dimanche 29 novembre 2009

District 9 : plus jamais ça ?

Sangat, la jungle, Soweto, Sabra et Chatila .. autant de noms pour définir la même dure réalité : des camps où s'entassent des êtres humains, rejetés ou confinés là par leurs pairs, pour diverses raisons, toujours légitimées par ces derniers.
Résultat d'une émigration clandestine, gethoisation d'une communauté à cause de sa différence culturelle, religieuse ou de couleur de peau...
Le film de Neil Blomkamp, produit par Peter Jackson commence en 2050. La société MNU s'apprête à investir le District 9, bidonville où ont été parqués il y a maintenant 30 ans des milliers de créatures extraterrestres. Comment sont-elles arrivées là ? qui sont elles ?

En 2020 un énorme vaisseau de ta taille d'une ville est apparu au dessus de Johannesburg (Afrique du sud) puis s'est immobilisé à quelques kilomètres de distance. Ne donnant aucun signe de vie durant plusieurs jours, il a été décidé de monter des équipes militaires en hélico afin d'ouvrir un passage dans sa coque pour inspection. C'est là que l'on a découvert deux millions de créatures désemparées, affamées, apparemment malades, comme après un long voyage, une dérivation dans l'espace en l'occurrence.
...Cela ne vous rappelle rien ? ... Combien d'humains tentent le voyage chaque jour par mer entre deux pays pour trouver refuge ? combien arrivent vivant ? On les a donc rassemblés dans un camp de fortune, et le temps à passé. Le camp est devenu un bidonville et a créé ses propres règles. La violence et l'insalubrité devenant des éléments récurrents, des repères même.
Aujourd'hui cependant, cela est devenu insupportable pour le voisinage. Trop de bruit, trop d'odeurs, d'insécurité... A moins que l'utilité de la »chair à expérimentation » ne soit plus aussi évidente qu'aux premiers jours, lorsqu'on ne connaissait rien de ces créatures ? (...)
Toujours est il que Wikus Van De Merwe (Superbe Sharlto Copley), est catapulté responsable du déplacement du camp. Il est question d'expulser les "réfugiés" et de les re-localiser 200 km plus au nord, dans un nouveau camp, plus grand, plus sain, où des tentes en toile accueilleront les non-humains.

...Tandis que les fouilles et tentatives d'expulsions commencent, au sein d'une maison en tôle, perdue au milieu du camp, un trio de créatures visqueuses finit de mettre au point une préparation liquide qui semble précieuse. Préparation qui a nécessité 30 ans de fabrication, avec des restes d'éléments d'armes extraterrestres.
C'est à peu près à ce moment là que l'on apprend que ces armes, réquisitionnées pour la plupart par l'armée, ou moins officiellement par la bande de contrebandiers nigériens qui fait la loi au sein du camp, ne sont utilisables que par les créatures mollusques. En effet, seule l'extrémité de leurs membres qui servent de bras, une espèce de pince, s'adapte et actionne ces machines à tuer.
Wikmus, en fouillant cette maison se projette malheureusement par mégarde ce produit précieux, déclenchant à cet instant le début d'un processus irrémédiable ainsi que le retournement du film. C'est alors ensuite au "Fugitif" que l'on va pouvoir faire référence, avec une traque dont l'anti-héros, devenu rapidement pseudo héros, va être le gibier.
Celle-là va nous mener vers la science-fiction pure, en passant par les genres fantastiques (une transformation Kafkaienne), l'épouvante (les opérations en salle d'expérimentations), la politique-fiction (le complot), et l'anime japonais (clin d'oeil à "Transformers" et "Tetsuo, l'homme machine"), le tout mené dorénavant tambour battant, avec beaucoup de scènes d'action et de combats.
District 9 est LE film de science-fiction de la rentrée 2009. C'est aussi et surtout un film politique. Il commence filmé caméra à l'épaule, comme un documentaire amateur d'un des collègue de Wikus. C'est un peu le film de promotion de fin d'année, où le départ "fleur au fusil". Stylistiquement on est proche de "Cloverfield" et de "Blair witch", mais là s'arrête la comparaison.
L'insouciance règne... on rigole, on est un peu nerveux. Et puis...petit à petit.. ce jeune cadre un peu empoté, placé là uniquement (!?) pour des raisons familiales (il est fiancé à la fille du grand patron de la WMU), va comprendre que le job n'est pas si simple qu'on a bien voulu lui laisser croire. Qui dirige t-il d'ailleurs ? que maîtrise t-il ? ... pas grand chose..
Et dés que l'on rentre dans les hangars où les soldats préparent leurs armes, le ton change et la réalisation du film aussi.
Le temps est au beau fixe lorsque le convoi pénètre dans le district, et seule la poussière ocre soulevée par les roues des véhicules blindés tout terrain nous voile le soleil brillant dans un ciel bleu azure. C'est le clin d'oeil "Full metal jacket" ou : Hollywood et le beau guerrier. Ce changement de style nous plonge alors dans le film de guerre, et le malaise.
Mais qu'est-ce qui fait l'intérêt supplémentaire de District 9, au delà de l'aspect réussi de sa mise en scène et de son scénario ? Car cela suffirait déjà à le placer au dessus du panier.
Il s'agit sans doute de cette réflexion sous-jacente, qui est au final le but ultime du réalisateur à n'en pas douter : la question violente qui nous est posée lorsque nous ne pouvons pas, ne voulons pas être confrontés à des réalités désagréables : Que faire des réfugiés, des sans papiers ?
Où vont-ils ? qui sont-ils ? que veulent-ils ? qui s'en occupe ? et doit on les regarder, les écouter ?.. Et quand bien même ceux-là seraient des extraterrestres, le problème serait-il si différent ? ...Et, si par malchance vous vous trouviez parmi eux, que vous deveniez l'un d'eux, et que vous subissiez leurs sort, que feriez-vous ? et que pourriez-vous faire d'ailleurs ?
C'est tout le propos de cet excellent film qui sous couvert d'une très bonne intrigue de science-fiction nous confronte à des problèmes actuels violents, récents et se déroulant sous nos yeux.
"Welcome" de Philippe Lioret avec Vincet Lindon, (Mars 2009) traitait aussi de ce sujet; mais l'avoir transposé dans le futur et avec des créatures qui ont toujours fait rêver l'imaginaire ouvre d'avantage le sujet et le rend encore plus acide. En effet, dans District 9, il y a le chiffre "9", représentant l'humain. Or, qu'est-ce qui nous rend plus humain qu'un autre être ?
La réponse est à trouver très vite, car le futur n'apporte apparemment pas de solution toute faite.
Notes :
Neil Blomkamp; né en 1979 à Johannesburg, Afrique du sud est apparemment bien influencé par son pays et sa ville natale. Car District 9 n'est que l'aboutissement d'un long processus autour de l'apartheid. En effet, en dehors de précédents travaux*, il est le réalisateur de "Alive in Joburg" (2005) un court métrage se déroulant à Johannesburg avec le même genre de scénario : des extraterrestres qui débarquent en 1990 en plein ghetto.
La question de l'être humain derrière l'identité robotique était aussi déjà soulevée avec "Tembot" en 2006. On notera d'ailleurs que le robot utilisé est le même qui a servit à l'extraordinaire publicité de la Citroën C4 (2005). Prouesse technique qui a permis on n'en doute pas le succès ensuite du "Transformers" de Michael Bay en 2007.
"Tetra vaal" en 2005 se déroulait aussi déjà dans le township de Johannesburg et le synopsis oeuvrait autour d'un policier robot sensé ramener le calme dans les ghettos. Tandis que "Crossing the line" (2008, de Peter Jackson) dont Blomkamp n'est crédité que comme directeur additionnel traitait de la première guerre mondiale et utilisait pour la première fois la technologie de la caméra rouge. (Peter Jackson - Wikipedia, the free encyclopedia)
Au travers de ses différents projets aboutis ou non dont le site Filmjunk.com nous propose des extraits, Blomkamp se révèle comme un réalisateur bourré de talents, dont les sujets de science-fiction autour de la question de la guerre et de l'humain, mêlant souvent effets digitaux ultra réalistes et animations réelles laissent présager d'une belle carrière.

Sortie du DVD de District 9 prévue le 10 Janvier 2010.

samedi 14 novembre 2009

Juillard : deux inédits !

Une belle publicité pour le premier album de Bohémond de St Gilles, dans le supplément de "Formule 1" n°51 de 1979.
(Qui préfigure le vieillissement quelques années plus tard de Blake et Mortimer, Johan & Pirlouit... dans la série "Le dernier chapitre, Dargaud)

et le poster de Terrence Hill (abimé) du F1 n°53 de 1975.

... Au temps ou monsieur Juillard n'était pas encore la célébrité que l'on connait

mercredi 11 novembre 2009

Pierre Koernig : perdu entre feu, terre et ciel

Mon enfance au milieu des années soixante-dix a été bercée par de nombreuses lectures de revues publiant de la bande dessinée. Les plus anciennes auxquelles notre famille était abonné provenaient surtout des éditions Fleurus : Fripounet, Jonas, Coeurs vaillant Formule 1, Okapi, Triolo...
Celles-ci ont nourri nos imaginations, mon frère ma soeur et moi, aux côtés des classiques Tintin et Spirou, et avant d'ingurgiter les moins conventionnelles Metal hurlant, Charlie, Pilote, l'Echo des savanes, A suivre, Viper, Epic, Special USA...
Beaucoup d'auteurs ont fait leurs débuts dans ces premières revues catholiques et on citera parmi les plus connus : Juillard, Verrien, Convard, Binet, Tito ou Loisel; tandis que d'autres, dont les récits n'ont même pas paru en album une seule fois n'ont pas non plus connu les honneurs de la notoriété. Leur nom ne disant d'ailleurs même plus rien aujourd'hui à la plupart des amateurs.
...Tel est malheureusement le cas de Pierre Koernig.
Ses débuts :
« Pierre Koernig, né en 1938 a publié ses premières BD dans le magazine de l'armée Col Bleu où travaillait aussi Giraud, tous deux étant alors occupés à accomplir leur service militaire. Les deux auteurs travailleront d'ailleurs ensuite dans les pages des magazines des éditions de Fleurus Fripounet et Coeurs-Vaillants. Giraud vivra d'autres aventures plus valorisantes alors que

dimanche 25 octobre 2009

Esthétiques et filature : la bonne recette.

Esthétiques et filatures
Mandel & Tanxxx
Kstr 2008

Tanxxx est une demoiselle bordelaise venant du fanzinat, dont le trait noir et blanc et les thématiques sex & rock'n'roll indiquent clairement les influences 80's de Metal hurlant, Viper et Special USA. Ses flyers, affiches et tags punk/harcore sont aussi bien connus des rockers de la région ouest. Elle est l'auteur d'une poignée de comics, chez Charette, Les enfants rouges ou les Requins marteaux. (voir son blog)
On peut en goûtant Tanxxx penser bien sûr à un autre duo français récemment mis en lumière pour son travail chez Albin Michel : Mezzo et Pirus sur "le Roi des mouches", (sûrement les mêmes influences). C'est en tous cas ce qui saute aux yeux à la lecture de ce bon polar; mais la féminité sous ces traits là est bien personnelle .

Esthétiques et filatures est en effet un one-shot bien écrit, et là, on rendra hommage à Lisa Mendel, scénariste plutôt axé BD jeunesse habituellement.
Arriver à tenir en haleine sur 124 pages, avec un style rock'n'roll qui nous a d'avantage habitué ces dernières années à des historiettes superficielles * n'est en effet pas une mince affaire, et méritait d'être remarqué.

On ne reviendra pas sur le trait noir et blanc bien équilibré de Tanxxx qui permet de se laisser entrainer rapidement dans l'intrigue pour remarquer les trois personnages principaux : Marie, Tatiana et Adriene, ainsi que le thème de l'homosexualité (féminine) abordé ici.

Comment ne pas penser à ce sujet à un autre couple lesbien célèbre, (Peggy et Hopey), du comics non moins célèbre: " Love and rockets" de Jaime Hernandez ?
Quand on connait le succès de cette série 80's indépendante (qui se poursuit aujourd'hui) et le peu de bons comics français de cette trempe moderne et rock, avec un vrai scénario (d'ailleurs la fin ouverte donne envie de retrouver les personnages d'Hestétiques"), ... on ne peut que souhaiter le même avenir à l'équipe Mandel et Tanxxx.

You got it babes !

A lire : l'adaptabilité cinématographique de cet album sur Actua BD

Le blog de Tanxxx

(*) Beaucoup de tentatives rock et BD ces dernières années, mais reconnaissons-le, surtout des illustrations de chansons, ou de petits bouquins sous formes de carnets. Pas de véritables scénarios dignes de ce nom.

samedi 10 octobre 2009

La bande dessinée, art reconnu, média méconnu.

J'ai peu eu l'occasion de parler de ce 54ième numéro de la revue Hermès, éditée par le CNRS, car je n'avais pas encore reçu mon exemplaire.
Cette revue, coordonnée pour ce numéro par Eric Dacheux, professeur des universités en sciences de l'information et de la communication à l'université Blaise Pascal, (Cl Fd) avec la collaboration de Jérôme Dutel et Sandrine le Pontois (Université Jean Monnet, St Etienne/ et IUT de Roanne) a le mérite d'offrir aux lecteurs attentifs (et ceux de ce blog le sont je l'espère) un panorama critique et analytique assez complet du média Bande dessinée.

Cette revue regroupe des chercheurs, mais surtout des amateurs de bande dessinée, et c'est tout son intérêt.

Le sommaire est conséquent : 269 pages, pour presque une quarantaine d'auteurs, dont certains dessinateurs ou scénaristes reconnus (Morvandiau, Xavier Fauche, Franck Giroud...), bref, un pavé qui devrait faire normalement parler de lui.

Voir l'intégralité du sommaire avec les auteurs (PDF)

Alors, évidemment, cette revue n'est pas éditée par l'An 2 ou Acte sud, mais le CNRS, et elle est récente. Elle ne sera donc peut-être pas chroniquée tout de suite sur Actua BD ou dans DBD, mais on peut néanmoins le souhaiter.

Etant auteur d'un article synthétique sur le "web et la bande dessinée" moi-même ,(p. 201) je ne vous ferai pas l'affront d'en faire l'apologie, d'autant plus que je n'ai pas encore lu l'ouvrage en plein.

Je tenais juste à vous signaler sa disponibilité en librairie, ou sur commande *, et son originalité, pour ne pas dire sa particularité.

En espérant que cette publication verra la réalisation de rencontres ou d'animations dans les semaines/mois à venir... en librairies et/ou en bibliothèques.
C'est tout ce que je lui souhaite.

*Hermés revue n° 54 : 25 euros. 269 p. n/b.
Pour commander : par courrier ou mail : CNRS éditions
Service commercial/ commandes permanentes : 15 rue Malebranche, 75005Paris
Fax : 01 53 10 27 27 mail : sabine.lavaud@cnrseditions.fr
cnrseditions.fr

dimanche 27 septembre 2009

Bandes dessinées, mes dernières lectures remarquables.

Pas beaucoup de temps en ce moment pour rentrer dans le détail. Et... trop de livres à lire. Petite sélection donc de quelques ouvrages "modernes" intéressants, liés au médium Bande dessinée.

-Terre rouge, de Julie Blanchin (Editions Quae)

Un petit bouquin graphique moderne comme je les aime, qui s'engage pleinement dans la thématique des perspectives documentaires ouvertes à la bande dessinée depuis une quinzaine d'année. (cf. : Le photographe, Guarduno en temps de paix, Gorazde...etc.) Içi, on est en Guyane française, pour parler forêt et développement durable. Instructif.

Voir : BD et documentaire sur Bdtheque

Le site de Julie Banchin

Une interview de l'auteur sur le site du Progrès


- Jolies ténèbres Kerazcoët/Vehlmann (Dupuis)

Etrange album à la belle présentation mais à l'allure enfantine trompeuse, (dessin et couleurs) qui nous entraine dans un conte cruel et morbide sur la thématique de la mort de l'amitié et des traits particuliers de l'enfance.
Ovni !!

Voir la longue chronique/analyse sur du Du9.org


- Ferme 54, Galit Seliktar Gilad Seliktar (Editions ça et là)

Beau roman graphique tout en traits fins noir et blancs nous interpellant sur la vie dans une colonie Juive d'Israël.
Réaliste et poétique à la fois.

La chronique de Du9.org
La notice sur le site de Ca et là


- Orfi aux enfers (Poema a fumetti) Buzzati (Seuil)

Attention : chef-d'oeuvre !
Buzzati est surtout connu pour son "K" et son "Désert des tartares". Ce que l'on sait moins, c'est que cet homme était amateur de peinture et de bande dessinée.
Ce poème dessiné (poema a fumetti), il a demandé à ce qu'il soit publié après sa mort.
Cela en dit long sur l'étrange idée que l'on se faisait (et que l'on se fait encore) sur ce média, quand bien même il est utilisé par un auteur reconnu.
Beau, étrange et presque unique en son genre.

Une chronique sympa sur le blog Palybackboum







- Salt pit, Sasha et François Vataux (Les enfants rouges)

Le destin d'un jeune français qui plonge dans l'enfer des camps de guerre d'Al quaïda et fini emprisonné à Salt pit, une des nombreuses prisons interdites de la CIA.

Salt pit est un ouvrage intéressant dans la mesure où il nous montre de manière réaliste et assez pertinente (via la qualité du médium lui-même) la fatalité de se retrouver face à certains choix à un tournant de la vie.
Ni un côté ni l'autre des camps de chaque antagoniste n'est montré comme bon ou mauvais, mais par contre, l'engagement complet peut-être fatal, surtout si, comme le personnage central, une psychologie défaillante ne permet pas de réaliser la trajectoire dangereuse dans laquelle on s'engage.

Une leçon sur la tolérance, l'écoute, mas aussi sur la vigilance, autant à l'égard de ce que l'on croit connaitre, que ce que l'on découvre.

Les centres de détentions clandestins de la CIA sur Wikipedia

La notice sur le site des Enfants rouges

vendredi 25 septembre 2009

Lost for TF1 !

Bravo la chaîne privée !!

Avec vos 18 minutes de retard minimum tous les mercredis soir avant les épisodes de Lost, (publicités à rallonge, série Secret story à la traîne, bandes annonces de séries moches...) vous participez à votre façon à la piraterie.

Aucun doute en effet qu'en traitant ainsi vos télespectateurs fans de cette série américaine qui plantent à coup sûr l'enregistrement , vous les incitez à ne pas attendre la prochaine diffusion française et à télécharger les épisodes en ligne.

...TF1 : du beurre pour Hadopi !

lundi 3 août 2009

The Books of magic : do you believe in magic ?

Une anecdote "magique" :
Ayant été introduit à John Bolton via les revues Special USA et Epic dans les années 80 c'est par le biais de ce dessinateur que la bibliographie de Neil Gaiman m'est apparue. Les deux auteurs travaillant en effet souvent ensemble.
Les premiers épisodes du Sandman de Gaiman (1988-89-) publiés par les éditions Le Téméraire en 1997 (1 ) ayant été les premiers comics cartonnés disponibles de cet auteur en français à l'époque, il a été frustrant de passer les années suivantes sans que ce "Books of magic", daté 1990 et reconnu dans les pays ango-saxons comme une référence ne suive la même logique de traduction.
En 1998, je me décidais donc à acheter via Amazonmarketplace ce classique, d'autant plus qu'il réunissait 4 des plus grands dessinateurs d'heroic fantasy de bande dessinée.
Il me fallu néamoins pratiquement 1 an pour récupérer le livre, celui-ci ayant transité par l'adresse américaine d'une amie alors professeur de français en Louisiane (et oui, à l'époque, le port pour les livres était faramineux) (!!) puis enfin presque dix ans pour me décider à le lire (!!?) (En anglais, pas évident en effet, et la flemme, parfois...)
(ci à gauche, 1ere édition du TPB)

Voilà donc enfin un essai personnel sur ce roman graphique pas comme les autres et en français.
Cela ne sera pas de trop, et les plus curieux ne me démentiront pas, considérant que la chronique détaillée de cette oeuvre n'apparait pas de manière envahissante sur la toile, loin s'en faut.

Une oeuvre difficile.
... On peut être fervent amateur de récits fantastiques, d'héroic fantasy, de science-fiction ou de mangas de genre, et trouver ce "Books of magic" néanmoins assez hermétique.
Sensation décuplée lorsque on a comme içi à le lire dans le texte (ie : en anglais) puisque qu'il n'a toujours pas été traduit. (2)
On pourra regretter un tel état de fait en 2009, époque où Neil Gaiman est aujourd'hui reconnu en France comme un grand auteur de fantasy et où la plupart de ses oeuvres on eu droit à un traitement conséquent. (cf. la série de comics de genre qui l'a révélé dés 1988 : Sandman, publié en intégralité via Delcourt et Panini en France depuis 2004, mais aussi d'autres récits illustrés (3).
Mais "The Books of magic" n'est cependant pas tout à fait un comics comme les autres, ceci expliquant peut-être cela...

Son synopsis : (attention : révélations !)
En Angleterre, un adolescent skateur boutonneux : Timothy Hunter est abordé par 4 individus louches, en pardessus : Doctor Occult, Mister "E", Constantine et ?
Ces mystérieux personnages ont apparemment une mission : faire se révéler ce jeune garçon en lui faisant découvrir les mondes occultes de la magie. Passé, présent et futur.
Pour cela, chacun l'accompagnera à son tour à travers temps, espaces et rêves. Chacun de ces "voyages" initiatiques étant dessiné par un auteur différent. On y reviendra.
© Bolton/Gaiman/Dc/Vertigo

1er voyage : "Le labyrinthe invisible", dessiné par John Bolton.
Le passé, où Timothy accompagné par l'homme sans nom (qui entre temps a changé le yoyo du garçon en hibou de compagnie) "voit" les origines de la magie au fil des siècles et des civilisations.
Pas le chapitre le plus intéresant à mon goût. Même s'il était nécessaire pour resituer le sujet. On y trouve beaucoup d'illustrations de dessins antiques, de gravures ou de parchemins, et la présentation de sites historiques associés à la magie.
© Bolton/Gaiman/Dc/Vertigo
2e voyage : "Le monde de l'ombre", dessiné par Scott Hampton.
John Constantine, dont on nous dévoile les facultés de "transportation" emmène Timothy à St Fransisco découvir quelques figures locales de la magie. Où l'on fait connaissance avec Boston Brand, sorte de fantôme qui guidera Timothy lors de ses échappées, avec des dialogues quelque peu hermétiques, apparaissant de plus à chaque fois sous une forme différente.
Où l'on est aussi témoin de deux tentatives d'assassinat sur le garçon. Tentatives heureusement mises en déroute par des amis magiques bienvenus.
© Hampton/Gaiman/Dc/Vertigo
C'est aussi dans ce chapitre que Constantine nous présente Zatanna, magicienne et amie qui va leur offrire l'hospitalité mais aussi mettre malencontreusement notre jeune ami en danger, en l'invitant durant une courte absence ce son mentor dans une fête d'Halloween très mal famée.
Le retour de Constantine nous révèle néanmoins son étonnant pouvoir de persuasion, et la crainte qu'il inspire les sauve tous trois. On n'ira pas plus loin cependant dans les explications de ce "pouvoir". (4)
Boston Brand se déguise en enfant et Zatana le gâte.(© Hampton/Gaiman/Dc/Vertigo)
3e voyage : "Le territoire du crépuscule d'été" (dessin : Charles Vess)
C'est au tour du docteur Occult d'emmener Thimothy sur les chemins du merveilleux, à travers des paysages fabuleux.
Où l'on découvre que les apparences sont souvent trompeuses et que le docteur n'est pas vraiment ce qu'il laisse apparaitre habituellement.
Où l'on parcourt faérie et l'univers particulier de de son marché, que l'on retrouvera plus tard d'ailleurs dans "Stardust". (voir ce titre)
Une scène du marché (© Vess/Gaiman/Dc/Vertigo)

Timothy y gagne un "mundane egg", oeuf créateur d'univers qui lui sera d'une grande utilité plus tard, lorsqu'après avoir franchi le lac de sang et avoir échappé à la monstrueuse sorcière Baba yaga (pour s'être écarté du chemin), il devra échapper à la reine de faérie Titania.
Entre temps, il aura rencontré Sandman, le gardien des rêves.
Timothy, dans cet univers a néanmoins gagné la clé d'un royaume... Lui servira t'elle dans d'autres aventures ?... c'est à prédire.

4e voyage : "La route vers nulle part". (Dessin : Paul Johnson)
Cette dernière escapade à travers le temps, vers le futur et les limites de l'univers va se faire en compagnie de Mister "E", personnage inquiétant aux lunettes opaques (il est aveugle). Celui-ci n'a pas l'air d'être vraiment apprécié par ses pairs, peu rassurés d'ailleurs, et Constatine remarque qu'il dissimule sur lui un pieu affuté (pour sa lutte contre les vampires..?)
Partant néanmoins, leur voyage les amène 15 ans dans l'avenir, où les forces magiques du bien et du mal se combattent violemment. Constantine et Timothy, plus agés y sont d'ailleurs opposés.
Mais comme dit "E" : "Ce n'est pas le seul futur. Il y en a d'autres où tu es un mage suprème, champion de la lumière, et il y a un nombre infini d'autres options".

Alors qu'ils progressent vers une époque encore plus éloignée, Mister "E" révèle au garçon la raison de sa cécité et la violence de son père, extrémiste catholique qui, l'ayant surpris enfant avec une image frivole l'a rué de coups puis lui a crevé les yeux... (faisant de lui cette créature pleine de rancune et de haine.)
(...) "Là, la technologie a évolué à un point où les hommes ne l'appréhendent plus. Les horizons se sont élargis. Tous les jours l'humanité est confrontée à des aliens de formes inimaginables, même dans les plus étranges bestiares et grimoires médiévaux."
"Là, les héros sont apparus. Héros de science, de magie". (avec une allusion à Superman et l'univers Dc comics, ainsi qu'à celui de Marvel via le personnage de Darkfeist.)

A ce monent, Mister "E" (ou Gaiman) se lance dans une explication de la signification de l'Archmage,qui se trouve au centre du monde de sorcellerie, telle une balance. Mister "E" compare cet Archmage à la femme et son principe de fabrication du monde... mais il s'interrompt lorsqu'il se rend compte de son emballement malsain vers le "second sexe" qui le répugne.
Là, on comprend qu'il n'est vraiment pas équilibré et que les inquiétudes des autres guides étaient justifiées. Mais il était le seul à pouvoir mener Timothy en ces mondes.

Soixantième siècle : des créatures mi-ordinateur, mi esprits laissent nos deux voyageurs sans voix...
...Des millions d'années plus loin, d'étranges humanoïdes verdatres vivant dans l'eau communiquent avec eux..

Pendant ce temps, l'inquiétude gagne les autres "guides" de Timothy. Pourront-ils en effet revenir d'aussi loin ? L'idée d'envoyer Yo yo, le hibou de Tim germe par hasard.

...Encore plus loin... Nos deux voyageurs sont arrivés "au bout du temps", là où le fond de l'univers est indigo. Juste une lumière créee par une sorte de château de verre brille au loin.
Un Hierophant, représentant de tous les papes, chamanes et magiciens les accueille et les présente à ses roi et reine, qui disent n'être que des illusions, des oscillations dans "l'horizon de l'événement final".
Le Hierophant et le château de verre (© Johnson/Gaiman/Dc/Vertigo)

Timothy étant interrogé sur son devenir (dans le passé), il parle de magie, et on lui présente Jack o dreams, sorte de bouffon, ressemblant étrangement à Constantine.
Le seul message sensé que ce personnage délivrera : "Un peu de magie est une chose plutôt dangereuse".

Les quittant vers le noir et le néant, c'est ce moment que choisit "E" pour laisser transparaitre sa vraie nature diabolique et sortir son pieu. (...)

Yo yo arrive cependant à temps et s'interpose, en se sacrifiant. Puis un couple étrange intervient et leur intime l'ordre de repartir : Un homme encapuchonné, portant un énorme livre (la destinée), et une belle jeune femme (symbole de la vie ?)
Celle-ci renvoie "Mister E" vers sont temps, mais en l'obligeant à retourner "marche par marche" à travers une centaine de billion d'années; offrant par contre à Timothy de revenir par un moyen plus immédiat.

La question est alors posée par ses trois guides retrouvés : choisira t'il la voie de la science ou celle de la magie ?

... D'abord désolé de devoir refuser, car effrayé, Thimothy après être rentré chez lui et avoir retrouvé sa morne vie et son père alcoolique changera finalement d'avis.

...Ouverture vers un nouveau cycle, on l'imagine. N'oublions pas en effet qu'il a gardé une clef.

---

Deuxième (tentative) d'explication : Plusieurs dessinateurs pour une même histoire n'est pas chose courante, (en 1993) et même si les amateurs de comics US ont appris à s'habituer à ce genre de fantaisie ces dernières années via les divers crossovers de DC comics ou de Marvel, on pourra s'interroger sur la réaction du lecteur français lambda de l'époque.

Troisième explication : La barrière de la langue, tout simplement. En effet, lire de l'anglais dans le texte n'est déjà pas chose évidente pour la plupart des français, mais lire une bande dessinée, qui plus est un comics, et qui plus est encore mélangeant sorcellerie et sauts dans le temps et l'espace... avec un vocabulaire empruntant tout autant à la poésie la plus littéraire que l'argot de rue et les références à d'autres comics... C'est en trop. La coupe est pleine, il faut être alors sacrément motivé.


En conclusion, ce qu'il ressort de la lecture de ce "Books of magic", en dehors du fait d'être sûr de tenir là effectivement le gama et l'omega de la bande dessinée "moderne" de fantasy pour adulte (et je vais m'expliquer sur ce cet aspect), c'est le plaisir d'être arrivé au bout d'un livre exigeant, tant au niveau de la forme que de son fond, tout comme le permettront plus tard des oeuvres telles From hell, Jimmy Corrigan, ou Watchmen, pour n'en citer que trois.

Alors, une trop forte influence ?

En ce qui concerne l'allusion notée ci-dessus, il suffit de le replacer dans le contexte de l'époque de sa parution (1990) et de comparer une partie de la trame et l'aspect physique du héros (et son hibou) pour faire immédiatement le parallèle avec un autre personnage identique mais au succès nettement plus grand : Harry Potter bien sûr !
Force est de constater qu'autant Joanna K Rowling a réussi, depuis 1997, un beau coup avec les tomes de sa série de romans adaptés au cinéma, autant Neil Gaiman est resté un peu plus dans l'ombre, quoi qu'ayant laissé une empreinte indélébile dans l'univers de la bande dessinée (et du cinéma) via les nombreuses "répliques sismiques" provoquées par ses "Livres de magie".(5)

On a déjà cité Constantine et la série Hellblazer qui a connu un assez beau succès d'édition dans l'univers BD, mais il est indéniable que l'influence que Gaiman a pu laisser auprès de la profession et de la plupart de ses confrères scénaristes ou dessinateurs n'est pas négligeable.

Un chef-d'oeuvre
Ceci étant noté, et même si on pourra reprocher à Gaiman un discours (une vision ?) un peu trop judeo-chrétienne de cette magie, et certains passages un peu verbeux dans ce sens (que cherche t-il à nous dire vraiment avec ces nombreuses allusions à la religion ?), on pourra néanmoins considérer l'oeuvre au final comme un pavé dans la mare, qui a placé la barre très haute.

Aussi, à l'heure ou Sandman, une autre oeuvre antérieure tout aussi exigeante vient de voir son intégrale menée à bien grâce à Delcourt et Panini comics, et où des romans graphiques jugés "difficiles" trouvent à nouveau (cf. Watchmen, d'Alan Moore) ou enfin (cf. Cerebus d'Arthur Sims) les bons chemins des librairies françaises, on peut s'interroger quant à l'absence encore criante de ce dernier (?) chef-d'oeuvre en VF.
Mais...on peut toujours rêver ! (Moi je crois à la magie.)

---
Toutes les images sont © Dc/Vertigo/Gaiman

Notes :
(1) Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Sandman_(Gaiman)#Publications
(2) Publié à l'origine sous forme de 4 comics de 1990 à 1991 chez le label adulte de DC : Vertigo, puis édité une première fois sous forme de trade paperback (recueil) en 1993. D'autres volumes sequels suivront. Voir : http://en.wikipedia.org/wiki/The_Books_of_Magic#Four_issue_series
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Neil_Gaiman#Comics
(4) John Constattine est un des personnages de cet "univers" qui va bénéficier dans les années 90 de nombreuses autres apparitions et même obtenir son propre titre avec la série "Hellbalzer".
(5) A ce sujet (polémique) on pourra se reporter entre autre au forum http://www.circleofcrones.co.uk où il est question de l'influence (réelle ?) de Gaiman sur J K Rowling.

samedi 11 juillet 2009

Roanne et les Comics : un don du ciel ?

Les rayonnages du don "comics", composé de 133 titres reliés. © Hectorvadair

La Médiathèque de Roanne (42) a été inauguré en 1997. Bâtiment moderne en forme de cargo couleur bleu azure, (Architecte J-Louis Godivier) ses lignes aux arêtes pointues, bien que novatrices s'intègrent plutôt agréablement au complexe étudiant et culturel (Université Jean Monnet/Centre Pierre Mendès France) de l'avenue de Paris.
Arboré de cyprès et gazonné, le vert de son parvis se marie de belle manière au ciel et aux nuages de son décor céleste.

Faisant suite à l'incendie de l'ancienne bibliothèque municipale (et du Palais de justice) située place St-Etienne celle-ci abrite donc depuis de nouvelles collections, dédiées au multimédia, comme son nom l'indique, mais le livre tient toujours une place importante.
Dans ces collections de livres, on remarquera le fonds spécialisé de bandes dessinées qui a toujours été intéressant. Le Bibliobus (hors service aujourd'hui, mais dont les collections consultables en ligne, et bien qu'empruntables "dorment" quand même plus ou moins dans un dépôt : 2481 BD) possède aussi quelques titres remarquables, bien conservés, dont quelques Corben, Hugo Pratt ou Dupuis "grands crus".
Mais le bâtiment principal a vu son propre fonds progresser de façon exponentielle depuis l'ouverture.

C'est ainsi qu'aux classiques franco-belges répartis entre les secteurs adultes et jeunesse se sont ajoutés petit à petit les Romans graphiques du début du deuxième millénaire, puis quelques comics Semic... avant de franchir le pas du Manga, et ce dans les deux secteurs sus-cités. (fonds adulte : 3683 BD, et jeunesse, aujourd'hui : 4235 BD)

Aujourd'hui, la médiathèque peut donc s'enorgeuillir d'un fonds de bandes dessinées de 10399 exemplaires. Mais ce qui fait l'objet du présent article et d'une certaine manière la fierté des bibliothécaires concernés et des lecteurs amateurs, c'est le fonds particulier de comics donné en 2003 par un collectionneur roannais.

Mr X (on l'appelera ainsi jusqu'à nouvel ordre, et c'est bien dommage, car son nom noté en son temps a ensuite été perdu (1) est en effet venu un beau jour de fin 2003 proposer le don d'une partie de sa collection constituée de trois années d'achat de revues comics kiosque, tous éditeurs et titres confondus (!!)

Un don considérable, qui a du être trié, catalogué, et remis en forme pour le prêt, car ce dernier point était la condition sine qua non du leg.

Pour cela l'idée a été de regrouper les fascicules en poignées de 3, 4, ou 5 n° se suivant si possible et d'y intercaler une page blanche lorsqu'il y avait un manque. Une des couvertures les plus significative du "recueil" ainsi créé étant photocopiée et placée en couverture du recueil, celui-ci faisant l'objet d'une reliure spéciale, dos toilé, cartonné, par une relieuse professionnelle de la médiathèque.

Un exemple de reliure © Hectorvadair

Un travail important de catalogage permettant l'interrogation de la base par diverses entrées sur ces recueils a été aussi mené. En effet chaque recueil comprenant plusieurs fascicules eux-mêmes composés de séries et d'auteurs différents, le tout traduit de séries américaines, il fallait pouvoir croiser un maximum d'information.

Ce catalogage a commencé dés Février 2004 avec les titres les plus connus du grand public, et en l'occurence Spider-man, puisque 2002 avait été l'année du grand retour des comics Marvel sur le grand écran, suivi ensuite de choses moins connues, mais tout aussi intéressantes, sinon plus (2) , l'avantage principal de ce fonds hybride étant de proposer certains titres inédits en album en France à l'époque. (Depuis Panini comics a pu éditer certains de ces "inédits")

Aussi, à l'heure où le don Marvel (controversé ?) au musée de la bande dessinée d'Angoulème refait parler de lui (3), il est étonnant de constater ce parallèle, et la manière dont les deux collections on pu subir à un moment donné le même traitement (cf. la comparaison des deux photos ci-dessous.)
A gauche : le reste de la collection non traitée roannaise (Juillet 2009),
à droite : les étagère de la collection d'Angoulème (in comic box 59 (Juillet 09)...Les mêmes intercalaire jaunes ?? © Hectorvadair et Comix box

Une collection en tous cas remarquable d'une centaine de reliures qui méritait d'être soulignée.


Ps : Merci aux bibliothécaires concernés pour l'aide sur les statistiques.

(1) Ce monsieur d'une quarantaine d'année était alors distributeur de fleurs, et habitait à Mably. Si quelqu'un avait une piste pour le retrouver, merci de nous contacter, afin de pouvoir lui rendre l'hommage qu"il mérite, ce don ayant été fort apprécié.

(2) voir le catalogue comics de la médiathèque (sujet "Comic books)

(3) cf. article p.27 de Comic box # 59, (Juillet 09)

dimanche 5 juillet 2009

God save JOHN BOLTON !

"Elles vivent dans les ombres jetées par vos feux, font tourner votre lait, volent vos bébés, et avec de fausses lumières, vous égarent loin du chemin. Bien avant que nous ne décidions qu'elles étaient mignonnes, nous avions une autre image des fées". (Epilogue de God save the queen)

On a déjà eu l'occasion de dire du bien du dessinateur britannique John Bolton lors d'une ancienne note parue sur le site de feu "Onabok éditions", à propos du comics "User", et c'était pourtant bien peu au regard de son énoooorme talent.

Cet artiste surdoué de la "vieille école" graphique dessine les bandes dessinées auxquelles il collabore comme des toiles de maître, à l'image d'autres grands noms tels : Bill Sienckiewicz, Scott Hampton ou Dave Mc Kean, pour n'en citer que trois parmi les plus connus, et ce depuis une bonne vingtaine d'années.
Mais si un auteur anglais comme Neil Gaiman (au scénario sur certains titres) a réussi à se faire un nom en France avec des séries comme Sandman et ses divers romans adultes (American gods) ou enfants, ce n'est malheureusement pas le cas pour ses collègues dessinateurs traitant du même registre, peu ou quasiment pas traduit par chez nous, et en tous cas pas sur les plus intéressants titres. (Mais cela va t'il peut-être changer un jour prochain ?) (1)

On se reportera donc utilement sur le web aux chroniques (en anglais) de quelques bons comics de Bolton : "Gifts of the night", par exemple (Paul Chadwyck au scénario) ou "Books of magic", (Neil Gaiman) , ce dernier titre étant considéré par tous les amateurs comme un classique dans ce domaine d' "heroic faery" en bande dessinée et ce, bien avant l'arrivée de Harry le Potter, puisque paru en 1990. Ce pavé est le berceau de nombreux autres univers, dont ceux d'Hellblazer, de Stardust,...etc., et le nom de Bolton est mêlé à ceux de Charles Vess, un autre grand, ainsi que Scott Hampton et Paul Johnson, puisque chacun dessine une partie de l'histoire (...)


Très bonne surprise donc que ce "God save the queen", écrit par Mike Carey ("Hellblazer", ou encore "Voodoo child" chez Virgin comics), et publié en Décembre 2008 de belle manière par Panini France.
On ne remerciera jamais assez cette maison d'édition pour nous offrire depuis maintenant une poignée d'années et de façon régulière une ribambelle de traductions des plus grands labels de comics adultes de qualité : Vertigo ou Dark Horse, parmi d'autres.
Linda en boite de nuit.
Comme à l'accoutumée, l'univers de ce comics est féérique, mais à la différence près que ces fées là sont ici reines malfaisantes et que le moyen de rejoindre leur royaume est de s'envoyer un mélange de sang de Changeon (un être mi-humain mi-féérique).... et d'héroïne dans les veines. C'est l'expérience qu'en fera Linda , belle jeune fille brune un peu gothique afin de tenter d'aller sauver son ami overdosé.
Mais peut-on voyager dans un tel royaume et en revenir indemne ?
Les portes s'ouvrent...
Les thèmes de la double personnalité et des vies parallèles avaient déjà été abordés via l'univers du jeu dans "User", et les apparences semblent donc intéresser notre auteur. Ici cependant, la mort, la souffrance ainsi que l'irreversibilité de certaines situations sont montrées de façon crue et violente, le tout étant raconté dans un mélange de modernité et de féérie "chevaleresque", comme c'est souvent le cas de ces univers. Les horribles reines ou leur démons n'étant là que pour rendre plus crédible la monstruosité du "cheval rouge" (Red Horse = l'héroine)
Deux univers s'affrontent...

Une belle réussite, mais cela n'est pas franchement étonnant quand on connait les précédentes références de John Bolton.

Rappel : God save the Queen : John Bolton/Mike Carey, Vertigo/Panini France 2008

(1) La bibliographie de Bolton en France sur BDgest
© Toutes images : DC comics/Vertigo/John Bolton/Mike Carey



L'ecureuil extra-terrestre


La petite bête de mon rêve du 03 Juillet 2009, trouvée au bord de l'autoroute.

Au départ, je suis sur le bord d'une autoroute, dans un coin d'herbe ombragé.
Trois écureuils viennent d'un arbre et essaient de sauter afin de traverser la route.
Mais la circulation est trop dense et seul un tente, mais se fait heurter, non violemment par un véhicule.

Le voitures ne réduisent pas leur vitesse, et je vois cette petite bête blessée aux oreilles panachées figée sur le bitume, pile entre les roues des voitures qui passent...
Elle n'en a pas pour longtemps si je n'intervient pas (...)

J'attends une accalmie dans le flot, et je me lance.
Je prends du bout des doigts cet animal ensanglanté, et le jette sur le bas-côté, méfiant. Et là, lorsque je me penche, voilà ce que je vois :

Une chose gluante, couleur rouille foncée, qui me regarde...
Un gros insecte ?... un mammifère ??..
Je la soulève à l'aide d'une feuille de papier afin de ne pas me salir et surtout éviter de me faire mordre ou piquer, car ses pattes et sorte d'antennes sembles acérées.

De la couleur rouille se dépose systématiquement sur tout ce qui le touche.

Je repose la chose, et là, ses petits yeux rouges se mettent à pleurer... et du liquide s'écoule abondamment...comme si l'animal se vidait de tout son contenu d'eau.
Puis c'est fini.
... Connaissez-vous ce genre d'animal ?

© image haut : Fussli, "le cauchemar", from www.sublime-et-peinture.com

lundi 25 mai 2009

Alerte au Nimbus !

En amateur et collectionneur de Formule 1, (voir les descriptif de cette revue sur BDoubliées) je suis particulièrement heureux depuis longtemps de pouvoir me replonger dans les histoires d'un auteur quelque peu oublié : Koernig. (Pierre Koernig)

Il se trouve que l'une de ses meilleures histoires (située à Java) et mettant en scène un volcan et d'étranges extraterrestres n'a jamais été publiée (en album) à ma connaissance.

C'est pourquoi très bientôt, ici ou sur 1caseenmoins, vous pourrez lire un article abondamment illustré sur cette saga.
Celle-ci a commencée en 1976, (n°22) en noir et blanc via des épisodes courts : "Rififi à Titlitotli", "Nuage sur le Kundalunping"... "Alerte au Nimbus"... "La nuit du triangle"... puis a été interrompue une bonne partie de l'année 1978 avant de reprendre à partir du n° 40 de F1 (Octobre 1978), et en couleur, pour se terminer dans le n° 50.

Un chef-d'oeuvre très méconnu qui méritait une exhumation.

A très bientôt donc.

samedi 23 mai 2009

Alix : la citée vraiment engloutie ?

Alix 28 : La cité engloutie
Jacques Martin, Ferry, Patrick Weber
Casterman
13 Mai 2009

La parution d'un Alix est toujours chose attendue, surtout lorsque que l'on est fan et suit la série depuis de nombreuses années.
Mais ... "qui aime bien châtie bien" on le sait.
Aussi, voilà après réflexion une critique de cet album tout chaud.


Tout d'abord, la couverture
:

Il s'en dégage un je ne sais quoi d'ambivalent. D'un côté une atmosphère mystérieuse, plutôt bien rendue par l'attitude craintive de nos deux héros ligotés et l'agressivité et la détermination apparentes des celtes tirant sur les liens. Une mer agitée et un ciel sombre en arrière plan renforcent l'inquiétude.
De l'autre, un druide au look très "Panoramix", peu dérangé apparemment par cette violence, ainsi qu'un visage d'Alix assez peu habituel en terme de dessin il faut le reconnaître, éléments qui "cassent" quelque peu la scène.
D'autant plus que c'est Enak qui est au premier plan, avec une couleur de Geai dans les cheveux et une position centrale de sa tête qui attirent obligatoirement le regard. La masse bleue de sa tunique oriente aussi l'oeil sur lui.
Le fait qu'Enak soit ainsi mis en avant n'est pas dû au hasard. On va voir qu'au delà de cette "mise en bouche", notre second héros va prendre une place particulière dans ce nouveau récit.

Mais la poésie ?

Celui-ci débute à brûle-pour-point avec ce texte : "Après une longue marche, la troupe commandée par le centurion Caius Curion parvient devant une immense forêt armoricaine dont la généreuse frondaison paraît s'étendre à l'infini".



On a été habitué à des histoires ne se suivant pas directement dans la série d'Alix, mais la formulation souvent poétique de textes d'introduction permettait de créer une sorte de "Palier" entre chacune, nous resituant dans tel ou tel nouveau contexte.
Ici, on est quand même interpellé par la brutalité du saut (mental) que l'on doit opérer entre l'Alexandrie du précédent album ("Le Démon du Pharos") et l'ambiance romaine guerrière d'une troupe pénétrant dans une forêt celtique.

Premier malaise qui, une fois le regret des poésies martiniennes de la grande époque passé, se dissipe avec l'arrivée de l'inquiétude d'Enak. On comprend à cet instant que le danger va venir des arbres et que oui, Enak va certainement jouer un rôle prépondérant dans cet album. Ses attitudes cependant quelque peu enfantines (accentuées par des expressions graphiques ad-hoc) : "Alix, j'ai cru voir quelque chose luire dans le noir" (...) "Tu as vu Alix ? le sommet des arbres bouge sans que le vent se fasse entendre. Curieux !" et les réponses d'Alix, à l'inverse complètement inadaptées : "Calme toi Enak, ce type de forêt recèle des mystères que nous connaissons sans doute mal (...) " le font néanmoins passer pour un demeuré, ce qui n'a jamais été souligné à ce point auparavant.


L'auteur aurait voulu nous suggérer que l'attaque allait venir des arbres qu'il ne s'y serait pas aussi mal pris.

... Un peu facile... un peu rapide...


Un découpage trop étroit.

Le découpage des planches en petites cases de 4 bandes, au lieu de 3 dans les "classiques" martinien, et même dans "L'Ibère" accentue là encore le rendu "moderne" mais dans le sens péjoratif du terme du dessin. On croirait être en train de lire un "Vae vitcis" ou une mauvaise BD "Vécu". Je place personnellement Alix bien au dessus de la majorité de ces titres, et cela fait un peu mal, même si la politique des équipes de dessinateurs "à la chaîne", à l'image des Blake et Mortimer peut avoir son intérêt.

D'un côté cela peut permettre d'avoir moins à patienter entre deux albums, mais de l'autre, les différences graphiques sont souvent déconcertantes, et on sent bien que le temps de réflexion qui était passé auparavant par l'auteur à construire, gommer, mettre au monde une bonne histoire est maintenant diminué, de fait, puisque bénéficiant à deux albums au lieu d'un seul.

Les points positifs arrivent en page 12 avec un changement d'encrage abrupt, qui "sauve" in extrémis le dessin de cet album. Un encrage qui n'en est plus un puisque le trait charbonneux du crayon apparaît, donnant soudainement d'avantage de relief et de vie aux personnages. (*) Et c'est étrange, car c'est à cet instant aussi que l'aventure (d'Alix perdu en forêt) commence vraiment et atteint son paroxysme.
(* Encrage qui réapparaîtra au gré de certaines pages jusqu'à la fin.)


Un trait charbonneux bienvenu, et sans doute l'une des plus belles planches (ici tronquée)

Ensuite, l'arrivée dans le camp romain de Labienus et la révélation d'une malédiction qui ronge la légion isolée permet de re-dynamiser le scénario. Enak, qui était jusqu'à présent faire-valoir, va prendre alors une dimension assez inédite, jusqu'à ce que le rétablissement d'Alix retrouvé lui rende malheureusement à nouveau sa position initiale. ...Dommage. Il y avait là un élément intéressant à développer.
La capture du duo d'amis et leur mise en danger réelle permet néanmoins d'apporter une pincée de tragédie supplémentaire peu commune.


Un Enak combatif et motivé ... jusqu'au retour d'Alix !

De l'Aventure bon sang !!

J'avais déjà critiqué sur "Le Démon du Pharos" la tendance à traiter d'avantage l'histoire d'un point de vue documentaire et à laisser un peu de côté l'Aventure.
On va retrouver ici et de la même manière ce principe :
Description de la vie des Celtes, de leurs croyances, les conflits politiques qui agitent leur tribu, tout comme leur culture.
A ce sujet, l'épisode des rouleaux de parchemin tenus cachés dans la bibliothèque de Méléda tombe comme un couperet documentaire, que l'on jugera soit du plus bel effet révélateur au niveau historique, soit comme une sorte d'imposture justifiant le mystère de cette île et de tout l'album...
On aura pu aussi, au passage, se gausser quelque peu de l'épisode mettant en scène la peur des celtes face à l'orage et l'éclair qui enflamme un arbre dans la forêt, permettant à Alix de s'échapper. ("Par Belenos, le feu du ciel !! ")
Cela rappelle bien sûr d'autres gaulois d'Armorique qui n'ont peur que d'une chose... c'est que "le ciel.... .... .... ..... ...."
Vous avez compris l'allusion, et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'humour est quand même souvent déclenché dans cet album de manière involontaire, il est à craindre cependant, ...par les auteurs.


Alix ridiculisé, mais...comique !

En conclusion, et en ajoutant que la fin de la cité (bientôt engloutie d'après le titre !, mais quelle hideuse vignette en attendant !) rappellera beaucoup un autre récit dessiné traitant du même sujet (ou presque, mais en beaucoup mieux, cf. : "Bran Ruz" d'Auclair et Deschamps, Casterman 1981) on ressortira de ce 28eme tome d'Alix assez déçu, avec la désagréable impression que dorénavant, ces albums se suivront, et... se ressembleront, ..... mais... pour le pire ?
J'espère que non.

..Industrie quand tu nous tiens ! (...)

Continuez la discussion sur le Forum : "Alix, Lefranc, Jhen et les autres..."

Tous © Casterman/Martin/Weber/Ferry

lundi 11 mai 2009

Tintin, les vrais fac-similés 1942 : enfin !!

Enfin !
L'info vient de tomber en fin de semaine dernière :
Après la réédition de la plupart des formats que Tintin a pu connaître (et il y en a, voir le site Tintinpassion) en fac-similés chez Casterman, que se soit les éditions noir et blanc 124 pages (avec ou sans hors-texte couleur, ou en format 62 pages couleur plus connu), il ne restait plus pour les amateurs que LES pièces de collection que tout amateur rêve de posséder (*) :

- Les Cigares du pharaon "grande image" 1942
- Le Sceptre d'Ottokar "grande image" 1942


Ces deux éditions sont les plus belles et rares, pour deux raisons simples :
ce sont celles qui ont été tirées au plus petit nombre d'exemplaires au moment où Hergé s'est attelé à la refonte des couvertures de la série, (4000 ex. pour les Cigares, 5000 pour le Sceptre (1) !!) et leurs images sont restées inédites depuis, puisque les éditions couleur suivantes n'ont pas gardées les mêmes dessins !
Ce sont des pièces qui s'arrachent en bon état aux enchères lorsqu'il en apparaît. (Les Cigares étaient par exemple estimés entre 2000 et 3000 € à la vente Rops qui a eu lieu ce 10 Mai à Namur !!)

De source directe de Casterman, on annonce donc la réédition de ces deux albums pour Septembre 2009. ... Il faudra vite réagir !!

(1) In : Les Amis de Hergé #34 (2002)
* Un coffret proposant ces deux éditions parmi 6 autres titres de 1942 est cependant sortit en Novembre 2000, mais proposait malheureusement les albums dans une maquette globale, en ne reprenant pas l'originale avec image pleine page, ni le dos toilé.


dimanche 10 mai 2009

STAR TREK XI : un trou noir bien pratique

Au moins 3 façons différentes d'aborder ce nouveau blockbuster de façon positive :

1) Vous êtes fan de la série, moribonde depuis quelques années et vous avez entendu dire que ce redémarrage valait le coup.

2) Vous êtes amateur de blockbusters américains auquel cas ce nouveau film de SF pourra peut-être vous attirer. Avec un peu de pop-corn, les élucubrations de cadets d'une école spatiale en 2233 doivent offrir leur lot d'effets spéciaux sympas.

3) Un peu de l'un et l'autre : STAR TREK est un nom qui vous est familier, mais sans plus : Vous avez encore en tête certains épisodes passés à la TV à la fin des années 70/début des années 80, et vous savez qu'il y a eu quelques films réalisés au cinéma, mais vous ne les avez pas vus, et que le dernier a été un flop.

Star trek, pour vous, c'est : le vaisseau USS Entreprise, le docteur Spock aux oreilles pointues, un équipage en tuniques tissu jaune et bleues, son capitaine Kirk, et un générique culte :
"Espace, frontière infinie, vers laquelle voyagent notre vaisseau spatial. Sa mission : explorer de nouveaux mondes étranges, découvrir de nouvelles vies, d'autres civilisations, et au mépris du danger, reculer l'impossible".

Star trek, enfin, reconnaissons-le, en plus de scènes étonnantes a aussi et surtout popularisé une théorie et une technique futuriste : la TELEPORTATION. C'est un des éléments clef de chaque scénario.

Alors... savoir que celui-ci est réalisé et produit par J. J. Abrams (Mission impossible 3) et coproduit par Damon Lindelof et Bryan Burk, qui avaient travaillé avec Abrams sur la série Lost, les disparus afin de remettre au goût du jour cette licence, ne manque pas d'intérêt, surtout lorsque les premières critiques font état d'une réussite.

Dans un contexte cinématographique du premier trimestre 2009 où le nombre de bons films américains se mesure à peine sur les doigts d'une main, et où les scénarios de science-fiction ne sont plus composés que d'adaptation de comics grand public, la promesse d'un vrai film futuriste 'spatial" au budget (1) et aux ambitions généreux à de quoi séduire.
Et cette séduction est confirmée dés les premières images :

La photo est de qualité, le casting est réussi.
Le futur dessiné des les premières scènes est crédible et enivrant.
Mêlant habitudes visuelles terriennes (routes poussiéreuses du sud de l'ouest des Etats-unis, canyons, adolescents voyous, moto, bars et alcool...) et images futuristes ou imaginaires (vaisseaux, bases spatiales, figures extraterrestres...) celui-ci a cependant quelque chose d'étrangement familier.

image tirée d'une vidéo du site officiel.

Plus le fil du récit se déroule, plus cette histoire de trou noir, d'élève doué, d 'école spatiale et de bond vers le futur ramène un autre scénario à la surface...
Voilà, c'est ça !! : Le nouveau Star Trek possède tellement de points communs avec la série UNIVERSAL WAR ONE (6 tomes d'une bande dessinée de Bajram publiée chez Soleil de 1998 à 2006) que l'on peut se demander dans quelle mesure celle-ci a pu l'influencer !
Ca ne serait pas la première fois que des auteurs de bande dessinée européens participent volontairement ou malgré eux à des blockbusters (cf. Dune de Jodorowsky et Moebius, Le cinquième élément via les séries Valérian de Mézières et Christin, ou John Difool de Moebius...etc.) Alors ?


Rendez-vous sur le site consacré à la bande dessinée, (2) qui reste l'une des meilleures de Science-fiction des dix dernières années et a été reconnue comme une série culte lors de sa parution. Ce site très bien fait récapitule les théories abordées dans le récit et permet à chacun de se faire une idée des points communs. (Trou noir : le « mur »; destruction d'une planète entière par un rayon destructeur, quoi qu'on l'avait déjà vu dans Star Wars; personnage doué sortant dune école spécialisée...etc.)
Cette hypothèse n'est juste qu'une question soulevée pour l'instant, ne possédant pas d'indications spécifiques étayant « l'emprunt ».
Mais à vous lecteurs de réagir...

La plateforme de Nero et son rayon mortel forant la croute terrestre. (image issue d'une vidéo officielle)

A côté de ces points importants de « similitude » qui forment néanmoins, il faut le reconnaître, une bonne partie de l'attrait du film, l'atout « téléportation » n'est cependant pas en reste et c'est un réel plaisir que de retrouver ce « gadget » très cinématographique et magique, qui a eu tendance ces 15 dernières années à être beaucoup remplacé par la « porte des étoiles ». (La fameuse « stargate », usée à toutes les sauces dans diverses séries B de télévision.)

Bons effets spéciaux, assez bien dosés, méchants juste comme il faut, batailles assez crédibles...On regrettera alors juste de n'avoir pas croisé au bout de deux heures d'avantage de créatures extraterrestres intéressantes dans une série qui se faisait pourtant un devoir de nous en présenter à la grande époque . Tout juste quelques « tronches » vues dans un bar ou dans des vaisseaux, façon créatures Star wars sur Tatouine.
Tant pis, on se dit que ça sera pour la prochaine fois, car il faudrait qu'il y ait une suite. Ce nouveau film nous contant l'ascension du jeune James T Kirk à son poste de capitaine du USS entreprise,ainsi que l'origine de tout son équipage, il serait en effet dommage de ne pas retrouver l'ensemble de ces acteurs dans d'autres aventures.

L'espace est infini... ne reste plus qu'à trouver un très bon scénario.


Les regrets, (et oui, il y en a quand même) :

Un plongeon à 40.000 m d'altitude ? (image issue d'une vidéo)

1) La superbe scène de saut en parachute à 40.000m d'altitude sur une plateforme de forage et les combats qui s'en suivent auraient mérité un peu plus de réalisme. Il semble en effet qu'à une telle hauteur, située dans la stratosphère (entre 8 et 50 km), où la couche d'ozone est présente, le port d'un casque ou d'un masque à oxygène soit nécessaire... (?)Image issue d'une vidéo officielle

Image issue de : wikipédia

2) La tradition de l'équipage en petites tenues kitsch assis sur des fauteuils à l'intérieur du vaisseau passant en vitesse supraluminique (phénomène de distorsion) a du mal à tenir la route de nos jours.
On aurait bien aimé quelques détails techniques permettant de saisir comment ces humains peuvent supporter une telle vitesse dans cette décontraction. (…) 3 Des scénarios sur le web parlent aussi de la téléportation. 4

Image issue d'une vidéo

3) Le générique de fin, avec ses images façon diapo se superposant est raté. Il casse le reste de la réalisation du film, sans grands reproches.

4) On pourrait rajouter la scène de torture du capitaine Pike dans le vaisseau de Nero, à l'aide d'un insecte limace qui s'accroche au canal rachidien, en passant par la bouche (...) dont l'homme à l'air de se tirer assez bien au final...lors de sa libération. Ah si, on le retrouve sur une chaise roulante à la fin. (Paralysie ?) Donc, ...pourquoi pas ?...

En conclusion, peu d'éléments vraiment négatifs. On avait de toutes façons pas vu de film de science-fiction « spatial » de ce niveau depuis longtemps au cinéma (Star wars ?, Riddick ?, Planète rouge ?) .. et rien que pour cela, le salut était de mise.
Ne boudons pas notre plaisir.

Notes :

- 1 : (160 millions de $)
- 2 : Le site d'Universal War One
- 3 : Le Voyage interstellaire sur Wikipedia
- 4 : L'arbre des possibles.com

Le site du film STAR TREK XI

Mes autres chroniques cinéma

Mes autres chroniques cinéma
encore plus de choix...