samedi 11 janvier 2020

Comics VO alternatifs fin 2019


Parmi les titres comics VO reçu et lus cette fin d'année 2019, méritant le détour :

Variant par Mignola
« Berserker Unbound »,
« Something is Killing The Children », « The Forever Maps », « The Plot (There's no escale from) » ainsi que le « Marvel comics #1000 », que je traiterai (peut-être) plus tard.

La majorité d'entre eux font partie de ceux que l'on aimerait voir traduit en français, et je fais confiance à nos éditeurs hexagonaux pour s'en emparer au plus tôt.






Berserker Unbound est le dernier projet en date de Jeff Lemire, que j'essaie de suivre au mieux, vu le nombre affolant de récits qu'il mène en parallèle. Cette mini série de 4 est dessinée par Mike Deodato jr et défrise grave au niveau graphique. Côté scénario, cette histoire d'un Conan aux cheveux roux n'ayant plus rien a perdre après la mort de sa dulcinée, pourrait paraître anodin ou inutile à première vue, mais ça serait mal connaître notre scénariste de génie. Dans le Cliffhanger ce ce premier numéro, le guerrier tombe dans une sorte de puits maléfique et se retrouve de nos jours, à l'orée d'une forêt et d'une cité ressemblant à New York. Tout un programme...




Forever Maps m'a attiré par sa couverture au dessin gothique, tout comme les quelques extraits intérieurs présentant des planches comme grattées, aux couleurs sépia, de toute beauté.
Michael Lagace, jeune canadien semblant débuter une carrière prometteuse, est au scénario, tandis que l'artiste Todor Hristov, d'origine bulgare, assure l'art. (...)

Nous sommes au 18e siècle et le jeune John, vivant dans une maison isolée dans la campagne, avec sa mère et son père, homme de loi redoutable, leur menant la vie dure à tous les deux, va prendre un curieux virage un soir d'orage, alors qu'il fuit le domicile suite aux coups de son père. Dans la forêt proche, il sauve d'un loup un vieil homme s'accrochant à une carte comme à sa vie, même  s'il semble dépité du jeu diabolique dans lequel il est tombé. En effet, chaque carte  trouvée au creux d'une souche lui donne l'accès à une autre carte...etc.



A la fin de ce premier numéro, l'éditeur : Scout comics, établit apparemment depuis 2015, et consacré au Creator Own exclusivement, (évidemment), propose d'acheter directement le TPB de 204 pages, disponible en décembre. Ce que je vais sûrement faire,
Ce titre fantastique m'ayant séduit et assez fait penser au « Frankenstein » de Wrightson. En fait,
« Forever Maps » possède l'atout d'un bon suspens et la classe d'un mix graphique entre un Ashley Wood et un Jon J Muth. Pas mal, non ?
A suivre, assurément.

http://www.theforevermaps.com/

https://www.scoutcomics.com/

Something is killing the Children chez Boom studios est la nouvelle série d'horreur de James Tynion IV.
Le dessin de Werther Dell'edera avec son encrage très fin, mettant en avant quelques hachures sur un dessin plutôt clair et sobre, est magnifié par les douces couleurs de Miquel Muerto.

Ce nouveau récit dévoile l'agitation de la communauté vivant autour du lycée Archers Peak, alors que quatre adolescents ont été retrouvés déchiquetés dans les bois alentours. Un seul témoin, assez perturbé : James, un de leur copain, qui va être vite rejoint par une étrange blondinette se trimballant avec une machette, bien décidée à trancher dans le vif "ce qui tue les enfants".

James Tynion IV semble adorer les bois et ce que l'on peut y trouver et, sorti de ses scénarios pour la licence Batman, a déjà montré qu'il aimait aborder le sujet avec classe et talent, dans
« The Woods » (Ankama).


Extrait de SIKTC 2

Si vous aimez « Stranger Things » (la série TV), ou « Courtney Crumrin », (ou encore « Utopia » de Jeff lemire), et ce dessin alternatif se mettant superbement au service de l'angoisse, alors n'hésitez pas. Un TPB des quatre numéros parus sortira le 26 février aux États Unis.


En restant dans l'horreur, découverte d'un nouveau label : Vault comics et sa collection Vintage, avec la mini série « The Plot ».
Vault comics est un label assez récent, créé en 2016 par Adrian, Damian Wassel jr et sr, et Nathan Gooden.

The Plot a rendu hommage à Bernie Wrightson, en jouant avec ses couvertures à réinterpréter des dessins célèbres de l'artiste, par le biais des graphistes Nathan Gooden et Tim Daniel, ce qui m'a heureusement attiré l'œil, et grand bien m'en a pris, vu la qualité de ce premier numéro.

Charles Vitus Blaine dirige la fondation pharmaceutique Sortvand, puissante, fondée par son père malade. Ce dernier était aussi profondément altruiste, ce qui l'a amené a monter cette structure. Mais sa maladie remontait aussi à son propre père, et le sien encore...Une sorte d'héritage maudit. En parlant d'héritage, la grande maison familiale abandonnée située à Cape Augusta, dans le Maine est visitée par le frère de James, qui semble vouloir y trouver refuge. Intuition ? Car James et sa femme vont être sauvagement assassinés par une créature monstrueuse en lien semble-t-il avec la famille, à la sortie d'un discours anniversaire devant un parterre d'actionnaires de Svortland.
Chase,  l'oncle de Zach et Mackenzie, le jeune fils et la belle adolescente de James, va donc ramener ces derniers dans le Maine pour réaménager le vieux manoir familial. Cependant, leur arrivée, en plus de ne pas ravir la police locale, va déclencher des événements macabres...


Vous avez aimé la série Netflix « The Haunting of Hillhouse » ? Vous allez adorez « The Plot ». Et ça ne fait que commencer...
La aussi, un recueil de 4 numéros sera disponible le 26 février.  Très bon titre d'horreur.

https://vaultcomics.com/






samedi 4 janvier 2020

« Blueberry : Amertume Apache T1 » : un automate peut en cacher un autre.

Événement  de cette fin d'année 2019, ce nouvel album de la série Blueberry fait polémique. Fallait-il autoriser deux blanc becs à reprendre l'a série  culte d'un auteur sacralisé de son vivant et donc devenu "intouchable" depuis sa mort?  Rares sont les sites,  spécialisés ou non,  qui n'ont pas vu se déchaîner les commentaires, au mieux désabusés,  au pire haineux,  souhaitant que jamais l'on ait touché au commandeur. D'autres font un point bienvenu (1)

Pour ma part,  en lecteur régulier et fan de la série depuis mon enfance,  c'est à dire grosso modo 1978, je ne vois pas là sacrilège,  mais plutôt un hommage assez bien rendu,  par deux auteurs d'une génération (la mienne en fait) ayant réalisé un bon boulot,  honnête, au sein duquel le plaisir est suffisamment au rdv pour que l'on ai envie de lire une suite.







"Amertume  apache" commence sur les chapeaux de roue, avec une situation de voyeurisme,  auquel nous avaient assez peu habitué ses créateurs Michel Charlier et Jean Giraud.  Blueberry,  sorti de guerres avec les Apaches, (l'album s'insert dans le premier cycle "Fort Navajo",  on le comprend),  cherche un peu de calme et se positionne avec son cheval sur une hauteur du désert. Étrange attitude et situation,  tout comme les dialogues,  que l'on va vite  appréhender dans le jargon de son auteur intérimaire Joan Sfar, que l'on connaît pour sa culture (juive, intrinsèquement ) et son humour potache. Les trois lascars : Bimhal, ("celle qui est pure",  en indien,  si on enlève le H) Simeon (son frère), et Arad (Jarad ? ) vont,  à cause d'un jeu de "guerre des sexes"  finalement bête mais assez commun, déclencher une catastrophe (provoquer en fait un double crime, même si la légitime défense pourrait sans doute être invoquée, c'est tout le problème de cette scène d'introduction) puisque les deux victimes, jeunes femmes apaches,  nécessiteront la vengeance de leur tribu. On l'a compris,  le pauvre Blueverry,  d'abord incrédule  et peu aidé dans ce premier acte,  va avoir fort affaire ensuite afin d'aider les militaires à éviter autant que possible une guerre sanglante dans la région.




La première  chose m'ayant frappée au niveau du dessin,  noir et blanc charbonneux dans l'édition limitée que j'ai achetée,  c'est le lettrage,  décontracté,  peu commun dans ce genre de western classique,  qui a cours généralement davantage dans les bandes Poisson pilote du dessinateur que sur la série régulière. Un détail que je ne parviens cela dit pas à relever à nouveau en deuxième lecture,  comme quoi... 

Par contre,  je note un dynamisme remarquable dans les cases,  avec une nervosité  dans le trait et les enchaînements,  faisant des pages 8 et 9 par exemple une bonne accroche de l'album.  L'humour toujours présent,  cela dit - et c'est une marque je crois ici -  comme la scène des pages 11-12-13 où notre lieutenant se fait avoir comme un bleu.  Mais en même temps,  ne l'est-il pas encore un peu,  eut égard à sa longue carrière à venir ?


Je ne m'arrêterai pas sur les visages de certains personnages,  féminins en l’occurrence,  auxquelles Brigitte Bardot et Claudia Cardinale ont prêté leurs traits (miss Mc Intosh, belle fermière et Ruth Tyreen,  ex petite amie du lieutenant,  et femme malheureuse du lieutenant  colonel Benjamin Tyreen,  du fort Navajo, là encore un clin d’œil à Richard Harris responsable de fort dans "Major Dundee", de Sam Peckinpah, qui porte ce nom). Notre héros ayant lui-même, c'est bien connu,  été créé d'après Jean-Paul Belmondo, tout cela n'est que clins d’œil de fans des sixties et hommages en retour. On sera davantage bouleversé par cette relation amoureuse que l'on ne connaissait pas à notre lieutenant myrtille. "Mais d'où vient-elle ?" s'interroge-ton , persuadé que Guffie Palmer était l'un des plus anciens flirts de notre lieutenant (voir "la Piste des Sioux"). Un des éléments charmants (craquants) de cet album, et une piste que l'on souhaiterait voir creusée.

Sans doute l'automate contre lequel le responsable du fort se frotte est il aussi un autre élément intéressant,  apportant la petite touche historique à ce récit,  pourtant situé en pleines guerres indiennes,  ou plutôt leur fin,  et objet des retrouvailles avec Mc Clure,  pas vu depuis belle lurette dans là série, et d'avec le soldat Jenkins,  reprenant les traits de Woldy Strode célèbre sergent Rutlege dans "Le Sergent noir " de John Ford (1960), entre autre.
Kleinman, quant à lui,  s'il n'a sans doute pas vraiment  existé, permet d'animer de belle manière les scènes se déroulant au fort, les planches montrant ses automates servant de catalyseur ou de médiateur à tous ces hommes,  perdus au milieu du désert, et tentant d'échapper à quelque chose ou quelqu'un. (L'alcool, le désespoir, un mariage foireux...) Cela ne m'étonnerait pas que la suite nous apporte quelques révélations goûteuses sur cet élément iconoclaste.

Les mineurs,  dont sont issus les jeunes cons,  nous sont présentés faisant partie d'une communauté  difficile,  où la figure du patriarche en impose, et semble attiser la mèche de la discorde. Quant aux Apaches, persuadés d'être dans leur bon droit,  et bien que plus vraiment  en position de force,  vont s'attacher à retrouver les coupables,  s'engluant dans des raids sanglants,  divisant davantage leur propre camp. Une macro société en ébullition, plutôt bien rendue, et développant quantité de sujets, résonnant fort aux oreilles du lecteur d'aujourd'hui. Féminisme, harcèlement, communautarisme, racisme, éducation brutale, patriarchie, on ne peut s’empêcher de penser à "L'Homme qui tua Liberty Valance"
...Joan Sfar a réussi son pari : traiter intelligemment de notre société, au cœur d'un western, reprenant par là-même le savoir faire de certains des meilleurs réalisateurs du médium. Finalement, plutôt que singer Jean Giraud, ne valait-il pas mieux s'inspirer de John Ford ?

La fin de ce premier tome nous montre un Blueberry bien plus sombre, car (enfin) chargé du poids d'une lourde mission,  et devant composer avec plusieurs antagonistes,  prêt à tout, car eux-mêmes à cran.  Que demander de mieux, qu'un suspens de cet acabit, à un western si Fordien ?

FG


A noter, ce mois de janvier, la parution du numéro  10 des cahiers de la bande dessinée, avec un gros focus sur le dernier Blueberry, et un dossier (entre autre) : « Pourquoi le western est-il indémodable ? »

(1) A lire, un papier assez sympa de Tewfik Hakem (France culture), daté 12 décembre, sur les reprises en BD :



« Blueberry : Amertume Apache » par Joan Sfar et Christophe Blain.
Éditions Dargaud (15€ édition couleur simple, 
ou 19,99 € en plus grand format noir et banc.)

mardi 31 décembre 2019

Meilleurs voeux 2020 !



Merci à Anais et Camille Renversade pour l'utilisation de leur support d'exposition
ayant servi à la création de cette carte http://www.mediathequesroannaisagglomeration.fr/node/9114

dimanche 29 décembre 2019

C'était 2019...


Ma rétrospective 2019 (quelques évènements marquants)


par ordre ante-chronologique (et de mémoire)


L'édition anniversaire format Artist edition de l'anthologie Roy Krenkel chez IDW
La réédition de « New Frontier » de Darwin Cooke chez Urban comics
La découverte de Johnny Horton, via Tai Luc (LSD)
Le film « Brooklyn Affairs » d’Edward Norton, une claque
La découverte de Michael Kiwanuka et des Black Pumas, par une amie mélomane
Le Temple du silence d’Herbert Crowley chez urban comics
Le contact sympathique par courrier, avec Alexandre Kha, suite au salon du livre de Saint-Etienne
L’album des Gry Grys
La découverte de Gene Clarksville & Play, via le fanzine Abus Dangereux
Dracula de George Bess chez Glénat
La réédition de Monde Mutant de Corben chez Délirium, mais aussi :
Mask (Delirium), Next Men (Délirium)
Walt & Skeezix de Frank King chez 2024 (enfin)
Le Joker, film de Todd Phillips
L’édition de l’intégrale Archer & Armstrong par Barry Windsor Smith chez Bliis comics
Apparat/Bad Worl Do Anything de Warren Ellis chez Komics initiative
La découverte du Randolph Matthews Afro band au Blues festival de l’ACMM de Roanne
L'anthologie Wimmen's comix, chez Komics initiative, reçue et juste feuilletée à ce jour, mais qui déclenche une polémique sur les réseaux (...)
Découverte du Villejuif Underground aux MGM de Riorges
Anthologie Batman 80 ans chez Urban comics
La découverte du « Cité réelle » de D J Bryant  chez Tanibis
Nemesis par Patt Mills chez Délirium 
Farmhand de Rob Guillory chez Delcourt
L’exposition Stéphane Geoffray 1897 à la médiathèque de Roanne
La rencontre avec Chongrui Nie au festival BD d’Ambierle 
Préférence système d’Ugo Bienvenu chez Denoël Graphic
L’anthologie New teen Titans chez Urban comics
La découverte du combo 80’s alternatif US Eleventh Dream Day, grâce à mon ami Claude
La réédition de Sentry de Paul Jenkins et Jae Lee chez Panini comics 
La visite du musée des beaux arts de Dijon, impressionnante.
« Once Upon a Time in Hollywood », le film de Quentin Tarentino
L’édition de Lost Dog, de Jeff Lemire, par Komics Initiative
La mort de Jean Pierre Mocky
Les retrouvailles avec Lord Diabolik, à Toreilles
La découverte de Space Bastards, le comics, par Eric Peterson, Joe Aubrey, Darick Robertson, Simon Bisley et Gabo chez une petite boite d’édition américaine (à paraitre en France ?)
La visite de l’expo et la découverte d’André Masson au musée de Céret (66)
Les rééditions des Swamp Thing de Wrightson et Alan Moore chez Urban comics
Invisible Republic de Gabriel Hardman et Corinna Bechko, chez Hi comics
Grass Kings, par Matt Kindt et Tyler Jenkins
Depth H par Matt Kindt
La visite de Rennes
Yesterday, le film, par Danny Boyle
Le comics de SF Brink, de Dan Abnett et Cublard, chez Akileos
Découverte live de Vaudou Game à Riorges
La suite de Rumble, par James Harren et John Arcudi, chez Glénat comics
La découverte des éditions Nada et Otium, à BD Lyon festival (juin)
Notre co création, à Francois Forestier et moi, à partir de l'oeuvre de Jeff Lemire et Scott Snyder « Ad After death », aux Méridiennes de la Médiathèque de Roanne (séance unique)
Le dernier film de Jim Jarmush : the dead Don’t Die
La découverte claquante de Nathaniel Dusk de Don Mc Gregor et Gene Colan, via Thierry Mornet, lors du Comic Gone Lyon
La découverte des nouvelles aventures de Sabrina, (univers Archie comics) chez Glénat
Les claques « Brat Pack » et « Vietnam Journal », (toujours) chez éditions Delirium
Simetierre le remake adapté du roman de Stephen King, au cinéma
Doctor Mirage chez Bliss
Stray Bullets t1 chez Delcourt
Shazam au cinéma
Créatures sacrées chez Delcourt
La belle édition format "journal" de Tif et Tondu par Blutch chez Dupuis
Le concert de Chris Potter au TMR Roanne, à l’occasion des 30 ans de Canal Jazz
Slaine intégrale noir et blanc des origines, aux éditions Délirium
Le retour de Conan, chez Marvel et donc Panini, avec Esad Ribic en juste star cover.
Black Monday Murders T2 de Jonathan Hickman chez urban indies
Berceuse macabre, (Dylan Dog) de Roy et Baraldi, chez Mosquito éditions
La fin de la série « Kill or be Killed », de Sean Philipps Et Ed Brubaker, chez Delcourt
L’exposition « La société des comics », à Lyon, université Lyon 3 et mon invitation à contribuer
Découverte de « Corum », de Mike Mignola et Mike Baron d’après Moorcock,  à l’occasion de L’édition du tome 1 de l’intégrale aux éditons Delcourt.
L’intégrale Mutafukaz et son film, chez Ankama
Réédition de la Planète des singes, en deux tomes, chez Panini comics
La série « Zone blanche » sur Arte
« Suna Gaal » de Lilou T2, chez Jarjille
Dark Knights returns intégrale chez Urban comics
L'anthologie Wimmen's comix, chez Komics initiative, pour son courage.
L’exposition et le catalogue Richard Corben au FIBD
L’exposition Batman au FIBD
Fante Bukowski de Noah Van Sciver (et sa rencontre) via l’Employé du moi lors du FIBD
L’exposition Edgard, (J Yves Gardette) à l’espace de la tour, Mably (42)
La mort de Denis Sire
Notre jour de l’an en famille à Lisbonne, Portugal

La mort dramatique de mon ami Eric

L’entrée à la BSB (Dijon) de ma fille Laureline

Mon déménagement, après 20 ans passé à la campagne.

Le début de nouvelles aventures


vendredi 27 décembre 2019

« Prodigy : la terre maléfique » : yes, he can !


Après « Magic Order », réalisé avec le talentueux Olivier Coipel, le très vendeur Mark Millar revient avec un titre Netflix qui devrait offrir quelques heures de pure distraction aux accros du petit écran. D'ici là, découvrons la version papier.  

Edison Crane est l'homme le plus intelligent du monde. Trentenaire black beau et propre sur lui,  il dirige aujourd'hui, grâce à ses dons extraordinaires une société  florissante qui lui permet de reverser des fonds à des causes humanitaires.  Son cerveau est capable de tout retenir et de se repartir plusieurs taches à la fois.  Absorbant tout, il connaît tout, et adore aussi les défis sportifs dangereux. Occupé par la réalisation d’un missile pouvant dévier un astéroïde menaçant l’humanité, il va cependant, malgré lui, être utilisé à des fins destructrices dépassant l'entendement humain.  




Mark Millar à trouvé la formule du hit qui culmine au top 10, et il ne se prive pas d'exploiter le filon tant qu'il peut. Sur ce deuxième titre produit par et pour Netflix,  dorénavant propriétaire du Millar's World, il délivre une recette qui fera sans aucun doute mouche au près d'un grand nombre de jeunes adultes férus de séries TV.  En six épisodes, il boucle un récit, sinon haletant, en tous cas suffisamment original et prenant pour aller jusqu'à son terme,  ce qui n'est pas gagné dés la lecture des premières pages. En effet, le personnage principal, super héros par son intelligence naturelle hors du commun, est l'incarnation, sur le papier, de tous les poncifs du Blockbuster que l'on peut redouter en allant au cinéma aujourd'hui.  C'est à dire de beaux costumes, de l'argent coulant à flot, des cascades improbables, du sang, une certaine fascination pour le luxe et l'exagération, un peu de violence crasse sous couvert de déviances sectaires, allant jusqu'à une chasse à l'enfant dans les bois.  

Apprendre en accéléré Kung Fu à la TV, ca sert...

Bref, on aborde cette nouvelle série avec un certain recul,  jusqu'à la fin du troisième épisode, soit la bonne  moitié de l'album.  Là, enfin, on décolle, au sens propre comme au figuré, (il va être beaucoup question de saut en parachute et de vaisseaux spatiaux), avec le noeud de l'intrigue qui s'assoupli.  La longue introduction façon générique de « Mission impossible » devient enfin un chapitre et Edison un acteur un peu normal, prenant  des coups. C'est bête,  mais pour qu'un super héros fonctionne, c'est bien connu, son ou ses points faibles doivent apparaître à un moment donné.  Bref, notre prodige mange un peu des gnons,  quelques balles,  et réalise quelques exploits imprévus bien sentis.  Ça change du « sur mesure » et inaugure,  pour le coup,  une sorte de façon de faire type « agence tout risque », qu'en bon vendeur,  Mark Millar a du calculer sur une série longue distance à la destinée déjà tracée.  Au passage, il se fend de la création d’une sorte de Terre parallèle, façon d’inaugurer son petit univers à lui, avec une invasion prévue à la clef par une flotte très Marvellienne. 

Edison est devenu grand, et très rapide

Une couverture bien "pensée" 
Si ce « Prodigy » n'à pas de numéro 1 sur sa couverture,  c'est donc sans doute juste un argument... de vente. De son côté, Rafael Albuquerque (« American Vampire », « Huck »…), assure le job graphique dans un style reconnu et appréciable, sans grandes surprises néanmoins, mais réalise bien 60% de l'intérêt de l'album, avec certaines cases marquant l'oeil. Les couleurs sont assurées par Marcelo Maiolo.
Un assez bon « premier » tome donc, qui demandera néanmoins à faire ses preuves sur la longueur... 

FG


« Prodigy : la terre maléfique » par Mark Millar et Rafael Albuquerque
Éditions Panini comics (22 €) - ISBN : 978-2809481013



jeudi 26 décembre 2019

Bonne fin d'année 2019, avec Dracula de Mignola, et des Souvivants, par Davy Mourier.


Il était impossible de conclure cette année 2019 sans dire le bien que j’ai pensé que des ces deux albums.

La première édition,
couverture souple, avec rabats.
« Dracula » par Mike Mignola, sur scénario de Roy Thomas, adapte fidèlement la version cinématographique de ce classique fantastique de 1897, réalisé par Francis Ford Coppola en 1993.

Je n’avais pas encore eu l’occasion de m’exprimer sur cette version, parue la même année chez Comics USA, et pourtant achetée au début des années 2000, pour compléter une collection de l’oeuvre du papa de Hellboy, alors en pleine ascension.
N’oublions pas que le personnage de Hellboy n’est apparu qu’en 1994 en TPB aux USA et que son premier album français a été édité par Dark Horse France dés cette année. Ce n’est seulement vraiment que lors de la reprise du catalogue par les éditions Delcourt que la série a été redécouverte pas un plus large public, et ce seulement en 2001. 

Dracula était donc, en ce début des années quatre-vingt-dix, une des rares occasions de lire et déguster les planches de cet auteur qui est devenu une figure incontournable du comics indépendant depuis. A l’époque, seul « Le Cycle des épées », tout comme «  Iron Wolf » (Zenda), « Jungle Saga » (Marvel France) étaient disponibles, ainsi que son « Aliens Absolution » chez Dark Horse France. Autant dire que chaque parution était guettée avec avidité.




« Dracula » reprend le synopsis du film du grand réalisateur, lui-même assez respectueux du roman original, avec sa propre touche évidemment gothique, déjà très présente dans la version cinématographique. On aurait trouvé dommage de Mike Mignola ne fasse pas ce roman graphique. Et satisfaction est grande à la lecture de l’album. Evidemment, on pourra trouver d’autres versions réalisée  par d’autres grands artistes, qui pourront être jugées plus adaptées au classicisme de l’oeuvre de Bram Stoker (1897), mais Mignola insuffle, grâce à son talent, une touche personnelle très intéressante à l’oeuvre, en faisant un incontournable pour tout amateur de comics, de Dracula, et du dessinateur.




Une version grand format noir et blanc a été proposé en 2018 par les éditions Delcourt, afin de faire encore davantage ressortir le trait du dessinateur. L’occasion pour les amateurs de se faire encore plus plaisir, même si cette présente édition, format comics, mis en couleur par Mark Chiarello mérite déjà le détour. D’autant plus qu’ont été ajouté en fin de volume 11 pages de crayonnés issus de la collection de l’encreur John Nyberg et les originaux des couvertures, encrés.  Notons que la traduction a été refaite, passant de celle de Janine Barucha (1993) à celle d’Hélène Remaud-Dauniol. Du beau travail de réédition, bienvenu évidemment, 26 après sa première publication. 




« Les Souvivants » par Davy Mourier et Edouard Cour


Davy Mourier, vous le connaissez peut-être comme moi pour ses petits bouquins (récents) publiés dans la collection Shampoing, dont son très sympathique « Davy Mourier VS Cuba », que l’éditeur m’avait gentiment adressé en 2018 et qui a fini, après lecture, dans les mains de ma fille, à l’occasion d’une lecture de plage. Avec le soleil, ça le faisait, mais je pense qu’il n’est nul besoin d’avoir grand beau temps pour apprécier son humour potache.
Pour faire très rapide, je dirais que Davy Mourier est de la génération (ou de l’école plutôt) Canal Plus et sa culture grand guignolesque se retrouve de fait très attachée aux média, pour ne pas dire la télévision. Ce qui ressort pleinement dans ses travaux, (je choisi le mot exprès), plus que dans des « bandes », parce que pour moi, l’auteur a plus à voir avec les médias que la bande dessinée à proprement parler.
Ses précédentes parutions, soit dans des anthologies, soit des petits formats thématiques ne m’ont en effet pas donné à me faire une idée d’auteur classique. Et la collection VS, chez Delcourt lui correspond finalement plutôt bien.
Bref, c’est avec surprise, mais intérêt et dans une certaine expectative que j’ai abordé ce « Souvivants », réalisé avec Edouard Cour aux dessins. Son style infographique noir et blanc très cadré, à la fois très propre et minutieux avait cependant de quoi inquiéter (je suis un peu de l’ancienne école, et oui), mais celui-ci propose au final suffisamment de détails et de textures pour ne pas paraître froid et ennuyeux. Dont acte.


Là dessus, les dialogues sont nombreux, et on comprend très vite que l’humour va être basé à égale proportion entre le comique de situation (et d’expressions) et le comique verbal. Mourier a son chic pour faire de longues phrases, qui, placées dans la bouche d’un gredin comme semble l’être Michel Martinez - commercial bien vivant de son état, un peu fort, moustache au vent et cerveau en berne - font mouche. Michel donc, qui, s’arrêtant faire le plein au beau milieu d’un massif montagnard, réalise qu’il vient de tomber dans un lieu oublié de la civilisation, où une troupe de gens, sûrement très bien avant, s’est transformée en zombies. En fuyant à travers bois, il parvient à se réfugier dans la seule bicoque présente, celle habitée par Jean-Philippe le Foc (sacré jeu de mot) et son petit clébard Sucette (re). Tous deux (trois?) vont devoir apprendre à se connaître, pour survivre.






























En 74 pages, le duo d’auteurs parvient à nous faire rire, tout en maîtrisant une tension palpable, même pas due aux méchants présents dehors, finalement assez inoffensifs. Tout est dans la relation humaine entre ces deux types que tout oppose, et que le prétexte du film de zombie va amener à mieux se connaître, jusqu’à envisager l’aventure, la grande (avec un grand A). Du coup, on serait parti pour un tome deux que cela ne dérangerait personne, même pas moi.

Pari gagné ! (et pour moi Davy Mourier signe là sa meilleure publication, mais cela n'engage bien sûr que votre serviteur.)



FG





« Dracula » par Roy Thomas et Mike Mignola
Éditions Delcourt (15,95 €) - ISBN : 978-2-413-01341-9

« Les Souvivants » par Davy Mourier et Edouard Cour
Éditions Delcourt (15,95 €) - ISBN: 978-2-413-01851-3

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