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dimanche 18 mai 2014

Ne pas oublier les Martyrs de Vingré, ni le musée Alice taverne


Affiche issue du site du musée

Le musée Alice Taverne (Ambierle, 42) a ouvert au public en 1951 et été inauguré en 1952 sous l'appellation  "Musée de la Paysannerie et de l'Artisanat Forézien". Il deviendra le musée Alice Taverne à la mort de sa créatrice en 1969.
Il est le fruit d'enquêtes effectuées en Roannais et en Forez à partir des années trente.

Les Amis du musée, association créée en 1981,  a pour objectifs, avec le soutien des collectivités locales et de l'État, de :
    •    conserver, gérer, augmenter les collections réunies par Alice Taverne (1904-1969) ainsi que les ressources documentaires telles que fonds d'archives, bibliothèque, photothèque ;
    •    organiser les visites et les animations à partir de ce patrimoine ;
    •    susciter des recherches dans son champ géographique et pour son domaine disciplinaire ;
    •    publier tous travaux s'y rapportant.

(Infos issues du site : http://www.museealicetaverne.fr/)

Du 30 Mars au 30 Novembre, l'exposition temporaire "L'aube des femmes" est présentée au grenier. J'ai eu l'occasion d'y passer durant la nuit des musées, ce samedi 17 Mai.
Il faut dire que l'information sur cette exposition était bien plus relayée sur le web que celle du plus gros bâtiment de Roanne : le musée Déchelette. Dont acte.
Robert Bouiller, en pleine médiation

Abritée dans le beau grenier aux poutres apparentes du bâtiment principal, ressemblant un peu à celui du petit Louvre de la Pacaudière, cette exposition consacrée à la première guerre mondiale et l'émancipation des femmes à partir de ce moment là, faisait écho justement à celle de la Pacaudière traitée ici il y a peu. (Voir ce lien)


Une vingtaine de personnes avait fait le déplacement  ce soir là, et a écouté avec attention la présentation intéressante et passionnée de Robert Bouiller, secrétaire de l'association.


L'épisode des martyrs de Vingré était mis en évidence, et on a pu "apprécier" (!) l'injustice de cette mise à mort de six jeunes gens, qui n'ont juste eu que le tort d'éprouver, l'espace d'une montée au front, la peur que chaque être humain peut ressentir face à l'horreur d'une telle situation. Beaucoup de documents mis à disposition ont permis de bien restituer le contexte et le rôle joué par de nombreux civils, dont des femmes, dans la réhabilitation de ces six soldats.





La guerre et les enfants

L'ironie de Rouppert

Jean Rouppert, dont on avait déjà eu l'occasion de parler sur ce blog, est aussi mis à l'honneur, grâce à des dessins de mode en couleur, peu vus jusque là, toujours aussi satiriques, mais au moins plus légers.
L'occasion de rappeler que cet artiste mérite vraiment un ouvrage digne de ce nom, où l'on pourrait apprécier pleinement ses oeuvres graphiques. Lorsque l'on sait que France3 lui a consacré un reportage le 1er mai sur sa chaine régionale à l'occasion des cent ans de la première guerre, et que celui-ci a vécu à St Alban, pourquoi ne pas imaginer une publication locale ? (Mr Rocher et Thoba's éditions, si vous me lisez, je suis souscripteur !)

Rouppert et la mode (détournée)

Des reproductions,
qui mériteraient néanmoins plus belle mise en valeur




Enfin, l'exposition se termine par une vitrine consacrée aux années folles, (lien avec Rouppert), avec quelques chapeaux, robes, romans célèbres et outils ménagers (dont un drôle d'aspirateur), qui donne à voir la suite de l'émancipation de ces dames…



Une exposition intéressante, et émouvante, dont on regrettera juste l'aspect un peu chiche en termes de moyens (certains sous verres étaient tellement sales et usés qu'on avait du mal à voir à travers les dessins exposés). Mais chacun sait les difficultés que l'association, comme tant d'autres, connait ces dernières années, et cela fait mal au cœur.
...Il serait temps que nos élus se rendent compte de l'importance de telles structures, dont l'objectif, au delà de la conservation, est bien évidemment la transmission et la médiation de valeurs et de témoignages.

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Voir aussi mon album consacré à des Journaux de guerre 14-18 roannais (collection personnelle)


jeudi 29 septembre 2011

Jeronimus, les couleurs du mal

On avait déjà beaucoup aimé ici le dyptique "Abdallahi" de Dabitch et Pendanx, chroniqué en son temps sur le blog ami "IDDBD".

Jeronimus, publié entre 2008 et 2010 chez Futuropolis (trois tomes), et découvert, une fois n'est pas coutume dans le fonds de la médiathèque de Roanne (42), m'a tout d'abord attiré par sa (ses) superbes couverture, et l'explosion graphique de son contenu.
Pendanx peint ses cases, et fait de ses bande dessinées de vrais toiles.

Ce tryptique conte l'histoire historique véridique du Batavia et de Jeronimus Cornelisz (Leeuwarden 1598 - 2 octobre 1629), négociant pour le compte de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC) qui en juin 1629 fut l'instigateur d'une des mutineries les plus sanglantes de l'histoire, (120 assassinats, femmes et enfants), après son naufrage dans les Houtman Abrolhos, archipel corallien au large de l'Australie.
On ne sut jamais exactement ce qui déclencha ce comportement quasi inhumain, même si le premier tome livre quelques indice très intéressants, dont la mort prématuré de son tout jeune bébé, mais aussi peut être à sa fréquentation de l'école hollandaise de peinture de l'époque, dont un des plus grands maîtres fut condamné à l'hérésie...

Cela dit, au delà de la simple beauté formelle graphique (difficile à soutenir cependant sur certains passages), on notera la très grande qualité scénaristique et synopsitique de l'histoire, qui étonne par sa cruauté et sa rudesse.

Une superbe mini série. Un grand album. Des grands auteurs. Et une sacrée histoire (vraie), qui fait froid dans le dos.

A voir : des planches originales de Pendanx à la galerie Maghen

A lire :
- une belle note sur l'intéressant blog Osajohnson.wordpress.com
- et une interview des auteurs à propos de cette série sur Bdgest

jeudi 31 janvier 2008

King Arthur : Où l’on revient sur les origines de cette légende...

... en analysant un film de 2004.



En 2007 est sortit “La dernière légion” adaptation du roman de Valerio Manfredi dont deux notes de ce blog ont déjà traité copieusement. (lire içi)
Il s’agissait d’un film abordant de façon un peu biaisée le mythe Arthurien en proposant entre autre une théorie sur l’origine de l’épée Excalibur. Les incohérences du film (moins du roman) ont alors été soulignées.

Aujour’hui, attardons nous sur ce “King Arthur” dont je n’avais pour ma part pas entendu parler lors de sa sortie. (...)

Il s’avère que ce film offre une approche beaucoup plus intéressante et cohérente que n’importe quelle autre réalisation sur le même sujet.
Tout d’abord, une rectification s’impose :

On nous a toujours, et encore plus dans le cadre du cinéma, proposé un cadre moyen-âgeux pour cette légende, nous habituant à des fresques et tournois chevaleresques (sans parler des Monty pythons), faisant de Lancelot et Galahad des héros du 12eme siècle. Ors il est averé depuis de nombreuses années maintenant que la légende arthurienne, colportée par des écrits français du haut moyen-âge ensuite repris par les anglo- saxons, remonte en fait au Veme siècle.
Castus Artorius est issu d’une famille romaine dont les origines sont attestées en Bretagne depuis le IIeme siècle (première occupation romaine de l’île en 43 après JC) (1)). Ce nom s’est transmis au fil du temps jusqu’à être porté par un chef de guerre chargé d’une garnison vers le mur d’hadrien afin de maintenir l’ordre, avant que les troupes romaines ne quittent définitivement l’île en 407. (2).
La bataille du Mont Badon en 500 ou 530 qu’il a mené contre les saxons en étant le point culminant.
C’est cette histoire qu’essaie de raconter King Arthur. Et son réalisateur y parvient plutôt bien.

Antoine Fuqua est né en 1965. C’est un réalisateur noir qui a commencé sa carrière en tournant des clips pour Stevie Wonder ou Prince. Depuis il a réalisé une poignée de films du genre action. Le scénariste, David Franzoni a quant à lui travaillé sur d’autres thèmes du genre “peplum”, tels Gladiator, ou Hannibal (à venir).
Le casting est intéressant :

Clive Owen interprète ce commandant au grand coeur, humaniste, partagé entre un souvenir d’une grande Rome qui n’existe déjà plus, et l’amour de son vrai pays, la Bretagne, pour lequel il se bat sans le savoir depuis plus de quinze ans.
L’air posé et sérieux de l’acteur convient parfaitement au personnage.

Ses chavaliers Sarmates, enlevés quinze ans plus tôt à leur pays d’origine par les romains pour leur valeur au combat (dans le cadre des foederati) (3) sont sur le point de finir aussi leur devoir.
Ioan Gruffudd, que l’on aura vu entre temps dans un autre rôle plus rigolo puisque c’est le docteur Red Richards des Quatre fantastiques interprète içi Lancelot, chevalier aux deux épées, plutôt fougueux. (“Lancelot”, pas très Sarmate comme nom, mais bon...).

On remarquera aussi “Dagonet”, espèce de brute au grand coeur, interprété par Ray Stevenson, alias Titus Pullo dans la série Rome filmée pratiquement au même moment . (la première saison a été diffusée en 2005). Etrange de retrouver ce légionnaire à nouveau au service de Rome, pour le quasi même rôle.
Tout le début du film hésite d’ailleurs à le montrer, comme si son rôle devait plutôt se révéler vers la fin. Et c’est ce qu’il advient . Un rôle de héros sacrifié, toujours aimé par les enfants.

Quant à Guenièvre, (Keira Knightley), elle est une guerrière Picte qui a été capturée par les romains et emprisonnée après avoir été torturée. Elle est malheureusement à l’origine d’une des rares incohérences du scénario et il est dommage qu’à l’instar de “La dernière légion”, se soit encore le personnage féminin qui souffre ce genre de désastre.

Mise en avant sur l’affiche , (trop) belle, (trop) bien coifée et maquillée, elle donne encore ce côté hollywoodien kitsch à un film qui s’en serait passé.
Explications : au milieu du film, découverte dans une geôle par les chevaliers, quasiment murée vivante, elle est une jeune picte aux mains démises qui fait un personnage attachant pour le rôle de la future (grande) dame de Bretagne.

Une fois remise, dans son rôle de guerrière elle n’est pas mal non plus , peinte de bleu en meneuse de troupe pour contrer les saxons. Mais alors, si on nous la présente comme une guerrière si douée, on peut se demander comment elle a pu se faire capturer par une garnison romaine de quelques hommes? et puis... pourquoi avoir choisi de la montrer habillée de façon si “mode” sur l’affiche, telle une robin des bois “fashion” qu’elle n’est pas ? Cela est quelque peu en contradiction avec ce que l’on voit dans une grande partie du film.On comprend que la communication autour de l’oeuvre se passe de logique. Dommage...

Que dire alors du résumé au dos du DVD qui écrit “Arthur se voir confier une dernière mission : Il doit secourir la belle Guenièvre torturée pour hérésie (...).???
C’est cela l’hérésie : nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Dans le film, la vraie mission d’Arthur et de ses chevaliers, envoyés par l’évèque Germanius est d’aller sauver avant que la nasse saxonne ne se referme le jeune Alecto et sa famille, les Honorius, isolés au nord du mur d’Hadrien.
Alecto, filleul préféré du pape, dixit Germanius, est promu à un grand avenir à Rome.
On est donc loin du sauvetage d’une belle Guenièvre , inconnue d’ailleurs à ce moment là du scénario. (!!???)

Alors oui, il est vrai que le réalisateur nous fait bien prendre conscience de l’arrivée du moyen âge en ces temps reculés, avec ces images de seigneurs et cerfs (cf la garnison de Marius honorius, ressemblant à un château féodal, avec ses esclaves qui s’affairent au dehors dans la terre), ses dérives religieuses (la geôle et le instruments de tortures, pour “hérésie”), ou bien ce vieil homme attaché et fouetté dehors pour avoir osé se rebeller contre son maître qui exigeait toute la récolte (de blé) des “paysans”. Autant de thèmes associés au moyen-âge.

C’est l’un des principaux attraits d’ailleurs du film qui nous offre à voir d’un autre oeil ces “dark ages” (âges sombres) si peu documentés (surtout au cinéma) de façon correcte, et qui ont bien été, de fait, une transition entre l’antiquité et le moyen âge.

Les parures des chevaliers (ou de leur chevaux) quant à eux venant des contrées raffinées de l’est (cuirasses et casques des steppes, portées à la fin du film) donnent à voir aussi une autre possibilité des origines des armures chevaleresques à venir...

On notera à ce sujet que les scènes de combat (sutout celles de la bataille finale) frappent l’imaginaire en rappelant des scènes de tournois vues par exemple dans un classique comme “Les chevaliers de la table ronde” (Richard Thorpe 1953).
Ces chevaux harnachés, et leurs cavaliers munis de tout petits écus, chargeant sur un terrain découvert et le fracas des lourdes épées évoquent d’avantage le moyen-âge que les batailles antiques rangées, avec grands boucliers et longues lances.
Le fait d’associer ces chavaliers aux guerriers pictes peinturlurés et utilisant leurs flèches, leurs lances et des catapultes (romaines ?) ajoute à cette impression de “transition historique”.


Parmis les incontournables de la légende arturienne figure aussi la table ronde. Elle est bien sûr montrée içi, bien que trop grande par rapport au nombre de chevaliers. (“certains sont morts au combat depuis ” dixit Arthur). On notera aussi la présence (relativement discrète) de Merlin, sous les traits d’une sorte de druide Picte un peu fou, qui s’allie à Arthur en fin de compte afin de repousser les envahisseur saxons. (crédible.)

Quant à la scène de mariage finale sur une falaise, au centre de pierres élevées, elle lance définitivement la légende d’Arthur en tant que roi des bretons.
Lorsque l’on sait que des ruines d’un château ont été retrouvées sur ce genre de falaise et datent à peu près de cette époque (cf documentaire d’Arte 2007 sur la légende arthurienne), on apprécie le clin d’oeil.
On imagne d’ailleurs aisèment que le lieu de bataille du mont Badon parsemé de cadavres n’avait pas du à l’époque constituer un endroit idéal pour débuter un règne sur cette île....
Quel roi habiterait d’ailleurs dans un mur ?? (même si le castus attenant offrait quelques commodités).

En guise de conclusion, “King Arthur” peut être considéré, malgré quelques réserves mises de côté, comme le film le plus intéressant réalisé à ce jour sur le sujet .

Références :
(1) Atlas de la civilisation occidentale (Hachette 1994, p. 90)
(2) Mythologies du monde entier (Duncan Baird 1993; p. 189)
(3) les Cataphractaires : http://fr.wikipedia.org/wiki/Cataphractaire


A lire, l’excellente analyse du site “Peplums”


Le site anglais de Movie City News (très complet)
avec entre autres un résumé des autres films inspirés par la légende et de nombreux liens sur la légende (mais en anglais).

et quelques critiques de spectateurs intéressantes

vendredi 5 octobre 2007

JUGURTHA : un ennemi trop intime

JUGURTHA tomes 1 & 2
Le lionceau des sables
et Le casque celtibère
Dessin : Hermann
Scénario : J-Luc Vernal
(Dargaud Lombard) 1977-78



Il y a quelques temps de cela, j'ai eu l'envie de consacrer une note au dernier tome de la série de bande dessinée Alix de Jacques Martin, ("C'était à Khorsabad", voir chronique d'Actua BD ) et plus particulièrement aux relations qu'entretient le héros avec Jules César.
Pour une série dite "classique" vendue à plusieurs millions d'exemplaires, on pouvait en effet se poser la question de la légitimité de relations si amicales entre un gaulois d'origine plutôt défendeur de la veuve et de l'orphelin, et un empereur romain dont la description oscille suivant les sources entre un homme dur mais juste et un dictateur. Grand général en tous cas, et donc guerrier, qui n'a pas fait de grâce au chef de tous les gaulois, le bien nommé Vercingétorix. Alors comment Alix et ses lecteurs d'aujourd'hui peuvent-il être amis avec celui qui a maté la rebellion gauloise et fait exécuter son chef ?
C'était le thème de la note...
Alix demeurant cependant une série passionnante à bien des égards, malgré le comportement politique parfois un peu déroutant du héros, voilà ce qui explique mon abstension. (mais je vous laisse chers lecteurs le soin d'y réfléchir et de commenter).

Que dire alors de Jugurtha, autre série légèrement plus moderne (1977) mais traitant aussi de l'antiquité, et bien moins (re) connue qu'Alix ?

Celle ci a pour cadre la période historique se situant entre la deuxième et la troisième guerre punique (conflits entre les romains et les Carthaginois "ex" Phéniciens), c'est à dire vers -150 avant JC, dans la partie nord de l'Afrique d'alors, à savoir la Numidie.
Jugurtha est le petit fils du roi Numide Massinissa (http://fr.wikipedia.org/wiki/Jugurtha) et le filleul de son succésseur Misipca. Bien qu'héritier légitime suite à son adoption par le roi, il est aussi reconnu digne de part son âge, son courage et la bravoure dont il a fait preuve auprès des romains, leurs alliés, lors de la guerre d'Hispanie.
Il n'est cependant pas reconnu par les deux fils du roi. C'est donc un héros maudit, qui va devoir sans cesse gagner sa place entre les dirigeants venals de son peuple, et les romains envahisseurs.
Il va rapidement devenir anti-héros à cause d'actes de guerre et parfois de sauvagerie (le personnage est historique, donc les faits ne sont pas édulcorés), ceux-ci étant justifiés par la défense de sa cause. Une chose inconcevable dans la série de Jacques Martin.

L'aspect graphique : Hermann ne débutait pas en 1977, mais les deux premiers tomes de cette série qui sera ensuite reprise par le dessinateur Franz sentent quand même bon les années 70 et le dessin débutant, bien que déjà maitrisé au niveau du réalisme.
Les scénarios de Vernal quant à eux tiennent franchement la route et le plaisir ressenti à la lecture d'épisodes de cette époque mal connue est grand.

Le fait de se trouver face à un personnage de cette trempe, si peu convenable et prévisible (un peu un second Hannibal, autre héros historique "basané" quelque peu passé à la trappe de la grande histoire) n'est pas un des moindre intérêt non plus et on remarquera d'ailleurs que Hermann finalement aura un peu suivi lui-même cette voie scénaristique avec sa série des Tours de bois Maury (cf note précédente).
"Engagement" étant le maître mot de ces deux grandes bande dessinées. (scénaristiquement, les intrigues politiques se succèdent, donnant un ton très adulte aux deux).

Lorsque l'on sait que Jugurtha a été réédité en 1984 et début 1990 (pour les deux premiers tomes seulement), mais qu'elle n'est plus disponible depuis, ...la question du bien pensant et du politiquement correct dans la BD française moderne refait surface.

Alors, à l'heure où sort un nouveau film sur la guerre d'Algérie, dont le propos essaie à nouveau de réhabiliter quelques vérités pas bonnes à entendre, on ne peut en définitive s'empécher de penser que...
L'Algérie, quelque part, ...n'est qu'une sorte de Numidie moderne...

http://www.lennemi-intime-lefilm.com/

lundi 1 octobre 2007

La dernière légion : la critique !

"ce qui reste de nos anciens" (© Leg8.com)


Deux semaines après visionné le film au cinéma, je pense avoir sufisamment de recul pour pouvoir en tirer des conclusions.

La dernière légion restera donc en ce qui me concerne un bon nanard antique, qui aura eu le mérite de situer son action, comme je le disais dans la note précédente, dans les âges sombres.
A part ça, .... et bien... pas mal de regrets et un peu d'incompréhension face à la liberté qui a été prise avec l'histoire.

1) Sentiment de frustration importante lors du voyage de la troupe poursuivie . Partant de l'île fortifiée de Capri, notre bande dans le livre traverse toute la Gaule et cela dure de nombreuses pages. C'est même l'essentiel du roman, avec pas mal de péripéties à la clef. Dans le film : une simple carte qui nous montre le trajet, et nous voilà au bord des falaises de l'Angleterre. Hérésie !!

Le mur d'Hadrien.
(photo extraite de l'intéressant site Présence de l'antiquité APLG
(association des Professeurs de Latin et de Grec de l'Académie de Nantes)


2) La jeune femme : dans le livre toujours, elle est liée au soldat principal par une sombre histoire du passé, faisant de ce même soldat (plus ou moins amnésique face à cette histoire) un personnage bien plus trouble que dans le film. Sans compter que la demoiselle n'est pas du tout originaire d'orient. (mais là, on comprend bien que pour les scènes de batailles un peu kung-fu, il fallait trouver une décale...).

3) Et là, c'est le point qui enterre le film : on nous explique que l'épée de Jules César a été forgée par les Chalybes, (ok jusque là), mais des Chalybes qui seraient des forgerons de l'île de Grande bretagne ! (?). Tout cela pour expliquer (valider) le fait que la troupe doit retourner là bas. (!??)

C'est n'importe quoi. Les Chalybes, et il suffit d'aller vérifier dans n'importe quelle encyclopédie sont issus d'une région orientale de l'Europe !!
(cf Universalis : "Les premières traces de l'industrie du fer sont attestées vers 1700 à 1500 avant J.-C. dans le sud du Caucase. À cette époque, les forgerons chalybes faisaient chauffer un mélange de minerai de fer et de charbon de bois dans un simple trou. Chez les Hittites, ce procédé primitif évolue vers le bas foyer, sorte de four semi-enterré dans lequel la combustion est activée par l'air insufflé au moyen d'un soufflet manuel.(...)")
Voir aussi paragraphe 20 de cet article des écrits de Strabon sur Méditerranées.net

Le trajet vers la Bretagne n'est en fait expliqué dans le livre que par les origines du druide, précepteur de Romulus, et parceque c'est là-bas que le troupe est censée trouver un dernier secours en retrouvant la fameuse dernière légion du mur D'Hadrien.

... Bref... ces quelques détails et surtout le dernier font voler en éclat le peu de sérieux du film, tiré pourtant d'évènements historiques et/ou validés par certains professionnels archéologiquement parlant..

... Trop bête. Alors... lisez le livre, même si le film reste tout de même un sympathique divertissement.



Surprenant !

A parcourir : le site de la huitième légion (leg8.com)
(pas celle du film, mais elle existe !)



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