étais pouvait-il rêver plus beau cadeau ? C'est en tous cas aujourd'hui, quelques 35 ans après avoir hérité de celui-ci, que je rends hommage à mon père : Paul Guigue, décédé le 28 mai 2003, à l'âge de 63 ans, mais aussi au talentueux Jidehem, qui nous a quitté le 30 avril 2017. George Salmon étant décédé lui, dix ans plus tôt.

FG


(1) http://bdzoom.com/112285/patrimoine/jidehem-le-deuxieme-homme/

(2) Un comics dans le pif : l'objet d'un travail d'écriture de/pour ma fille Flora, alors en classe de 3eme au collège de la côte roannaise. ("Raconte-moi..." brochure éditée suite à l'atelier d'écriture animé par Valérie Mattelin, Renaison 2014).
 

lundi 29 mars 2021

Dunce et JensK : le goût des cacahuètes norvégiennes

Inconnu en France mais publié dans quinze journaux quotidiens en Norvège et élu comic Book de la décennie là- bas, Dunce arrive enfin chez nous grâce aux éditions 404comics. Un strip réconfortant, à la mode "Hygge"!

Jens est l'avatar de l'auteur : Jens K Styve, père de famille d'environ 45 ans, aimant Steppenwolf, les Sex Pistols et les Pixies. Il vit avec son fils Gustav d'environ 10 ans, et leur petit chien noir, très récemment adopté : Brego. Au travail, il n'est pas l'un de ceux que l'informatique attire le plus, et il a tendance à ne pas bien comprendre les habitudes de ses collègues. Pourtant, il est quand même pote au moins avec Borge, bon vivant, qui va l'accompagner dans leur déménagement vers un coworking Space, suite à la vente et la destruction de leurs anciens bureaux. Là, ils se feront tous deux de nouveaux amis. Gustav, de son côté, peut compter sur Karianne, une copine de son âge, pour l'accompagner dans ses jeux ou réflexions d'enfant, souvent dehors, même si elle, préfère plutôt rester le nez sur sa console de jeux vidéo.

Il y a du Peanuts dans Dunce, et du Charlie Brown dans Gustav. Une dose de Dilbert pour l'aspect vie au bureau et sans doute un peu de Mutts, voire l'ombre de Frank King dans les relations qu'entretiennent le père et son fils. Car entre l'école de Gustav, les jeux dans la nature, les obligations du conseil d'école, et les atermoiements philosophiques de Brego, chien instruit sur la vie des bêtes et parlant à son jeune maître, toute la magie familiale inhérente à des séries magnifiques ayant fait le bonheur de millions de lecteurs depuis les beaux jours du strip aux USA retrouve sa verve ici. Alors, oui, JensK est norvégien et quelques rappels spécifiques sur le climat, quelques noms, de collègues, d'équipes sportives ou de saints permettent de s'en rendre compte, mais ce n'est pas fondamental et c'est davantage le ton des strips, plutôt bienveillant, mais où l'humour fait presque à coup sûr mouche, qui révèle le talent de cet auteur et de sa série. 

Alternant les petits gaufriers de trois bandes maximum en hauteur, avec celles plus larges, de deux ; voire certains uniquement faits d'une ligne de cases, très grosses, JensK nous embarque, avec son dessin encré  souple, colorisé très subtilement dans des tons doux. Si Dunce est "en roue libre", JensK maîtrise son art, et nous invite dans une famille où il fait bon vivre. Un grand merci aux éditions 404 pour la découverte, et un grand "Oui" pour un tome 2 !

FG

Les édition 404 comics annoncent de bien belles nouveautés sur leur catalogue. A lire, en cliquant sur l'image ou ici : Catalogue Calaméo 404 comics Mars2021

 



Dunce : en roue libre par JensK
Éditions 404 comics (19,90€) - ISBN : 9791032404102


Mes autres chroniques cinéma

Mes autres chroniques cinéma
encore plus de choix...