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lundi 17 mars 2025

L'été dernier, ...si tout va bien !

Épisode étrange et dramatique de la vie d'un groupe de jeunes, ce trip en forêt sous un pont pourrait bien surfer sur plus d'un fait divers réel.

Été 1997, Italie. La comète Hale Bopp est dans tous les esprits puisque l'on va pouvoir l'apercevoir à l'oeil nu. Danièle vit avec son papi, grincheux et apparemment malade, et va, lors d'une virée en forêt sous le haut viaduc jouxtant la ville, avec ses potes Alessandro, Benny, Christian et Titti, se faire peur en découvrant l'habitat d'un SDF, érigé à l'intérieur d'un 35 tonnes, apparemment tombé du haut pont. Qui est cet homme et depuis combien de temps est il là avec son chien ? Nul ne le saura, et pourtant...

Roman graphique paru en 2019, sélectionné d'ailleurs à Angoulème cette année-là, l'Eté dernier interroge dès son ouverture. Un dessin au trait épais au crayon, sans encrage, des visages un peu difformes, et une scène de repas introductive assez longue entre un papi et son petit fils Danièle, dans la kitchenette d'un appartement d'HLM. Et puis, dans un second temps, la virée quelque peu fantastique (ou voulue comme telle par les jeunes) en forêt. Autant de mystères auxquels nous n'aurons que peu de réponses avant la toute fin, et encore...
Le début est glauque, avec ses dialogues de sourds et ses machouillages façon "la grande bouffe" gros plans inclus, suivi d'un constat peu ragoûtant vis a vis du SDF (l'homme au camion"), dont la misère et le manque d'hygiène font pitié.


...En août 2018, à Gênes, Italie, une catastrophe terrible avait lieu avec l'effondrement d'un haut pont de circulation entourant la ville, en pleine journée, faisant 43 morts. Quelle surprise de retrouver via ce récit une citation plus ou moins voulue de cet événement tragique, par le biais d'un camion non identifié, puis du destin tragique de son (second ?) occupant.
Paolo Cattaneo n'était sans doute pas parti pour évoquer ce tragique accident intervenu quelques mois avant la parution de son livre en France, mais il est certain que le parallèle et le choc visuel ressentis dans ce passage laissent perplexe. Tout dans ce livre dérange, émeut, secoue, en faisant une œuvre importante. Et lorsque six ans plus tard, la lecture d'un autre italien travaillant sans encrage : Emanuele  Cantoro, pour Les moutons veulent du sel chez Ça et là m'est offerte, je ne peux m'empêcher de rédiger cette chronique, que je n'avais réussi à sortir de mon cerveau depuis 2019. 
...Une comète ne passe généralement qu'une fois dans une vie d'homme, mais c'est noté, le signal est reçu 5/5.

FG
 
 
L'Été dernier par Paolo Cattaneo
Éditions Misma (20€) - ISBN : 978-2-916254-74-6
 

 
#Leschroniquesaulongcourt

samedi 11 mai 2024

Le génie de la bouchère en-castillée (Mes cases en stock 10)

Ces deux albums souples parus chez l'An 2, maison d'édition de Thierry Groensteen, ont vingt ans et passent l'épreuve du feu, méritant d'être redécouverts. 


Une femme nage au milieu des flots noirs, suivie (apparemment) par un autre individu, féminin semble t-il, avec qui elle converse, mais que l'on ne verra pas, cachée par les vagues, jusqu'à ce que "la bouchère" comme elle se surnomme elle-même, aborde un rivage abandonné. Sans doute se parlait-elle à elle même. Ce n'est pas la chose la plus étrange que l'on va découvrir au long de ce récit. Déballant de son corsage et de sa tenue à fraise datée XVIeme siècle, un lot de petits couteaux, elle les examine lorsque survient un animal bizarre, tenant autant du mouton que du lion. Voulant l'occire afin de le manger, ce dernier l'en empêche, arguant - car il parle - qu'il n'est pas comestible. Tout deux vont se mettre en marche au milieu de la nuit et rapidement croiser la route, d'abord de deux pêcheurs pas très futés, (un peu "aveugles"* !?), puis d'un moine de la sainte Inquisition. C'est là que vont, pour tous, commencer les vrais problèmes... 

 



Jeanne Puchol, lorsqu'elle aborde cet étrange récit, a déjà un beau parcours d'autrice de bande dessinée, débuté en 1983 avec Ringard aux prestigieuses éditions Futuropolis (ancienne formule). Elle cumule une dizaine de bonnes publications et des récits ou dessins dans la presse et les fanzines. D'ailleurs, cette bouchère a connu un début de prépublication dans PLG, un des doyens des fanzines hexagonaux encore en activité alors, dans ses numéros 36 et 37 de 1999. L'album Chimères publié cette même année a aussi déjà évoqué cette ambiance de fable onirique, ainsi que le même genre d'animal façon "Agnone" de Guido Buzzelli (Voir ce titre). Si Paul Claudel est cité dès les premières cases d'un récit oscillant entre plaisir littéraire, (par le biais d'autres citations bien choisies et d'une verve fleurie), fantastique et dénonciations diverses, on y verra aussi l'hommage à des maîtres de la bande dessinée tels Buzzelli donc, mais aussi la folie douce de Fmurr, tant cette bouchère pourrait être une Jehanne. (Les fameux moutons "des alpages" ne sont-ils d'ailleurs pas présent dès la couverture ?)


On pensera aussi, dans cette Castille perdue dans le temps, à Cervantès, tant l'âne de la couverture, en portant deux autres sur son dos, évoque son Don Quichotte. Abordant à la fois les thèmes du féminisme, de la religiosité, de la bêtise, des croyances, du pouvoir, des syndicats (les guildes ici)... thèmes tenant à coeur de l'autrice ; faisant jongler les mots avec malice et talent, Jeanne Puchol nous régale de plus d'un trait noir fluide rappelant par moment le grand Alexis, et d'un encrage succulent. Les scènes du début, dans les vagues, et celle du théâtre à la fin du premier tome étant à cet égard d'une richesse prodigieuse. Certains à l'époque ont pu trouver à redire de ce diptyque, par manque de sensibilité et sans doute à cause d'un bagage culturel insuffisant ; je gage cependant qu'à s'y repencher, beaucoup d'amateurs y trouveront une originalité peu comparable et une source de joie certaine. Culte donc ! 

FG

(*) Référence aux "Aveugles" de F'murr (Casterman 1992, pré publié dans la revue ...A suivre !. Voir aussi sa série BD culte Le génie des alpages (Dargaud, 1976-2007)

Haro sur la bouchère
et la bouchère au bûcher, par Jeanne Puchol.
Éditions L'An 2, 2003 et 2004. 

 


samedi 18 décembre 2021

L'odyssée d'Alix : un pilon sauvé (Mes cases en stock 9)

Quelle émotion de se replonger dans ce bel et très grand album. Il faut dire qu'il tient une place particulière dans mon cœur, depuis que, sauvé d'un pilon désastreux, il a pu rejoindre ma collection en 2005. Il s'agit de l'édition originale de 1987, dont j'avais admiré avec envie à l'époque la présentation dans le catalogue des éditions Casterman, aux côtés d'Avec Alix (1984), autre indispensable ouvrage des amateurs de la série phare de Jacques Martin.
Émotion, parce qu'il est difficile de rester insensible à ces lettres, écrites dans le style de celles bien réelles, arrivées jusqu'à nous par le biais de Pline ou de Cicéron et que beaucoup d'entre nous ont étudié au collège...

Jacques Martin, accompagné par Pierre Forni, est revenu sur les traces du jeune héros gallo-romain, imaginant des courriers qu'il aurait écrit, à différents destinataires, déroulant le fil de ses aventures passées. Il fallait y penser. Pierre Forni, historien, homme de lettre et connaisseur de la bande dessinée, lui qui a créé avec d'autres amateurs l'association Clovis, promouvant l'histoire et le médium, apporte un style - une poésie même, serait-on tenté de dire - à ces correspondances, leur insufflant une note mélancolique exquise. 

 

Nous sommes en 1987 et l'Empereur de Chine est l'un des deux derniers albums paru avec Vercingetorix. Laissant libre cours à ses pérégrinations mentales, et a une logique épistolaire, l'auteur déroule des échanges basés sur des épisodes vécus par Alix, lui permettant d'évoquer là des anecdotes, là des souvenirs d'amis chers, vivants ou disparus, quand ce n'est pas des amitiés contrariées, comme celle d'avec Karidal, devenu Vizir de Zur-Bakal, à qui Alix donne un conseil de bienveillance pour son peuple. Quant au souvenir d'Appolonia, cette citée perdue où lui et Enak avaient été fait prisonniers dans l'épisode le Dernier Spartiate, cette lettre à Astyanax en fait ressortir tous les sentiments. Cela est toutefois le cas pour quasiment l'intégralité de ce bel ouvrage, au sein duquel les magnifiques dessins couleur imprimés en pleine page de Jacques Martin étalent toute leur majestueuse clareté.

Oui, cette Odyssée d'Alix m'émeut, et se dire qu'elle aurait dû finir dans une poubelle, déchirée en mille morceaux, au cours d'un pilon scélérat, comme malheureusement encore beaucoup sont pratiqués en biblio de nos jours, cela  m'attriste aussi sûrement. Ce jour là néanmoins, j'ai pu passer à temps à côté de ce sac noir, récupérer l'objet vandalisé, et le donner à réparer à un collègue spécialiste...

Veni, Vidi, Vici !  ;-)


 
Les marques du sacrilège : 


Un dos entièrement refait :



dimanche 4 avril 2021

Jidéhem : Mission BX415 (Mes cases en stock 8)

Être lecteur de la revue Spirou en 1977, à l'âge de huit ans, grâce à quelques numéros d'époque de la revue, donnés par un gentil voisin, et par le biais de reliures d'une bibliothèque de camping savoyarde bien achalandée - j'y reviendrai - a permis à l'enfant que j'étais d'être familiarisé assez tôt avec le dessin de l'école de Marcinelle, et en particulier celui de Jidéhem, qui était présent dans la revue avec l'animation de la chronique auto Starter, et ce depuis 1956.  Il proposait cela dit aussi son héroïne Sophie depuis 1961, des collaborations publicitaires, des décors de nombreuses séries dont Spirou, du Natacha, des planches de Gaston, et en 1979, je succombais au retour de son personnage fétiche Ginger, créé en 1954 pour la revue Heroic (1), héros que je suivis avec avidité au mitant de ces années quatre-vingt. C'est pourquoi, lorsque vers 1985-86, mon père, comprenant ma passion insatiable pour la bande dessinée, me fit part de sa possession d'un album collector de l'auteur, l'adolescent que j'étais tomba des nues. Mon père avait en effet débuté sa carrière en 1960 chez Berliet, à Venissieux, - avant de quitter cette ville en 1972, et définitivement la Savoie-Isère d'où il était originaire et où il avait rencontré ma mère, pour rejoindre Roanne (42) où il fit toute sa carrière comme professeur automobile au lycée Carnot - et profita donc de la campagne de communication exceptionnelle de l'entreprise lancée en 1964 : la fameuse bande dessinée Mission BX 415. 


L'entreprise Berliet, créée en 1899 et basée à Vénissieux (69) fabriqua d'abord des voitures, jusqu'en 1939, année où elle se spécialisa dans le véhicule industriel. Entre 1950 et 1974, l'entreprise connue une forte expansion. Elle répondit aux besoins de la reconstruction et du développement des infrastructures en France. Elle élargit sa gamme de produits, misa sur l'innovation, conquis des marchés à l'international. Ses effectifs passèrent de 6 800 en 1951 à 24 000 en 1974 et la cadence quotidienne de fabrication de 17 à 140 véhicules. La marque Berliet devint synonyme de qualité. Au cinéma, en 1964, le titre du film d'Henri Verneuil 100 000 Dollars au Soleil fit référence à un camion neuf, volé par Belmondo. On y voit notamment : un GBC8 6×6 Gazelle (conduit par Lino Ventura – alias Marec, dit « le plouc »), un TLM10M2 flambant neuf, enjeu du film (conduit par Jean-Paul Belmondo – alias Rocco), un TBO15 (conduit par Bernard Blier – alias « Mitch Mitch » (d'après page Wikipedia.)

C'est cette année-là que Berliet choisi l'auteur vedette de la rubrique Starter pour dessiner l'histoire de la plaquette promotionnelle éditée par la société. Une brochure de 20 pages couleur, agrafées, écrites par Jo Almo (dit Pipette) célèbre maquettiste de véhicules pour Franquin, entre autre, mais aussi décorateur et co-scénariste,  passionné de véhicules. Un équipier de choix pour ce travail. 


L'histoire est un vrai polar surfant sur le succès du film d'Henri Verneuil. Il met en scène Jo Ribelet, un jeune enquêteur, contacté au téléphone par Mr Palmaire, ingénieur aux usines Berliet. Celui-ci vient de se faire voler les plans d'un moteur révolutionnaire, désignés sous le code BX-415. Arrivant sur place, notre héros ne peut que constater la disparition de l'ingénieur, kidnappé par des malfrats qui l'embarquent vers Kharburan, une ville (imaginaire) du moyen Orient. Tout au long de se poursuite, jusque dans le désert où il débusquera la bande et récupérera les plans, JO va être amené à emprunter ou se faire conduire dans des véhicules de marque Berliet, dont on ne pourra que vanter les mérites. Que ce soit un Gak, un 320cv,  un Tak avec porte fanion, jusqu'à un Aurochs de l'armée, véhicule amphibie, sans compter les véhicules de pompier équipant la ville de Rahad-loquoum où se termine l'histoire. 30 pages dynamiques et funs, très colorées, dans la grande tradition belge de Spirou, où le duo de Starter s'en donne à cœur joie.

Après un essai raté de mon papa avec un exemplaire offert des "Cosmocats" décevant (2), l'adolescent que j'étais pouvait-il rêver plus beau cadeau ? C'est en tous cas aujourd'hui, quelques 35 ans après avoir hérité de celui-ci, que je rends hommage à mon père : Paul Guigue, décédé le 28 mai 2003, à l'âge de 63 ans, mais aussi au talentueux Jidehem, qui nous a quitté le 30 avril 2017. George Salmon étant décédé lui, dix ans plus tôt.

FG


(1) http://bdzoom.com/112285/patrimoine/jidehem-le-deuxieme-homme/

(2) Un comics dans le pif : l'objet d'un travail d'écriture de/pour ma fille Flora, alors en classe de 3eme au collège de la côte roannaise. ("Raconte-moi..." brochure éditée suite à l'atelier d'écriture animé par Valérie Mattelin, Renaison 2014).
 

mercredi 27 mai 2020

#Mescasesenstock 7 : Sam Bronx et les robots par Serge Clerc

1981 Magic strip

C'était en 1997, je venais d'intégrer la médiathèque de Roanne, toute neuve, à peine sortie de terre, et compulsant,  quelques mois après le déménagement, le catalogue qui commençait a être numérisé, je réalise qu'un exemplaire du Sam Bronx et les robots de Serge Clerc est conservé dans le fonds patrimonial.
Pourquoi ? Et bien parce que la parution de cet album, de la petite structure belge "in" de l'époque, monté par les frères Pasamonik, était l'une des toutes premières de l'auteur, parti en effet de Roanne pour Paris une poignée d'années auparavant (en 1975). Il était donc encore connu en son pays, et sera d'ailleurs honoré en 1982 à Roanne lors d'une exposition autour d'autres artistes locaux, mais...j'aurais l'occasion d'y revenir d'ici la fin de l'année. (...)

Quelques 17 ans plus tard donc, voilà que ce petit format au dos toilé, et en bichromie noir et rouge/rosé, déjà devenu un peu rare, fait surface devant mes yeux. Un exemplaire que j'ai juste le temps de feuilleter rapidement, car il n'est pas au prêt,  et qui me laisse une impression mitigée, pour ne pas dire un certain apriori négatif, davantage habitué aux belles planches couleurs de l'auteur dans Métal hurlant.  Une historiette bâclée ? Des personnages sans saveurs ?...j'en étais resté là.

Et puis...le temps passe...je complète ma collection Serge Clerc...et j'ai l'opportunité, durant ce confinement Covid, de trouver un exemplaire à très petit prix sur le web. Aubaine. Là, il m'apparaît clairement que ce Sam Bronx et les robots est un incontournable de la ligne claire française. Tout d'abord, la présentation, qui comme chaque titre de la collection Atomium, rappelons-le, propose un petit format fortement cartonné avec dos toilé, "à l'ancienne", faisant tout le charme de celle-ci, en direct clin d'oeil aux classiques belges de Dupuis ou Lombard.



 Ensuite, un mot rigolo d'Yves Chaland est imprimé au quatrième de couverture, et enfin, le contenu : des pages de garde rouge avec série de dessins très esthétique, et deux petites histoires, de 16 et 8 pages chacune, mettant en scène ce dessinateur stakhanoviste, miroir du dessinateur espion roannais, qui, dans la ville du future Megaville, doit livrer les 876 pages de sa BD " Alpha Spy 31 (du nom de son robot accompagnateur) contre les saturniens" aux "sales gosses mutants que je hais". Une course en voiture (un glisseur très stylé) qui va se terminer en cata avec la police locale.




Déjà tout l'humour acide de Clerc résumé en quelques vignettes, que l'auteur tente de réaffirmer aujourd'hui, alors qu'il dessine d'arrache pied, comme son anti héros, des pages de dessins, à paraître normalement prochainement chez Dupuis.
Le second épisode : "Meurtre sur Megaville", pourra interpeller par son parallèle avec le début de L'incal de Jodorowsky et Moebius, qui a certainement influencé l'auteur. (1)
Cette course poursuite contre un tireur "indépendant" à travers les dédales, quartier et niveaux de Megaville, et la discussion de badauds, dont le robot domestique Alpha Spy 31, sur l'origine et le modèle de l'arme du tueur, amènent cependant un ton et une originalité toute Clercienne à ces quelques pages.
Sam Bronx, qui était apparu auparavant dans quelques crobards auprès de Phil perfect première version, n'avait jamais connu d'histoire complète en solo, et s'il va devenir l'accolyte du détective Rock dans les pages de Metal hurlant au long de l'année 81et les albums futurs à venir en 1982, apparaît dans ce petit album comme une sorte de créature aux yeux globuleux, dans une version bien particulière et SF qui en fait un personnage à part, presque différent. Deux récits et un mini album le mettant quelque sorte "en orbite", lui offrant un écrin incomparable.

Le gag paru dans Spirou 2565

Ci-dessus : Sam Bronx (toute première version ?)
dans Univers folio (Ponte Mirone, 1980)



(1) L'Incal a paru en album en septembre 1981. Cependant, John Difool a connu un premier épisode  dans le numéro 58 de Métal hurlant , en décembre 1980, puis la série  s'est développée dés le 59 daté janvier1981. Quant à Sam Bronx, il apparaît en septembre 1981, pour un gag, dans...le journal de Spirou 2265 ! L'album a lui paru au dernier trimestre de la même année (Info de l'auteur, aucun dépôt légal de mois n'étant noté dans le livre).

samedi 25 avril 2020

#Mescasesenstock 6 : Pain amour et fusées par Jaime et Gilbert Hernandez

Humanoïdes associés, collection Pieds jaloux, 1983


En mars 1983 paraissait un album étrange aux Humanoïdes d'associés, intitulé Pain amour et fusées (quel album de l'éditeur de la revue Métal hurlant n'était pas étrange ?). Une traduction du Love and Rockets des 3 frères Hernandez, jeunes auteurs des quartiers chicanos de Los Angeles, qui avaient été repérés et édités depuis peu par Gary Groth, d’après leur premier comics auto édité. C'est sur ce riche terreau d'ailleurs que naquirent les éditions américaines Fantagraphics. 
Cependant, en mars 1983, un adolescent comme moi, ne lisant pas encore des comics en VO, s'est contenté d'acheter ce grand album cartonné, les yeux fermés, confiant, sur les simples attestations « d'œuvre culte » rapportées par les différents chroniqueurs de l'époque. Oui, Pain amour et fusées valait le coup, et a fait partie de ces bouquins aux univers tellement personnels et originaux que j'ai vite été moi aussi contaminé par le charme émanant à la fois des histoires, mais surtout du dessin classieux en noir et blanc de l’un des frères concernés : Jaime Hernandez, qui développait en plus, ça et là, de multiples références à la culture Punk Rock m'étant si chère. 




Par contre, comment comprendre cet album et comment le resituer, alors qu'il faisait, mais le savais-je à l'époque, partie d'une série et d’un « tout », qui avait débuté quelques mois plus tôt, et plus précisément un an, puisque les frères Hernandez, Jaime, Gilbert (Béto, ou Bert) et Mario avaient lancé leur comics en 1981 avant que Fantagraphics donc leur propose la réédition de leur premier numéro avec couverture couleur, ainsi que les autres à venir. Sauf que le début de la galère pour les lecteurs français commençait juste…
Aussi étrange que cela puisse paraître, au moment de la parution de cet album, en mars 1983 donc, deux  numéros du comics avaient paru aux états unis. Des numéros d'ailleurs assez incroyables, de 65 pages chacun, (au lieu des 32 habituelles). Mais aucun autre "recueil" - aurait-on pu croire - ne verrait le jour aux Humanoïdes d'associés. Pourquoi ? Il fallu attendre 1986 pour avoir droit au mini album Mister X, chez Aedena, qui ne faisait même pas partie de la série, et enfin, Fershid Barucha vola à notre secours en nous proposant, dés 1985, dans la revue Spécial USA quelques planches de la suite de ce comics. Maggie contre Maniaks (Spécial USA #17) était paru dans L&R #3 (9p.), les numéros 23 à 30 de la revue prépublièrent l'intégralité de Mechanics, aventures dans le désert, avec en bonus une planche de Penny Century, et enfin dans les numéros 28/29 et 31, 11 pages des épisodes "Rocky", un petit robot. (Rocky et le monstre tiré du comics #4 et 
Rétro Rocky tiré du #5). C'est d'ailleurs au numéro 5 que le comics passa bi mensuel et à 32 pages.


Le premier L&R "original"
L'avant propos de Gary groth dans le #1




















En décembre 1987 l'album Mechanics, constitué de 72 pages en couleurs (alors que les comics étaient en noir et blanc), regroupa tout cela. En gros, on pourrait quasiment le comparer au recueil des numéros originaux de Love & Rockets #2 et 3, puisque l'épisode Toyo's Request (issu de L&R #3) y avait été ajouté, mais moins Radio Zéro (20p.) de Mario et Bert, au style très manga d'ailleurs, et  Music for Monsters (4p) de Bert. Autant dire que l'on avait déjà un peu perçu que c'était surtout l'oeuvre (les dessins) de Jaime, dont l'encrage était si agréable, qui lui valaient cette  reconnaissance et donc cette faveur de publication. 
Ensuite Albin Michel s'y colla, en proposant l'épisode de la mort de Speedy, correspondant (on fait un saut) aux épisodes des comics #20 à 30. Un album de 75 pages noir et blanc, sans doute le plus beau en français de cette époque, intitulé Modern Sex (pourquoi pas ?, c'est vrai qu'il est abordé de manière assez libre). Et puis après...cela ne s'est pas arrangé, quoi que Rackam a fait l'effort d'éditer en 2000 un épisode de Gilbert (Love and Rockets X), mais la série dût attendre 2005 et les éditions du Seuil pour voir enfin une sorte d'intégrale proposée. Mais là encore le tome 1 est déjà épuisé et il est donc à nouveau impossible de lire la série dans l'ordre en français.  

Ah oui, au fait, pour celles et ceux qui comme moi, voudraient tout de même savoir où commence le tome 2 de cette intégrale du Seuil concrètement, (une des deux les plus obligatoires, et encore trouvable pas cher) et bien ils s'agit de l'épisode #30 du comics original, en tous cas en ce qui concerne la partie de Jaime : Loca, puisque vous avez sans doute compris que le principe de ce comics était de mélanger les histoires des trois frangins, ce qui rend la publication et sa compréhension un rien compliquées.  L'épisode s'intitule 93 million miles from the sun. 
Tout un symbole...

FG



Les plus accrocs pourront se référer avec intérêt aux précédents articles sur la série publiés ici :
Locas VS Modern Sex : http://leblogd-hectorvadair.blogspot.com/2007/08/locas-vs-modern-sex.html

Ici : http://leblogd-hectorvadair.blogspot.com/2006/01/du-nouveau-du-ct-de-love-and-rockets.html

ici : http://nebular-store.blogspot.com/2010/06/love-and-rockets-stories-of-life-and.html

ou bien encore sur le blog de l'ami Maze (Meantime42) et via le fanzine TrashTimes, où il a consacré de belles pages à la série dans le numéro 17 si je ne m'abuse.




lundi 20 avril 2020

#Mescasesenstock #5 : Foc, les mangeurs d'espoir

Foc, les mangeurs d'espoir de René Durand et Yves Bordes

C'est en juin 1983, dans le numéro 15 de Charlie mensuel, à l'âge de 14 ans, que j'ai été confronté aux planches hyper violentes de cette histoire moyenageuse fantastique. Un scénario étrange et ambitieux de René Durand, auteur d'autres séries fantastiques ou de science fiction très originales (dont certaines feront d'ailleurs l'objet d'un autre focus), qui a pris au fil du temps une couleur d'œuvre culte. Il semblerait que l'auteur, né a l'Aspira de l'Agly, sur les contreforts des Corbières, (66) et donc non loin des châteaux Cathares, a du baigner dans ces ambiance chargées d'histoire et de légendes dans sa jeunesse, ceci expliquant sans doute les tonalités violentes et rustiques de ses récits.
Ce dernier, contant les tortures imposées par le seigneur Serge de Manges au petit peuple et la rébellion de ces derniers suite au supplice ignoble imposé à l'un d'entre eux, Vigo, poète on l'imagine, est l'objet, en introduction, des scènes précitées, parmi les plus glauques jamais vu en BD. L'aspect déjà surprenant du scénario est en plus rehaussé par une ambiance fantastique très forte, puisqu'une entité extraterrestre fragile, mi ectoplasme - mi chouette, mais pouvant passer d'un corps à l'autre : Xuonha, est en effet au coeur de cette rébellion, apportant un peu d’espoir dans cette désolation. Une idée absolument géniale, que le dessin à l'encrage très rond et aux couleurs chaudes d'Yves Bordes met joliment en valeur et exacerbe.
Je n'ai curieusement jamais acheté la série en album, étant pourtant fasciné par l'ensemble des numéros de la revue proposant ce premier chapitre et alors que quatre tomes, dont le dernier dessiné par Patrick Amblevert ont paru. Longtemps je suis resté apeuré face à cette oeuvre, et la considère, à bien des égards, comme un incontournable des années quatre-vingt, et du fantastique, plus que du récit historique d'ailleurs, dont on nous montre finalement pas tant de choses que ça au niveau documentaire, en tous cas dans ce premier chapitre. Les Tours de Bois Maury d'Hermann, restant à cet endroit-là une référence bien plus légitime.

« Ta tête ouverte pour que l’inspiration te visite plus facilement, et tes mains plombées pour qu’elles ne glissent pas sur ton écritoire, ha ! ha ! ha ! »

mardi 7 avril 2020

#MescasesenStock 4 Les Yeux du chat

Comparaison des tailles d'une carte de l'exposition
Moebius-Miyazaki (2004),  et de l'album
Les Yeux du chat par Moebius et Jodorowski.
Édition petit format dit "aux fidèles" (ou aux libraires) 1978

En 2003, nous vivions une chose assez terrible et en même temps belle à Roanne. Après 24 ans de bons et loyaux services, le festival de science-fiction organisé par le passionné Jo Taboulet et une équipe réduite mais motivée était contrainte de s'expatrier à 30 km du centre ville, sur le site du beau Château de la Roche, en bord de la serpentante Loire, à cause de la décision malheureuse d'une nouvelle équipe municipale peut encline à défendre les cultures populaires.
Décision dont le festival ne se remettrait d'ailleurs jamais, même si deux autres éditions auront lieu ensuite, un peu laborieusement au même endroit.



Cette année là, deux invités de choix : Philippe Adamov, pour une exposition d'originaux , et Marc Antoine Mathieu, pour une installation liée à son album de l'époque. J'eus d'ailleurs l'honneur d'interviewer ce dernier pour le fanzine de BD Onabok que des amis et moi -même réalisions depuis trois ans. Ce weekend là, un chapiteau installé sur le plateau surplombant l'accès au château accueillait le salon du livre où divers libraires d'occasion et de neufs proposaient romans SF, et BD de genre. Les auteurs invités assurant des dédicaces à l'occasion.
C'est là que sur le stand de la librairie lyonnaise historique la Proue, qui avait fermée malheureusement deux ans plus tôt, le vénérable George Peju (*), co fondateur, me proposa ce superbe "Yeux du chat", dans cette édition en superbe état, que je n'imaginais même pas pouvoir trouver. Celle-ci était en effet parue en 78 et n'avait pas été commercialisée, mais offerte à la discrétion des libraires à leurs meilleurs clients. Je ne connaissais son existence que par des pages d'annonce parues dans la revue Metal Hurlant, que je collectionnais. Non seulement ce petit album était là, disponible sous mes yeux et proposé à un prix très attractif, mais en plus, personne autour de moi (nous n'étions alors pas nombreux) ne semblait vraiment prêter attention à tout cela. Petit format cartonné sous jaquette magnifique. Pages d'un jaune "Canari Bandol, série Mistral" de plus bel effet, et récit poétique muet (avec une voix off) culte ...cette édition 2003 du festival me laissa vraiment un goût spécial.
Lire un article sur la librairie La Proue.
https://lyonnais.hypotheses.org/1533
(*) George Peju qui décéda trois ans plus tard. (Voir Livres Hebdo du 26 avril 2018).



lundi 6 avril 2020

Mes Cases en stock 3 : Jonathan Cartland dyptique (tryptique?) de la rivière du vent

Jonathan Cartland dyptique (tryptique?) de la rivière du vent 1982-83


Les années quatre vingt ont été marquées par bien des albums étranges voire saugrenus, et l'on aura l'occasion d'y revenir. Toujours est il qu'en 1985, alors que déjà lecteur de la série Jonathan Cartland, découvert en 1978 dans la collection souple 16/22, et marqué par les tous premiers épisodes de ce western aux fortes connotations fantastiques, je me suis décidé à acheter le nouvel album : Silver Canyon, découvert dans Pilote mensuel et paru déjà deux ans plus tôt. Cependant, à l'époque, mino que j'étais, l'achat des BD était encore grandement lié aux seuls anniversaires et cadeaux de Noël.

 

Cette superbe couverture orange mettant en avant une ravissante femme en nuisette avait tout pour charmer l'adolescent que j'étais. J'avais déjà eu l'occasion d'être surpris, voire même choqué par le ton particulièrement engagé du binôme Laurence Harlé - Michel Blanc-Dumont dans le premier album, (avec la pendaison d'un indien, puis par la mort de Petit nuage, la femme Oglala de Cartland dans "Dernier convois pour l'Oregon", mais aussi les visages peints pour la guerre, effrayants, des différentes tribus, les coup de feu puissants et meurtriers des armes à feu, les scalps divers et la violente folie de certains hommes (rouges ou blancs). Tout cela m'avait  fait prendre conscience de l'originalité exacerbée de celle-ci, aussi étais-je attentif à la prochaine parution. Cependant, en achetant cet album, quelle ne fut pas ma surprise de constater que Silver Canyon n'avait pas du tout la tonalité de ces albums. (Je n'avais pas eu l'occasion de dénicher les deux précédents tomes en bibliothèque.)

Cet album en huis clôt pourrait-on dire, sorte de "Bijoux de la Castafiore" pour Harlé, m'apporta quand-même une sacré dose de surprise et de plaisir, de part son cadre : un cirque rocailleux perdu dans le désert, et sa trame : un flash back effectué à partir d'un bureau militaire, où Cartland doit répondre d'événements dramatiques s'étant déroulés quelques jours plus tôt, et où des gens ont été tués par balle. Une sorte d'enquête policière, mêlée à des souvenirs et une histoire d'amour (avec de belles scènes charnelles) entre Cartland et Emily. Cette très belle femme brune d'une bonne famille semblait sortir là comme d'un rêve, et d'ailleurs il planait sur l'ensemble de l'album une sorte de voile étrange, comme charié par le vent, ou une rivière... c'est à partir de cet album que je me suis donc décidé à acheter de manière systématique et rétroactive  l'ensemble des tomes manquant de la série. C'est là que j'ai découvert le dyptique "La rivière du vent" , avec 1) l'Indien Cheyenne "Honhuké" (contraire) Anskoninis, ayant capturé Cartland. Cet indien, ayant eu un jour une révélation, a décidé de vivre en faisant et disant tout à l'envers (on retrouvera cette étrangeté dans le film Little Big Man d'Athur Penn et dans l'album Quatre doigts de Milo Manara) et cette histoire étrange de construction d'un château perché dans un cirque rocheux, par un comte allemand : Wilhelm, pour son amie Cécilia. Une lubie quelque peu démente, avec barrage à la clef, détournant la rivière du vent, sacrée pour les tribus alentours, ayant comme but final de créer un lac artificiel au pied de la demeure bourgeoise. 

Cartland, qui avait au départ servi de guide chasseur a la troupe, passe l'essentiel du premier tome dans le village cheyenne, comme esclave, tandis que le second "Les Doigts du chaos", rajoute  un élément déclencheur en l'arrivée d'une bande de frères et soeur mormons, qu'une lettre, apportée par Cartland lors de sa fuite, trouvée sur le corps d'un jeune homme agonisant de la variole, lui ayant supplié de la transmettre, va mettre en branle. A la clef : une mine d'or...
Tout cela est bien compliqué me direz vous ? Peut-être. 
Cela pourra certainement, dès lors, vous faire prendre conscience de l'originalité de ce dyptique, de cette série en général, et de pourquoi, au final, j'ai associé longtemps ces deux tomes à Silver Canyon, qui reprenait assez bizarrement des thématiques et un décor proches, un an après seulement, en y ajoutant une relation amoureuse avec une belle jeune femme, comme si la blonde diaphane et malade Cécilia des deux précédents tomes n'avait fait que passer, tel un fantôme, (ou n'avait pas pris sur le papier argenté du canyon sus-cité ?), et n'avait contenté personne...
Beaucoup de finesse et d'émotions rendues possible par une écriture peu commune, due à une scénariste de talent, Laurence Harlé, disparue trop tôt, en 2005, à l'âge de 56 ans. 

dimanche 5 avril 2020

#Mescasesenstock 2 Le Combat des chefs - Astérix

Le Combat des chefs - Astérix édition 1972
(édition originale parue en 1966)
Comme beaucoup d'albums franco belge, celui-ci a fait partie, il me semble d'un des 2 dons d'une tante, faisant dans les années 70 des extras dans un restaurant et qui récupérait dans les poubelles les livres déchirés et peu entretenus des enfants des patrons. On a récupéré ainsi, mes frère et soeur et moi deux gros cartons de Dargaud, en majorité.
Cette couverture m'a tout d'abord marquée par sa violence assez rare dans des BD "jeunesse". Pensez, un vieillard écrabouillé sous une pierre de cette taille...je me souviens avoir été assez choqué. Ensuite, ce druide devenu fou, alors que tout le monde a grandement besoin de lui, et son seul soignant, rendu inopérant par un bête accident. Et tout ça au milieu d'une guerre de pouvoir...vous avez dit criant d'actualité ???

Et puis encore (ou surtout), pour l'enfant que j'étais, il y a cette incroyable histoire d'amitié entre un légionnaire romain sentant le poisson, se cachant dans un tronc vide, avec un (tout petit) hibou. Le légionnaire, petit bonhomme sympathique, va goûter un ersatz de potion "magique" qui va lui donner des ailes...lui permettant de voler aux côtés de son nouvel ami, avec lequel il tente de communiquer. "Hou hou". "Hou ?" ...Il faudra même l'accrocher au pied pour ne pas qu'il disparaisse.

Comment se pouvait-il que dans une BD familiale et française, une telle idée, un tel prodige fusse possible ? Et quel scénariste aurait imaginé cela ? Nous étions au milieu des années soixante-dix, et au delà du fait qu'un vent nouveau soufflait depuis une dizaine d'années, au sein du journal Pilote, Goscinny volait très haut en termes d’idées...pour notre plus grand plaisir d'ouverture culturelle. Cocasse...et culte. La magie Goscinny Uderzo à son apogée.

samedi 4 avril 2020

#Mescasesenstock 1 Buddy Longway : l'Ennemi

Buddy Longway : l'Ennemi, par Derib
1975 Dargaud 

Buddy Longway, si je ne m'abuse, semble être la première série BD que j'ai suivi entièrement et achetée de mes propres deniers (ou commandée en cadeau), à partir de 1976. Mon frère possédait les deux premiers tomes, dont celui-ci donc, et j'ai été si marqué par l'originalité de ce western, transmettant tellement de valeurs humaines, dans une atmosphère graphique mêlant univers jeunesse et adulte, que lorsque j'ai vu cette couverture, à la fois morbide et intrigante, l'effet a été immédiat. Il faut dire qu'enfant, j'étais, comme beaucoup d'autres garçons, amateurs de culture indienne et ne manquait pas une occasion de me déguiser et prendre leur défense. Puis j'ai ensuite acheté un tas d'ouvrages sur le sujet.
Derib était à l'époque un des rares auteurs à aborder avec autant de documentation, de sincérité et de passion la culture des tribus des plaines, qu'il était difficile de ne pas être séduit.
Dans l'Ennemi, le tour de force est de nous faire croire jusqu'à la presque fin de l'album à une histoire de genre horreur, ou fantastique,...alors qu'il n'en est (presque) rien. Du grand art narratif, mettant, et pour longtemps encore, la psychologie humaine au coeur de la série. J'ai ensuite acheté "3 Hommes sont passés", ai pris une grosse claque, puis n'ai plus lâché jusqu'au dernier tome de la série, qui a accompagné ma propre vie familiale, et a peut-être influencé à sa façon les valeurs que je défends.
Autant dire qu'elle a une place de choix dans ma bibliothèque, et dans mon coeur.

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