>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>> "L'Intuition m'a amené ici" (John Lennon)
>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>Narration graphique, cinéma, musique, la vie, et ce genre de choses...
Découvert Mercredi matin fraîchement heurté dans la nuit apparemment, sur la route de Renaison à Roanne.
Un joli Goupil, qui n'aura pas eu de chance. Petite taille, mais beau.. et relativement rare à observer puisque habituellement nocturne. Too bad. (enfin, pas pour les poules !)
Entre 2004 et 2006, Paninicomics a publié en France une oeuvre exigeante en trois volumes produite par l'américain Darwyn Cooke de 2002 à 2004 aux USA chez DC : Nouvelle frontière, chapitrée :
"Des dieux et des monstres, Les hommes tombés sur terre et La ligue de justice".
Oui, ça commence à dater un peu, d'accord, mais bon, il n'est jamais trop tard pour trier l'ivraie du bon vin, non ?
...On pourrait, au premier abord être uniquement attiré par le dessin du dessinateur, très stylé années 50, (et qui a d'ailleurs repris le célèbre Spirit de Will Eisner depuis), mais le récit, écrit par le même homme, vaut aussi vraiment la peine.
Il nous ramène en 1945, en plein conflit armé et nous plonge au moment de la création de la Société de Justice d'Amérique (JSA) où l'on va découvrir les origines de super héros tels que Green lantern, Flash, Hawkman, Hellcat, Black canary, au milieu d'autres plus connus comme Superman, Batman ou Wonder woman.
Cependant, ces personnages sont au départ des héros ordinaires de la seconde guerre mondiale, qui ont été rassemblés pour des missions très spéciales. Dans ce récit la menace vient à la fois de l'intérieur, (menace coréenne et communiste) et de l'extérieur, puisqu'une île (entourée de brume, comme celle de King Kong) qui s'avèrra être vivante renferme en elle un univers préhistorique et un monstre extra terrestre qui a décidé d'annihiler la race humaine.
Ce qui est intéressant c'est l'introduction de scènes trés réalistes comme certains évènements de la guerre de Corée, l'allusion aux test aéro spatial de l'époque (voir l'"Etoffe des héros"), ou la peur des ovnis (la Zone 51 et la théorie du complot, via la présence de John Jones, le martien intégré en flic), et comment Darwyn Cooke se permet de revenir sur des faits qui ont marqué toute une génération pour inclure son récit de fiction dans une atmosphère au caratère historique. (Et de superbes scènes de "respiration", telle cette pleine page d'adieu entre Hal Jordan et Carol Ferris, voir ci-dessous.)
Cet aspect est sous tendu par les citations au long du livre, puisque le titre "Nouvelle frontière" emprunte en l'occurrence à l'une d'entre elles, tirée d'un discours de JF kennedy, à propos de la prospective spatiale justement.
Cela permet aussi de croire en ces hommes et femmes qui, malgré eux et souvent après un long cheminement (cf Green lantern) ont accepté d'endosser un rôle (avant un costume) et certains pouvoirs, puis de se cacher derrière un masque. Ceux-ci, qui sans spécialement se connaitre ou s'apprécier au départ apprendront devant une menace mutuelle à s'allier et combattre, souvent jusqu'au sacrifice suprême.(Quelques vrais morts au cours du récit.)
Darwyn Cooke nous étonne à la fois grâce au suspens qu'il arrive à distiller, (malgré ou à cause du fourmillement de personnages), mais aussi grâce à la tonalité très ténue de son récit , qui nous garde en haleine au long de ce comics à la pagination quand même importante (environ 300 pages en tout).
(Ci à droite une très exquise scène entre Hal Jordan/Green Lanterne et sa fiancée Carol Ferris responsable de la société écran d'aviation Ferris, qui rappellera aux amateurs le classique Johnny hazard, autre pilote de chasse US dessiné par Frank Robbins. D'autres références classiques peuvent aussi venir à l'esprit, ceci est joliment écrit sur le blog Mars hotel)
Un comics donc plutôt réservé à de bons lecteurs, car nous ne sommes pas dans un univers "classique" de type Marvel où le Space opéra est omniprésent, mais plutôt sur quelque chose de plus adulte. Et ce malgré que la menace extra terrestre amène au final de belles scènes de combat, digne d'un District 9 ou d'autres grands films Hollywoodiens.
A ce sujet, le bon niveau de ce récit serait très pertinent pour une adaptation cinéma, surtout lorsque l'on voit aujourd'hui, en 20111 les risques pris avec un films comme celui de Terrence Malik (Tree of life), qui a d'ailleurs remporté la Palme d'or à Cannes.
On se dit que l'univers des comics (et donc DC en l'occurrence) aurait encore pas mal de choses à prouver au cinéma, si Hollywood voulait bien faire confiance à certains producteurs/scénaristes...
Néanmoins, un film d'animation américain "Justice League: The New Frontier"est quand même sorti directement en DVD dans la collection DC Universe le 26 février 2008.
voir la fiche et des extraits sur IMDB, et ci-dessus.
Un très beau triptyque en tous cas, chaudement recommandé, et Darwyn Cooke un auteur à vraiment suivre avec intérêt.
Habitant à la campagne, à la limite de Renaison et de Pouilly les nonains (42) en plaine, j'ai l'occasion de voir souvent des animaux sauvages de (très) près :
Les plus courants : lièvre, lapin, chevreuil, geais des chênes, Huppe faciée, Faisan, vaneau huppé, héron cendré.
Tout ce début d'année 2011 un groupe de chevreuils s'était installé en face de la route qui borde ma propriété, à côté du château de Boisy. Cinq individus, qui sont resté très présent jusqu'au mois de Mai et la sécheresse qui a suivi. Certains ont même traversé et n'ont pas hésité à venir dans notre terrain. J'ai retrouvé des traces sur certains jeunes arbustes. Le fait que les paysans aient du aussi couper certaines parties de prés normalement en jachère a du particper à les faire fuir plus tôt. Je ne les vois plus depuis début Juin. Si les lapins nous ont beaucoup creusé des galeries sous les rosiers, au pied de notre maison cette année, c'est aussi à cause de cette période très sèche. Avant, nous 'en voyions pas, juste des lièvres. Ces derniers sont aussi depuis trois semaines hyper présents. (Ci à droite : Pourquoi ce petit est mort à la sortie de son terrier ? je 'en sais rien.) Le terrain est aussi miné de trou de mulots. (...)
Nous avons eu notre nichée de mésanges bleues dans la cabane du chêne de notre jardin cette année, comme depuis trois ans, durant Avril-Mai. Mais la présence du Geais de chêne à son pied depuis une semaine est moins courante. Je ne l'avais jamais vu aussi présent.
Hier Dimanche, une martre s'est faite renverser sur la route tout près chez nous. ...En comptant celle qui est morte il y une bonne semaine à Riorges sur le boulevard, j'en ai vu au moins deux autres dans la journée d'hier en me promenant dans la région,vers Chirassimont. Il faut croire qu'elles aussi, plutôt discrètes habituellement, cherchent de la nouriture suite à cette période sèche... se faisant du coup heurter plus que de raison.
La propagande dans la BDun siècle de manipulation en images Fredrik Strömberg, préface de Peter Kuper
Eyrolles
Janvier 2011
Superbe et indispensable ouvrage que ce pavé à format carré de 176 pages !
On connaissait le travail des éditions Eyrolles pour la bande dessinée grâce aux précédents livres thématiques en direction des auteurs en herbe, écrits par Jean marc Lainé ou Stéphane Baril, ("Colorisation de BD : du traditionnel au numérique", La réalisation du story board," "L'encrage", "La création d'un univers de fiction"...etc.), pour n'en citer que quelques uns.
Celui-ci se place d'office dans une catégorie plus patrimoniale et documentaire, et s'adresse en cela à un public un peu plus amateur (et curieux).
L'auteur à affectué un travail remarquable de recherche, allant dépoussiérer des histoires anciennes ou provenant de pays étrangers peu connus pour leur culture BD, afin d'en extraire les exemples de récits s'étant mis au service d'une quelconque propagande.
Que ce soit les stéréotypes raciaux, la guerre, la chasse aux sorcières (communistes), le crime, la drogue, le sexe, le nucléaire, les religions, le Pape, Hitler et le nazisme, ou la politique (ancienne et récente), on est surpris du nombre de titres qui ont surfé allégrement sur l'actualité de leur époque pour servir (ou au contraire se moquer) de tel ou tel homme ou sujet.
L'iconographie est très riche et permet de découvrir des dizaine de bandes dessinées souvent très rares, que l'absence d'un tel ouvrage n'aurait pas permis.
Une diversité de styles et de noms d'auteurs défile au long de ces pages... faisant de "La propagande dans la BD" un livre indispensable pour toute bibliothèque bdphile.
Fredrik Stromberg est un journaliste suédois spécialiste des comics, auteur et historien. Il est rédacteur pour Bild & Bubbla, le plus important magazine Scandinave dédié aux comics (et l'un des plus anciens à l'échelle mondiale). Il est également président de la Swedish Comics Association. Il dirige la Comic Art School of Sweden et collabore à l'International Journal of Comic Art. Blog : http://www.sekventiellt.se/ (Tiré du site de Eyrolles)
Déjà quelques jours que nous avons visité l'exposition Toppi à Thiers, au musée de l'aventure industrielle, à l'occasion du tremplin d'écoles de cirque organisé par la Maison des Loisirs et de la Culture de Billom , et ... le moins que l'on puisse dire c'est que Thiers possède des atouts que j'avais largement sous-estimé.
Il faut dire qu'originaire de Roanne, et ayant plutôt l'habitude d'arriver par le col St Thomas, (le Nord donc), j'avais gardé une image négative et noire de la ville.
Et bien que les années 80-90 aient été marquées par de fameux concerts au club le Balthazard (rock garage), il faut reconnaître que lorsque l'on a la chance (ou l'opportunité) d'arriver par la plaine du côté de Billom par exemple, on a affaire à un tout autre paysage, qui mérite largement le détour. Plaine aux collines parsemées de châteaux et villages aux deux églises (souvent des beffrois en fait), ce qui est assez peu courant part chez nous pour être signalé.
A ce sujet, la ville même de Billom possède un grand quartier moyenâgeux aux ruelles pavées magnifiques (ainsi qu'un beau beffroi), et j'invite tous les amateurs d'histoire et de moyen-âge à s'y rendre. (ci à droite une des ruelles du village)
Arrivant donc sur Thiers par la plaine et du côté de la Durole, la rivière tumultueuse qui a permis aux industries papetières et coutelières de se développer au XIX eme siècle, on a un tout autre aperçu de cette ville.
C'est justement dans l'une des anciennes usines superbement ré-aménagée en musée (Musé de l'aventure industrielle) que la ville de Thiers propose jusqu'à fin Août l'exposition de Sergio Toppi, maître italien illustrateur et auteur de bande dessinée.
Ce dessinateur (aujourd'hui âgé de de 82 ans) révélé dans les années 60 et 70 par la presse catholique italienne et française a été redécouvert à l'aube des années 2000 par la maison d'édition iséroise Mosquito, qui le publie depuis autant en traduisant ses albums principaux qu'en éditant de nouveaux chefs d'oeuvres. Voir leur site et les photos de l'inauguration de l'expo ici.
Le rez de chaussée et le premier étage nous présentent l'industrie XIX eme de manière remarquable, utilisant pour cela des technologies de pointe multimédia (images de synthèse sur écran Led, enceinte sous coupole, rétro projection sur écran suspendus à lancement automatique...) que bien des musées rêveraient de posséder, et c'est le troisième étage qui sert d'écrin à la scénographie de l'artiste.
Rajoutons que le cadre idyllique du musée, au pied de la rivière, permet aussi en remontant le long de la rive d'apprécier le charme et la tranquillité des anciens jardins ouvriers jusqu'à la vieille ville à découvrir. Le centre d'art contemporain ("le Creux de l'Enfer") adjacent mérite aussi le détour.
Je vous laisse vous faire une idée avec mon album personnel "reportage"en ligne, et vous invite à visiter ce (ces) lieux d'exception, trésors de notre région.
Bravo en tous cas à la municipalité de Thiers et à Yves Polèse, sonAdjoint en charge du tourisme et de l’habitat, à l’initiative du projet. Une consécration amplement méritée pour l'artiste et une exposition que Paris "nous" envie. http://www.ville-thiers.fr/Evenement-2011-Expo-Sergio-Toppi,293
Leurs frondaisons si denses
courraient jusqu'à l'horizon.
Seulement tenu par une courte toile,
tirant sur des cordelettes pour la diriger,
j'allais franchir un gouffre immense,
et aborder le plateau opposé.
Or qu'allait-il m'advenir,
si un courant d'air survenait ?
Le risque était grand que ma toile se déchire,
me précipitant en bas, où je m'écraserais.
Mais les vents furent favorables,
et j'abordais un sommet pelé
où la splendeur des montagnes
ravît enfin ma curiosité.
D'en haut je voyais des citées antiques
d'amérindiens encore inconnues.
Une, deux puis trois jamais découvertes,
soudain violées dans leur intimité.
Etranger dérivant venu du ciel,
je tentais lors de me poser
sur quelque pierre sacrificielle
richement ornée de signes gravés.
Mais la crainte d'une fâcheuse rencontre
me faisait vite remonter
par les courants ascensionnels
qui m'avaient ici amenés.
...Quelle sensation, quelle belle extase !
quand pourrais-je donc y retourner ?
Nul homme sans doute, blanc de peau,
ces hauts plateaux ne verront plus jamais. 01/06/2011