lundi 9 septembre 2013

Spirou faire vendre Bordeaux

Où l'on reparle (une fois n'est pas coutume) de la célèbre revue belge, qui, alors que l'on fête ses 75 ans (et ceux de son héros groom rouge au calot) continue de proposer de superbes sommaires et son tour franco-belge.
Pas mal de surprises régulières, et des séries que l'on se plait à retrouver au fil de semaines.
Spirou s'adresse vraiment aux anciens et aux plus jeunes, c'est ce qui fait sa force.

Le numéro 3929 était un spécial Schtroumpfs et Schwartz nous a gratifié d'une très sympathique couverture, mettant en scène les petits hommes bleu malicieux, jusqu'à défaire le titre ! :-)


Mais le spécial Bordeaux du n° 3932 dépote.

Car oui, il est clair que cette ville EST la ville de la bande dessinée (et du Rock !?), avec (selon les sources 40 à 80 auteurs locaux), qui, comme pour les autres n° "Spirou tour", soit proposent une histoire (souvent déjantée), soit des bons plans dans ou autour de la ville.
Et rares sont les (minis) récits ou planches qui déméritent dans ce numéro.
Final (page3) du Fleuve de l'or rouge
©Dupuis/Guerineau
En ce sens, l'hommage non sensique aux Belles histoires d'Oncle Paul "Le fleuve de l'or rouge", 3pages, est d'un goût particulièrement savoureux. Il fallait quand même avoir le talent (et la folie ?) d'un Gerineau (les Stryges), pour penser et s'atteler à cette version revisitée de "A l'ombre des derricks",  façon extraction de vin. Très drôle.

Quant à Hervé Bourhis, ses deux pages sur la ville et ses infos plus ou moins vraies sont aussi délicieuses.
Page 2 (final) de "Passion Bédée"
©Dupuis/Bourhis
Bref, au final, Bordeaux peut dire merci à Spirou et aux belges ! On a vraiment envie d' y aller.
(Comme la plupart des villes du Spirou tour d'ailleurs : Liège, Bruxelles, Lille, Paris, Lausanne, Lyon, Montpellier, Bordeaux.)

Lire la revue en ligne sur Iznéo :
http://bdcomics.izneo.com/journal-spirou-n-3932-tome-3932-A10230

jeudi 1 août 2013

La route : lorsque les hommes tombent vraiment bas, les arbres en font de même…



Vu récemment "La route" (2010), superbe film post-apocalyptique de John Hillcoat, d'après l'oeuvre de Cormac McCarthy (2006, et prix Pulitzer en 2007).(1)
C'est avec plaisir que je visionnais ce DVD, ayant loupé l'occasion de sa sortie au cinéma.

Ce film sobre mais efficace évoque par moments la série Walking dead (premier comics en 2003, séris TV : 2010), tant dans les décors et les couleurs : gris, comme la cendre qui recouvre tout, et comme le vide et la tristesse d'un monde décomposé.
Mais là où la série de zombies garde beaucoup de traces de vie (animaux, femmes, enfants, climat normal), la Route nous entraine plus loin dans la désolation, car ici, après une explosion que l'on devine nucléaire, toute la végétation a disparu et les arbres sont morts. Plus d'animaux non plus : mammifères, oiseaux, mêmes insectes…
Bref, plus de nourriture, ni végétale (céréales) ni animale.
Les quelques rescapés en sont réduits, pour survire, à tuer et manger les plus faibles.

C'est dans ce contexte difficile et sans grand espoir, qu'un homme et son fils (Superbes Viggo Mortensen, et Kodi Smit-McPhee) tentent de survivre. Poussant dans un caddie le peu qu'ils récupèrent le long de cette route, ils tentent de rejoindre le sud, et la mer.

De temps à autres, leur périple croise d'autres hommes, souvent des prédateurs, qui n'hésitent pas à chasser leurs prochains comme de vulgaires loups affamés, en meute, mais aussi quelques solitaires, perdus comme eux, qui n'ont rien, et qui seuls, ont "gardé le feu"
Garder le feu, c'est à dire, garder un peu d'humanité dans ce décor et cette vie de cauchemar, où l'on ne sait dans combien de temps la mort viendra frapper (par la faim, par le froid, …car le soleil, bloqué par les cendre, ne passe plus; ou le crime).(2)

A un moment, au milieu du film, le duo sort à peine d'une petite forêt, et remarque au sol de grandes taches de sang, lorsqu'ils sont alertés par des cris. Une bande de tueurs poursuit, machette à la main une jeune femme et son enfant, effrayés. Alors que les deux héros font marche arrière, dans un instinct de survie (ils ont en effet échappé de justesse quelques scènes auparavant à un massacre du même genre, dans une vieille bicoque où d'autres tueurs se nourrissaient de personnes, gardées décharnées enfermées au sous-sol), et que l'on entend mais on ne voit pas (par pudeur) les machettes s'abattre sur les pauvres hères, il se produit un évènement étrange :

Un bruit assourdissant se fait entendre, comme pour faire écho à ces cris et ce déchainement de terreur : un bruit suivi d'un autre, une sorte de tonnerre… 
Ce sont des arbres, très hauts, qui se mettent à tomber autour d'eux. les obligeant à se coucher à terre, sous un des premiers troncs abattus.. jusqu'à ce que ce balais terrifiant cesse.

A cet instant, que je qualifierais de magique, et poétique à la fois, j'ai vu le sens de cet enchevêtrement : les hommes sont tombés si bas, que les arbres en font de même…

Plus prosaïquement, ces grands arbres que plus rien n'alimente : ni soleil, ni pluie, ont séchés sur pied et leurs racines ne peuvent plus les soutenir.. c'est un spectacle que Cormac Mc Carty a du se souvenir ou vivre lui-même lors de suite d'incendies aux états-unis, pays où l'on sait les ravages causés par le feu chaque été.

Ce souvenir posé là, à cet instant précis fait de cette scène l'une des plus belle du film.



(2) Un peu plus loin pourtant, l'enfant ramasse un coléoptère, chose étrange dont il ignore tout, car il est né alors que les incendies avaient commencé, et ce dernier prend son envol : symbole fort d'un renouveau, d'un début de nouvelle vie possible.
De plus, à la fin, alors que le père et son fils atteignent la plage, un orage tonne au loin, de plus en plus menaçant. La pluie va apparemment venir, et avec elle, le grand nettoyage, et la vie. 
Malgré que l'un d'eux vient de mourir… l'espoir est alors à nouveau permis.



vendredi 7 juin 2013

Une nouvelle salle culturelle sur la côte roannaise




Attendue depuis plus de quatre ans, lors du projet de mandat de la dernière équipe municipale en place à Renaison, la nouvelle salle culturelle est enfin sortie de terre et s'apprète à être inaugurée très prochainement.


Ce sera un lieu où concerts et manifestations populaires, répétions, pourront avoir lieu, en complément de la salle ERA classique, dans le bas du village, qui sera désormais réservée aux seules manifestations sportives normalement.


Un plus indéniable pour Renaison, pour l'ensemble de la côte roannaise, et oserais-je dire... pour le roannais.


Comme vous pouvez le constater sur ces clichés, ce bâtiment a été plutôt bien conçu et pensé, avec une intégration particulièrement réussie dans le paysage.
On la distingue d'ailleurs presque à peine en arrivant derrière la ferme Collet.

> Inauguration le 28 Juin, dans le cadre de la fête de la musique.

Renseignements  mairie de Renaison : http://www.renaison.fr

Une intégration environnementale réussie

photos : ©hectorvadair

jeudi 6 juin 2013

Medz Yeghern : le génocide arménien, pour ne pas oublier.


Medz yechern, Le grand mal
Pablo Cossi
Dargaud
2009

Un roman graphique qui explique le génocide arménien, perpétré par l'armée turc dans l'empire Otoman, entre 1945 et 1916, sous couvert du conflit mondial déclenché, cela est assez peu banal. 
Nos manuels scolaires français ont beaucoup plus abordé l'histoire de l'holocauste du peuple juif durant la seconde guerre mondiale, et cela me paraît être suffisamment injuste pour remettre en lumière ce travail de divulgation.

J'avais personnellement loupé ce titre à sa sortie, et l'ai redécouvert récemment via ma médiathèque locale.

Pablo Cossi est un auteur italien, et les documents qu'il a consulté pour concevoir cette adaptation sont historiques. Le récit qu'il nous raconte, suit trois angles de vue différents : 

Celui d'un jeune soldat allemand qui va photographier à l'époque ce qu'il voit et témoigner; 
- La tentative de résistance du peuple arménien à la déportation et l'anéantissement presque total de son peule par la volonté des trois ministres : Mehmet Talaat Pacha, Ever Pacha, et Ahmed Djmal pacha; 
- Et enfin le procès du jeune Sogoman Tehlirian, un des rares survivants, jugé pour l'assassinat de Tallât Pacha survenu après guerre.

Si le dessin de Cossi n'est pas un des plus inoubliable de l'univers BD européen, il est cependant très aéré et très doux, se prêtant donc particulièrement bien aux horreurs que le récit nous décrit. Une sorte de doux-amer.

Certaines scènes sont très dures, d'autant plus qu'elles sont issues de faits avérés.
Ce roman graphique est donc à réserver en priorité aux adultes.

Une oeuvre de mémoire. A lire, absolument.


mardi 14 mai 2013

Pourquoi Oblivion a réussi, là où Les Ames vagabondes ont échoué ?

Pas mal de films de science-fiction en ce début d'année 2013. ...Certains se suivent, et se ressemblent.*

Ceux qui auront vu les deux films du sujet de cette note, sortis à une semaine d'intervalle (Oblivion ayant l'avantage de la première semaine), ne seront qu'à peine surpris de leur résultat au box office, imparable : 
> Dés la première semaine, (du 10 au 16 Avril) Oblivion comptabilisait 598 000 entrées en France, alors que les Ames n'en comptaient que 350 396 au bout de deux semaines !
Oblivion comptabilise 1149 400 entrées début Mai, alors que son concurrent quitte l'affiche.

Pourquoi ?

En premier lieu, on pourra y trouver une explication de goût, ou d'à priori : Stéphanie Meyer s'étant fait connaître avec "Twilight", série romanesque puis cinématographique plutôt dirigée vers les publics adolescents, les aficionados adules, férus de SF se sont certainement moins sentis inspirés par cette nouvelle adaptation. Ceci expliquant sans doute le départ moins impressionnant du box office.

C'était peut-être une erreur, puisque, ayant moi-même suivi, pas très motivé ma fille de 14 ans, je n'ai pas regretté mon choix.

Un visuel plus adolescent, dès l'affiche

Les âmes vagabondes s'est révélé être une bonne surprise. Ce film reste un film de science-fiction. Et s'il peut faire beaucoup penser à The Island, de Michael Bay (2004) , par ses décors (le désert), son atmosphère paranoiaque et l'aspect "clone" des humains qu'une race extra-terrestre à "réduit en esclavage", (en fait, celle-ci remplace leur âme une fois ceux-là morts), et les scènes de course poursuite.. cela n'enlève rien à l'originalité restante du scénario, où l'auteur donne à voir une histoire d'amour entre deux races différentes (ce n'était pas du tout le cas dans the Island).
Mais ce point n'est pas le seul atout du film, (...)

lundi 13 mai 2013

Musée des effets spéciaux et des miniatures à Lyon : du grand art.


Ce n'est pas Predator.
Saura-tu trouver qui ?
J'ai profité de ces congés de Mai pour aller visiter le musée des effets spéciaux et des miniatures , quartier Saint-Jean, à Lyon.

Un musée privé, fondé par Dan Ohlmann, ébéniste de métier, et idéalement situé dans la maison des avocats, datant du XVI siècle.

Sur quatre étages, plus la cave, on entre dans un univers incroyable.

Imaginez : arrivés par la rue longeant l'arrière du Palais de justice, on va descendre des vieilles marches pour découvrir sous une voûte humide l'ambiance XViieme reconstituée du film "Le Parfum". Atelier, rues de marché, parfumerie, … C'est radical, sombre et glauque, et bourré de détails, la plupart tirés du film original.

En montant ensuite les escaliers, c'est une collection impressionnante d'effets spéciaux, tous ramenés des studios américains ou européens qui nous sont présentés : Star Wars, Alien, Terminator, … ils sont tous là. Science-fiction ou pas, l'immersion est efficace. (Et quelques effets gores à déconseiller aux âmes sensibles !)
...Voir aussi des costumes "fait main" tirés de péplums comme La 5eme légion, Gladiator, ou Troie ne lasse pas indifférent.
Non, ce n'est pas LA vrai galerie ! 

Après avoir franchi deux étages via un balcon donnant sur un jardin intérieur, vient le tour des miniatures, et à, c'est incroyable : que ce soit des scènes de la vie courante et ancienne reconstituées en réduit, dans leur écrins, ou des meubles anciens, des porcelaines, des mobiliers laqués... tout est lilliputien, et on se demande parfois comment un tel travail peut-être possible. Seules quelques poupées, plus vraies que nature, redonnent (à peine) un air de grandeur à tout cet univers minuscule, limite angoissant.

A cup of tea ?
Divers artistes internationaux sont exposés, et les superbes décors de Dan Ohlmann raviront toutes celles et ceux qui aiment à la fois, l'histoire, la culture, l'architecture, … car la plupart des bâtiments présentés ont déjà disparus ou sont fermés aux particuliers.

Du "grand" art, pour des miniatures de toute beauté.
Et un musée, pas si connu que ça, à découvrir, vraiment !

Le site officiel, avec pas mal de photos :
http://www.museeminiatureetcinema.fr/accueil.html

Les trois photos de cet article : (CC-BY-NC-SA Hectorvadair)

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