jeudi 30 juin 2022

Une étude en émeraude : petit bijou One shot (et Assassin's Creed Valhalla)

Ayant reçu un paquet de la toute nouvelle maison d'édition Black River, (en fait 52eme structure d'Editis spécialement dédiée aux comics), je me devais d'en faire un retour. Le voilà :


Londres milieu du 18eme siècle, un célèbre enquêteur reçoit un soldat blessé en Afghanistan pour co-louer l'appartement de Baker Street qu'il occupe. Tous deux sont alors embarqués par le commissaire Lestrade dans une affaire sordide : l'assassinat grotesque d'un ministre allemand - cousin de la famille royale - en visite. L'étrangeté étant que sa difformité monstrueuse et le liquide vert s'échappant de son corps découpé ne semblent déranger personne...Encore plus étrange : la visite à la reine Victoria, très embêtée de cet incident diplomatique, établit très clairement qu'elle aussi fait partie des "Grands anciens". Le duo ne va pas tarder à mettre la main sur le suspect principal, mais...


N’en révélons pas trop. Ce comics, adapté de la nouvelle de 2003 du grand Neil Gaiman, mixant univers Holmesien et Lovecraftien, considéré par l'auteur de Sandman comme un hommage de fan aux univers de Conan Doyle et Lovecraft a obtenu une poignée de prix, dont les prestigieux Hugo, Locus et Bram Stocker Awards en 2004. Son titre étant lui-même un hommage au récit de Sherlock Holmes : A Study in Scarlet. L'intelligence et la grande classe de l'auteur réside dans sa faculté à nous mener en bateau dès le départ, et jusqu'au bout, donnant à ses 72 pages, complétées par dix de bonus graphiques, tout le charme et l'attrait du meilleur du comics alternatif. 

 
Pour ceux suivant Neil Gaiman, nul doute que ce récit superbement troussé et au rebondissement malicieux n'aura pas été omis depuis sa publication DarkHorse en 2018 ; pour les autres, il ne faudra pas manquer cette belle adaptation française. D'autant plus que le dessin exquis de Rafael Albuquerque, déjà apprécié, entre autre sur American Vampire ou encore Batman année zéro, sert superbement les ambiances du vieux Londres fantastique. Les couleurs douces de Dave Stewart apportant la touche si typique du label Dark Horse, réceptacle original du comics. Un grand petit comics, et l'un des meilleurs titres, sûrement, du tout jeune catalogue Black River.
"Incontournable, mon cher Watson !?"

FG


Une étude en émeraude
Neil Gaiman et Rafael Scavone, Rafael Albuquerque Dave Stewart
Éditions Black River (14,90€) - ISBN : 9782384260010

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Assassin's Creed Valhalla : le chant de gloire

Prequel du célèbre jeu Ubisoft, ce comics Viking tout en fureur se lit avec une certaine saveur.

En Norvège au milieu du IVeme siècle après JC, la guerrière Viking Eivor sauve un clan d'une attaque, pensant gagner les faveurs de son père le roi Styrbjorn. Elle lui ramène d'ailleurs une esclave chamane, prétendant posséder des pouvoirs magiques et pouvoir lui apporter fortune. Mais alors que son frère se bat de son côté dans les steppes de l'est pour trouver une épée en acier trempé, leurs destinées à chacun vont être bouleversées...

Si l'on rentre un peu sceptique dans ce bel album, à la couverture réalisée par Karl Kopinsky, c'est parce qu'habituellement, les adaptations de licences de jeux ne sont pas connues pour donner les meilleurs récits dessinés. Et pourtant, très rapidement, on se prend à suivre la fougue de ces personnages avides d'aventures et de combat. Alors certes, il ne faut pas chercher ici de scénario trop littéraire, mais on apprécie la recette efficace entre les dialogues plutôt "modernes", les intrigues croisées et un suspense juste ce qu'il faut. Le dessin agréable de Martin Tunica faisant le gros du boulot, rehaussé par les couleurs adaptées et plutôt douces de Michael Atiyeh. Pas encore de drakkars dans ce tome-ci, mais de belles haches et épées tranchantes !  Un récit tout à fait correct, et donc à suivre, pour tout amateur de saga Viking...

 

Assassin's Creed Valhalla : le chant de gloire
Cavan Scott, Martin Tunica, Michael Atiyeh
Éditions Black River (14,90) - ISBN : ISBN 9782384260072


Les éditions Black River "aux limites de l'imaginaire" ont aussi publié en mai Magic, que j'ai assez peu gouté à mon niveau, n'étant entre autre pas gamer, et malgré une superbe couverture et des dessins très sympathiques. (Ou alors, c'est que je suis trop vieux ; ça doit être ça.) Elles annoncent par contre de bien belles choses à première vue pour la suite :

A Walk Through Hell de Garth Ennis et Goran Sudzuka
Far cry : Rite of Passage de Bryan Edward Hill, Geraldo Borges et Michael Atiyeh
et The Division : Extremis Malis de Tom Clancy

Restez donc connectées !

 

lundi 20 juin 2022

They Only Find Them When They're dead : les voleurs

Cette seconde partie d'un Space Opera ambitieux et original pâtit d'une lecture un peu ardue, avec de nombreux flashback et forward.

En 2376, le Delta Rides, vaisseau nécrospique (dont le travail est de découper au laser des Dieux morts flottants dans l'espace) découvre un dieu en train de mourir. Il s'agirait de Georges Malik, capitaine du Vihaan II, présumé mort en 2367. Que faire ?
2414, un vaisseau privé transportant l'ambassadrice Marlyn Chen accoste la Balise Sagan, station isolée, afin de récupérer Naomi Geller, garde du corps qui doit accompagner l'ambassadrice vers L'envolée de Malik, colonie rebelle s'étant constituée autour du corps du dieu géant et lui vouant un culte fervent. L'idée est de proposer d'ouvrir la colonie aux pèlerinages de manière bien plus évidente et commerciale. En réalité un complot terroriste, stratagème pour accéder au dieu et le "dérober". Mais... qui terrorise qui ?

Si ce second tome, comprenant les chapitres 6 à 10 originaux, apporte un certain nombre de réponses et d'éléments au premier tome ayant introduit la série, génial scénario mettant la rareté des matières énergétiques au cœur de son récit, mélangeant matière organique deique et consommation courante, il est un peu compliqué de le suivre.
Al Ewing procède en effet en incessants bonds narratifs, dans le passé ou le futur, pour revenir au présent ; et si ce procédé apporte une matière, un certain sérieux à un récit de science fiction habitué du genre, cela reste déstabilisant, et nécessite plusieurs (re)lectures. Quoi qu'il en soit, l'intrigue progresse, amenant une couleur davantage politique, entre milieux sectaristes "malikistes", défendant la protection de ces dieux, et le reste d'une société ne dédaignant pas les découper en morceaux comestibles, économie de rareté oblige. Ajoutant au passage de tierces protagonistes, louvoyant au milieu de tout cela, afin de garder le pouvoir global. Le dessin entièrement numérique et assez bluffant de Simone Di Meo, usant intelligemment de couleurs spécifiques pour chaque passage temporel, permet de ne pas sombrer, participant à la réussite d'un comics pourtant exigeant. Un tome violent, compliqué, mais restant tout de même accrocheur grâce à un scénario très original.

FG

They Only find them when they're dead tome 2 : les voleurs.
Al Ewing, Simone Di Meo.
Éditions Hi comics (18,90) – ISBN : 9782378872892

Lire la chronique du tome 1


 

lundi 6 juin 2022

Teuk Shadow, que d'eau... et des Gangsters qui roulent !

Remis la main par hasard sur l'épisode 2 de cet excellent mini comic roannais réalisé "à la maison" en 2015 par Pétélus, alias Olivier Paire, où l'eau est un élément principal du décor (et même des protagonistes) (chut !...)

J'écrivais dans une précédente note consacrée à ce "vieux" héros ninja philosophe que je parlerai de ce tome 2, qui avait été "oublié" dans ma bibliothèque, coincé entre deux autre petits comics. Cela est chose faite depuis mai 2022 sur le site de gestion BDovore, où toute ma collection est répertoriée, et où dorénavant, ces comics auto-édités sont référencés (et nulle part ailleurs à ce jour).

Ci-dessous, quelques images montrant les comics de près, avec leur spécificités, à savoir : 

 

 

 

Vol 1 (2014) : 22 pages lecture sens japonais, couverture intérieur identique à la jaquette (moins la couleur). > nb : une réédition le proposera en sens français, et avec bulle sur couverture, comme les deux suivants. 

Vol. 2 (2015) : 32 pages sens de lecture classique, et couverture intérieur comprenant un dialogue en sus par rapport à la jaquette couleur.

Vol. 3 (2020) : 40 pages sens de lecture classique, et couverture intérieur comprenant un dialogue en sus par rapport à la jaquette couleur.

 

 

A noter : Olivier est sur le vol. 4, qui devrait paraître d'ici la fin de l'année si tout va bien, et on espère qu'un recueil (chez un éditeur ?) proposera l'intégrale de ce que je considère comme le summum de ce que cet auteur ami est capable. Impensable en effet de ne pas le voir en rayon de librairie !

L'auteur dessinateur mais aussi scénariste annonce par contre la parution prochaine de son long récit de Gangsters (1), en compagnie de l'autre roannais Cédric Fernandez, au dessin, d'après Storyboard d'Olivier (et là chez un nouvel éditeur...). Hâte !

(1) Récit de Gangsters dont j'avais déjà traité en 2014, lors de sa conception.
http://1oeilsurlegalet.blogspot.com/2014/09/olivier-paire-la-gash-dun-heros.html



mardi 17 mai 2022

Nexus omnibus tome 1 : un rêve devenu réalité

Début années 2000, l'ami Reed man (Organic comics, rencontré à Angoulême), me fait découvrir si je me souviens bien, Steve Rude. Je ne sais plus à quelle occasion c'est, mais bing, en 2003, un beau petit comics Semic parait, mettant le héros Nexus en lumière. Superbe dessin, et scénario pas top mal, mais sans plus, que j'ai chroniqué à l'époque dans notre fanzine Onabok en faisant ressortir le manque de traductions françaises à l'époque ayant pu resituer le contexte de l’œuvre originelle pourtant bien accueillie outre Atlantique. A la même époque, je complète avec un Thor Roi des orages chez Semic, The Moth special en VO, bon petit titre permettant d'abonder sur Steve Rude à nouveau, ajoutant entre temps Un monde à part, un tryptique Batman Superman paru en 1990 chez Comics USA. Puis, ensuite... pas grand chose. C'est pourquoi, à moins d'avoir suivi de très près le dessinateur en VO ou l'avoir guetté dans quelques publications françaises comics ça et là chez Panini, difficile de se faire une idée de la réelle qualité du bonhomme et de sa série Nexus créée avec Mike Baron en 1981. Les éditions Délirium, comme à leur habitude, nous gâtent donc avec la parution de ce premier Omnibus débutant l'intégrale en français de cette série Space Opera typiquement eighties, qui avait échappé jusqu'alors aux lecteurs français ne lisant pas de VO.

Année terrestre 2481 : Ylum, l'une des deux lunes tournant autour de la planète Marlis. Dans les sous-sols aménagés de cet astre, vit un homme aux pouvoirs étranges, se régénérant dans un bain sous cloche lorsqu'il est prit de malaises. A l'intérieur de cette solution extraordinaire, il rêve et ces rêves lui ordonnent des missions vengeresses. Horatio Hellpop, dit Magnus, règne sur une population qu'il a sauvé au fil du temps, d'esclavagistes ou de tortionnaires. Qui est-il vraiment et d'où vient-il ? Nul ne saurait vraiment le dire, à part Sundra Peale, observatrice venue sous couverture journalistique, qui gagne sa confiance et se fait expliquer son histoire familiale. Ses malaises remontent à l'âge de neuf ans, et bien qu'un drame marque sa séparation d'avec ses parents, rien n'explique leur provenance, ni la présence d'antiquités aux tréfonds d'Ylum, que Nexus protège et craint en même temps. Ce sera un des objets de lutte des différents protagonistes croisant sa route au long de ce premier tome. 


423 pages présentées façon Omnibus américain, dans un épais volume cartonné couverture satinée dos rond, comprenant 102 pages noir et blanc et le reste en couleur, voilà pour la présentation physique. Tout commence avec les premiers épisodes nous présentant Nexus, et les manigances de vilains désirant appréhender l'origine de sa puissance. Si l'on s'engage légèrement à reculons dans ce pourtant attendu premier volume - les pages noir et blanc pourtant agréables ne soutenant que peu la comparaison avec celles en couleur - il faut reconnaître une mise en bouche suffisamment originale et étrange à cette histoire pour abonder, d'autant plus que les belles couvertures des comics originaux, faisant office d'inter chapitre, brillent aussi de mille feux Pulp et nous alpaguent. Steve Rude, dessinateur dont on sait la classe du travail et combien il est devenu "bankable" depuis 1981, commençait tout juste alors, et déjà il marchait dans les traces d'un Russ Manning. Trait souple, encrage onctueux et un certain sens de l'épure participent du charme opérant sur le lecteur découvrant son oeuvre de base. Les couleurs de Les Dorscheid, sur la majorité des épisodes, ajoutant la touche typique de ce comics parmi les plus significatifs et funs de ces années quatre-vingt que l'on ne finit pas de redécouvrir.

Si Steve Rude nous charme, comme peuvent le faire d'autres talents tels Dave Stevens, Mark Schulz, ou bien encore Jaime Hernandez, pour rester dans cette génération d'auteurs au trait souple, le scénario de Mike Baron fait preuve d'une belle inventivité. Aussi, c'est à un mix de 2000AD, la revue culte SF britannique, à laquelle on pense parfois, dans l'irrévérence et le rythme, tout comme aux Tortues Ninja du duo Kevin Eastman - Peter laird, et au moins aussi à American Flagg, d'Howard Chaykin, peut-être pour l'humour et les scènes de combat (superbes épisodes dans le monde bol avec le Blaireau, un anti super héros improbable de beaufitude). Mais ne nous y trompons pas, cette dernière référence partage aussi une vision politique avec Nexus, nous gratifiant au passage d'une réflexion sur le pouvoir, l'amitié et la confiance, assez rare. Auquel s'ajoute une beau suspens de recherche des origines, sous couvert de fouilles archéologiques, élément fantastique dans un comics de Space Opera où la sensation de bien-être surpasse les situations les plus noires. Tout le talent du duo Mike Baron - Steve Rude, que l'on a hâte de retrouver dans un tome deux, puisque l'action est en cours et que le dessinateur n'a pas encore révélé le summum de son talent.
Nexus est exaltant et fun, et les éditions Delirium nous le servent sur un plateau d'argent, avec une belle introduction du traducteur Alex Nikolavitch et deux épisodes bonus. Un rêve devenu... réalité.

FG

Nexus Omnibus tome 1
Mike Baron et Steve Rude.
Éditions Délirium (39 €) - ISBN : 978-2-493428-02-8



mercredi 11 mai 2022

Quatre Prince Vaillant français chez Odej en 1960 : une curiosité

Les amateurs de bande dessinée classique connaissent la série Prince Vaillant (Prince Valiant en version originale), créée en 1937 par Harold Foster dans les pages des journaux américains du King Feature Syndicate et traduites en France dés mai 1937 entre autre dans le périodique Hop-là !. L’auteur a dessiné sans discontinuer de 1937 à 1970 de magnifiques pages de cette épopée chevaleresque au temps du roi Arthur, avant de laisser la place à d’autres dessinateurs, et sa parution continue de nos jours. Des tentatives d’édition françaises ont eu lieu, et seule celle des éditions Zenda, dans les années quatre-vingt, a réussi à publier l’intégrale des planches d’Harold Foster. (1)

Mais d’autres publications parsèment la bibliographie de cette série culte, recherchée entre autre pour son superbe dessin, et la magie qu’elle opère sur les lecteurs. C’est le cas d’une série de quatre petits livres brochés (ou cartonnés en recueil), parue entre 1960 et 1961, aux éditions Odej.



Les éditions Odej sont françaises et créées par Armand Beressi en 1959, afin de diffuser notamment le catalogue des éditions italiennes Fabbri. En collaboration avec Hachette, elles ont publié également des encyclopédies en fascicules, dont Tout l'univers. Si l’on peut remarquer quatre titres cartonnés de la série Prince Vaillant chez Hachette en 1957, les quatre titres qui nous intéressent ici leur sont propres et ont une particularité un peu spéciale, car, à l’inverse de tous les autres albums, ils ne sont pas dessinés par Harold Foster ! Nul besoin d’être un grand spécialiste de l’artiste pour s’en rendre compte. Or aucun nom de dessinateur ni d’auteur n’orne les pages ou les couvertures de ces petits livres, et si certains sites internet, tels BDgest, BDphil.info ou Bdpf.fr notent Wallace Wood sur certains épisodes, et ce depuis quelques anées, les sources pour une telle affirmation restent nulles, et là encore, on peut difficilement valider telle hypothèse, à la vue des planches.

Ces livres on été publiés dans une collection appelée Elephant Blanc, au format 18,5 x 26 cm, brochés, tels des comic books, en noir et blanc et couleur, mais avec un papier épais mat, avec une tendance à l’adaptation de films Disney. (L’autre collection est d’ailleurs dévolue à des histoires comics Donald ou Mickey, avec quelques Carl Barks). C’est aussi le cas du premier tome de Prince Vaillant, adaptant le film de 1954 de Henry Hataway. Mais de quels éléments sont constitués les autres tomes ??


La collection Elephant blanc (avec ses recueils cartonnés en fin de liste) :


            ODEJ #3 Prince Vaillant - La Table Ronde en péril 10/1960

            ODEJ #4 Jim la Jungle à la vallée du Diable 10/1960

            ODEJ #13 Le tour du monde en 80 jours 04/1961

    ODEJ #14 Jim la Jungle et les chasseurs d'éléphants 04/1961

    ODEJ #15 Spartacus 01/1965

    ODEJ #16 Prince Vaillant otage des Frisons 01/1961

    ODEJ #35 Lawrence d'Arabie 01/1964

    ODEJ #36 Prince Vaillant - L'Île du tonnerre 01/1964

    ODEJ #38 Prince Vaillant - Les cinq épreuves 04/1964

    ODEJ #43 Linda Lark infirmière 10/1964

    ODEJ #46 Laurel et Hardy 01/1964

    ODEJ #51 Le shérif Kendall - Le trésor des Apaches 01/1965

    ODEJ #52 Prince Vaillant - La table ronde en péril 03/1965(Couverture différente)

    ODEJ #63 Pilotes de chasse 01/1966

    ODEJ #64 Linda Lark vedette de télévision 01/1966

    ODEJ #69 Le Shérif Kendall - Justice à Seely City 07/1966

    ODEJ #72 Les aventures de Tim - Le diamant de Manikora 10/1966

    ODEJ REC Prince Vaillant La Table Ronde en péril/ Jim la jungle à la vallée du diable 10/1960
    ODEJ REC Le tour du monde en 80 jours - Jim la Jungle et les chasseurs d'éléphants 12/1961
    ODEJ REC Spartacus - Prince Vaillant otage des Frisons 09/1961

    On peut lire sur les pages de garde des albums : Albums filmés J (pour jeunesse) et le copyright indique : King Features Syndicate et Opera Mundi Paris.

 
Les formats simples sont brochés et proposent, comme dans "Les cinq épreuves",
deux pages noir et blanc suivies de deux pages couleur.

 



 Les formats cartonnés proposent des histoires toutes en couleur.

 Pages de garde et premières pages des épisodes en recueil.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Pour être tout à fait complet, il faut préciser que le titre 52 de la collection, "La table ronde en péril",  paru en 1965, s'il reprend le numéro 3, semble avoir paru avec une couverture différente.
Une autre curiosité.


La piste des éditions Dell

C'est entre autre une information sur la page wikipédia anglo-saxonne qui nous donne un indice dans la rubrique « Reprints », écrivant que « Prince Valiant a souvent été réédité en comic book (sous-entendu en format petit « album » souple 32 pages pour les non-initiés). Beaucoup de strips de Foster ont été réédités dans les pages d’albums de Ace comics et King comics, mais cependant, sept autres, édités en couleur par Dell comics n’ont jamais connu de réédition en albums cartonnés. Il s’agit des numéros #567, 650, 699, 719, 788, 848 et 900, dessiné par Bob Jujitani, avec un scénariste inconnu ». (Trad par mes soins). La référence de cette citation renvoie sur un blog allemand très sympathique, celui de Roger Schaeder qui explore toute la bibliographie de Prince Valiant (en allemand). https://rogersmagasin.com/tecknade-serier-och-skamtteckningar/prins-valiant/#h-four-color-comic

Comme ces couvertures de comic book datés 1954-1958 correspondent quasi parfaitement à celles des quatre petits albums des éditions Odej, et que l'analyse des dessins intérieur sur des sites de vente le confirme, on peut dire que la boucle est bouclée. On remarquera que la plus grande particularité réside aussi dans les bulles, élément improbable dans les histoires illustrées de Foster.



 

  

 

 

 

 

 

 

 

 


Seul le premier épisode n'a pas la même couverture. Les couleurs intérieures sont par contre les mêmes.

 

De plus, en continuant la piste des éditions allemandes, on réalise qu’une réédition, sous le nom de Prinz Eisenherz, proposant l’intégrale de Foster a aussi édité en 2019 deux volumes cartonnés avec ces histoires tirées des comic books de Bob Fujitami. (Ci à droite un volume.)
https://www.bocola.de/eisenherz-dell.html

 

 

Les auteurs :

B
ob Fujitami (pseudos Bob Fuje, Bob Wells) (15 octobre 1921 – 06 septembre 2020) est né dans une famille irlando-japonaise. Après des études d'art à New York il a dessiné des bandes dessinées pour plusieurs éditeurs de comics dès le début des années 1940. Son nom se retrouve sur des séries publiées par Avon Comic Group, Dell Comics, Harvey Comics, Lev Gleason Publications (entre autres sur Crime Does Not Pay, etc). Il illustre aussi des articles de revues et travaille, comme nègre littéraire sur plusieurs comic strips comme Flash Gordon. En 1962, il participe à la création de Doctor Solar, Man of the Atom avec Paul Newman, son collègue sur cette série chevaleresque. Sa proposition graphique de Prince Vaillant n’a pas à rougir des autres versions, et c’est avec beaucoup de plaisir que l’on la lit. Il est l'auteur (avéré, de source par l'intéressé (2)) de la couverture du fameux numéro 1 du comics d'horreur Eerie comics chez Avon. Il était aussi un peintre doué et on reconnaît bien son style sur les couvertures des romance comics Lover's Lane. (Image ci-dessous). 

(2) Plus d'informations sur Bob Fujitani (en anglais) sur : https://www.cbr.com

Sur : Comics Journal

Et sur : https://comicbookplus.com





Paul S. Newman (29 avril 1924 - 30 mai 1999) fait partie aussi de ces créateurs et auteurs de comics qui ont souvent été édité de manière anonyme, cachant une partie de leur grand participation à l’industrie. Comme lors de ses travaux sous l’autorité de Stan Lee, à l’époque d’Atlas comics, où il a écrit des histoires pour des titres d’horreur tels Journey into Mystery et Marvel Tales, mais aussi pour des titres de romance. Il a justement effectué un long Run d’une dizaine d’années chez Dell comics, sur la série du Lone Ranger. Auprès de l’artiste Tom Gill, il a adapté les aventures du héros pour la radio, la télévision et les comic strips, du numéro 38 au 145 (d’avril 1948 à Juillet 1962). On intercalera donc ces scénarios pour Prince Valiant, publié chez Dell de 1954 à 1958. En 1962, Newman et l’éditeur Matt Murphy de Western Publishing on créé le personnage de Doctor Solar. Plus tard, il a écrit l’adaptation comic book du dessin animé Yellow Submarine.Dans les années 80, il a été l’auteur pour DC Comics de scénarios pour G.I. Combat et House of Mystery; mais est aussi responsable du comic Darkwing Duck chez Disney. Il a aussi travaillé dans l’audio visuel.

Ces quatre petits albums Odej, jamais réédités depuis 1965, sont donc à nouveau mis en lumière sans approximation, et il ne fait aucun doute que les amateurs sauront désormais les chérir encore davantage, car il est peu courant de trouver des fascicules brochés aussi proches en matériel et présentation des comic books américains. De plus, comme on le jugera sur pièce, Bob Fujitani n'a pas grand chose à envier à certains de ses collègues plus connus que lui, (dont WallaceWood ? ;-)) et cet exemple de splash Page ci-dessous suffira à le prouver.


Bob Fujitani princa Valiant

FG


(1) La page Wikipedia consacrée à Prince Vaillant liste en date du 09 mai 2022 les parutions françaises
suivantes, oubliant celles de ce présent article :

  • Prince Vaillant, Hachette, 4 vol., 1957 (vol 1) puis 1974 (série terminée, histoire incomplète).

  • Prince Valiant, Éditions des remparts, 12 vol. ou 4 vol. en édition reliée, 1965-1966 (série terminée, histoire incomplète).

  • Prince Valiant, SERG, 3 vol., 1970-1977 (série terminée - histoire incomplète limitée à la période 1937-1946)

  • Prince Valiant, Slatkine, 7 vol., 1980-1983 (série terminée - histoire incomplète limitée à la période 1937-1951).

  • Prince Valiant, Zenda, 17 vol., 1988-1997 (série terminée, intégrale de la période Hal Foster : 1937-1971).

  • Prince Valiant, Soleil, 5 vol., 2012-2014 (série terminée - histoire incomplète limitée à la période 1937-1946).

  • Prince Vaillant, Altaya, 4 vol., 2013 (série terminée - histoire incomplète limitée à la période 1937-1940).

Couvertures des comic books DELL :







   
En 1996, l'album Atlas "100 ans de BD", mettait le premier comic book Dell sur sa couverture...

 

 

Peinture de couverture :
Ci à gauche : un remontage étonnant de la couverture pour cet épisode de 1964 l'île du tonnerre de chez Odej, adapté du numéro 900 du comics Fourcolor de chez Dell, en 1956, ci à droite.
Pourquoi ce changement, et bon sang, qui est ce N.B ?

Il s'agit de Naro Barbato, un italien qui a beaucoup travaillé pour le marché français, dont Lug, Odej, Edimonde...

 
Dans l'épisode, Valiant est envoyé sur une île volcanique où des colons d'un contoir éloigné ont disparu mystérieusement. Ils sont reçus et menés en esclavage par des phéniciens (?) et dans l'absolu, la peinture de Naro Barbato rend davantage justice à ce scénario, qu'une bataille avec d'autre vikings (?) suggérée avec ce guerrier au casque à cornes en premier plan sur la couverture Dell. Mais bon, toute information de ce remaniement est bien entendu la bienvenue.  Mr Barbato, étant né en 1933 et toujours en vie apparemment, si quelqu'un le connait et peut l"interroger ? (S'il s'en souvient). 
 
D'autres peintures de Naro Barbato : 

 

 

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