samedi 6 avril 2019

« White Ghost #1 » : un coup de piston, et ça repart ?


J’ai commandé ce comics français, financé par une opération Ulule en 2018, après coup, par le biais des réseaux sociaux, qui ont cet avantage de faire ressortir parfois certaines bonnes choses. 
Xavier Duvet est un auteur dessinateur de bandes dessinées érotico-porno, révélé dans les années deux-mille par ses créations réalisées à l’aérographe. S’il bénéficie d’un succès certain dans ce domaine et est publié à l’international, il est aussi amateur de comics depuis son adolescence. Or, en retrouvant dans ses cartons une vieille histoire de super héros, il a eu l’envie de se lancer dans une réadaptation de son histoire, début 2018. Une campagne Ulule financée à 143 %, plus tard, le voilà présentant un début de mini série plutôt sympa, épaulée par une mise en page relativement soignée et un dessin noir et blanc personnel de qualité.
L’histoire : Un futur plus ou moins lointain… A-Lan et Kein sont deux sortes de scientifiques, quelque peu rebelles, luttant contre une sorte de dictature. Kein bénéficie d’un costume équipé de technologies lui permettant d’agit tel un super héros. Suite à une attaque de forces spéciales qu’ils déjouent, ils fuient par les égouts dans une super voiture, genre Batmobile. Leur objectif : « la Source », lieu de tout les possibles, et coeur d’une sorte de Matrice générant un univers de réalité virtuelle, qu’ils compte démonter...
© White Ghost/Xavier Duvet 2018

Si le début de ce thriller, oscillant entre références à peines voilée à « Judge Dredd » ou aux
«
X-Men » (voir les dialogues : Les Mutos, le Dome, le Vid-plaisir, le Crédit-Neg, les régulateurs, les Pigs …) et « Matrix » (La déformation de la réalité, entre autre) peine un peu à se mettre en place dans les quatre premières pages, celui-ci parvient néanmoins à nous embarquer, jusqu’à la page 22, nous laissant en plein cliffhanger dans une jungle habitée par au moins un dinosaure pas très gentil. Une manière assez sympa d’happer le lecteur, et l’occasion d’une scène un peu étrange (celle aux pistons), objet de la couverture de ce numéro 1.

Avec d’avantage de relecture (dès l’édito, les fautes de français s’enchaînent, et portent préjudice à l’ensemble du fascicule), ce comics, bien réalisé par ailleurs, mériterait un 17/20. Néanmoins, ce détail, associé à un délai d’un an explosé entre le numéro 1, paru en mai 2018, et le 2 toujours invisible aujourd'hui, fait que « White Ghost » reste pour l’instant un pis aller, malheureusement
«
Fantôme », vous avez-dit ?
FG

« White Ghost #1 » par Xavier Duvet
Auto édité, campagne Ululé mai 2018
(8 € pc) chez Xavierduvet.com



dimanche 24 mars 2019

« Come Into Me » : le viol est aussi mental !


Que se passerait-il si un laboratoire pouvait nous permette de se « glisser » littéralement dans le corps de quelqu'un ? Le trio formé par Zac Thompson, Lonnie Nadler et par Piotr Kowalski dérange, avec une mini série à tendance horrifique se déroulant dans le milieu clinique. Froid mais fascinant...


Les expériences du professeur Sebastian Quinn l'ont mené à mettre au point Inbeing, un système permettant à deux personnes de partager le même corps. Cela se fait dans un hôpital privé, avec des personnes volontaires, par paires consentantes. Or Becky, une jeune femme seule, demande à tester la méthode, moyennant une forte somme d’argent. Le professeur Quinn accepte et se propose comme « Hôte ». Cependant, Becky décède peu après d’un cancer qu’elle avait caché, tout en étant maintenue en état de coma artificiel au sein de l'hôpital. Comment les choses vont-elles alors évoluer... à l’intérieur de Sebastian ?







Les amateurs de David Cronenberg (« Videodrome »,
« Faux semblants », « Crash » , « ExistenZ »....) ne seront pas déroutés par le ton et le scénario de cette mini série. Les couvertures de Piotr Kowalsky disent d'entrée l'horreur et le malaise de ce comics alternatif. Le principe même de « connexion » du professeur, une gaine à apparence biologique, terminée par une sorte de couteau, s'enfonçant dans le tronc cérébral à l'arrière du coup, rappelle fortement le film « ExistenZ ». 



Les thèmes chers à ce réalisateur se retrouvent dans cette histoire assez glauque mais bien écrite, où le rêve d'un praticien se transforme en cauchemar éveillé. Les frontières entre réalité et perceptions de son être disparaissent, laissant la place à un déclenchement monstrueux, hors de tout contrôle. L’occasion de scènes oniriques et « psychédéliques » particulièrement saisissantes.


Si le découpage des scénaristes est suffisamment clair pour nous emmener jusqu'au bout de leur histoire, l'idée de génie du trio créatif à été de donner un aspect flou au graphisme de certaines cases, comme un scannage d'image qui aurait bougé, afin de mieux « rendre » l'effet de déphasage de la réalité. Le procédé est assez rare, voire inédit, et il confère un atout majeur au comics. On est d'abord désemparé et étonné, croyant à une erreur d'impression, puis on comprend le stratagème.
« Come Into Me » est un comics indépendant osé, dérangeant, glauque, mais réussi. Il nous permet de découvrir le travail de cette équipe d'artiste, tout comme le label Black Mask (1). À suivre donc assurément de près.

FG


(1) Black Mask studios, créés entre autre par Brett Gurewitz, Steve Niles, et Matt Pizzolo, affirment sur leur site « apporter l’éthique punk rock dans les comics. Black Mask aide les créateurs racontant des histoires incroyables et importantes



« Come Into Me 1-4 » par Zac Thompson et Lonnie Nadler (scénario), dessiné par Piotr Kowalski
Black Mask studios, 2018





samedi 23 mars 2019

« Génération Gone » : hacker n'est pas jouer !


Hi comics n'en finit pas de surprendre, proposant des titres originaux par des auteurs peu connus.
« Generation Gone » deuxième titre personnel du scénariste portugais André Lima Araujo étonne par sa maturité scénaristique et graphique.


2020 : trois copains jeunes adultes férus d'informatique passent leur temps ensemble à hacker des sites web. Leur but : être suffisamment bons pour dévaliser une banque centrale, sans être repérés. Malheureusement, un service gouvernemental militaire développant une arme stratégique ultra secrète les hack à leur tour, diffusant par le réseau un virus les affectant personnellement...


Le trait de Alès Kot surprend en premier lieu par sa texture très fine, rappelant le dessin de la série
« John Prophet ». Un style graphique un peu clinique rendant bien les atmosphères froides d'une science fiction aux environnements souvent dangereux. C'est le cas ici avec un trio constitué de Baldwin, un jeune afro américain, sportif et engagé humainement, Elena, belle jeune femme cumulant deux boulots pour essayer de contribuer aux traitements de sa mère atteinte d'un cancer, et Nick, petit ami d'Elena, solitaire introverti et psychotique. Ce dernier met déjà en danger ses amis, mais va devenir incontrôlable après leur accident.



Si le thème de super héros malgré eux fait partie intégrante de l'univers des comics, (la plupart des premiers des éditions Marvel, il faut bien commencer un jour), mais on pourra aussi citer «The Cape », chez IDW, ou la série « Heroes » de Tim Sale, bien sûr, sans oublier « Rising Stars » de Joe Michael Straczynksi, et si le cinéma avec « Chronicle » par exemple, a déjà abordé le thème et ses problématiques, André Lima Araujo insiste avec « Generation Gone » sur le malaise ressenti par les jeunes d'aujourd'hui, évoluant au sein d'une société qu'ils jugent à la fois dépassée et irresponsables vis à vis de son avenir. On a vu ces dernières semaines le déferlement dans les rues d'adolescents défendant une vision écologique plus réaliste de nos gouvernants, cela rentre en phase avec cette volonté d'agir, coûte que coûte sur le monde qui nous entoure, quitte à provoquer des catastrophes. Rien ne serait donc trop énorme pour déclencher un changement dans les habitudes.



C'est tout le propos de ce comics social et de politique fiction, qui n'omet à un aucun moment,  malgré les nombreuses scènes d'action bien menées, les relations humaines. Celles-ci sont abordées de manière très frontales et développées habilement, en prenant le temps, donnant à « Generation Gone » tout son potentiel émotionnel. On pourra lui trouver des aspects "déjà vu". Cela n'enlève rien à sa qualité intrinsèque.
Une très bonne mini série.

FG

Images : © Lima Araujo et Alès Kot/Hi comics 2019



« Generation Gone » par André Lima Araujo et Alès Kot
Éditions Hi comics (17,90 €) - ISBN : 9782378870751

jeudi 21 mars 2019

Dept H T4 : un abysse de remords pour Mia, ou la vie, tout simplement ?...


Remontée dangereuse des abysses pour une partie seulement des « naufragés » de la station Dept.H et conclusion d'un récit graphique majeur du talentueux Matt Kindt.(Lire les chroniques des précédents tomes sur BDzoom.com (1))


Mia et ces cinq co équipiers sont coincés dans un sous marin de poche échoué, en manque de batterie, alors qu'ils tentaient de rejoindre une des bases posées le long de la fosse sous-marine d'où ils tentent de s'extraire. De miraculeux petits robots en forme de crabes viennent les sauver in extremis afin de leur permettre d'avancer d'un pas vers la surface. Qui est leur sauveur, et cela suffira-t-il ? C'est l'objet de ce dernier tome, concluant en beauté une mini série haletante et bourrée de superbes moments scénaristiques et graphiques.








Lorsque l'on débute la lecture de « DeptH », il apparaît clairement et très vite que l'on a à faire à une œuvre majeure, dont les thématiques, nombreuses : enquête policière, fantastique, survie de l'humanité, recherches scientifiques, conquêtes (spatiale, marine), écologie...mais aussi le ton et la forme, laisseront des traces. Il fallait néanmoins que celle-ci se conclue afin de pouvoir confirmer ce sentiment.

Ce tome 4, regroupant les comics originaux 19 à 24, répond à toutes les questions en suspend, donne de nombreux détails sur les différents protagonistes de l'histoire, et file sans se perdre, malgré quelques flashback, vers le grand final. Matt Kindt, dans sa grande maîtrise scénaristique, continuant à nous impliquer, presque physiquement, dans le drame se jouant en direct. À cet égard, les scènes finales du dernier chapitre, que l'on ne dévoilera pas, offrent des sensations rarement ressenties dans un roman graphique, mais plutôt au cinéma. Il est quasi certain que l'oeuvre connaîtra une adaptation cinématographique d'ailleurs, tant le potentiel est fort.





Quant au dessin de l'artiste, s'il était déjà remarquable dans les précédents épisodes, on a l'impression qu'il se surpasse ici, en nous offrant un découpage hyper efficace, rendant la narration très fluide. Il se dégage de certaines cases une grande sensibilité, une grande douceur aussi. Et cela, sans évoquer leur traitement en  pleine page, dont les couvertures originales, colorisées en aquarelles, rappelons-le, par Sharlene Kindt. Ces dernières nous sont, notons-le au passage, présentées sans leur titre, en vis à vis (recto verso pour la version US) en tête de chapitre. L'occasion de se régaler,  sans compter les seize pages de sketchbook ajoutées en bonus.
Un roman graphique d'ores et déjà culte, chaudement recommandé.

FG

(1) Chroniques des tomes précédents :

Dept H T1 

Dept H T2 

Dept H T3



« Dept H T4 » par Matt Kindt et Sharlene Kindt
Éditions Futuropolis (22 €) - ISBN : 9782754822343 

mercredi 20 mars 2019

Hit Girl au Canada : piège à loup et grizzli redemption, pour une mini série coup de poing


Le personnage d'Hit Girl est bien connu des amateurs de la série
« Kick Ass » de Mark Millar, puisqu'elle en est un des éléments centraux. Dans sa série homonyme, la jeune Mindy, super héroïne ayant perdu son père, mentor dans la course contre le crime, se retrouve seule. Elle oeuvre aussi désormais au sein de mini séries parallèles, écrites par divers binômes d'auteurs. Mark Millar et Ricardo Lopez Ortiz l'ont déjà emmené en Colombie dans un premier tome, Jeff Lemire s'associe à Eduardo Risso pour la mettre cette fois-ci aux prises d'un trafiquant de drogue, dans un Canada enneigé et hostile.



Le scénariste canadien, habitué de ces contrées, (voir entre autre son excellent « Winter Road »), déroule un thriller tendu et violent, comme il était nécessaire avec cette héroïne adolescente quelque peu psychopathe. En quatre comics bien équilibrés, celui-ci parvient à nous appâter avec un récit de chasse à l'homme dans les forêts enneigées, à la manière d'un « Button Man » (« l’Exécuteur » chez Délirium éditions) mâtiné du film de Lee Tamahori : « À couteaux tirés » avec Anthony Hopkins, sans baisser le rythme ni la tension. Supporté par le dessin clair, dynamique et subtil d'Eduardo Risso, lui-même magnifié par la colorisation de Patricia Mulvihill, ce récit réussi un pari difficile : apporter une nouvelle version au genre.



On aime le ton, mix entre action et réflexions sur le sens de la vie, les moments de pause développant les relations humaines (entre Mindy et son père, lors d'une scène de coma et mouvante), ou celle avec le vieux trappeur qui la recueille, et la cruauté bien rendue de cette gamine, inhérente à la série. Le sang ne manque pas, mais l’émotion remonte à la surface souvent.
Un petit épisode au top, par un duo de tonnerre. Pari réussi.

FG



« Hit Girl au Canada » par Jeff Lemire et Eduardo Risso
Editions panini comics (15 €) - ISBN : 978-2809476347

Il n'y a pas que du sang dans Hit Girl,
mais aussi de superbes scènes oniriques...
© Jeff lemire /Eduardo Risso /Panini comics 2019



lundi 21 janvier 2019

Red neck T2 et God Country : deux comics alternatifs de qualité



On retourne chez la famille de vampires Bowman, qui après le bazar provoqué en ville, s’est vraiment mise au vert au milieu des bois, en attendant que ça passe. Cependant, un des nouveaux « arrivants » peu enclin aux règles du vampirisme, risque bien de leur apporter un tas d’autres problèmes. Heureusement que la petite Perry possède quelques ressources cachées.

J’avoue être moi-même surpris de la qualité de cet « énième » (pourra t-on dire) série consacrée aux vampires. Le ton, rappelant par moment celui de « Walking Dead », possède cependant un univers assez personnel et original pour que l’on se laisse prendre au récit. L’ambiance est sombre, assez lourde, et pourtant non dénuée d’humour. Cette petite femme isolée à laquelle on accède par un tunnel et dans laquelle se jouent des conflits familiaux pourra faire penser quelque peu à l’excellent « Black Hammer » de Jeff Lemire, mais « Outkast », chez le même éditeur, possède aussi ce genre d’atmosphère tendue. 

Quelques révélations sont faites au passage sur le grand-père, et un évènement majeur va être déclenché dans ce tome.  
J’ai déjà dit le bien que je pensais du dessin de Lisandro Estherren, bien adapté à cette tension et au rythme soutenu du récit. Aussi, ne manquez pas cette série, une des meilleurs actuellement du catalogue Delcourt comics Contrebande !




« God Country » 




Une famille perdue au milieu du désert texan : les Quinlan, va faire l’expérience d’une tempête pas comme les autres. Un soir, il y a quelques années, le grand-père, atteint de la maladie d'Alzheimer, prend une tornade sur la tête alors qu’il dort. Tandis que son fils et sa petite fille le cherchent parmi les décombres, celui-ci intervient, armé d’une épée géante, afin de les sauver d’une créature maléfique apparue là.

Il semblerait que cette tornade ait apporté autre chose que la destruction. Mais comme de bien entendu : « tout pouvoir…»



Si ce pitch vous fait penser au magnifique Thor, dieu d’Asgard, c’est un peu normal. Se voir attribuer une arme géante et magique, liée au tonnerre, cela ne date pas d’hier, et on pourra trouver ce scénario un peu « simple » au premier abord. Mais à bien y regarder de plus près, cette histoire de souffrance - car le grand-père souffre et ne vit plus ans la réalité avec ses enfants, leur menant d’ailleurs la vie dure - va servir de déclencheur à une réflexion sur le sens de la vie, l’espoir aussi, mais surtout l’aspect légitime et normal du laisser-aller de la mort dans le cycle naturel.

Donny Cates se sert d’un « emballage » quelque peu super-héroique, durant un temps seulement, pour nous conter une histoire simple, et triste : celle des transmissions de générations.
« God Country » séduit avant toute chose par son dessin. Je n’avais pas encore eu bien l’occasion de découvrir le travail de Geoff Shaw, jeune dessinateur ayant oeuvré, parmi d’autres, sur des séries Marvel, telles « Infinity Wars ». Là, associé aux superbes couleurs de Jason Wordie, il nous offre un déluge de superbes planches. Suivant évidemment le scénario de Donny Cates, il rend avec beaucoup de justesse les passages « humains » traitant des relations entre grand-père, fils et petite fille et ceux plus fictionnels et fantastiques nécessitant des explosions d’énergie et de couleurs.  En cela, Geoff Shaw se révèle un artiste au pouvoir « alternatif » fort, et on devine qu’on tient là quelqu’un que l’on reverra dans de projets similaires, à savoir, hors grandes licences. Le comics venant d’ailleurs déjà des éditions Images.
De superbes couvertures de l’artiste et de Gerardo Zaffino, entre autres, sont jointes en fin de volume.




Vous l’avez compris, « God Country » est un livre pas tout à fait comme les autres, mais il possède ce petit quelque chose, au delà de son superbe graphisme, qui vous fera le considérer comme une oeuvre de référence, à laquelle on aime se reporter. 

FG

« Redneck T2 », par Denny Cates et Lisandro Estherren
Éditions Delcourt (15,95 €) - ISBN : 978-2-4130-0722-7

« God Country » par Donny Cates et Geoff ShawÉditions Urban comics (17,50 €) - ISBN : 9791026814450

samedi 12 janvier 2019

Le Phantom du Renoir expose à la Tour...


Edgart, alias Jean-Yves Gardette, expose l'intégralité de son œuvre peinte à partir d'aujourd'hui à l'espace de la tour, Mably (42). L'occasion de découvrir ou se repencher sur l'univers surréaliste et cinématographique d'un artiste bourré de talent.


Les Roannais passionnés de cinéma et fréquentant l'Espace Renoir connaissent bien Jean-Yves, ancien opérateur, jusqu’à l’année dernière, dans cette incontournable structure d'Art et essais locale. Si ce n'est pas la première fois que sa passion, avec le rock, la bande dessinée et le cinéma, s'exprime en public, (entre autre à Mably, voir le compte rendu de sa précédente exposition collective en 2009 au même endroit…), cet événement résonne de façon un peu particulière aujourd'hui. Jean-Yves a en effet été victime l'année dernière d'un accident, lui laissant malheureusement quelques séquelles, l'empêchant entre autre de peindre. Ce sont donc des œuvres exécutées avant cet incident qui nous sont présentées.




L'hommage aux films noirs américains, ou français d'ailleurs, constitue la base de l'oeuvre de l'artiste. Un goût immodéré pour les années trente, quarante, cinquante, met en scène les personnages cultes de thrillers ou de films d'horreur. Les fantômes de Humphrey Bogart, Lauren Bacall, James Cagney, Peter Lorre ou Lon Chaney, pour n'en citer que quelques uns, posent à l'intérieur de toiles aux tons de gris ou en quadrichromie.


Au delà de l'hommage, Edgart place de nombreux objets ou personnages secondaires dans ses décors, tels des cyclistes, anciens automobilistes, Louis de Funès, Yoda ou un X-Wing Starfighter. Autant de clins d'oeil décalés, parfois dans le ton, parfois dans le temps, apportant une ambiance surréaliste à la Dali. Mais certains plus petits formats ont été pensé comme des séries plus sobres, portraits respectueux de femmes fatales, souvent, mais aussi de grands hommes, auteurs, réalisateurs ou auteurs-compositeurs.
















Edgart surprend enfin par la précision quasi chirurgicale qu'il apporte à sa peinture, utilisant un pinceau très fin, on imagine, et sans doute une lunette spécifique. Le vernis brillant utilisé révèle et enferme en même temps la matière, mais ne saurait retenir l'émotion évoquée par ces figures passées du septième art...

Venez à l'espace de la tour. L'oeuvre est belle, pointilleuse, et originale, car chargée d'étrangeté.

Franck Guigue

(Toutes photos : FG, en remerciant l'artiste pour sa bienveillance)




Exposition Jean-Yves Gardette : Espace de la tour, Mably (42), du 12 au 27 janvier 2019
Tous les jours :14h - 18 h
04 77 44 80 97 (service culturel)



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