mercredi 24 janvier 2018

Richard Corben, enfant du feu enfin récompensé en France !

Chaque lecteur de ce blog sait combien on aime Richard Corben ici. On est donc très fiers et heureux pour lui pour ce grand prix du festival international de la bande dessinée d'Angoulême, qui reconnait enfin vraiment en France son énorme talent.
Les éditeurs français à avoir publié sont travail dans l'hexagone ne sont pas légion, aussi, on aura une tendre pensée pour Fershid Bharucha, à l'origine de sa découverte en France avec les éditions du Triton et la revue Special USA, puis Albin Michel, mais aussi Jean Pierre Dionnet et les Humanoïdes associés, et enfin les éditions Toth, lors de son retour au tout début des années 2000, puis enfin Laurent Lerner et les éditions Délirium, qui ont fait un travail magnifique depuis 2013.
Dire qu'il sera président l'année prochaine et que l'on aura droit à une superbe affiche et peut-être (rêve) à une monographie*, voire une exposition !?
D'ici là, guettez le site des éditions Délirium, une énooooorme surprise vous attend chez lecteurs en février  ;-)
©Éditions Délirium
(*) La seule et unique en français date de trente-sept ans : "VOLS FANTASTIQUES"
(Fershid Bharucha, ed. Neptune 1981)



Rappel de l'adresse des
pages que je consacre à la bibliographie française de Richard Corben

samedi 30 décembre 2017

« Ninjak T4 : le siège de King's Castle » par Matt kindt, Diego Bernard, et al.

Dépêchons nous de conclure l'année 2017 avec des chroniques d'albums passionnants, qui le méritent.

Dans cet épisode un peu à part de Ninjak, notre héros est mis gravement en danger. La tension, plus que jamais, est à son comble, grâce à une ambiance davantage polar et Jason Bourne que Science-fiction.

Colin Young, riche héritier, espion et mercenaire, membre du groupe « Unity », habite le château familial imposant de King's castle. C'est là, qu'à l'instar d'un autre héros sombre vivant à Gotham, il se repose et stocke ses armes et ses véhicules entre deux missions. Or, celui-ci sort justement d'une aventure particulièrement exubérante (voir le Tome 3 « Opération au-delà »). Son identité, jusqu’à présent tenue secrète, est durement mise à l’épreuve aujourd’hui, alors que son sixième sens est mis en alerte in extremis, juste avant que l'entièreté du château ne soit réduit en ruines. Lui que l'on connait d'habitude chasseur efficace, furtif, doit à son tour assumer le rôle de la proie. Blessé, mais échappant de peu à cette destruction programmée, et ne trouvant de l’aide qu’auprès de sa collègue Limewire, pouvant lui offrir un peu de répit et de support matériel grâce à ses talents, il va tâcher de comprendre qui le connait assez bien pour pouvoir lui nuire autant.


Matt Kindt, scénariste doué de l'univers Valiant, mais aussi dessinateur à l'occasion, sur des sujets plus intimes, a choisi ici de mettre son héros d'habitude presque intouchable dans une position de fragilité intéressante. On a déjà pu lire ce genre de thème auprès d'autres personnages, et c'est un retournement assez classique dans le médium. Néanmoins, voir Colin Young en civil, dérouté, n'hésitant pas à se grimer grossièrement en homme chauve mure et ventru pour arriver à obtenir l'info qui lui manque vaut son pesant d'or. L'intrusion sans sa vie privée n'est pas l'un des éléments les moins intéressants de ce chapitre, et cet aspect est d'ailleurs développé dans des compléments traitant du passé de ses parents : deux espions en pleine guerre Froide. Ces "dossiers secrets" sont dessinés de belle manière par Khoi Pham (ep. 14-15) et Andres Guinaldo (ep. 16-17) et permettent de mieux comprendre le parcours du jeune homme.

Couverture de Jelena Kevic Djurdjevic 


Je n'aurai de cesse de répéter ce qui est une évidence pour toutes celles et ceux qui ont fait l'effort d'ouvrir un album des éditions Bliss/Valiant : ces récits font partie de la crème des albums comics pour adulte de ces trois derniers années. L'univers très cohérent qu'à su développer cette maison d'édition étonne et rend presque ringards ceux, plus classiques, de ses deux autres plus gros concurrents : Marvel et DC.

Un excellent épisode, qui ravira même les moins habitués à l’éditeur, celui-ci pouvant se lire quasiment comme un récit indépendant et auto suffisant.

FG


« Ninjak T4 : le siège de King's Castle » par Matt Kindt, Diego Bernard, et al. (Novembre 2017)
Éditions Bliss comics (14,95 €) - ISBN : 978-2-37578-044-2

vendredi 29 décembre 2017

« Faith T3 : Superstar » par Jody Houser, Megan Hetrick et Joe Eisma

Encore une chronique un peu tardive, mais on fait ce qu'on peut en terme de retard de lectures comics, comme Faith d'ailleurs ;-)!

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore Faith 
Herbert, alias Summer Smith, la super héroïne la plus cool des comics modernes, un petit tour vers la chronique du tome 2 s'impose, afin de ressentir un peu l'ambiance des épisodes précédents.
Faith nous revient dans un récit intitulé « DarkStar »,
parti dans les numéros 5 et 6 de ce recueil. Elle tente d'aider la maman de Zoé Hines, une jeune fille de onze ans, starlette des écrans qui a en fait été possédée par une entité malsaine, aspirant l'énergie des humains. Cette entité a échappé au projet Rising Spirit qui avait pensé pouvoir la contenir. 
Meghan Hetrick dessine les chapitres principaux, à l'encrage agréable très appuyé sur les contours, (cf ci-dessus), tandis que Pere Perez dessine un des épisodes de complément lié aux élections américaines : « Faith en politique », scénarisé par Louise Simonson. Très engagé, et mettant en scène Hillary Clinton, ce récit de 10 pages où celle qui aurait pu devenir présidente des Etats unis est comparée à une héroïne, le pouvoir de voler en moins, se conclue par une incitation au vote.
« Pas de repos », plus court de 4 pages, dessiné par Colleen Doran et scénarisé par Rafer Roberts, rappelle combien l'héroïne est humaine et se démarque dans le ton, au long de ses aventures très modernes, de ses confrères ou consoeurs super héroïques. Aider son prochain est une action simple marquant souvent ses sorties. 


Dans les chapitres huit et neuf, dessinés par Joe Eisma, (ci à droite), il est question de psychologie et d'introversion, puisque Faith doit affronter ses propres démons, se matérialisant dans sa vie intime sous la forme de ses parents morts revenants. Les insertions de rêves, dessinés quant à eux, comme habituellement, par Marguerite Sauvage, incluent aussi d'autres apparitions morbides, comme sa copine des Renégats : Charlene. Mais ces "visions" bien qu'importantes ("Il vaut mieux être hanté par quelque chose qu'oublier" nous indique Jody Houser par le biais de son héroïne), sont elles vraiment réelles ?

Un bon tome, qui rappelle combien la série propose une lecture moderne de notre société urbaine tout en s'adressant, et c'est assez rare pour être signalé, grâce à un ton léger et plutôt bienveillant, à un public très large et familial. Offrez Faith !



« Faith T3 : Superstar » par Jody Houser, Megan Hetrick et Joe Eisma (Novembre 2017)
Editions Bliss comics (14,95 €) - SBN : 978-2-37578-030-5

« Bloodshot USA » par Jeff Lemire, Doug Braithwaite et Renato Guedes

Abordé rapidement sur BDzoom lors de l'interview de Doug Braithwaite, revenons un peu plus en détail sur ce tome passionnant de la série « Bloodshot Reborn », paru en Septembre 2017.

Ce sixième tome se déroulant en milieu urbain clôt le premier cycle de « Bloodshot » écrit par Jeff Lemire.Le projet Rising Spirit à lâché le virus de Nanites sur la population d'une grande ville et l'escouade des Bloodshot, échappée de l'île où ils ont du subir les assauts de « Deathmate » (voir précédent épisode), va avoir fort à faire pour tenter de réduire le désastre. Pour les aider : « Limewire », « Ninjak » et un atout inattendu : Kaith.

Si l'on a l'impression de lire « Punisher  en se délectant des aventures des « Bloodshot » et surtout celle-ci, particulièrement apocalyptique, c'est un peu normal. Il faut dire que Ray Garisson, le héros bodybuildé, à la peau blanche et au tee shirt trés stylisé, possède bien des atouts de Marine sur entraîné. Cependant, là où Frank Castle a perdu sa famille et ne fait pas dans la dentelle, Bloodshot (premier du nom), poursuit un trajet un peu inverse, car il n'a de cesse, depuis sa reprise par Jeff Lemire au scénario, de se refaire une identité plus humaine, et de refonder une famille. (1)


Dans ce capharnaüm, provoqué par l'invasion des Nanites, sous forme de virus, il pourrait être tentant de ne voir qu'un récit d'action et de bataille héroïque. Pourtant, l'univers Valiant fait preuve de bien plus d'intelligence qu'il ne pourrait paraître à des lecteurs peu avertis, et le scénariste, de nombreuses fois primé pour son travail, délivre une subtilité dans ses histoires de science-fiction, ainsi qu'un ton unique, forçant le respect. L'humanité qui se dégage de cette conclusion, que l'on a ressenti tout du long du cycle, comme une évolution progressive, trouve son apogée ici, bien que les scènes d'action soient aussi magistralement réalisées. L'épisode bonus « Bloodshot Reborn Zero », dessiné par Renato Guedes, offre les dernières clefs d'une fin apaisée. Le dessin de Doug Braithwaite sur les quatre épisodes principaux est magnifique et participe, à part égale, à faire de cette série un très grand comics pour adultes, indispensable à tout amateur.

FG

(1) A noter que la première série de  « Bloodshot », initialement publiée par Panini Comics en 2013 -2014, et jusqu'à présent uniquement disponible sous forme numérique auprès de Bliss Comics, va bénéficier en 2018 d'une intégrale sous forme d'album.


« Bloodshot USA » par Jeff Lemire, Doug Braithwaite et Renato Guedes (Sept 2017)
« É
ditions Bliss comics (16,95 €) - ISBN : 978-2-37578-022-0


jeudi 21 décembre 2017

Il est plus que temps de vous emparer d'« Anita Bomba : le journal d’une emmerdeuse intégrale T1 », par Eric Gratien et Cromwell

On est fin 2017 et je n’ai toujours pas dit tout le bien que je pensais de la superbe réédition en intégrale d’« Anita Bomba » de Cromwell, publiée cette année par les éditions Akileos. Il se trouve que le premier tirage n’a pas suffit à contenter tous les lecteurs et qu’un deuxième a été lancé il y a quelques semaines. Justement pour vous, lecteurs en retard.

De quoi s’agit-il ?  et bien tout simplement d’une des BD les plus déglinguées que les années quatre-vingt-dix ont pu porter. (Quatre tomes entre 1994 et 1997 et un cinquième en 2006.)

Si vous avez un jour découvert le travail de Cromwell, vous savez de quoi ce gars est capable en terme de dessin (« Le Dernier des Mohicans », Soleil 2010, par exemple). Il a ceci-dit aussi créé avec ses potes Ralf et Riff Reb’s la série punk « Le Bal de la sueur » dans les années quatre-vingt. Un ovni qui était aussi fou que l’autre BD légendaire « La véritable histoire de Ashe Barret », de Vincent Hardy (1986), par exemple, ou des trucs du genre « Peter Pank » (Alphamax, 1985). Vous suivez ?
Un  ton, une gouaille, à la fois typiquement française, et des influences de comics anglais imbibées de Rock’nroll dans le délire, qui rendaient ces albums complètement uniques. (Bon, ok, Alphamax est espagnol, faite pas iech !) On retrouve complètement ça aujourd'hui avec Anita.



Anita est une aventurière moderne et donc indépendante, traversant ce genre d’univers post apocalyptique quelque peu Steam punk, ou le glauque de ruelles urbaines crasseuses côtoie les jungles infestées de drôles de monstres ou d’ermites, où les savants fous fabriquent des robots chiens espions, où l’on peut partir à la quête d’un trésor… et tout cela raconté via le journal d’Anita, qui si elle sait écrire, ne gagnera ceci-dit pas le prix Nobel de littérature. La longiligne (vraie) rousse est ceci dit très mignonne et peut attirer les convoitises de mâles envieux, qu’elle ne manquera pas de remettre à leur place à coup de latte là où il faut. Mais cela n’empêche pas, croyez-le ou non, la poésie dans ces albums, oh non. C’est sans doute le trait du scénariste Eric Gratien.



Les trois premiers albums restés indisponibles depuis la fin des années quatre-vingt-dix sont donc à nouveau édités dans une superbe édition cartonnée, avec bonus par Akiléos depuis Avril 2017, et cela alors que les deux auteurs ont relancé en 2014 la série « Anita Bomba », par le truchement des mêmes éditions Akiléos, dans un format comics souple limité. (3 numéros « Le nouveau journal d'Anita Bomba » à ce jour.)

Le nouveau journal dAnita Bomba

La suite de la réédition des deux autres albums devrait paraître au cours de l’année 2018, avec un nouveau volume « inédit » évidemment, pour faire bonne mesure au niveau poids ;-)

Foncez, c’est du tout bon, et surtout bien plus original que la plupart des albums BD traditionnels que l’on peut trouver dans les rayons surchargés de nos librairies traditionnelles.
FG


« Anita Bomba : le journal d’une emmerdeuse intégrale T1 » par Eric Gratien et Cromwell

Éditions Akiléos (20 €) - ISBN 978-2-355-74294-1

lundi 18 décembre 2017

« The Archies One Shot All New Double Sized Issue » par Alex Segura et Joe Eisma


Depuis 2015, la célèbre série de comics « The Archies », créée fin 1941 dans la revue Peps par la société du même nom (Archie comic publications, 1939) a été relancée au numéro 1, sous l'intitulé général "the New Riverdale" afin de s'adapter à une nouvelle génération de lecteurs.

On connaît presque tous, sans s'en rendre compte, le phénomène « Archies », tant il a marqué la culture populaire, via les bandes dessinées du même nom ou ses versions TV et cinéma. Archie Andrews est un jeune  lycéen que l'on va suivre dans ses relations amoureuses, partagées entre Valérie Smith, Veronica Lodge et Bethy Cooper. Avec son autre meilleur ami Jughead Jones, il va fonder le groupe Pop les Archies. On retrouve un peu de l'ambiance du meilleur de cette version pop des Archies dans les aventures plus modernes de l'autre série d'animation fun et adolescente : « Scoobidou » (1969), si l'on veut émettre un parallèle.

La série s'adresse avant tout à un lectorat adolescent, et aujourd'hui, assez dans l'esprit de ce que l'on a pu voir dans la série « Twilight » (2008-2012) au cinéma. C'est ainsi que la série parallèle, encore plus mature « Riverdale » a été créée pour la TV. Elle a été lancée sur Netflix pour l'Europe le 27 janvier, et dans le même temps, des comics ont été publiés. (1) 


Ce qui nous intéresse sur cette chronique, c'est un One Shot racontant la création du fameux groupe des Archies. L'intérêt de ce fascicule est au moins triple, puisqu'il propose trois couvertures différentes, par David Mack, Audrey Mok et Jaime Hernandez. En fan de Jaime, c'est ce qui m'a fait acheter le numéro, en plus de son aspect et de son intérêt pop rock.
L'histoire est assez simple, et raconte la difficulté d'Archie, auteur compositeur guitariste à organiser et monter un groupe pop.  Malgré son talent, il va devoir lutter contre certains de ses démons intérieurs (l'ego ou l'autoritarisme créatif, entre autre), pour pouvoir maintenir l'équilibre nécessaire à toute formation Rock. Pour celles et ceux qui ont vu et apprécié le film « The Commitments », (Alan Parker 1991), on retrouve les questionnements et ambiances propres à cette thématique.

Le dessin de Joe Eisma, moderne et adapté à ce genre de récit pour adolescents se laisse lire, sans apporter vraiment d'émotions esthétiques particulières. Nous sommes dans du comics grand public, réalisé à la chaine (c'est l'impression), et destiné à remplir un numéro supplémentaire lié à la licence. Ces remarques négatives passées, on se laisse distraire et happer par la joyeuse bande des Archies, et l'émotion est même un brin au rendez vous. Le but, même pas caché, étant bien sur, grâce aux publicités judicieusement placées en fin de chapitre, de nous rediriger vers la série TV et les comics dérivés « Riverdale ».

Info : Il semblerait que Glénat Comics soit en piste pour réaliser des traductions françaises en 2018 (dixit PlanèteBD).


FG


(1) http://biiinge.konbini.com/series/riverdale-visite-comics/

Voir Le site du lancement de la nouvelle série comics The Archies



« The Archies One Shot All New Double Sized Issue » par Alex Segura, Matthew Rosenberg et Joe Eisma.
Archie Comics, Juillet 2017

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