mercredi 6 septembre 2017

« Faith T2 : Doubles et faux-semblants » par Pere Pérez, Marguerite Sauvage et Jody Houser.


Le tome 1 de Faith, cette nouvelle super-héroïne "normale", enfin, bien enveloppée physiquement, mais intégrée dans une vie active classique moderne, a été très bien accueilli par la critique et le public ce début d'année. Les éditions Bliss Comics poursuivent donc sa publication avec ce tome 2 toujours aussi rafraîchissant.




Faith Herbert, alias Summer Smith sous sa couverture de chroniqueuse au journal de Los Angeles Zipline, est en réalité Zéphyr, une super héroïne. Ses pouvoirs : télékinésie, avec la possibilité de voler, lui ont été révélés par son ami et super-héros lui-même : Archer.

Ses premières aventures sont contées dans l'intégrale « Harbinger », où elle a eu l'occasion de faire partie d'une équipe : les Renégats. Renégats car dissidents de la petite armée qu'a souhaité créer le redoutable psiotique Toyo Harada. Le précédent tome de sa série homonyne nous a présenté son univers de geek sympathique et ses relations un peu compliquées avec, dans l'ordre : sa patronne, ses amis, et les garçons. Comment gérer en effet une double identité et un surpoids ?


Dans ces quatre nouveaux épisodes, notre charmante amie blonde (rousse lorsqu'elle revêt sa perruque de Summer), a d'abord fort à faire avec le beau gosse dont elle est fan : l'acteur Chris Chriswell. Celui-ci demande à la rencontrer pour une séance photo. N'écoutant pas les conseils de son meilleur ami, elle va sans le savoir déclencher un piège qui pourrait bien lui être fatal.
Couverture US
Les chapitres 3 et 4 nous emmènent quant à eux dans l'univers attachant des conventions de comics.
Pour tout amateur de bande dessinée, les Comic con définissent quelque chose de familier, même si on parlera plus facilement de festivals BD par chez nous. Ces manifestations où se retrouvent fans de comics, auteurs, libraires, cosplayers, vendeurs d'albums, d'originaux, de goodies, sont des moments incontournables dans l'année.
La bonne idée de Jody Houser, jeune scénariste mais déjà très appréciée est de nous immerger au sein de l'une d'entre elle pour un récit où un détraqué déguisé en méchant Mickey a programmé de dérober quantité de matériel de collection. Faith et Archer qui étaient venus là en fans vont tomber sur un personnage plutôt étrange qui leur donnera un peu de fil à retordre.

L'aspect plus que sympathique de cette série, en dehors du fait qu'elle ne comporte ni sang ni grosse violence, réside dans le constat de départ d'imposer une jeune femme presque obèse comme super héroïne. Les critiques du premier tome ont été quasiment toutes unanimes à saluer ce parti pris. Et il faut avouer que celui-ci fonctionne plutôt bien. L'univers à la fois très réaliste de Faith Herbert (son appartement, ses activités quotidiennes, ses questionnements amoureux), ou de son alter ego Summer Smith (ses relations au travail) et ses aventures fantastiques se déroulant dans l'univers Valiant présenté par ailleurs, avec ses héros et des méchants, fonctionne.

Il est question ici d'une jeune femme adulte, mais geek, et l'impression d'une sorte de Spider-Man qui s'adresserait aux jeunes adultes partageant les mêmes passions ou inquiétudes, est forte. C'est en fait sûrement très clairement l'objectif de la scénariste, et ce qui explique l'accueil positif de son héroïne en librairies aux États unis. Espérons que le public français saura réserver un aussi bel accueil à ce comics tendre mais non dénué d'action.

A noter : la colorisation de Andrew Dalhouse et les superbes couvertures aquarellées de Kevin Wada sur ce tome.

Franck GUIGUE


« Faith T2 : Doubles et faux-semblants » par Pere Pérez, Marguerite Sauvage et Jody Houser
Éditions Bliss (14,95 €) - ISBN : 978-2-37578-00-7-7 

jeudi 31 août 2017

« Winter Road » par Jeff Lemire : l'alternative excellence.


Jeff Lemire est un auteur canadien qui, en l'espace de sept ans s'est imposé dans le paysage du comics alternatif avec un style d'écriture passionnant qui a su séduire de nombreux éditeurs et dessinateurs américains. La plupart de ses albums (principalement publiés chez DC, Darkhorse et Image) ont été traduits en France.
Son propre dessin au trait fin et aux colorisation réalisées en légère touche d'aquarelle se démarque aussi considérablement du reste de la production et c'est toujours un plaisir de le trouver combiné. D'autant plus que les nombreuses et régulières collaborations de l'auteur avec d'autres artistes devraient ne laisser finalement que peu d'occasions pour cela. 
"Winter road" fait heureusement partie de ces exceptions, aux 
côtés d' « Essex County » , « Mr Nobody », « Jack Joseph soudeur sous-marin » , « Trillium », « Sweet Tooth », et son actuel « Royal City », actuellement en publication aux États-unis.
Je ne vais pas vous mentir : je l'adore, et ce bouquin est l'un des rares que je n'avais pas encore lu de lui, d'où cette chronique tardive.

Derek est un ancien joueur de hockey canadien un peu bourru, qui a un jour répondu un peu trop violemment a l'agression d'un joueur adverse sur le terrain. Sa carrière ruinée, il a sombré dans l'alcool et traîne ses guêtres dans la petite ville paumée (imaginaire) de Pimitamon.
Son passé le rattrape souvent lorsqu'il est un.peu provoqué, et fait souvent le coup de poing. 
Il vit dans la loge du gymnase local et bosse comme cuisinier au snack du coin. Son avenir est bien compromis lorsque débarque sa soeur, aussi paumée que lui, pas vue depuis treize ans. Ensemble, ils vont affronter leur passé.


Paysages gris bleutés et blancs du Canada enneigé, ambiances lourdes des pas crissant sur l'épaisseur des cristaux, plans cinématographiques de film indépendant, ...tout est maitrisé superbement, et en même temps délicieusement léger et alternatif. C'est ce qui fait le charme de ce gros pavé de 280 pages aux tons pastels. La violence est sourde, mais tout comme la poésie : liée à la nature du nord bien présente. On s'attache à ce gaillard, sa soeur et la communauté qui les entourent avec beaucoup de plaisir. 
Le sentiment de tenir un bon bouquin, qui ferait aussi pourquoi pas un petit film bien agréable (1) est là, et c'est tout le talent de cet auteur sympathique : proposer une patte reconnaissable entre mille où chaque nouvelle oeuvre ne décevra pas. Combien en sont vraiment capables ?  


(1) A noter que c'est le roman graphique de 2012 « Underwater Welder », publié en France sous le titre "Jack Joseph soudeur sous-marin » qui devrait être adapté au cinema. Le film serait produit par Ryan Gosling, Ken Kao et Anonymous Content. (Info blog de l'auteur). 


« Winter Road » par Jeff Lemire
Editions Futuropolis, Septembre 2016

(Le comics a été publié aux USA sous forme de roman graphique en Avril 2017 sous le titre « Roughneck » par Simon & Schuster au Canada et Gallery 13 Book aux États-unis)

« Eternal Warrior, la colère du guerrier éternel » et « Ninjak T3 » chez Bliss Comics

Avec « Wrath of the Eternal Warrior » (titre américain), Robert Venditi nous invite dans l’intimité de celui qui, à chaque mort, doit quitter son paradis et sa famille et franchir inlassablement le royaume des enfers afin de revenir à la vie. Dans les quatre premiers numéros de cet épais volume en regroupant 14 consacrés exclusivement à ce héros immortel, on assiste d’abord à sa résurrection. Sa famille nous est à l’occasion présentée. Sa femme : Leena, et ses trois enfants : Timeus, Eveleene et Kalam. Ensuite, c’est le chapitre nommé « Le labyrinthe » qui nous est proposé, où Gilad se réveille emprisonné dans un complexe ultra moderne construit sous terre expressément pour lui, afin de comprendre et lui arracher son pouvoir de résurrection. Enfin, « Un pacte avec le diable » expose comment le Guerrier éternel va s’associer avec le démon : l’Énorme, contre le Berger pâle, autre démon hantant les enfers qu’il traverse, et s’associer à l’occasion avec son fils aîné. Un régal scénaristique et graphique, dans un épais volume de 392 pages.

« Eternal Warrior, la colère du guerrier éternel » par Raul Allen, Juan Jose Ryp, Robert Gill, Robert Venditi




Ce serait mal le connaître d’imaginer que Colin King, agent du MI6 connu sous le nom de code Ninjak est juste un gars super entraîné connaissant parfaitement les techniques ninja. Lors de précédentes histoires, il a déjà prouvé sa faculté d’adaptation aux situations extrêmes. L’occasion de combats contre, puis auprès de Xo Manowar, lui a aussi permis de perfectionner ses techniques. Dans cet épisode, il va faire équipe avec Punk mambo, une jeune adepte de magie un peu olé olé, dont on nous présente les origines en fin de tome (1). Tous deux vont s’introduire dans le fameux monde des morts de l’univers Valiant (cf « Shadowman ») justement pour combattre celui que l’on a un jour nommé : la Pie. Bon épisode magnifiquement dessiné par le maintenant moins rare mais toujours aussi excellent Doug Braithwaite, tandis que les inserts « La Légende de la pie » le sont par le non moins talentueux Juan José Ryp (« Bloodshot Reborn »).


FG

(1) « Punk Mambo : naissance d’une teigne » est scénarisé par Peter Milligan et dessiné par Robert Gill.


« Ninjak Tome 3 : Opération : Au-delà » par Doug Braithwaite, Juan José Ryp, Robert Gill et Matt Kindt, Peter Milligan. 


Articles originellement parus sur le site BDzoom.com en complément de la chronique de « Raï intégrale T2 » 

vendredi 4 août 2017

Secrets de famille : l'amour des comics de la famille Griffith

L'amour des comics de la famille Griffith

Paru en novembre 2016, « Secrets de famille » est l'oeuvre de Bill Griffith, auteur de comics pourtant culte aux États-Unis mais peu connu des lecteurs français. L'été étant propice aux lectures et redécouvertes, focus sur cet étonnant roman graphique, et son créateur.


Je n'ai jamais lu "Zippy the Pinhead", le personnage culte underground de Bill Griffith, créé à la fin des années soixante psychédéliques, pour la simple et bonne raison qu'il n'a jamais été traduit en français sous forme d'album. Sans doute a t-il eu des planches ou dessins publiés dans des revues de type Actuel, où l'essentiel des artistes underground ont été accueillis. Cependant, Bill Griffith est tout simplement passé à côté du public français.  Pourtant de la même génération et culture underground que Robert Crumb (tous deux ont publié dans le fanzine « Weirdo » des années quatre-vingt*), mais trop typé sans doute, trop bizarre. J'aurais pu m'y intéresser quand même davantage et le lire en version originale,  mais...non, l''opportunité ne s'est pas présentée.
Bref, c'est pourquoi lorsque je suis tombé sur ce roman graphique à la médiathèque locale, j'ai été interpellé : quoi ? Bill Griffith fait aussi du dessin "réaliste" et a sorti un bouquin "autobiographique ?


Dans un style proche de ce qu'on peut trouver chez Harvey Pekar : dessin semi réaliste assez classique au trait, en noir et blanc, "Secrets de famille" attire par son côté indépendant et peu ordinaire. Il rappellera aussi un peu, dans le ton, le roman graphique d'un autre auteur américain peu traduit chez nous : Howard Cruse ("Un monde de différence", Vertige graphic 2001)
Bill Griffith, se représentant en jeune homme, alors qu'il est âgé aujourd'hui de 73 ans, raconte sa découverte en 1972 de la liaison extra conjugale de sa mère. Celle-ci livre dans un journal intime qu'elle lui laisse à sa mort, en 1998, les détails, à peine romancés, de ses seize années avec un dessinateur de comics professionnel : Lawrence Lariar. Cette relation avait débuté alors que son père, décédé d'un accident de vélo en 1972 était souvent loin, responsable d'une administration militaire en Corée.


L'auteur nous embarque avec lui dans une enquête qui lui fait remonter le temps, depuis son enfance jusqu'aux débuts de sa propre carrière artistique. C'est l'occasion de documenter les débuts de l'industrie du comic book, par le biais de la vie de Lariar. Celui-ci a en effet connu toutes les périodes d'un dessinateur de presse humoristique, tentant inexorablement de placer ses propres bandes hebdomadaires dans un journal.
Griffith reproduit un tas de strips et de dessins d'époque, nous montrant aussi des scènes de studio (d'ateliers) rendant son documentaire encore plus enrichissant. On le suit dans la découverte des nombreux articles sur Lariar qui parsèment le web, ou la collection de l'Université de Syracuse à laquelle il avait fait un don, mais aussi les courriers de son père, laissés chez son oncle Al, et qui n'avaient jamais été ouverts.
Une découverte  fascinante, sous forme de mise en abîme, puisque dévoilée à la fois par le carnet de sa mère et un des romans de Lariar.



 « Secrets de famille » se révèle être, en dehors de son aspect social un peu "voyeur" une lecture enivrante et documentée, sur le monde du comics et des arts au milieu du vingtième siècle aux États-Unis, remettant en selle un auteur qu'on aurait pu juger, à tort, en fin de carrière.
Coup de cœur rétroactif !

« Secrets de famille, une histoire écrite à l'encre sympathique  » par Bill Griffith
Editions Delcourt, collection Outsider
Paru en novembre 2016

mercredi 26 juillet 2017

Sélection Free comic book day 2017 : Fantagraphics & 2000AD

Le Free Comic Book Day, c'est, pour moi, en plus de l'opportunité de chopper des fascicules pas cher à l'occasion de cette fête du médium américain, une manière agréable et un peu aventureuse ( "surprise" ) de découvrir des séries et des auteurs américains avant leur éventuelle traduction par chez nous.
Retour sur deux titres : celui des éditions Fantagraphics américaines et celui de 2000AD, légendaire éditeur anglais de Judge Dredd et Slaine (entre autres).

« World's Greatest cartoonists » est le moto de Fantagraphics, qui s'ennorgeullie de faire découvrir les meilleurs artistes de comic book indépendants du monde.
Dans ce fascicule de 56 pages en papier léger, l'éditeur nous présente les travaux plus ou moins longs de 16 auteurs de son écurie. Bandes annonces d'albums à paraitre, ou petits inédits (strips ou dessins).


Si j'avais remarqué la couverture du "Band for life" déjà paru d'Anya Davidson, je n'ai pas été emballé plus que ça par la petite histoire inédite de la série livrée ici. L'humour de cette bande de rockers tournant un clip vidéo dans une zone interdite et se faisant embarquer au poste de police fonctionne quelque peu, mais cela reste assez basique et le dessin est assez restrictif. J'ai été beaucoup plus touché et impressionné par les dessins au crayons de couleur de Emil Ferris, avec son souvenir d'enfance bien glauque autour du Wolfman et de la relation sexuelle de son frère. Un TPB "My favorite thing is monsters" est déjà disponible. L'autre à paraitre en Octobre. A suivre avec intérêt. 
Dash Shaw et son "Cosplayers go to the movies" en deux planches, scénette décrivant notre rapport aux blockbusters est sympa. A vérifier dans le TPB à paraître en Octobre.

"Bingo Night" de Graham Chaffee, qui s'attarde sur 5 planches en noir et blanc sur la vie d'une femme dans les années 50, me paraît intéressant tout en  rappelant le style graphique de Dean Haspiel. A vérifier dans l'album "To Have and to Hold" déjà paru.
Interloqué par "Pepe's Funeral" de Matt Furie, strip en couleur animalier bien fun, voire trash. A suivre...
Déçu par les 9 pages noir et blanc de Richard Sala, déjà traduit au moins une fois en France, qui propose une série de dessins un peu gothiques mettant en scène un homme oiseau intriguant, dans des ambiances à la Murnau, légendées de textes pas très compréhensibles et surtout répétitifs.
"Interlude" sont deux pages abandonnées du dernier  bouquin  de Eric Haven : " Vague Tales" traitant d'un barbare : Pulsar, découvrant le pouvoir d'une épée enflammée dans un monde post apocalyptique. Le dessin et le délire m'ont fait penser à Fletsher Hanks, et il faut voir le projet abouti. Ici, c'est un peu juste et bouche trou.
« Wuvable Oaf Battle Zone » nous emmène sur le ring puisque Ed Luce adore le catch. Il nous présente en 4 pages couleur les combats et pensées de la sexy mais colossale Disastra. Un univers fun à découvrir sur deux TPB déjà parus.
"Fante Continues to Look for a Good Bar" suit les fréquentations de bar de Fante Bukowski, un jeune homme de bonne famille se posant comme un auteur romantique alcoolique. Deux pages abandonnées du tome deux déjà paru, par Noah Van Sciver, qui font la couverture de ce Fcbd comics.
Tommi Musturi propose quant à lui 4 pages couleur inédites de son petit monstre mignon "Samuel" que l'on retrouve dans le hardcover "Simply Samuel". Un petit air de Jim Woodring.
Last but not least : 3 pages couleur tirées  de "Mudfish", dernier projet de Ed Piskor ("Hip Hop Family Tree"), à paraitre en Novembre, où l'auteur nous dévoile le côté autobiographique de sa découverte du milieu des comics, mainstream et indépendant de sa jeunesse. Pas mal du tout . 
"Fear" nous permet en une page de (re) trouver le talent de Simon Hanselmann, traduit en France pour sa série bizarre "Meg, Mogg and Owl". Et enfin, un dessin pleine page au fusain couleur dévoile l'univers onirique et doux de l'album cartonné "Eartha" de Cathy Malkasian.
PS : je n'ai pas parlé des dessins noir et blanc étranges de Ron Regé Jr, illustrant les révélations de Mahommet, car ceux-ci me semblent peu adaptés à un comics de ce type. Les amateurs d'histoire, de religion ou de dessin au trait un peu psychés jugeront cependant.


« 2000AD Fcbd » nous livre quant à lui 32 pages couleur et noir et blanc d'action, comme il sait le faire depuis 40 ans. "Welcome to the galaxy's greatest comics" sous-titre t'il, rien que ça ;-)
"Judge Dredd Forty Years of Hurt" est un hommage direct aux quarante ans du juge puisqu'il propose 6 bonnes pages par Matt Smith (sc) et Phil Winslade (dess) où l'on découvre le fils d'un des premiers punks que le juge a du combattre dans son tout premier numéro : Whitey.
Ashley Wood nous fait l'honneur d'un superbe dessin couleur pleine page.
Patt Mills dévoile la fin du robot tueur Général Public en 5 pages noir et blanc dessinées par Kei Zama.
Guy Adams et Jimmy Brixton nous embarquent en 6 pages dans un polar bien sombre et fantastique : "Hope for the Future", dont le dessin noir et blanc et le scenario font envie. A suivre...
"Anderson Psi Division" par Dan Abnet et Dani nous offrent 6 pages couleur plutôt sympa nous plongeant dans cette série axée sur la co équipière du Dredd, aux mains ici de deux Hags. Enfin: "Dreams of Dreamworld" début de récit de Kek-W dans l'univers du Judge Dead  époustoufle grâce à la peinture de Dave Kendall, rappelant le meilleur "Slaine" de Simon Bisley.
Nb : La plupart de ces récits ont des bonus PDF consultables en ligne via le flashage de QR codes.

FG

Prochains épisodes : 
- James Stoke's Aliens Dead Orbit #3
- Black Hammer #9,10
- Archies Doubled Sized Issue one shot. 
- After Death #3 by Jeff Lemire





Corben « Shadows on the Grave » T5

L'été et les vacances sont l'occasion de rattraper le retard accumulé tout au long de l'année. Et c'est pourquoi de nombreux comics et divers albums sont lus en rafale à ce moment là.
Je commence donc aujourd'hui une nouvelle rubrique, qui proposera, le plus régulièrement possible, mes avis de lectures comics, plutôt VO, qui ne trouveront par leur place sur BDzoom. Celle-ci complètera naturellement les précédentes déjà réalisées ici, plus sporadiques, liées à des albums divers, organisées via l'intitulé : "chroniques BD bouquins..."

« Le reste de mes lectures. Été 2017 #1 en VO», c'est parti :

Corben : « Shadows on the Grave »
#5 june 2017 
Dark Horse comics

Richard Corben continue de nous livrer ses fascicules d'horreur noir et blanc à l'ancienne, divisés en deux parties : trois mini recits indépendants et l'histoire à suivre : Denaus, se déroulant dans l'Antiquité grecque. 
Excellent numéro que celui-ci avec : deux récits co écrits avec Beth Reed, la propre femme de l'auteur : "The Island" et "The Mirror".

"The Island", c'est l'ambiance classique du récit où un type est perdu en voiture dans la nuit au milieu de nulle part . Il atterrit dans la bicoque d'une vieille qui l'enjoint de ne pas rester. Mais lui n'a pas le choix. Cette vieille était la gardienne du cimetière environnant et elle sait ce qui cloche aujourd'hui alentour... Très bonne histoire et une scène de fin donnant le thème de la couverture. 

"Mirror Image" nous présente Walter Hall qui vient visiter une tante éloignée, dans sa vieille maison un soir d'été. Mais celui-ci est accueillie par une belle jeune femme qui se présente comme son assistante. Elle ne convainc ceci-dit pas Walter qui, feignant une ballade dans la forêt adjacente en profite pour la suivre dans une partie isolée de la demeure. Une indiscrétion dangereuse pour eux deux...


"Blind choice" conclue les historiettes de ce numéro avec un des scénarios les plus tordus, vicieux et bien foutu que Corben n'ai jamais écrit. Lucinda Thone est aveugle et amoureuse de Mark, l'homme qui l'aide au quotidien. Celui-ci l'accompagne avec Zikmann, un autre blanc, dans la jungle, à la recherche d'une cure miracle attribuée à la tribu Nekrongo qui pourrait lui redonner la vue. Tous les trois sont cependant capturés par cette tribu pas vraiment pacifique, après que leurs porteurs se soient enfuis. Alors qu'ils s'apprêtent à être exécutés, le sorcier applique deux araignées sur les yeux de Lucinda. Et un miracle atroce se produit. Cependant Lucinda, retrouvant la vue, est sommée de désigner un de ses deux collègues d'infortune pour rester se faire torturer alors qu'eux deux pourront fuire. Quel choix va t'elle faire ?
Si les deux épisodes écrits par la scenariste Beth Reef, avec talent, offrent un très bon niveau à ce numéro ci,  Corben démontre avec "Blind choice" qu'il a aussi encore de la réserve pour trouver de la matière. Non seulement le synopsis est bien trouvé et la chute exquise, mais l'ambiance des premières pages, "vue" par les yeux de Lucinda, donc ombrée, permet de garder anonyme les personnages qui l'entourent. Cet élément contribuant de fait à la réussite de la chute de l'histoire. Bien "vu".


Concernant "Denaus", on sent qu'on se rapproche de la fin de l'intrigue, le nombre de morts devenant proportionnel à l'avancée du récit. La famille du héros est massacrée, et une vengeance est en marche.  Encore un numéro et on devrait connaître le grand final de cette nouvelle aventure du grand Richard Corben, qui a réussi un tour de force en proposant deux genres de récits différents en un seul comics, avec de l'inédit exclusivement et dans la grande tradition des Ec comics et Warren en même temps.

FG

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