samedi 22 octobre 2005

Le Rock et moi

AUTEUR : Joe Sacco
EDITEUR : Rackam - 2eme trim. 2001
Joe Sacco a de l'humour; ça on le savait déja même si ses précédentes traductions "Gorazde" et "Soba" sur les conflits à Sarajevo traitaient plutôt de thèmes dramatiques. Ces quelques histoires et reproductions d'affiches réalisées pour des groupes, clubs ou magazines rock compilées dans cet ouvrage jouent néanmoins la carte du rire à fond. Joe Sacco se paye la tronche du rock business, des hard-rockeurs, des Stones (qu'il adore), et des vieux bluesmen (R L Burnside, T model Ford...qu'il aime aussi). Il faut lire ces récits trés drôles racontés à la première personne qui dénotent l'hypocrisie d'un milieu pourri par le fric.
Plus qu'une compilation, comme il le dit lui-même, c'est une vengeance qu'il opère là, pour tout l'argent qu'il a perdu avec certaines de ses commandes non honorées.
Déja un classique

(chronique Publiée originellement dans Onabok)

David Boring


AUTEUR : Daniel Clowes
EDITEUR :
Cornelius - Juillet 2002

Je suis un fan de Daniel Clowes. Entendez, j'achète tout ce qu'il fait. Evidemment, ça va être dur d'en dire du mal me direz vous. Et pourtant, c'est ce qui a failli arriver lorsqu'une dizaine des premières pages de la bande dessinée ont été prépubliées par Les Inrockuptibles ce début d'été. Une page par semaine, c'est peu, et cette introduction basée sur le sexe laissait peu présagé du reste.
Et pourtant... après lecture de ce nouveau pavé de 116 pages (un peu moins que les 142 de "Comme un gant de velour pris dans la fonte." (voir chronique dans Onabok #1), le doute s'efface immédiatement.
Ce livre est une merveille. Si son titre peu évocateur ne donnait aucun indice sur le sujet, ce dernier ne fait qu'affirmer l'énorme talent de conteur de son auteur. "David Boring", par son ton rappelle tout de suite "Comme un gant de velour.." même si un aspect un peu plus réaliste l'éloigne du cauchemar systématique de son prédécesseur. La recherche de la femme parfaite (surtout au niveau des formes anatomiques) entraine notre héros dans une histoire aux limites du fantastique, dans une ambiance trés polar chère à Daniel Clowes, sur fond de menace de troisième guerre mondiale. Le rêve, le passé et la difficulté de les séparer de la réalité sont les éléments récurrents de son oeuvre. On lit "David Boring" comme hypnotisé par la trame qui se déroule sous nos yeux, et subjugué par l'étonnante faculté de Clowes à raconter de telles histoires, si personnelles, si fortes, et finalement si...poétiques.

L'autre titre de Daniel Clowes traduit en français cet été chez Rackam est "Dan Pussey" et traite efficacement du milieu des comics US, sous une forme satirique jouissive mais non moins réuisite, il va sans dire !

(publié originellement sur le site Onabok)


Rêve de forêts en feux...


(re-post du 22/10/05)

Cette nuit, je ne sais pas si c'est le fait d'aller sur le blog bizarre de Léo (“Kronix“), mais voila à quoi j'ai rêvé :

Je suis avec mes deux filles de 5 et 7 ans dans un univers boisé et nous nous balladons. Cependant, l'aspect tranquille de cette image change brusquement en cauchemar, car mes filles, sur des ordres que je leur ai peut-être donnés, se mettent à incendier volontairement arbres, collines entières, chaumières paysannes environnantes...

Je croyais pourtant que nous devions juste mettre le feu à quelques arbres isolés afin de pouvoir acccéder à la propriété sur certaines parcelles occupées..(?...); Mais là, les scènes de mises à feu se multiplient, de plus en plus rapides.
Je suis dépassé par les évènemets qui m'apparaissent comme irréels et violents. Je choisi de courir avec elles en rentrant à la maison, un peu plus loin, à l'extérieur de la forêt.
Là, je tombe sur mes beaux-parents qui sont assis tranquillement dans mon canapé, et qui m'écoutent leur expliquer ce qui vient d'arriver.

Je me réveille.

vendredi 21 octobre 2005

Hey Mister. Dial M for Mister

AUTEUR : Peter Sickman Garner
EDITEUR :
Top Shelf, Mars - 2001

Le dernier "Hey Mister" de Peter Sickman que j'ai lu. Une bonne histoire sur le pouvoir de séduction, en deux actes où Mister se voit prendre en charge par une sorte de mécène féminin qui l'invite dans la jet set new-yorkaise. Il est donc séparé de ses deux acolytes habituels durant quasiment tout le récit.

La surprise de cet épisode c'est que l'on découvre avec lui son attachement à Aunt Mary, sa co-locataire, qui nous apparait plus humaine et féminine que jamais.
.....Un épisode charnière, sans aucun doute.

(chronique publiée originellement dans Onabok)

Rappel : une interview de Peter Sickman est disponible dans le n° 2 de la revue Onabok (voir le site)

Un quartier pas si lointain


Quartier Lointain t.l
Jirô Taniguchi
Casterman, Sept 2002

Que dire de plus d'un album qui a obtenu l'Alph'art du meilleur scénario et le prix Canal BD lors du dernier festival d'Angoulème ? Venant d'un mangaka comme Taniguchi , dont on avait déjà apprécié le superbe travail avec: "L'homme qui marche", fable muette, écologique et philosophique, cela n'étonne pas.
Avec ce "
quartier lointain", qui fait référence au quartier d'enfance de l'auteur, on s'immisce dans les souvenirs d'un homme marqué par la disparition de son père, à l'âge de 14 ans. Mais Quartier lointain est avant tout une autobiographie subtilement déguisée en conte fantastique, puisque l'auteur se donne les traits d'Hiroshi Nakahara, un cadre de 48 ans qui est projeté malgré lui dans son enfance, et obligé d'en (re) vivre les bons et les moins bons moments.
Revivre l'enfance avec sa conscience et son expérience d'adulte, n'est pas sans atouts, mais impose d'affronter les évènements à venir déjà vécus, comme la disparition imminente du père ou la mort de la mère.

Que faire lorsque l'on a le don de voir le futur ?.. vivre le présent sans se poser de questions, ou tenter de changer l'avenir?
Un premier tome qui atteint l'excellence à tous les niveaux, et dont on attend la suite (prévue pour ce mois de mai) avec une impatience non feinte.

Chronique originellement publiée dans Onabok n°6 (2002)

jeudi 8 septembre 2005

Mc Cay

Mc Cay
Thierry Smolderen/ Jean Philippe Bramanti

3 tomes, (Delcourt 2003)

Windsor Mc Cay (1867-1934 ) est connu par tous les (vrais) amateurs de bande dessinée comme étant le créateur américain ayant fait rentrer le médium dans le vingtième siècle. Précurseur du ballon (son Little Nemo est l'une des première bande à l'utiliser), il a surtout développé des récits fantasmagoriques de premier ordre structurés sur des mises en pages nouvelles et tout à fait révolutionnaires.

Quoi de plus normal donc, que
Thierry Smolderen, grand spécialiste et scénariste de talent en ait donc fait le héros d'une bande dessinée.
Profondément documenté en fin de chaque tome, cette sorte de récit initiatique du jeune auteur est construit sous la forme d'un polar fantastique, lui conférant une atmosphère et une ambiance toutes particulières , permettant de mêler biographie et aventure avec brio.


De son côté,
Jean-Philippe Bramanti, jeune auteur n'ayant pas encore été vraiment reconnu dans l'hexagone réussi le pari de transfigurer le scénario de Smolderen à l'aide d'un dessin magnifique peu usité dans la bande dessinée moderne et pouvant parfois rappeler celui d'un Alex Varenne. La présentation de cette bande dessinée, sous un grand format avec dos toilé lie de vin fini de conférer à cette série le statut de "culte" qu'elle (ne) laissait présager.

nb : cette note est une réédition d'un article originellement publié dans la revue Onabok #6 en Juin 2003.


En savoir plus sur Little nemo et Winsor Mc Cay

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